TIFLIS

Jean-Claude SEGUIN

Tiflis est une ville de Russie (aujourd'hui Tbilissi), capitale de Géorgie).

1896

1897

Le cinématographe Lumière (6 avril-21 mai 1897)

L'équipe Lumière, composée d'Arthur Grünwaldt -familièrement appelé "Tutur" -, de Marius Chapuis et de Paul Decorps, organise des séances cinématographiques à Tiflis :

Nous arrivons à Tiflis dans la nuit à 3 h du matin le 25 mars mardi. Nous descendons hôtel d'Orient et nous couchons contents d'être arrivés. Ça nous a fait 29 h de voiture sans arrêt, qu'une demi-heure à Kazbec et 1 h où nous avons mangé le soir, nous avons eu 12 relais-43 chevaux. Tiflis n'a pas du tout la ressemblance d'une ville russe, elle est d'abord dans les montagnes et puis la population est toute différente. Les Caucasiens forment un peuple à part, il y a beaucoup d'Arméniens, des Géorgiens, etc. Les costumes ne sont pas les mêmes, tous les habitants sont armés. Il fait un temps splendide ici. Il y a des fleurs, on se croirait en été. Il fait déjà chaud, 20° en moyenne. Dans le Caucase toutes les locomotives sont chauffées au pétrole car il abonde dans le pays. Bakou est le centre du commerce du pétrole, il y a beaucoup de sources dans les environs. Le premier jour de notre arrivée à Tiflis en nous baladant (nous allions au jardin avec Tutur en voiture), Decorps rencontre un de ses camarades de Lyon, Jacquou. Surprise !!! Nous sortons le soir ensemble !!! Les premiers temps que nous étions dans cette ville nous faisions des balades le matin dans la montagne et là nous buvions du vin en mangeant avec grand plaisir. Dès notre arrivée, Jacquou a lâché sa patronne et vivait avec nous !!! Il nous a fait faire connaissance d'une dame chez qui nous allions passer quelques soirées. Nous allions assez souvent dans une petite cave où nous faisions d'assez grandes stations !!! Jusqu'au 5 mai-23 avril nous sommes restés les trois sans nous ennuyer. Mais voilà que [Perruissaud] et Klein font leur blague, ne veulent plus travailler, alors Decorps est obligé de partir à Ekaterinoslav puis à Poltava. Il refait la route de Vladicaucase seul sur une sale carriole. A son départ, il se fiche par terre. C'était les débuts d'un pénible voyage, par la pluie et les mauvais chemins. Nous l'avons accompagné jusqu'au tapis. Dès lors, n'étant plus que les deux Jacquou et moi, nous redoublions les visites au tapis, nous y dînions et soupions. Nous allions chez la colonelle où nous passions des soirées interminables et joyeuses !!! Un jour, nous partons à Nitzket avec Madame, nous visitons, là, la cathédrale, très ancienne cathédrale géorgienne, elle est remarquable par son antiquité et c'est très intéressant à voir les peintures intérieures toutes abîmées par les Tartares, les pierres des tombeaux impériaux piétinés par les chevaux tartares. Le prêtre nous a tout fait visiter et tout expliqué, c'était très chic. Ensuite nous sommes revenus en ville et nous avons dîné et passé la soirée chez la colonelle. J'ai fait plusieurs séances au théâtre avec désir, aides (sic) mais Tutur a crié un beau jour et j'ai dû travailler seul. Depuis je ne suis plus retourné chez Madame !!! Plusieurs soirs après minuit nous partions avec le type du tapis, nous allions boire de la bière à Mouchtait et de là, allions aux bains à 2 h du matin, séance !!! Le vendredi 21-9 mai nous quittons Tiflis Arthur et moi, à 8 h du soir.


CHAPUIS, 1896-1897.

1898

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1900

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1904

1905

1906

sources

CHAPUIS Marius, Souvenir de voyages en Russie commencés le 24 mai 1896 terminés le octobre 1897 (manuscrit).

 

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