Louis GOUDESONE

(Dunkerque, 1843-Paris, 1917)  

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Jean, Amand, Constant Goudesone (Dunkerque, 28/11/1813-Paris 6e, 06/04/1858) épouse Henriette, Élise Moisson (Bourbourg, 20/03/1817-Paris 11e, 16/10/1901). Filiation :

  • Elise, Jeanne, Eugénie Goudesone (Dunkerque, 09/07/1836-Paris 20e, 26/03/1896)
    • épouse (Paris 10e, 08/01/1863) Pierre, Victor Gonneau (Vert-le-Grand, 24/10/1820-[1892]). Divorce (19/20/1891).
      • Lucie, Victorine, Alexandrine, Élisa Gonneau (Paris 19e, 23/10/1863-Paris 19e, 16/02/1869)
  • Gustave, Joseph Goudesone (Dunkerque, 26/12/1837-Paris 19e, 28/10/1887)
  • Emma, Désirée, Julie Goudesone (Dunkerque, 25/06/1839-Paris 9e, 24/11/1894)
    • épouse (Paris 10e, 20/02/1873) Georges, Adolphe, Marie Blouzet (Paris, 19/08/1847-Colombes, 09/01/1900)
      • Adolphe, Georges Blouzet (Paris 9e, 16/04/1872-)
      • Georges, Louis Blouzet (Paris 9e, 13/12/1875-)
  • Louis, Jules, Anatole, Jean Goudesone (Dunkerque, 26/06/1843-Paris 17e, 03/10/1917)
    • épouse (Paris 10e, 08/10/1868) Marie, Louise Busseuil (Thizy, 27/10/1832-Paris 11e, 18/09/1899). Filiation :
      • Jean (Charles) Goudesone (Lyon 2e, 25/03/1855-Paris 8e, 19/12/1935)
        • épouse (Paris 10e, 28/08/1879) Léontine, Clara Dauvergne (Pontault-Combault, 23/02/1861-Paris 14e, 11/10/1885)
        • épouse (Moscou, 01/1889) Marie, Marguerite, Jeanne, Olga Trognon ([1860]-≥ 1935). Filiation :
          • Raphaël, Alexandre, Maurice Goudesone (Moscou, 01/12/1889-La Boucle de la Cerna, Serbie, 09/05/1917)
          • Jeanne, Louise, Mathilde Goudesone (Moscou, 17/03/1891-Moscou, 24/03/1892)
          • Jeanne, Marcelle Goudesone (Moscou, 19/06/1892-)
    • épouse (Paris 17e, 18/06/1903) Joséphine, Frédérique Erhard (Mulhouse, 08/11/1856-), veuve de Charles Eugène Périnet (Châlons, 10/04/1832-Paris 8e, 15/05/1899).
  • Auguste, Élie, Lucien Goudesone (Paris 6e, 18/05/1852-Paris 11e, 24/11/1927)
    • épouse (Paris 20e, 25/08/1881) Catherine Fétinet (Tarare, 23/02/1850-Paris 9e, 26/10/1896)
    • épouse Eugénie, Augustine, Angèle Gully (-≥1927)

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Louis Goudesone est le fils d'un musicien et d'une ouvreuse de théâtre. Le couple habite au nº 100 du faubourg du Temple. Louis se consacre, encore jeune, à la musique, et, à vingt ans, il est un pianiste émérite (Coulommiers, 1863). Dès 1866, il partage la vie d'une artiste lyrique déjà célèbre, Marie, Louise Busseuil, qui utilise comme nom de scène Busseuil-Goudesone, et devient chef d'orchestre de la salle parisienne, À l'Harmonie (1869).

Pendant quelques années Louis Goudesone - qui se fait alors appeler M. Busseuil - et sa compagne vont délaisser la musique pour l'aérostation. Avec leur ballon dirigeable, Le Mistral, l'intrépide Mme Busseuil-Goudesone effectue plusieurs ascensions (Nîmes, 1875 ; Saint-Étienne, 1875 ; Chalon, 1875, Bayonne, 1876 ; Orléans, 1876 ; Liège 1877...). À Arras, en septembre 1877, elle connaît un grave accident lors d'une ascension en ballon.

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M. et Mme Busseuil, Lettre au Président de la Société Française de Navigation Aérienne, Saint-Étienne, 21 octobre 1875 [D.R.] La Meuse, Liège, 4-5 août 1877, p. 3

Après quelques années consacrées aux ballons dirigeables, le couple revient à la musique et au music-hall. À partir de 1878, Louis Goudesone reprend ses activités. Il devient chef d'orchestre de l'Orphéum (1880-1881), puis du Palace-Théâtre (1882-1883) :

GOUDESONE.-Triomphe dans la chansonnette comique et se signale par l'incontestable originalité de son orchestration ; compose à merveille pour la voix des chanteurs et même pour les chanteurs qui n'ont pas de voix. Aéronaute par vocation. Délaissa la musique pendant de longues années pour vivre dans les nuages en compagnie des Godard et des Duruof. Revenu sur terre sans avoir pu diriger ses ballons, M. Goudesone se contente aujourd'hui de diriger son orchestre du Palace-Théâtre.


Le Figaro, Paris, 17 septembre 1882, p. 1.

Il prend ensuite ce même poste à l'Eden-Nancéien (Nancy), en 1885. En 1887, il crée, à Paris, une École lyrique gratuite pour les jeunes filles qui se destinent au café-concert. Toujours chef d'orchestre, il se retrouve au théâtre du Châtelet (1889-1890) et la Gaîté (1891-1893). Il est l'un des fondateurs, en décembre 1889, de la Société amicale des chefs d'orchestre. En 1894, il rachète à M. Debasta, le Concert-Européen, pour la somme de 150.000 francs. Pour cela, Louis Goudesone fonde "la Société en commandite dite Goudesone et Cie, Concert Européen, 5, Biot.-9 ans, 9 mois et 10 jours.-130.000 fr. par la commandite.22 mars 1894.-P.A.". Le fonds de la société est revendu le 1er septembre 1895 et la dissolution de la société est prononcée le 27 septembre 1895. Parmi les spectacles organisés sous la direction de Louis Goudesone, on remarquera la revue La Lune à un mètre (1894). Il est également un compositeur recherché et un musicien apprécié (violon, piano...). Il signe la musique de très nombreuses œuvres : des ballets (La Bayadère, 1882), des vaudevilles (Une répétition au ministère, 1888), des drames lyriques (Vautours de la Vertu, 1891), des pièces de théâtre (Orient-Express, 1890)...

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Paris XVIIe, rue Biot. Concert Européen
(début XXe siècle)
A. Willette, Concert Européen, La Lune à un mètre (1895)
© B.N.F.

L'échec de la direction de l'établissement Concert Européen l'éloigne, semble-t-il, du monde du music-hall pendant quelque temps. À l'été 1898, le théâtre du Divan Japonais donne la revue Nouveau Jeu dont il a composé la musique. Puis, en 1899, survient le décès de sa femme Marie, Louise Busseuil.

L'arrivée du cinématographe marque sans doute un tournant dans sa carrière, au moins pendant quelques années. À partir de 1896, avec l'installation du Comptoir Général au 133, boulevard Voltaire à Paris, il se consacre à la commercialisation d'appareils phonographiques et cinématographiques, mais aussi de vues animées. 

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Gondry, 4, rue Roubo, Paris
Paris-Rue de Belfort
(La rue de Belfort fait l'angle, à gauche, à hauteur du nº 133 du boulevard Voltaire)

De cette activité, nous trouvons des traces dans les Annuaires-almanach du commerce et de l'industrie. Dans l'édition de 1897, on peut lire :

Goudesone : Le Phonographe-résonnateur, boul. Voltaire, 133. - Comptoir du cinématographe. Appareils et films soignés. Seul dépôt des vues russes A. F., boul. Voltaire, 133.

La mention relative aux vues russes laisse à penser que son fils Jean Goudesone, installé comme libraire à Moscou, sert d'intermédiaire. Dans l'Anuario Almanaque de Comercio (Bailly-Baillère, 1897), on retrouve une information similaire :

COMPTOIR GÉNÉRAL, de Cinematografía. Aparatos perfeccionados modelo Edison. FILMS de todas dimensiones. Precios reducidos. Catálogo franco GOUDESONE, 133 Bd Voltaire, PARIS.

Louis Goudesone semble commercialiser des contrefaçons d'appareils Edison et toute sorte de films. L'année suivante, de nouveaux appareils sont mis en vente :

GOUDESONE : comptoir général, nouveau phonographe français enregistreur "Le Colibri", cylindres vierges et enregistrés pour graphophones, boul. Voltaire, 133.

Nous savons qu'il a donné des représentations cinématographiques comme celle d'avril 1897 à Alençon où il utilise, semble-t-il, un appareil de sa fabrication. Le spectacle comporte également des projections de vues fixes. On imagine qu'il organise d'autres soirées, mais nous ne disposons pas d'informations jusqu'en 1898. Grâce à la  correspondance Gaumont, nous savons que Louis Goudesone a passé une convention avec le Comptoir Général de Photographie " pour l'exploitation en France des photographies en relief dont Mr Bondy [à] Wien est (dit-il) propriétaire des brevets français. Cette convention part de ce jour [25 septembre 1898] pour finir le 1er Janvier 9[9] et elle n'est valable que par votre acceptation écrite au reçu de la présente. "

Mais Goudesone ne se limite pas à ces relations avec la maison Gaumont, il est aussi en rapport avec les frères Normandin dont il commercialise le Royal Biograph, comme la presse s'en fait d'ailleurs l'écho : 

Tout le monde aujourd’hui connaît le cinématographe, et il est presque enfantin d’en rappeler le principe éminemment simple.
Cet appareil merveilleux de précision, consiste, on le sait, à décomposer sur une pellicule un mouvement, le vol d’un oiseau, le galop d’un cheval, en une série de photographies prises à des intervalles liés petits mais égaux. Si l'on fait repasser dans un mouvement très rapide cette succession de photographies, le spectateur aura l’illusion du mouvement.
L’inventeur en est le grand physicien M. Marey, et c’est le distingué savant photographe M. Louis Lumière qui en a fait la merveilleuse application.
Il s’est créé pour l’exploitation de cette invention des industries très importantes ; en première ligne, il convient de citer la Maison Goudesone, 131, boulevard Voltaire à Paris, avec ses appareils Normandin, si remarquables.
Tout ce qui concerne l’appareil et ses fournitures diverses se trouve là et de qualité supérieure.
On trouvera également à la maison Goudesone un appareil de salon présentant des vues animées qui est appelé à un grand succès.
Cet appareil donne l’illusion complète du mouvement qui se produit sans le secours de la lumière factice, en conséquence aucune crainte d’incendie.
En définitive, il est l'idéal recherché depuis longtemps, tant par la modicité de son prix, ainsi que celui des vues de rechange, que par son parfait fonctionnement.


La France, Paris, 10 avril 1900, p. 1.

C'est cette même année qu'il dépose le seul brevet que nous connaissions de lui pour " un appareil nommé cinémastéréoscope destiné à montrer la photographie animée en relief (Brevet 301.956, 7 juillet 1900).

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Louis Goudesone, Le Cinémastéréoscope, 1900
© INPI

L'Annuaire-almanach du commerce (édition 1900) indique comme activités commerciales : " phonographes et grands graphophones nouveaux modèles. Manufacture de cylindres, enregistrement artistique  et fort sous la direction de M. Louis Goudesone. " Celui de 1901 (p. 1334), signale : " Le CINÉMA-STÉRÉOSCOPE ", nouvel appareil de salon donnant des vues animées en relief, reproduction de films sur papier pour théoscopes et mutoscopes, boul. Voltaire, 202. " C'est cette même année que Louis Goudesone perd sa mère comme le souligne la presse parisienne :

On annonce le décès de Mme Moisson, veuve Goudesone, doyenne des ouvreuses des théâtres de Paris ; elle était âgée de quatre-vingt-cinq ans et faisait encore, il y a un an, son service au théâtre des Bouffes-Parisiens.


Le Matin, Paris, 19 octobre 1901, p. 4.

Louis Goudesone se remarie en 1903 avec Joséphine, Frédérique Erhard. C'est également à ce moment-là qu'il renonce, semble-t-il, aux activités liées au cinématographe. Il continue, en revanche, celles de compositeur de musique et habite au nº 9, rue Lantiez (Paris, 17e), mais nous ne disposons que de très peu d'informations sur ses activités au-delà de 1904. Nous savons qu'il obtient la place de directeur du casino de Luxueil (1906). Son fils, Jean Goudesone, toujours installé à Moscou, s'occupe de la succursale de la Société Théophile Pathé, dirigée alors par Alexandre Promio. Par la suite, nous ne disposons plus d'information jusqu'à son décès survenu à Paris, en 1917. 

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