NOUZON

Jean-Claude SEGUIN

Nouzon, commune du département des Ardennes, compte 7.000 habitants (1894).

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Le Cinématographe de M. Squenante (Place Gambetta, [21] juillet 1896)

On ne connaît l'existence de séances cinématographiques à Nozon, en juillet 1896, que grâce à un fait divers malheureux :

NOUZON. — Agression. — Samedi les nommés Fizaine Ovide, mouleur et D..., étant ivres, allèrent attaquer les employés du cinématographe Squenante qui travaillaient à leur installation sur le champ de fête, place Gambetta. Mal leur en prit, car ils furent repoussés non sans avoir reçu quelques horions, tout au moins en ce qui concerne M. Fizaine.
Mécontente d'avoir échoués dans leur expédition ils allèrent chercher du renfort et le terrassier Philbert Emilien, 22 ans, dont le casier judiciaire est déjà bien garni, trop même, s'adjoignit à eux, les bras nus, criant qu'il allait tout exterminer, et tous allèrent de nouveau attaquer les employés de l'établissement ci-dessus. Fizaine par la tête, Philbert par une jambe (oh ! tes braves !) saisirent le régisseur Colas qui, malgré une très douloureuse morsure que Philbert lui fit au bras, réussit à repousser ses agresseurs à l'aide d'autres forains. Quant à D,.., il n'eut pas le temps de frapper.
Ces agressions se répétant depuis quelques jours et étant donnés les menaces et les agissements de Philbert, il fut arrêté par la gendarmerie sur la réquisition de M. le Commissaire de police et conduit au Parquet où il a été relaxé après une admonestation sévère.
Le soir, des camarades de Philbert, terrassiers aux larges culottes, sont allés chercher querelle au manège l'Hippo-Parisien, menaçant les employés et voulant se rendre maître dans l'établissement.
Il fallut l'attitude et intervention énergique du commissaire de police et de la gendarmerie pour en imposer à cette bande d'apaches et obtenir la paix pour les jours de fête.


Le Petit Ardennais, Charleville, 25 juillet 1906, p. 2.

Quelques semaines plus tard, le même journal évoque la condamnation des deux agresseurs :

Ivresse malfaisante. — M. Colas directeur d'un cinématographe établi à Nouzon eût affaire le 21 juillet avec deux jeunes gens : Fizaine et Philbert, le second terrassier. Ces deux derniers étaient ivres, ils frappèrent M. Colas qui fut même mordu cruellement au bras par Philbert. Celui-ci, de même que son acolyte, ne se souvient de rien : c'est plus commode. Fizaine est condamné à 25 francs d'amende et 5 francs pour l'ivresse (loi Bérenger) ; Philbert à 8 jours de prison et 5 fr. d'amende.


Le Petit Ardennais, Charleville, 24 août 1906, p. 3.

 

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