LILLE

Jean-Claude SEGUIN

Lille, chef-lieu du département du Nord, compte 180.000 habitants (1894)

1896

Le Cinématographe Lumière d'Étienne Thévenon (17, rue Esquermoise, 14 avril 1896-2 août 1896)

La diffusion du cinématographe s'effectue au cours du printemps 1896 selon un système de concessions d'exploitation. Si nous ne connaissons pas le nom du concessionnaire, ceux du responsable du poste, Étienne Thévenon et de l'un de ses assistants, Maurice Mosse, nous sont parvenus. La première séance publique a lieu le 14 avril 1896 au 17, rue Esquermoise :

La photographie animée.-Hier ont commencé à Lille, 17 rue Esquermoise, d'intéressantes séances de photographie animée par le « Cinématographe ».
Le Cinématographe est un appareil, inventé par MM. Lumière, qui permet de recueillir, par des séries d'épreuves instantanées, tous les mouvements qui pendant un temps donné se sont succédés devant un objectif et de reproduire ensuite ces mouvements en projetant, grandeur naturelle, leurs images sur un écran.
C'est en somme la vieille lanterne magique, mais revue, corrigée et considérablement agrémentée par les progrès de la science.
Il n'est personne qui n’ait déjà assisté à une séance de projections lumineuses illustrant une conférence quelconque. Supposez que le paysage représenté et décrit par le conférencier vienne tout à coup à s'animer, que les personnages qui s'y trouvent se meuvent, que le feuillage des arbres soit agité par le vent, que la brise soulève les remous de l'eau, que tout enfin vous donne l'apparence de la vie jusque dans ses moindres détails et vous aurez une idée exacte du spectacle qu'offre le Cinématographe.
Toutes les scènes de la vie peuvent, à l'aide de cet appareil, être reproduites, ou mieux, ce sont les séances elles-mêmes qui se déroulent sous les yeux des spectateurs.
Celles qui nous ont été présentées hier sont des plus variées, chacune d'elles dure un peu moins d’une minute. Le spectacle est original et des plus curieux, nul doute qu'il n'obtienne, ici, comme partout ailleurs, beaucoup de succès.


Le Grand écho du Nord et du Pas-de-Calais, Lille, 15 avril 1896, p. 1.

L'article se contente de faire une présentation du cinématographe assez rapide et convenue qui n'offre guère d'information sur le programme des vues proposées.

lille esquermoise

LL., Lille-La Rue Esquermoise (c. 1902)

Quelques jours plus tard, un nouvel article permet de connaître un programme dans sa totalité :

Le Cinématographe
Depuis quelques jours le cinématographe attire une foule considérable. Le cinématographe est, on le sait, un appareil qui permet de recueillir tous les mouvements qui, pendant un temps donné se sont succédés devant l'objectif. Le cinématographe inventé par les frères Lumière fait en ce moment courir tout Paris. Nous conseillons vivement nos lecteurs à aller rue Esquemoise, 17, ils passeront une heure fort intéressante.
À partir de demain dimanche, le programme sera complètement changé. Voici les scènes qui seront reproduites par le cinématographe.
1. Gros temps en mer.- 2. Le repas de bébé.- 3. Démolition d'un mur.- 4. La place des Cordeliers à Lyon.- 5. Charcuterie mécanique.- 6. Les forgerons.- 7. Pêcheurs raccommodant leurs filets.-8. Embarquement d'une chaudière.-9. Arrivée d'un train en gare.


L’Égalité, Roubaix, 19 avril 1896, p. 3.

Par la suite, les programmes se renouvellent assez peu et seuls quelques entrefilets apportent parfois un complément d'information. C'est ainsi le cas à l'occasion du Broquelet, grande fête populaire des ouvriers du textile, qui a lieu le 9 mai, jour de la translation de Saint-Nicolas. Le nom " broquelet " désigne le fuseau des dentelllières :

Le Cinématographe-Lumière
Nous recevons la communication suivante :
" À l'occasion du Broquelet, nous donnons exceptionnement des séances populaires au prix de CINQUANTE CENTIMES, le dimanche 10 mai et le lundi 11 mai.
Le Programme de ces journées est le suivant :
1. La Leçon de musique, 2. Démolition d'un Mur.-3. Le Géant et le Nain.-4. les Forgeons.-5. Charcuterie-Mécanique.-6. Le Jardinier.
Pour détruire plusieurs appréciations qui pourraient s'accréditer, nous portons à la connaissance du public, que le Cinématographe-Lumière fontionnant 17, rue Esquermoise, est le même que celui qui fonctionne à Paris et dans ses quarante succursales d'Europe.


L'Égalité, Roubaix, 11 mai 1896, p. 3 

C'est vers la fin du mois que l'on annonce les dernières séances, une pratique habituelle souvent contredite :

Le Cinématographe
Le Cinématographe Lumière, 17, rue Esquermoise, quittant Lille dimanche soir 31 mai, donne à partir d'aujourd'hui un programme composé de nouvelles vues.


L'Égalité, Roubaix, 1er juin 1896, p. 3.

De fait, le cinématographe Lumière va rester quelque temps encore comme le signale l'entrefilet suivant :

En présence du grand succès obtenu de ses représentations de photographie animée et sur la demande de ses visiteurs, la maison Lumière, de Lyon, continuera pendant quelques temps encore ses séances de cinématographie. Nous engageons nos amis à aller revoir le spectacle si intéressant qui est offert au Lillois (La Dépêche, Lille, 3 juin 1896).

Finalement, le cinématographe Lumière va rester jusqu'aux premiers jours du mois d'août.

Répertoire (autres vues) : Assiettes tournantesL'ArroseurConcertMaréchant-FerrantPartie de tric-trac (Le Réveil du Nord, Lille, 22 avril 1896), Les Champs Elysées, Le SerpentBaignade en merQuerelle enfantineUne partie de jacquetUn prêté pour un renduDéfilé du 96e de ligne (L'Égalité, Roubaix, 17 mai 1896, p. 3), Barque sortant du portBoute-selle (7e cuirassiers)Défilé du 7e cuirassiersLa Politique adoucit les moeursLancement d'un navire à la Ciotat, Le Cinématographe à LondresLa Bourse (Marseille)La Canebière (Marseille) (La Dépêche, Lille, 14 juin 1896), Regent Street à LondresChevaux à l'abreuvoirPartie d'écartéGarde montante (Londres)Danse de jeunes filles (Londres)Chute d'un murMaoeuvre du sabreMauvaises herbes (Le Réveil du Nord, Lille, 29 juin 1896), Comte de Montebello et Général de BoisdeffreCzar se rendant au KremlinCzar et Czarine se rendant au SacreCzar et Czarine entrant dans l'Église de l'AssomptionDéputation asiatique (L'Égalité, Roubaix, 28 juillet 1896, p. 3).

Pourtant, même après son départ, le poste Lumière de Lille va encore faire parler de lui et à plusieurs reprises. Tout d'accord au sujet d'un trafic de photographies obscènes qui va mettre en cause l'un des employés du cinématographe de la rue Esquermoise :

TRIBUNAL CORRECTIONNEL DE LILLE
Séance du 13 août
Présidence du M. RIGGER
Les photographies obscènes.-Depuis quelque temps, le service de la sûreté à Lille était informé qu'un grand nombre d'individus circulaient dans les cafés, offrant aux consommateurs des photographies obscènes. Des vendeurs de journaux qui étaient connus pour se livrer à ce trafic furent filés et vers la fin du mois de juin dernier, l'agent Sapin arrêtait à la brasserie Becker un sieur Dupont, dont les allures louches l'avaient frappé.
Quand Dupont se vit arrêté, il se débarrassa de sa sacoche qui fut ramassée par ses camarades. quelques jours après on mettait en état d'arrestation, un retoucheur de photographies habitant rue du Priez, le nommé B., âge de 20 ans, qui avait offert à un employé du Cinématographe rue Esquermoise, une série de photographies en échange d'une entrée au Cinématographe.
Dupont nie énergiquement avoir vendu ou exhibé dans des lieux publics des photographies sur la nature desquelles nous n'insisterons pas. B., de son côté soutient qu'il n'en a jamais fabriqué et qu'il n'a pas donné au contrôleur du Cinématographe les images incriminées en échange d'une entrée.
Les faits relevés contre Dupont n'étant pas démontrés, ce dernier est acquitté. Quant à B., il est condamné à un mois d'emprisonnement et 16 fr. d'amende.L'Égalité, Roubaix, 15 août 1896, p. 3.

Le nom de l'employé n'est pas fourni, pas plus que celui du retoucheur de photographies simplement signalé comme B. Ce dernier semble s'être servi de clichés obscènes afin d'obtenir une entrée au cinématographe. L'affaire est plutôt cocasse en sachant, en outre, que les Lumière ne disposent dans leur catalogue que de vues bien sages... Resterait à connaître le nom de l'employé... Il se trouve précisément qu'un certain Maurice Mosse, âgé de dix-neuf ans, travaille sur le poste du cinématographe Lumière. Son nom ne nous serait jamais parvenu si ce brave garçon n'était tombé amoureux d'une jeune femme et n'avait pas attenté à ses propres jours. L'Avenir de Roubaix va détailler par le menu toute l'affaire :

LES AMOURS TRAGIQUES
Tentative de suicide d'un jeune amoureux
Une émouvante tentative de suicide a eu lieu hier matin, dans les bureaux de l'Express, rue des Prêtres.
À 10 heures, M. Maurice Mosse, récemment engagé comme comptable par M. Coste, se tirait un coup de revolver dans le côté gauche.
Un de nos rédacteurs, M. Mency-Dargis, rencontrait dimanche après-midi, vers deux heures M. Mosse, rue Nationale, en face des magasins de Jeanne d'Arc.
" Venez donc demain matin à l'Express, dit à notre collaborateur M. Mosse, vous aurez une longue colonne de reportage" (sic).
M. Mency-Dargis s'éloigna, sans attacher autrement d'importance à ce propos, et pendant d'ailleurs à une plaisanterie.
Ajoutons que vers 7 heures du soir le jeune homme vit au Café Lorquin, rue de Pois, un autre de nos rédacteurs, M. Catoire, auquel il tint le même propos qu'à M. Mency-Dargis.
Coup de théâtre
Notre collaborateur se rendait hier après-midi à l'hôpital Saint-Sauveur.
Au bureau des commis, on lui fit la déclaration suivante : 
"Ce matin, à huit heures et demie, M. Maurice Mosse, dix-neuf ans, s'est tiré un coup de revolver dans le côté gauche. La balle est ressortie par le côté droit et on craint que le foie ne soit perforé. On attribue le suicide à un chagrin d'amour."
M. Mency-Dargis se souvint alors du propos que lui avait tenu la veille, le jeune homme qu'il avait connu, lorsqu'il était employé au Cinématographe, rue Esquermoise.
Il se rendit dans la salle où se trouvait le jeune désespéré : " C'est là, lui dit-il, le " reportage" que vous me promettiez hier ?"
"- Oui, lui fut-il répondu.
"- Et depuis quand aviez-vous l'intention de vous tuer ? "
"- Depuis jeudi passé."
Après quelques paroles de consolation et de réconfort, notre collaborateur se retira.
Les causes du suicide
Beaucoup de nos concitoyens connaissent le jeune Mosse pour l'avoir vu au Cinématographe.
Le teint coloré, presque imberbe, ce garçon aux allures timides et à la voix douce ne paraissait pas devoir être sujet aux grandes passions qui tuent. Pendant les heures d'attente au seuil du Cinématographe, il avait fait la connaissance d'une jolie blondinette, demoiselle de magasin dans le voisinage.
Elle n'avait pas refusé les hommages de son galant, et le pauvre s'était imaginé que cet amour serait éternel.
Malheureusement, il se trouva sans emploi. Nous le vîmes souvent dans nos bureaux et séduits par son excellente éducation, sa douceur naturelle, nous essayâmes de le caser.
La chose n'était pas facile et nous croyons bien que pendant plusieurs semaines le malheureux dut passer la nuit à la belle étoile.
Les parents de la jeune fille tout en s'apitoyant sur l'affection sincère dont souffrait Mosse, lui firent comprendre que toutes les relations devaient finir et la demoiselle obéit à ces injonctions.
Le cœur brisé par cette rupture le pauvre garçon écrivit dimanche soir au frère de son amoureuse une lettre dans laquelle il annonçait que lundi à 8 heures et demie du matin il se tuerait : " J'envoie la même lettre à votre sœur, écrivait-il. "
M. P... voulant épargner cette émotion à sa sœur s'empressa d'aller rôder rue Esquermoise et fut assez heureux pour arrêter au passage le commissionnaire de la funèbre missive.
Une nuit de recherches
Quoiqu'on prétende généralement que celui qui a la ferme intention de se suicider ne l'annonce pas à l'avance.
M. P. se mit à la recherche de Mosse. Vainement il chercha à connaître son adresse et pendant la moitié de la nuit, erra par la ville dans l'espoir de rencontrer le jeune désespéré. Il se coucha, se promettant bien de se rendre dès la première heure au bureau de l'Express.
Trop tard
M. P. arriva rue des Prêtres un peu après huit heures du matin et demanda à la femme du directeur, Mme Coste, d'appeler son employé.
Cette dame ignorant le motif de la visite de M. P. refusa d'appeler le jeune Mosse. Pendant qu'elle parlementait, une détonation se fit entendre dans le bureau.
Huit heures et demie sonnaient exactement, l'infortuné garçon avait tenu parole.
Le blessé
Mms Coste, M. P., plusieurs employés se précipitèrent dans le bureau où Mosse gisait dans une mare de sang, tenait encore en main le revolver chargé de cinq balles dont il venait de se décharger un coup dans le côté gauche.
Il serra la main à M. P. en lui disant : " Il est trop tard. "
M. le docteur Lingrand, appelé aussitôt, fit transporter le blessé à l'hôpital Saint-Sauveur, comme on le sait.
Lettres d'adieux
On trouvé [sic] sur le blessé trois lettres adressées, l'une au commissaire central, le priant d'avertir sa famille en Belgique et quelques-uns de ses amis, la seconde pour M. et Mme Coste contenant les adieux reconnaissants du suicidé.
La troisiìeme renfermait divers souvenirs. Sur l'enveloppe étaient écrits ces mots :
" Voici mes reliques d'amour. Je désire qu'elles soient placées dans mon cercueil. Qu'on n'ouvre pas cette enveloppe, elle ne contient que des fleurs et une mèche de cheveux."


L'Avenir de Roubaix, Roubaix, 30 septembre 1896, p. 3.

L'histoire ne dit pas si le jeune Mosse, d'origine belge, a finalement échoué dans sa tentative de suicide... En tout cas, il ne figure pas au nombre des décès de cette année à Lille. Mais décidément, le poste Lumière n'en finit pas de déchaîner les passions. C'est au tour du responsable du poste Étienne Thévenon qui, par amour, est à deux doigts de mettre fin à ses jours. Une aventure amoureuse, ici encore, qui fort heureusement ne finit pas en drame :

TENTATIVE DE SUICIDE
rue Saint-André
Il y a six à sept mois, un jeune homme qui avait été employé au cinématographe de la rue Esquermoise, se suicidait par désespoir d'amour.
Son camarade, employé au même établissement, vient de se tirer deux coups de revolver, également par chagrin d'amour.
Étienne Thévenon, 44 ans, originaire de Lyon, pendant son passage à Lille, l'été dernier, nouait des relations avec une femme mariée du quartier Saint-André, âge de 24 ans, seulement, dont l'époux était au régiment. Au départ du cinématographe, la jeune femme quitta le foyer conjugal et suivit son amant.
Elle revint à Lille quelque temps après, mais son amant qui ne voulait pas se séparer d'elle, la rejoignit et la décida de nouveau à l'accompagner.
Ce fut le mari qui, à son tour, entra en mouvement et partit à la recherche de sa femme qu'il retrouva à Bienne, en Suisse. Il parvint à lui faire abandonner son amant après avoir causé quelques ennuis à ce dernier, qui, paraît-il, fut à ce sujet congédié par son patron.
Pour se venger, Thévenon revint à Lille et sur le refus de sa capricieuse amie de renouer les relations rompues, il résolut de se suicider devant la porte de l'inconstante.
Hier matin, il se trouvait vers 6 heures 1/2, rue Saint-André, attendant la sortie de son amie, ce fut le père qui le premier descendit dans la rue et en l'apercevant, remonta précipitamment prévenir sa fille.
Thévenon le suivit et arriva presque en même temps sur le palier de la chambre et se tira un coup de revolver. Le père et le mari se précipitèrent sur lui, l'arme partit une seconde fois, avant qu'on put le désarmer.
On le croyait blessé, mais il n'en était rien ; la première balle a éraflé le pardessus dont le drap a été brûlé par la poudre, la seconde s'est logée dans la poche du vêtement.
Thévenon a été arrêté et conduit au parquet qui l'a relâché peu de temps après. Il sera poursuivi pour port d'arme prohibée.


L'Avenir de Roubaix, Roubaix, 15 mars 1897, p. 3.

Décidément le cinématographe Lumière de la rue Esquermoise n'a pas fait que proposer des vues au spectateur, il a également attisé les passions. 

1897

1898

Le cinématographe Frontin de l'Exposition du Cycle (Palais Rameau, mai 1898)

C'est à l'occasion de l'Exposition du Cycle de Lille, que le cinématographe Frontin, qui pourrait bien n'être que le biographe français de Léar, offre quelques séances de vues animées. Il s'agit aussi, comme le commente l’articule suivant, d'une oeuvre caritative :

Exposition du Cycle de Lille
Le public se rend chaque jour plus nombreux au salon du Cycle cet empressement n’est égalé que par l'intelligente activité déployée par les organisateurs pour conquérir la faveur et les applaudissements de visiteurs. Il nous faut insister une fois encore sur la merveilleuse installation de cette exposition. Jamais le Palais-Rameau n’a été à pareille fête.
Un orchestre formé des meilleurs sofistes de la ville charme les oreilles. En faut-il plus pour expliquer l’affluence du public lillois ? Non, et cependant ce n’est là que la moitié du spectacle offert aux visiteurs.
Depuis l’ouverture de l'Exposition, sur une vaste scène aménagée dans le fond de la salle, encadrée de velours rouge frangé d’or, les attractions abondent, se succèdent sans interruption.
C’était Plessis, l’admirable artiste grimé, Ariso, les Roberts, Maurice, les Brooksons ; il faut maintenant compter avec la compagnie French, admirables de grâce, d’agilité et d’audace. Aujourd'hui même, en matinée, et le soir, débuteront les " Albertony’s ", de merveilleux acrobates de tapis. Le gramophone et le cinématographe Frontin ont leur bonne part du succès commun.
Si l’on ajoute que tout ce monde, organisateurs et artistes, travaillent pour le plus grand profit des pauvres de la ville, les véritables bénéficiaires de cette fête, on comprendra combien une œuvre de ce genre mérite la sympathie que lui montre les Lillois.
Nous avons déjà dit que chaque billet d’entrée au Palais-Rameau donnait droit à un numéro de la grande tombola qui sera tirée dans quelques jours. Nous avons vu les nombreux lots réservés aux souscripteurs, ils sont superbes. Plusieurs exposants ont offert gracieusement de magnifiques bicyclettes dont la moindre vaut 400 francs.
Se rendre à l’exposition du cycle, c’est donc se récréer, faire une bonne œuvre et s’attendre à la plus charmante, à la plus agréable des chances.


Le Guetteur de Saint-Quentin, Saint-Quentin, 27 mai 1898, p. 2.

lille palais rameau

Lille, Palais Rameau, (c. 1901)

1899

1900

1901

1902

Le Grand Cinématographe Français d'Étienne Thévenon (Pont de la Barre, [2]-29 septembre 1902)

C'est à l'occasion de la foire, qui commence généralement le 26 août, qu'Étienne Thévenon installe son Grand Cinématographe Français, Pont de la Barre :

GRAND CINÉMATOGRAPHE FRANÇAIS.-Pont de la Barre, en face de la rue de la Barre.-A partir de 4 heures, séances de cinématographe. Vues inédites. Les dimances et jeudis, changement complet du programme.


Le Réveil du Nord, Lille, 2 septembre 1902, p. 3.

La presse n'offre que peu de titres du programme, mais ce sont les vues locales qui sont annoncées :

Salon du Grand Cinématographe Français (Pont de la Barre).-Aujourd'hui dimanche, changement complet de programme. Étant donné le succès obtenu avec le cortège des funérailles de Géry Legrand, la direction a décidé de maintenir toute cette semaine la vue. A partir de lundi, la sortie de la régie des tabacs, vue très intéressante qui a eu un grand succès l'an dernier.


Le Réveil du Nord, Lille, 15 septembre 1902, p. 4.

Par ailleurs, à des fin publicitaires et caritatives, Thévenon propose également des séances gratuites pour les hospices :

UNE BONNE INITIATIVE.-M. Thévenon, propriétaire du Cinématographe Français installé au Pont de la Barre, donnera, vendredi prochain, 19 courant, deux représentations gratuites en faveur des vieillards et orphelins des deux sexes des Hospices.


Le Réveil du Nord, Lille, 17 septembre 1902, p. 4.

Il organise également des séances de gala qui attirent toujours beaucoup de monde :

SALON DU GRAND CINÉMATOGRAPHE FRANÇAIS (Pont de la Barre).- Aujourd'hui jeudi, changement complet du programme. A la demande de plusieurs familles, les vues du cortège des funérailles de M. Géry-Legrand et la sortie de la régie des tabacs, seront maintenus jusqu'à dimanche.
Vendredi, deux séances de gala, à 5 heures et à 8 heures de demie. Pour éviter l'encombrement qui se produit chaque fois, la direction ouvrira les bureaux à 4 heures et à 7 heures et demie.


Le Réveil du Nord, Lille, 19 septembre 1902, p. 4.

Les théâtres cinématographiques ne sont jamais à l'abri des vols comme les autres barques foraines. Thévenon est lui-même victime :

VOL À LA FOIRE.-M. Thévenon, propriétaire du Grand Cinématographe Français, installé au pont de la Barre, a porté plainte pour un vol d'outils divers dont il a été victime.
Un enquête est ouverte pour rechercher les auteurs de ce cambriolage.Le Réveil du Nord, 24 septembre 1902, p. 4.

Il est fréquent que, même au-delà de la fin de la foire, des baraques continuent, avec l'autorisation de la mairie, à maintenir leur activité. C'est ce qui explique que la clôture définitive soit annoncée pour la fin du mois de septembre :

Salon du Grand Cinématographe Français.- (Pont de la Barre).- Aujourd'hui jeudi, changement complet du programme.
On nous prie d'annoncer à nos nombreux lecteurs que la clôture aura lieu irrévocablement lundi soir, 29 septembre.
Tous les jours, séances à partir de 3 heures.


Le Réveil du Nord, Lille, 26 septembre 1902, p. 3.

1903

1904

1905

1906

Le Grand Cinématographe Français d'E. Thévenon (Allée des Marronniers, [3]-[25] septembre 1906)

Depuis de nombreuses années, Étienne Thévenon parcourt la région et installe sa baraque pour la foire de septembre. Il est de retour en 1906, mais les informations sont rares :

GRAND CINÉMATOGRAPHE FRANÇAIS (E. Thévenon).- Sur l'Esplanade (allée des Marronniers). Tous les jours, grandes séances, à partir de 4 heures. Vues nouvelles et inédites.


Le Réveil du Nord, Lille, 3 septembre 1906, p. 3. [même annonce jusqu'au 25 septembre).

Cette annonce est publié quotidiennement jusqu'au 25 septembre (Le Réveil du Nord, Lille, 25 septembre 1906, p. 4).

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