SOISSONS

Jean-Claude SEGUIN

Soissons, ville du département de l'Aisne, compte 12.000 habitants (1894).

1896

1897

1898

1899

1900

1901

Le Cinématographe Lumière (Place des Bouchers, novembre 1901)

C'est à l'occasion de la foire du 13 novembre qu'un cinématographe Lumière s'installe à Soissons sur le Champ de Foire. Nous ne connaissons son existence que grâce à un accident survenu le 15 novembre 1901 :

SOISSONS. — Explosion d'acétylène. — Avant hier soir, vers six heures, des ouvriers plombiers venaient de terminer la pose des becs et conduites de gaz acétylène servant à éclairage de la boutique de M. Barbier-Sacliez, installée dans le " Versailles " du champ de foire. Ils procédaient à des essais de lumière, allumant plusieurs becs, lorsqu'ils remarquèrent que l’un d’eux était bouché ; un des ouvriers dévissa alors le papillon et fit l’allumage ; une violente explosion se produisit.
La cuve gazomètre fut lancée à une hauteur prodigieuse et vint tomber sur la place des Bouchers, devant le cinématographe Lumière, brisant une branche énorme d’un des arbres de la place. La cuve elle-même fut littéralement aplatie. Un bouchon fileté de cuivre, violemment arraché, alla donner contre la devanture de la maison Dumont, débitant au coin de la rue de Guise, et un boulon fut retrouvé quelque temps après dans la rue Frizébois.
Les vitres des maisons voisines avaient été ébranlées par la détonation, qui avait mis en émoi le monde des forains et les habitants de la place, et bientôt plus de cent personnes se pressaient sur le théâtre de l’explosion où chacun, à sa façon, commentait l’accident. La boutique de M. Barbier ainsi que les boutiques avoisinantes n’avaient aucunement souffert ; l’accident s’était localisé à l'emplacement occupé par l’appareil ; le gazomètre avait sauté et la seconde cuve, contenant l'eau, qui était restée sur place, était fortement abîmée, ondulée, mise hors de service.
Une demi-heure avant l’explosion, une vingtaine d’enfants jouaient sur la place, devant le cinématographe, à l’endroit précis où le gazomètre est venu s’abîmer. C’est miracle qu’il n’y ait pas eu d’accident de personnes à déplorer et on frémit en songeant à ce qui aurait pu se produire si l’explosion avait eu lieu le dimanche, alors que la circulation est intense dans les rues qui sillonnent la foire.
M. Barbier-Sacliez emploie depuis trois ou quatre ans déjà le gaz acétylène fourni par un appareil Pestel ; aucun accident ne s’était produit jusqu’à ce jour, dit l'Argus.
La police et la gendarmerie ont ouvert une enquête et les forains qui en faisaient usage ont été mis eu demeure de cesser l’emploi du gaz acétylène. pour l’éclairage de leurs établissements.


Journal de la ville de Saint-Quentin et de l’arrondissement, 17 novembre 1901, p. 2.

Le récit ne fait qu'évoquer l'appareil qui, en tout état de cause, n'est pas responsable de cette malheureuse explosion d'acétylène.

1902

1903

1904

1905

1906

 

Afin d'optimiser votre expérience sur ce site, nous utilisons des cookies. Ils visent essentiellement à réaliser des statistiques de visites. En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies.