GENÈVE

Jean-Claude SEGUIN

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Les Kinétoscopes de Casimir Sivan (Société des Arts/Rue du commerce, 16 mars-20 avril 1895)

Dès le 8 mars 1895, Le Genevois annonce " l'ouverture de l'exhibition des merveilleux kinétoscopes Edison au 2 rue du Commerce, maison Mandowski  dès le 18 mars à 11 h" et donne le titre de quelques films : Caicedo, Ballers d'enfants, Forgerons (Le Genevois, Genève, 18 avril 1895). C'est Casimir Sivan, agent pour la Suisse des appareils Edison, qui installe les premiers kinétoscopes à Genève, en mars 1895. Dès le 16 mars, une conférence est organisée à la Société des arts :

Réunions-Convocations-Concerts
Samedi 16 mars
[...]
8 h. s. Société des arts (Classe d'industrie et de commerce). Causerie sur le phonographe et le kinétoscope, dernières invention d'Edison, par M. le professeur Dussaud.-Audition du phonographe et exhibition du kinétoscope par M. Casimir Sivan, agent pour la Suisse des appareils Edison.


Le Journal de Genève, Genève, 10 mars 18985, p. 3.

 Quelques jours plus tard, le même journal offre un article assez long qui permet aux Genevois de se faire une idée de la nouveauté que représente le kinétoscope :

Le Kinétoscope d'Edison. — Nous engageons vivement nos lecteurs à rendre nos lecteurs à rendre une visite aux kinétoscopes que M. Sivan, agent pour la Suisse des appareils Edison, vient d'installer, rue du Commerce, nº 2, et qui seront visibles pour le public à partir de demain lundi.
Tout le monde connaît le jouet d'enfant connu sous le nom de phénakisticope, dans lequel une série d'images représentant, dans la suite de leurs principales attitudes successives, un jongleur, un enfant sautant à la corde, une danseuse, un cheval au galop, ou tout autre personnage ou animal en mouvement, passe rapidement sous les yeux du spectateur et lui donne l'illusion d'une seule image animée. Le kinétoscope n'est pas autre chose que cet appareil considérablement perfection- né par l'application des dernières inventions dans le domaine de la photographie instantanée et de l'électricité.
Une scène quelconque est photographiée à raison de quarante-six instantanés à la seconde, soit 2760 à la minute. Les épreuves ainsi obtenues, grandes à peu près comme un timbre-poste, sont fixées sur un long ruban qui se déroule avec la même vitesse dans l'intérieur d'une caisse oblongue d'un mètre de hauteur environ, et viennent passer sous une ouverture garnie d'une lentille qui les grossit jusqu'aux dimensions d'une photographie carte de visite. Un écran en métal, percé d'une étroite ouverture, tourne avec une extrême rapidité entre le ruban et une petite lampe électrique, de sorte que chaque image est vivement éclairée, pendant un temps très court, au moment où elle passe sous l’œil du spectateur. Par suite du phénomène physiologique de la persistance de l'impression sur la rétine, l’œil ne perçoit pas l'intervalle très court qui sépare les images, et l'on croit voir une photographie où tous les personnages agiraient et remueraient comme des êtres vivants.
L'un des appareils exposés à la rue du Commerce nous montre un bar américain. Des consommateurs entrent, se font servir, paient. Une querelle s'élève entre deux d'entre eux. Des gestes on en vient aux coups de poing. Surviennent deux nouveaux personnages qui saisissent les combattants et les expulsent. Un autre kinétoscope nous introduit dans une boutique de coiffeur. Dans le troisième, deux souples et vigoureux gaillards se livrent à la lutte classique, s'empoignent, se soulèvent, se culbutent, jusqu'à ce que l'un d'eux ait touché la terre de la nuque. Cette dernière scène est merveilleuse, et l'œil suit sans aucune peine tous les mouvements des petits personnages.
A tout ce petit monde, il ne manque que la parole, et l'on y viendra lorsqu'on aura trouvé le moyen de combiner le kinétoscope avec le phonographe. M. Sivan en exhibe tout justement dans le même local un excellent, qui sert à ses auditeurs des airs d'opéras, des morceaux d'harmonie et de fanfare, des récitations, des conversations de café. C'est le théâtre, le concert et la vie réelle réunis dans un espace de quelques mètres carrés. 
Bref, le spectacle que nous offre M. Sivan est aussi amusant qu'instructif, et tous les parents voudront y conduire leurs enfants.


Journal de Genève, Genève, 17 mars 1895, p. 3.

Ce que Casimir Sivan vient d'installer à Genève, rue du Commerce, c'est un kinetoscope parlor où plusieurs appareils fonctionnement simultanément en offrant des vues différentes. Si la première partie de l'article est destinée à faire comprendre le fonctionnement du nouvel appareil Edison, la fin décrit un certain nombre de vues Edison parmi les plus classiques : A Bar Room Scene ou New Barber Shop. Les séances se succèdent jusqu'au 20 avril 1895. Casimir Sivan va alors entreprendre une tournée dans la Confédération Helvétique et se rend à La Chaux de Fonds, en mai.

Les kinetoscopes et le kinétophone de Casimir Sivan ([15] septembre-[décembre] 1895)

Casimir Sivan va rouvrir en septembre 1895 son kinetoscope parlor mais en y ajoutant une nouvelle invention d'Edison, le kinétophone, combinaison du kinetoscope et du phonographe :

Kinétophone.- MM. Sivan et Ce viennent de rouvrir, rue du Commerce, 2, leur exposition de kinétoskopes et de phonographes Edison. Ils y ont ajouté un kinétophone, combinaison du phonographe et du kinétoskope, qui permet d'entendre les paroles des personnages mis en scène ou la musique accompagnant des danseuses que le kinétoscope fait évoluer aux yeux des spectateurs.


Le Journal de Genève, Genève, 15 septembre 1895, p. 3.

Le local fait peu parler de lui dans les semaines qui suivent et ça n'est finalement qu'en décembre, après les fêtes de fin d'année, que la fermeture de l'exposition des appareils a lieu (Le Genevois, Genève, 23 décembre 1895).

1896

Le cinématographe Lumière (Exposition Nationale Suisse, 1er mai-12 octobre 1896)

Depuis le début de l'année 1896, les frères Lumière ont mis en place un système de concession. C'est le Suisse Lavanchy-Clarke qui devient ainsi le concessionnaire pour la SuisseJean Villemagne, secondé par son frère André, est responsable du poste. Il s'installe à Genève le 26 avril 1896, quelques jours à peine avant l'inauguration de l'Exposition Nationale Suisse, le 1er mai 1896. Le cinématographe est installé au Parc de Plaisance dans le Palais des Fées.

Au parc de plaisance.
[...]
Tout près de la verrerie s'élève un édifice en style japonais, le palais des fées, qui offre les spectacles les plus variés. Tous ne sont pas encore complètement installés, mais malgré cela le public pourra passer une agréable après-midi dans les différents compartiments du palais des fées. Citons en première ligne le cynématographe Lumière, qui fait défiler devant les yeux du public émerveillé des photographies animées, grandeur nature. La reproduction de ces scènes animées nécessite de 1000 à 1500 photographies successives pour reproduire le mouvement des personnages représentés. Mentionnons parmi les tableaux les plus remarqués la démolition d'un mur par une équipe d'ouvriers, l'entrée d'un train en gare, une querelle de bébés, etc.


Le Journal de Genève, Genève, 8 mai 1896, p. 3.

L'étendue et la diversité des attractions font que les informations restent assez limitées, même si nous disposons des titres de quelques films. Gràce à la presse espagnole, nous savons que des vues hispaniques sont présentées à l'occasion de la visite du duc et de la duchesse de Madrid, les pretendants carlistes au trône d'Espagne, exilés en Suisse, à l'Exposition Nationale, ils voient des vues espagnoles qui sont projetées par le cinématographe :

Visitaron la Exposición repetidas veces, donde pareció llamarles la atención preferentemente el cinematógrafo, en el que estos días se reproducían casualmente fotografías animadas tomadas en España, como la salida del Cuerpo de Alabarderos del Palacio de Oriente, una carga de caballería dada por un regimiento de lanceros en la dehesa de los Carabancheles, descarga de un buque en el puerto de Barcelona, etc.
Rara coincidencia que debió emocionarles e interesarles sobremanera.


El Correo Español, Madrid, 20 de julio de 1896, p. 1.

On suppose qu'une part importante des vues Lumière a été proposée entre mai et octobre. La proximité de Lyon a dû faciliter les choses.

Le cynématographe Lumière (Alpineum, 28 octobre-5 novembre 1896)

L'Alpineum a ouvert ses portes le samedi 8 juin 1895. L’édifice, oeuvre de MM. Dériaz frères, est installé chemin du Mail. Le propriétaire Maurice Andreossi offre au public un spectacle de dioramas. Quelques jours après la fermeture de l'Exposition Nationale Suisse, l'Alpineum va proposer des vues animées, grâce à un appareil désigné comme "Cynématographe Lumière". En fait, Maurice Andréossi a traité directement avec les frères Lumière pour pouvoir organiser quelques séances :

M. Maurice Andréossi, propriétaire de l'Alpinéum, a eu l'excellente idée, lumineuse même, c'est le cas où jamais de le dire, de traiter avec les frères Lumière pur uen série de représentations du cinématographe dans son établissement du chemin du Mail. Les vues du jour sont les fêtes franco-russes à Paris et quelques scènes du Village suisse. Avis aux nombreux amateurs de ce spectacle, qui fut la principale attraction du Parc de Plaisance. En outre, M. Andréossi produit à chaque représentation quelques-unes de ses meilleures toiles.


Le Carillon de St Gervais, Genève, 31 octobre 1896 (cité dans Frauenfelder, 2005: 36) 

geneve alpineum 1896 alpineum
L'Alpineum à Genève. Vue extérieure Le Journal de Genève, Genève, 30 octobre 1896, p. 3.

Il s'agit, bien sûr, de profiter du succès rencontré par le cinématographe Lumière dont Lavanchy-Clarke est le concessionnaire exclusif et qui est alors en tournée en Suisse. Pour ce qui est de la programmation, la publicité met en avant Les Fêtes du Tsar à Paris que de nombreux éditeurs de films ont à leur catalogue. Après moins d'une dizaine de jours, les séances s'interrompent.

Le cinématographe Lumière de Lavanchy-Clarke (22 décembre 1896 -janvier 1897)

Dans les derniers jours de l'année, Lavanchy-Clarke est de retour à Genève où il va passer les fêtes de fin d'année  (22 décembe 1896-4 janvier 1897) en organisant des représentations au Victoria-Hall avec le "seul véritable Cinématographe Lumière (le succès du Palais des Fées)" (Journal de Genève, Genève, 22 décembre 1896, p. 4).

victoria hall 1896 victoria hall cinematographe
J.J. 1706. Genève-Victoria Hall (c. 1902) Journal de Genève, Genève, 22 décembre 1896, p. 4

Le cinématographe de la Foire (Grand-Quai, [31] décembre 1896-janvier 1897)

C'est à l'occasion de la foire de fin d'année, que les forains s'installe en divers points de la ville, sur les ponts de l'île, à Bel Air et sur le Grand-Quai. Parmi les baraques foraines, celle du cinématographe :

Les forains
[...]
Enfin le Grand Quai compte, en une longue file, un cinématographe, une petite ménagerie spécialement vouée à l'ours blanc, à l'orang outant et aux serpents ; un " Musée des familles" fort curieux, sans doute ; le "Pavillon Margotton" bien connue; une tribu de Hovas féroces et qui vous découpent journellement en tranches une demi-douzaine de marins français ; un carrousel-vélocipèdes, des balançoires et des panoramas, un cirque et des arènes - on aura ici un coup d'oeil pour les peintures étonnantes, où de jeunes hercules frisés et pommadés monrent les plus extraordinaires anatomies ; - enfin une installaton énorme avec machine à vapeur et dynamo, nouvelle à Genève, où il y a des voitures lancées à toute vitesse dans des tunnels, le St-Gothard et Mont Cenis, et d'autres encore, disent les annonces.


Journal de Genève, 1er janvier 1897, p. 2.

1897

Le cinématographe (Théâtre du parc des Eaux-Vives, 30 mai 1897)

À peine deux jours avant le départ du roi de Siam de Genève, une séance de cinématographie est spécialement organisée pour lui dans le Théâtre des Eaux-Vives :

Le roi de Siam quitte Genève aujourd'hui mardi. S. M. partira à 8 h 30 du matin par le P.-L.-M., se dirigeant sur Turin.
Le roi a assisté dimanche, dans le petit théâtre du parc des Eaux-Vives, à une représentation de cinématographe. Il a revu plusieurs scènes dans lesquelles il figurait, entre autres son arrivée au Bernerhof.


Journal de Genève, Genève, 1er juin 1897, p. 3.

geneve eaux vives theatre

Editions Moss, Genève, Parc des Eaux Vives, c. 1908

1898

Le  cinématographe de Louis Tanniger (Salle du port, [9]-22 mars 1898)

Louis Tanniger, qui parcourt le territoire suisse avec son cinématographe pour donner des conférences, se trouve dans la Salle du Port, en mars 1898. C'est grâce à un incident et à la polémique qui va s'engager entre deux organes de presse que nous avons une trace de cette présence. Le  9 mars, un incident se produit dû à l'affluence du public :

Charivari - Mercredi soir il y a eu quelque bruit devant la salle du Port, où avait lieu une séance de cinématographe. Un certain nombre de jeunes gens n'ayant pu entrer, faute de place, se sont mis à siffler; des pierres ont même été lancées, et quelques vitres brisées.


Journal de Genève, Genève, 11 mars 1898, p. 3.

Un autre journal, Le Genevois, donne un compte rendu beaucoup plus détaillé et plus engagé qui va provoquer la réaction du Journal de Genève :

Charivari. — Le Genevois fait grand état des légers troubles qui se sont produits mercredi soir devant la salle de la rue du Port, et que nous avons relatés dans notre édition de vendredi matin. Mal renseigné, il les approuve et en profite pour lancer quelques traits contre les organisateurs de cette soirée. Voici ce qu'il dit en substance :

         Mercredi avait lieu à la salle de la rue du Port une soirée à laquelle avait été invité tout le public favori de cet établissement. De plus, les affiches placardées aux murs extérieurs convoquaient " spécialement " les classes laborieuses. Il faut croire que ces dernières ne trouvèrent pas suffisamment de place car, vers huit heures et demie, une foule d'ouvriers, surtout de jeunes gens, se voyait refuser l'entrée de la maison, sans doute parce qu'il y avait assez de privilégiés pour rendre inutile leur présence.
        Ces jeunes gens, mécontents, comme on peut le penser, se mirent aussitôt à siffler, puis, enhardis par leur nombre même, lancèrent des projectiles contre les vitrages du premier...
       Rien de bien terrible ne s'est passé néanmoins et le conflit que cette intempestive convocation adressée à des gens qu'on ne voulait pas laisser entrer avait provoqué, s'est clos bientôt non par des chansons, mais par des feux de bengale allumés sur les trottoirs et des coups de pétards tirés le long de la rue.

La vérité est qu'aucune personne paisible ne s'est vue refuser l'accès de ce local, sauf quelques gamins désœuvrés dont la spécialité est de troubler les réunions de la salle du Port. Leur nombre inusité ce soir là, au point qu'ils empêchaient l'accès de la salle aux « classes laborieuses », avait mis en juste défiance les membres du comité, qui ont, avec raison, empêché ces perturbateurs d'entrer. 


Le Genevois, Genève, 11 mars 1898.

La polémique prend ainsi fin. Un autre périodique, la Tribune de Genève évoque à nouveau, de façon plus posée, l'incident :

On nous prie d'annoncer deux séances de cinématographe qui seront données par Monsieur Tanninger, à la salle du Port, les lundi 21 et mardi 22 courant.
Les dernières séances gratuites avaient attiré une telle foule qu'un grand nombre de personnes n'ont pu trouver de place, ce qui a donné lieu à une polémique dans un journal de notre ville. Pour couper court à toute récrimination, il sera perçu une petite finance d'entrée pour les deux dernières séances.
Les frais assez considérables étant entièrement à la charge du conférencier, cette finance d'entrée est pleinement justifiée.


La Tribune de Genève, Genève, 19 mars  1898.

Les choses en restent là et les séances vont continuer dans une ambiance plus sereine, semble-t-il.

1899

Le Théâtre Praiss (Plaine de Plainpalais/Centre ville, décembre 1899-janvier 1900)

Louis Praiss s'installe à Genève à la fin du mois de décembre à la plaine de Plainpalais avant de rejoindre le centre ville. Il présente un " bioscope ", un cinématographe  d'origine incertaine dont la principale caractéristique est de pouvoir projeter sur un grand écran :

Les forains ont abandonné la plaine de Plainpalais et sont venus occuper leurs places respectives au centre de la ville. Les baraquements s'étendent cette année au-delà de la place Longemalle. Il faut croire que le métier n'est aps des plus mauvais, puisque chaque nouvel an voit augmenter le nombre des forains... Côté Crédit Lyonnais un cinématographe nous incite à venir contempler quelques-unes des scènes du procès de Rennes ! Oh ! L'affaire, l'affaire... quelle obsession ! Nous arrivons au Grand Quai : [...] Plus loin, le théâtre Praissl, des nouveautés électriques, avec le bioscope, le seul véritable cinéamatographe géant et américain, d'une grandeur de 12 mètres absolument carrés. On y voit entre autres 10 photographies vivantes de l'affaire Dreyfus, ainsi qu'une version de Cendrillon, grande féerie, en 20 tableaux celle-là, soit 13 de plus qu'au Grand-théâtre. Le public n'hésitera pas.


La Suisse, Genève, 31 décembre 1899 (cité dans Frauenfelder, 2005: 60)

La presse ne relève qu'un titre de la collection Méliès : Cendrillon.

1900

Le cinématographe de Louis Praiss (décembre 1900)

Louis Praiss revient à Genève pour les fêtes de fin dannée. Le Genevois propose quelques titres du programme :

La guerre des Boers. Les scènes représentées sont absolument authentiques, d'après des épreuves prises sur le terrain même. Ce ne sont pas des inventions ni des imitations. Arrivée du président Krüger à Marseille et Paris, scènes de guerre en Chine. Catastrophe de chemin de fer. Les nouvelles féeries de Cendrillon.


Le Genevois, Genève, 15 décembre 1900. (cité dans Frauenfelder, 2005: 60-61)

L'origine des vues reste à déterminer.

1901

Le phono-cinéma-théâtre (Victoria Hall, 2-17 février 1901)

Après avoir été présenté pendant plusieurs mois à l'Exposition Universelle de Paris, en 1900, le phono-cinéma-théâtre va entreprendre plusieurs tournées en France et en Europe. À sa tête, nous trouvons Marguerite Vrignault, l'inspiratrice du projet, accompagnée de l'opérateur Félix Mesguich, qui n'arrive sans doute qu'un peu après l'inauguration. Ils arrivent de Lyon et installent le matériel dans lle dans le Victoria Hall de Genève  :

Le Phono-Cinéma-Théâtre . — Cette attraction , une des plus curieuses de l'exposition, annonce six représentations, qui auront lieu au Victoria Hall, tous les soirs, à partir du samedi 2 février, à 8 heures et demie.
Le Phono-Cinéma-Théâtre emploie tout à la fois les derniers perfectionnements du phonographe et du cinématographe. Au moyen d'appareils construits spécialement pour le Phono-Cinéma-Théâtre, on a réussi à reconstituer, en des visions animées, le jeu des artistes en vogue, leurs mouvements, leurs gestes, leur physionomie, avec leur voix et leurs intonations variées.
La réussite de cette tentative si originale dépasse tout ce que l'on peut en dire. Sarah Bernhardt, par exemple, a été admirablement saisie dans la fameuse scène du duel d'Hamlet, et cette reconstitution est une merveille d'art, en même temps qu'un chef-d'œuvre d'exactitude. De même, Coquelin aîné, dans les Précieuses Ridicules ; le ténor Cossira, dans Roméo et Juliette, sans parler de ballets, de hors-d'oeuvre et de nombreuses vues panoramiques et animées de l'exposition. Nous ne doutons pas que ce spectacle de famille, nouveau et amusant autant qu'instructif, qui est introduit chez nous par un de nos concitoyens, n'attire un nombreux public, comme à Lyon, où il fait salle comble chaque soir.


Le Journal de Genève, Genève, 31 janvier 1901, p. 3.

Deux jour plus des compléments sont apportés sur la programmation du phono-cinéma-théâtre

Le Phono-Cinéma-Théâtre. — Comme nous l’avons annoncé, c’est ce soir samedi, à 8 h. ½, qu’a lieu au Victoria Hall la première représentation du Phono-Cinéma-Théâtre. Outre Sarah Bernhardt, Coquelin aîné, Cossira, que nous avons déjà cités, on verra l’Enfant prodigue, la ravissante pantomime de Carré et Wormser, jouée par Mlle Félicia Mallet, etc., le ballet du Cygne, un des succès actuels de l’Opéra-Comique, Mlle Mily Meyer dans les chansons en crinolineTerpsichore, ballet du Palais de la danse, Little Tich, le désopilant comique anglais, Footitt et Chocolat, du Nouveau-Cirque, sans compter plusieurs numéros fort intéressants. On peut hardiment prédire un vif succès à cette intéressante attraction, qui laisse bien loin derrière elle tout ce qui a été fait dans ce domaine.


Journal de Genève, Genève, 2 février 1901, p. 3.

Même s'il s'agit souvent d'une astuce commerciale, la presse annonce la fin des représentations. Le but est évidemment de relancer le spectacle :

Le Phono-Cinéma-Théâtre, ayant dû refuser du monde à ses dernières représentations, prolongera son séjour jusqu’à dimanche soir inclus, avec un programme nouveau qui comprendra Coquelin aîné dans Cyrano de Bergerac, Réjane dans Ma cousinePolin dans son répertoire, R. Mauri dans la Korrigane, une scène comique ; le Chapeau récalcitrant, le Village suisse à l’Exposition, etc. — Dimanche, matinée à 3 heures.


Journal de Genève, Genève, 8 février 1901, p. 2.

Le renouvellement des vues pourrait laisser penser que nous sommes plutôt dans une stratégie pour attirer le public, mais cela n'exclut pas que le succès soit effectivement au rendez-vous. Le 11 février, on nous annonce de nouvelles vues :

Le Phono-Cinéma-Théâtre.-C'est un succès sans précédent. Chaque soir on refuse du monde. aussi pour répondre au désir exprimé par les nombreuses personnes qui n'ont pu encore trouver place au Victorial Hall, la direction a-t-elle décidé de prolonger les représentations jusqu'à jeudi.
Au programme, un numéro d'actualité : les obsèques de la reine Victoria.


Journal de Genève, Genève, 11 février 1901, p. 3

On imagine aisément que les vues des funérailles de la reine Victoria sont celles que Félix Mesguich a tournées à Londres et qu'il a ramenées à Genève. Avant son départ, le phono-cinéma-théâtre va offrir quelques séances à prix réduit avant de quitte Genève après la dernière séance du 17 février. C'est finalement presque pendant quinze jours que les Genevois ont pu découvrir cette combinaison, encore imparfaite, mais déjà bien réussie, de l'image et du son, elle a ainsi entendu et vu des chanteurs lyriques, des acteurs tragiques, des comiques... Toute la panoplie que peut offrir alors ce type de spectacle.

Le Théâtre cinématographe Praiss (Grand Quai, décembre 1901-janvier 1902)

Louis Praiss est de retour avec son cinématographe. Il s'installe face à la bijouterie Glatou et au café du Nord sur le Grand Quai. Grâce à La Suisse nous connaissons quelques titres du programme proposé :

Vis-à-vis des magasins Glatou et du café du Nord, nous arrivons au théâtre cinématographe Praiss, toujours si intéressant et que la foule connaît bien. Le propriétaire a renouvelé en partie son matériel où l'on trouve actuellement de nouvelles féeries : le petit chaperon rougeBarbe-Bleueune promenade à travers la ville de Genèvele cortège du tir fédéral à Lucerne, la guerre du Transvaal, plus des scènes avec combinaison de phonographe : le duo du jardin de Faustle duo des dindons de la Mascottele duel du 3e acte de Carmen. Un petit théâtre qui sera pris d'assaut...


La Suisse, Genève, 29-30 décembre 1901 (cité dans Frauenfelder, 2005: 61)

On reconnaît, en particulier, plusieurs vues de la maison Méliès

geneve cafe nord

Grand Quai, Café du Nord et bijouterie Glatou (c. 1900) [D.R.]

1902

Le Cinématographe de Louis Praiss (Champ de Foire, décembre 1902-janvier 1903)

Comme tous les ans, Louis Praiss est de retour sur le Champ de Foire où il présente ses nouveaux films. Son concurrent direct est le forain Georges Hipleh-Walt :

Le 31 décembre
Animation très grande l'après-midi et durant la soirée. A la pluie de la veille a succédé un soleil magnifique. Le champ de foire est extrêmement fréquenté. C'est une profusion de tirs, de tourniquets de tous genres, de balançoires, de cinématographes, de loteries, de photographes. Il y a aussi la plus petite femme du monde, et, les deux extrêmes se touchent, le géant Dilkens.
A noter spécialement le grand musée anatomique de M. Dieudonné, qui nous offre une collection de huit-cents pièces céroplastiques. La femme panthère, curieuse exhibition, le manège salon Opitz, le cinématographe Praissl et celui de M. Hipleh Walt, dont les clichés les plus applaudis sont le cortège de l’Escaladele tir cantonal de Fleurierles manœuvres du IVe corps d’armée, etc., etc.
Ce soir il y aura foule à St Pierre pour entendre le glas de l'année qui meurt et célébrer par un joyeux carillon l'avènement de 1903.


Le Journal de Genève, Genève, 1er janvier 1903, p. 5.

La rédaction de l'article est quelque peu ambiguë et pourrait laisser croire que les vues sont celles de Hipleh, quand de fait elles appartiennent au répertoire de Louis Praiss.

1903

Cinématographe Praiss (Salle de la Réformation, 4 février 1903)

Outre les séances que Louis Praiss organise régulièrement, il participe également à des soirées spéciales. C'est le cas avec celle qu'organise la Fanfare genevoise de la Croix-Rousse, le 4 février 1903

Soirée clnématographe. —La Fanfare genevoise de la Croix-Bleue donnera le 4 février, à la salle de la Réformation, sa soirée annuelle. Comme les années précédentes, elle a mis tous ses soins pour l'élaboration du programme qui est des plus variés. Elle s'est assure le concours de M. Praiss, qui donnera quinze vues avec son cinématographe et parmi celles-ci, les manœuvres du IVe corps d'armée en 1902 et la revue terminale de Schlieren près Zurich. Un drame de l'alcoolisme en huit tableaux sera également projeté sur l'écran. La Fanfare se fera entendre dans les intermèdes et les amis de celle-ci pourront, à cette occasion, juger des progrès accomplis. Nous aimons à espérer qu'une nombreuse assistance viendra l'encourager par sa présence. Les billets sont en vente aux prix et endroits indiqués sur les affiches.
Journal de Genève, Genève, 28 janvier 1903, p. 2.

On remarque dans le programme deux vues suisses : Les Manœuvres du IVe corps d'armée en 1902 et La Revue terminale de Schlieren près Zurich.

Le Cinématographe Praiss à la Foire (Pont des Frises, décembre 1903)

Louis Praiss a installé son cinématographe à l'occasion de la foire de décembre :

Quels amusements nous réserve le Trente et un 1903 ? A Coutance, où un conseiller municipal voulait qu'on construisît le musée, un petit tir mécanique et peut-être des chevaux de bois. Pont des Frises des balançoires, ponts de l'Ile cinématographe Praiss. La place Bel Air, envahie par la G. G. T. E., restera vierge d'attraction. Mais à la Petite-Fusterie vous trouverez le tir Sperle ; place du Rhône la carrousel montagnes russes Otto ; sur le Grand Quai des tirs mécaniques encore, la pâtisserie bordelaise — qui ne fera pas concurrence à la pâtisserie Désarnod, dont l'étalage est à voir et les produits sont à goûter — des photographes, des loteries, un cinématographe, le théâtre des illusions ou la femme à deux têtes, une exposition de phénomènes vivants, une génisse à six jambes et à deux têtes, une oie à quatre pattes, deux babouins cynocépales ; tout à côté une jeune femme, qui se dit Vaudoise, mangera du feu, un peu plus loin on exhibera les plus petits chevaux du monde.


Journal de Genève, Genève, 11 décembre 1903, p. 2.

C'est l'occasion pour le forain de présenter quelques vues suisses : Le Cortège historique du 3e centenaire de l'Escalade et Le Rassemblement du 1er corps d'armée (Le Journal de Genève, Genève, 22 décembre 1903, p. 2).

1904

Le Cinématographe Praiss au Banquet de la Restauration (Salle des Rois de l'Arquebuse, 9 janvier 1904)

Louis Praiss prête son concours pour le Banquet de la Restauration qui a lieu le 9 janvier 1904 dans la Salle des Rois de l'Arquebuse :

Banquet de la Restauration
Il nous reste à rendre compte ici, de la partie oratoire et récréative de cette réunion dont nous avons déjà dit la réussite compète et le grand entrain patriotique.
[...]
M. Praiss avec des projections cinématographiques, fait défiler à nouveau le cortège du 1er juin ainsi que ceux des tirs de Lucerne, de Fleurier, etc., les manoeuvres sont aussi représentées au programme...


Le Journal de Genève, Genève, 12 janvier 1904, p. 3.

Des films suisses sont au programme dont Le Cortège de l'Escalade, 1er juin 1903 (Journal de Genève, Genève, 8 janvier 1904, p. 4)

Le Cinématographe Praiss à soirée de la Croix-Bleue (Salle de la Réformation, 3 février 1904)

Louis Praiss prête son concours pour la soirée donnée par la Croix-Bleue, le 3 février 1904, dans la salle de la Réformation :

Croix-Bleue.-La Fanfare et le Choeur d'hommes de la Croix-Bleue donneront une grande soirée salle de la Réformation, le mercredi 3 février, à 8 h. du soir, avec le concours du cinématographe Praiss. Bonne réussite à ces deux vaillantes sociétés, qui méritent d'être encouragées.
Billets en vente aux adresses suivantes : Salle de la Réformation ; A. Billaud, boulevard de Plainpalais, o ; France et rue de l'École-de-Médecine ; Agence de la Croix-Bleue, rue des Allemands, 18 ; librairie Stapelmohr, Corraterie ; Mlle Josseaume, papeterie, Bourg-de-Four ; M. Fischer, mécanicien, Chantepoulet, 2, et le soir à l'entrée.


Journal de Genève, Genève, 25 janvier 1904, p. 3.

Le cinématographe Praiss (Plaine de Plainpalais, décembre 1904-janvier 1905)

Le cinématographe de Louis Praiss va connaître quelques déboires lors de son installation, à l'hiver 1904-1905. D'une part, l'un de ses anciens collaborateurs va s'en prendre au propriétaire :

GENEVE .— Une rixe a éclaté hier au soir à 7 henres et demie devant l'établissement du cinématographe de M. Praiss, à la plaine de Plainpalais.
Un ex-employé de la dite maison chercha querelle à M. Praiss fils, pour une question d'argent, et, à bout d'arguments sensés, lui asséna sur la tête trois violents coups de canne qui le blessèrent grièvement.
L'auteur de cette lâche agression s'est ensuite esquivé dans la foule.


L'Impartial, La Chaux-de-Fonds, 14 décembre 1904, p. 4.

D'autre part, alors que le cinématographe est installé depuis quelques jours, une tempête va avoir raison de nombreuses baraques foraines dont celle du cinématographe :

Les fêtes et la tempête
La soirée de samedi, bien qu'un peu inquiétante pour notre petit cité foraine installée le long des quais, était loin de laisser prévoir le désastre lamentable qui la guettait.
[...]
Hélas, la journée du 1er janvier n'allait que trop justifier de telles appréhensions. Le vent du nord a redoublé de violence d'heure en heure et, dès la matinée, après l'échange des saluts et de vœux, ce n'était qu'une complainte entonnée on commun sur le sort de ceux qui accourent de loin égayer nos fêtes, prendre part à nos joies et auxquels on est d'autant plus mal inspiré de reprocher parfois leurs belles recettes que, vivant du superflu, ils n'ont point, comme tant d'autres industriels, la chance de se rattraper tôt ou tard.
[...]
En l'Ile, les charpentes du cinématographe Praiss sont dans un désordre navrant.


Journal de Genève, Genève, 3 janvier 1905, p. 3. 

1905

Le Théâtre Scientifique " Urania " (Victoria Hall, 11-12 novembre 1905)

Le Théâtre international scientifique Urania, propriété de Ferdinand Somogyi, effectue une tournée en Suisse. Il arrive à Genève pour quelques séances organisées au Victoria Hall :

Théâtre scientifique.—Au Victoria Hall, les samedi 11 et dimanche 12 novembre,en matinée à 2 h.30 et en soirée à 8.30,un intéressant spectacle,récréatif et instructif,sera offert au public par M. Ferdinand Somogyi, fondateur et directeur du théâtre scientifique Urania. Il s'agit de projections lumineuses et de vues cinématographiques ; sur une immense toile de centimètres carrés, aux sons d'un excellent orchestre ; défileront successivement, pendant cent cinquante minutes, sans interruption, près de deux cent cinquante vues ou tableaux coloriés : vues astronomiques (la Lune, Jupiter, Saturne avec ses anneaux, la Voie Lactée) ; les plus curieux animaux des jardins zoologiques de Londres et de Paris ; les places et monuments de Paris et de trente autres grandes capitales du monde ; des scènes de la guerre russo japonaise ; des scènes de patinage de Davos et des courses de skis en Norvège. C'est à la fois une leçon de choses et un amusement. M. Somagyi aura sans doute à Genève le même succès qu'à Lausanne, Neuchâtel, Chaux-de-Fonds,etc.


Journal de Genève, Genève, vendredi 10 novembre 1905, p. 3.

Le répertoire comprenant des vues variées mais principalement des films à caractère documentaire. Comme le font souvent les tourneurs, Ferdinand Somogyi va offrir une séance de bienfaisance :

Cinématographe. — En remerciement de l'accueil qui lui a été fait par le public genevois, M. Somogyi, directeur du Cine Phono-Théâtre Urania, a décidé de donner, dimanche soir, au Victoria Hall, une dernière représentation au profit de l'Hospice général. Un nombreux public tiendra, sans doute, à participer à cette oeuvre de bienfaisance.


Journal de Genève, Genève, samedi 18 novembre 1905, p. 2.

Une soirée qui a un grand succès d'après la presse : 

Pour l'Hospice général.-La représentation donnée dimanche par le Ciné-phono-théâtre Urania, au bénéfice de l'Hospice général, a obtenu un grand succès.
M. Ferdinand Somogyi, directeur, a fait parvenir une somme de 500 fr. à notre établissement hospitalier.


Journal de Genève, Genève, jeudi 23 novembre 1905, p. 3.

1906

Le Bioscope américain (Victoria Hall, 15-16/21-22 avril 1906)

La catastrophe de la mine de Courrières et l'éruption du Vésuve sont à l'origine d'une manifestation cinématographique annoncée par la presse dès le 12 avril 1906 (Gazette de Lausanne, Lausanne, 12 avril 1906, p. 2). L'appareil est le Bioscope américain, propriété très probablement, d'Alfred Favier. Deux premières séances ont lieu les 15 et 16 avril au Victoria Hall :

Pour les victimes de Courrières et de l'éruption du Vésuve.-Rappelons les représentations cinématographiques que le Bioscope américain donne aujourd'hui dimanche et demain lundi à 3 h. et à 8 h. 30 au Victoria Hall, au profit des victimes de Courrières, de l'éruption du Vésuve et des Sociétés philanthropiques françaises de Genève. L'orchestre d'Alessandro prêtera son concours.


Journal de Genève, Genève, 15 avril 1906, p. 2.

Quelques jours plus tard de nouvelles séances sont organisées. La presse nous livre quelques titres qui sont proposés au public genevois :

Bioscope américain. — Ce soir samedi et demain dimanche, à 8 h. 30, au Victoria Hall, le Bioscope américain donnera deux nouvelles représentations cinématographiques, sous le patronage du consul général de France, au bénéfice des sinistrés de Courrières, des œuvres philanthropiques françaises de Genève et des victimes de l'éruption du Vésuve. L'orchestre d'Alessandro prêtera son gracieux concours. Il convient d'insister sur la valeur artistique et l'intérêt de ces représentations. Grâce à des perfectionnements, les projections sont d'une netteté et d'une pureté parfaites et le programme est des plus variés : la catastrophe de Courrières ; les sauveteurs français et allemands, les 14 survivants, etc., la coupe Gordon-Bennett de 1905 ; voyage du roi d'Espagne en France, féeries et une série remarquable de vues des sports d'hiver en Suisse : courses de bobsleighs à St-Moritz, courses de skis à Davos, etc.
Etant donnés la valeur et le but philanthropique de ces représentations, nul doute qu'un nombreux public ne s'y presse.


Journal de Genève, Genève, 21 avril 1906, p. 2.

1906 bioscope americain

Journal de Genève, Genève, 21 avril,  p. 3.

Ici encore, le nom de l'appareil, bioscope américain, et des éléments du répertoire de films projetés laissent à penser que le propriétaire de l'appareil est Alfred Favier, un tourneur français, installé en Suisse, qui possède un cinématographe du même type avec lequel il organise des projections depuis quelques années. Les films proposés proviennent, en particulier, des maisons Pathé et Gaumont.

Le Phono-Biograph Praiss à la Foire (Grand Quai, décembre 1906)

Comme d'autres années, Louis Praiss a installé sa baraque foraine sur le Grand Quai, à Genève, en décembre 1906 :

Les forains
Dès 9 heures du soir, samedi, de nombreux promeneurs se rencontraient sur le Grand-Quai. La fête de fin d'année a commencé par un temps splendide, et les forains se réjouissent de cet heureux début.
Parmi les nombreuses attractions, signalons en passant le cinématographe Leilich, le Phono-cinématographe Sperl, le Phono-Biograph Praiss et comme toutes les années, le fameux Trottoir roulant qui attire beaucoup la foule.


Journal de Genève, Genève, 30 décembre 1906, p. 5.

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BUACHE Freddy et Jacques RIAL, Les Débuts du cinématographe à Genève et à Lausanne 1895-1914, Lausanne, Cinémathèque suisse, 1964,142 p.

FRAUENFELDER Consuelo, Le Temps du mouvement, Genève, Presses d'histoire suisse, 2005.

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