VANNES

1896

Le Cinématographe du Théâtre Romain (Place de la Halle-aux-Grains, novembre 1896)

 Le Théâtre Romain vient de donner quelques séances de cinématographe à Pontivy avant d'en faire autant à Vannes. La baraque s'installe sur la place de la Halle-aux-Grains et l'inauguration est prévue pour le jeudi 5 novembre :

Le Cinématographe
Le Théâtre Romain, installé depuis dimanche sur la place de la Halle aux Grains obtiendra un véritable succès. Jeudi l'on admirera ce merveilleux appareil qui donne la vie et l'animation aux reproductions de la photographie avec une illusion tellement complète que l'on s'imagine être en présence de véritables sujets en mouvement. Nous ne doutons pas que cet établissement obtienne le succès qu'il mérite.


L'Avenir du Morbihan, Vannes/Pontivy, 4 novembre 1896, p. 2. 

Mais aucune information sur le propriétaire de l'appareil, ni sur les films qui constituent le programme. 

Le Cinographoscope de M. Trésel (Place de la Halle-aux-Grains, novembre 1896)

M. Trésel continue sa tournée en Bretagne, et, après un rapide passage par Morlaix, il s'apprête à présenter aux Vannetais le cinographoscope. Il s'agit sans doute de la première fois qu'ils voient un tel appareil. Dès le 31 octobre, un entrefilet annonce la prochaine ouverture de ce spectacle installé sur la place de la Halle-aux-Grains :

CINOGRAPHOSCOPE
Le cinographoscope, ou projections animées, dirigé par M. Trésel, venant de Brest où il a remporté un grand succès, vient également d'arriver sur la place de la Halle-aux-Grains.
Ce genre d'attraction qui n'a encore jamais été installé dans notre ville, attirera certainement un nombreux public.
Le cinographoscope est éclairé à la lumière électrique, ce qui donne absolument l'illusion de la vie aux images des personnes qui sont représentées de grandeur naturelle.
Le prix des places est de 1 franc et de 0 fr. 50.
Des affiches feront connaître ultérieurement le jour de l'ouverture.


Le Progrès du Morbihan, Vannes, 31 octobre 1896, p. 2.

 C'est finalement le 6 novembre qu'à lieu la première du cinographoscope à Vannes. Si l'information est limitée, en revanche, nous disposons du programme complet de la soirée inaugurales :

CINOGRAPHOSCOPE
Le cinographoscope, ou projections animées, dirigé par M. Trésel, installé sur la place de la Halle-aux-Grains, donnera sa première représentation vendredi prochain, 6 novembre 1896.
PROGRAMME
1. L'arrivée d'un train.
2. Sardiniers dans le port.
3. Descente de l'omnibus.
4. Une grue à vapeur.
5. Déchargement d'un navire.
6. Sortie de l'arsenal.
7. Les clowns excentriques.
8., La place de la République à Rouen.


Le Progrès du Morbihan, Vannes, 4 novembre 1896, p. 2.

vannes place halles aux grains vannes cinographoscope
Collection H. Laurent, Port-Louis
Vannes, La Poste et la place de la Halle aux Grains, c. 1900
L'Avenir du Morbihan, Vannes,
6 novembre 1896, p. 3.

Le succès est au rendez-vous et les Vannetais se pressent pour voir les images animées comme l'indique L'Avenir du Morbihan :

Le Cinographoscope
Depuis que ce spectacle est offert à Vannes, la jolie loge où on y assiste, ne cesse d'avoir des amateurs. Rien n'est curieux comme ce mouvement de vie reproduit avec une réalité absolue : arrivée de chemin de fer, scènes à la mer, dans les rues, tout est charmant, et pas un Vannetais ne voudra manquer l'occasion de se rendre compte de cette belle invention.


L'Avenir du Morbihan, Vannes, 13 novembre 1896, p. 3.

Le lendemain, renouvellement complet des vues avec 9 nouveaux titres, mais on a tout de même le sentiment que le nombre total de vues reste relativement limité, sans doute guère plus d'une trentaine de films. L'article ajoute : " Comme nous savons que le cinographoscope ne doit plus donner que quelques représentations nous ne saurions engager trop vivement, nos concitoyens à aller voir ce charmant spectacle, tout nouveau dans notre ville, et qui est aussi curieux qu'agréable à voir (Le Progrès du Morbihan, Vannes, 14 novembre 1896, p. 2.). C'est en tout cas la dernière annonce publiée dans la presse consultée.

Répertoire (autres films) : Cinq kilomètres en expressUne vue de merLes montagnes russes nautiquesL'abreuvoirLa sortie de l'usineMademoiselle Bébé et ses chiensLes Fêtes franco-russes à Paris (2 vues) (Le Progrès du Morbihan, Vannes, 14 novembre 1896, p. 2).

1897

Le Cinématographe Joly d'Ernest Normandin (Théâtre de Vannes, avril 1897)

Ernest Normandin, concessionnaire du cinématographe " système Joly ", parcourt depuis plusieurs semaines la Bretagne afin de présenter cet appareil et d'en faire la publicité. À cet effet, il organise des soirées où les spectateurs peuvent découvrir la qualité des projections de ce cinématographe. La veille de l'inauguration, un article annonce l'arrivée imminente du responsable : 

THÉÂTRE DE VANNES
Le cinématographe Joly
On nous annonce la prochaine arrivée dans notre ville de ce cinématographe.
N. Normandin, ingénieur des arts et manufactures, propriétaire du brevet du cinématographe Joly, système perfectionné de cette merveilleuse découverte qui photographie les personnes et les choses en mouvement, et permet de les reproduire ensuite devant les spectateurs avec l'exactitude la plus rigoureuse, donnera trois représentations.
Aussi nous pensons qu'un public nombreux ira assister à ces très intéressantes séances qui seront données au théâtre municipal de Vannes, en matinée à 4 heures de l'après-midi le dimanche 4 avril 1907 et en soirées le même jour et le lundi 5, à 8 h. 1/2 du soir. p. 2.


Le Progrès du Morbihan, Vannes, 3 avril 1897, p. 2.

Une nouvelle annonce, du jour de l'inauguration apporte quelques compléments, en particulier sur le nombre de vues proposées aux Lorientais :

Théâtre de Vannes
Nous voici à la veille d'avoir un spectacle intéressant la vue de photographies animées par le Cinématographe, système joli [sic], avec ses derniers perfectionnements.
31 numéros sont inscrits au programme.
Les représentations auront lieu :
Dimanche en matinée à 4 heures, et le soir à 8 heures 1/2.
Lundi, nouvelle série à 8 heures 1/2.


L'Avenir du Morbihan, Lorient, 4 avril 1897, p. 2.

Rien de plus par la suite dans la presse consultée, et nous ignorons si Ernest Normandin reste alors en Bretagne. Toutefois, après la catastrophe du Bazar de la Charité, en juin, un appareil Joly est signalé à Brest, mais nous ne pouvons confirmer qu'il s'agit encore de lui.

Le Cinématographe de M. Tavan (Place de la Halle-aux-Grains, 22 octobre 1897)

À l'automne 1897, un cinématographe - dont on ignore le nom du constructeur - est annoncé à Vannes. C'est un Lyonnais, M. Tavan, qui est propriétaire de cet appareil. Il a déjà parcours l'Ouest de la France quelque temps plus tôt. La presse, comme il se doit, annonce l'arrivée prochaine de ce nouvel appareil :

Noua apprenons l'arrivée dans notre ville du Cinématographe qui donnera quelques séances très intéressantes pendant 4 ou 5 jours à partir du Jeudi 21 courant.
Nos lecteurs savent que le cinématographe est une attraction.
Nous engageons vivement nos lecteurs à cette nouvelle attraction persuadée que le cinématographe de M. Tavan de Lyon fonctionnant est irréprochable et à la lumière électrique c'est-à-dire sans aucun danger pour les spectateurs.


L'Avenir du Morbihan, Lorient, 22 octobre 1897, p. 3.

Le lendemain, un autre journal donne une information un peu plus étoffée et offre quelques renseignements techniques, très généraux, qui ne présentent que peu d'intérêt :

LE CINÉMATOGRAPHE 
Nous apprenons l'arrivés dans notre ville du Cinématographe qui y donnera quelques séances, nous assure-t-on, très intéressantes. Tout le monde a vu ou a entendu parler de ce merveilleux appareil qui reproduit le mouvement et la vie de toutes choses animées par le passage rapide de clichés photographiques passant devant une lanterne spéciale. Les clichés photographiques du cinématographe que M. Tavau, de Lyon, va exposer dans notre ville passent devant la lanterne à raison de seize par seconde et par conséquent sans aucune décomposition du mouvement.
Les vues qui seront projetées sont toutes très variées. Le programme sera renouvelé trois ou quatre fois. Les séances ont commencé jeudi, 21 courant, à 8 h. du soir, et se continueront tous les jours jusqu'au mardi 26 courant, dernier jour.
Nous engageons vivement nos lecteurs à rendre visite à cet établissement installé sur la place de la Halle-aux-Grains, et sommes persuadés qu'ils y reviendront souvent. 
Le cinématographe fonctionne à la lumière électrique, par conséquent sans aucun danger pour les visiteurs.


Le Progrès du Morbihan, Vannes, 23 octobre 1897, p. 3. 

Mais hélas, nous ne saurons rien des programmes et des vues présentées. La baraque est installée sur la place de la Halle-aux-Grains qui a déjà accueillis pareil spectacle. Après cinq jours de projection, M. Tavan quitte Vannes.

1898

1899

1900

1901

1902

1903

1904

1905

1906

Le Cinématographe Américain de Nicolaï Kobelkoff (Place des Halles, 6-20 mai 1906)

La presse de Vannes annonce l'arrivé prochaine du Grand Cinématographe Américain de Nicolaï Kobelkoff dès le 27 avril (L'Arvor, Vannes, 27 avril 1906, p. 3). L'inauguration n'a lieu que le 6 mai 1906 et l'on annonce l' "Artiste-Tronc" (L'Arvor, Vannes, 6 mai 1906, p. 2) et quelque jours plus tard, un compte rendu détaillé donne une idée assez précise du spectacle :

Grand Cinématographe
Nous sommes heureux d'annoncer l'arrivée en notre ville du GRAND CINÉMATOGRAPHE AMÉRICAIN
The Ameriean Show, manager
N.-W. Kobelkoff
Nicolaï-Vassll-Jewilsch Kobelkoff est le fils d'un directeur de mines. Né dans le gouvernement d'Oremburg, province de Troïzk, commune de Wosnesenck, en Russie, le 22 juillet 1854, sans bras ni jambes, marié et père de six enfants bien constitués. Sa taille est de 85 centimètres.
L'Artiste-Tronc est universellement connu et l'on peut dire vraiment de lui qu'il a eu dans toute l'Europe, dans toutes les cours étrangères, le plus réel succès.
Dimanche 6 mai a eu lieu une grande représentation sous la direction de M. Kobelkoff, parfaitement en bonne santé, jamais malade comme il dit, aux spectateurs.
M. Kobelkoff ne boit jamais d'absinthe, ni de liqueur, absolument que du thé et du café.
M. Kobelkoff, dessine, saute mange à la fourchette sans le secours d'aucune personne, enfile des aiguilles très couramment, porte 70 kilos sur son petit mognon, est également toujours d'une gaîté exubérante.
Les spectateurs n'ont qu'à citer des noms et M. Kobelkoff écrit très lisiblement.
M. Kobelkoff a eu 11 enfants, mais malheureusement 5 sont morts.
Voilà, certes, un numéro sensationnel qui ne manquera pas de piquer la curiosité de nos concitoyens. Puis ensuite défilent devant vos yeux les plus belles et les plus intéressantes vues cinématographiques jusqu'à ce jour.
Tous les soirs grande représentation à 8 heures 1/2. Dimanche et jeudi matinée à 3 heures.
Mardi changement de spectacle


L'Arvor, Vannes, 9  mai 1906, p. 2.

Le spectacle cinématographique ne se distingue guère de ce que proposent les autres tourneurs ou forains, à une exception remarquable près : le film où Nicolaï Kobelkoff apparaît qui est sans aucun doute le clou de la représentation :  

Cinématographe Américain
The American Show, manager
Le Cinématographe géant Américain installé à Vannes place des Halles offre tous les soirs, à ses visiteurs, un spectacle des plus intéressants. Le public, confortablement installé, voit défiler sous ses yeux, comme en un vaste tableau, les scènes les plus diverses, rendues avec une grande netteté, sans aucune fatigue pour la vue. Les amateurs de spectacles gais se dilatent en contemplant l'odyssée fantastique de l'Amant de la Lune, les amusantes péripéties d'un départ pour les vacances ou les joyeuses farces de l'apprenti pâtissier. Les âmes sensibles sont émues en songeant au danger couru par cette malheureuse fermière mexicaine et sa fillette, prisonnière des Indiens. Et ce charmant bébé qu'une mégère enlève à sa bonne ? Que va-t-il devenir dans cette affreuse mansarde ? Heureusement, son chien fidèle retrouve sa trace. Rien n'arrête le brave animal. Nous le suivons à travers la ville et la campagne. Il cherche, il suit la piste, il entre dans les maisons, enfin il retrouve son petit maître ! Nous admirons l'intelligence du bon chien qui se fait comprendre des parents et les amène auprès du cher bébé.
Aimez-vous les spectacles grandioses qu'offrent les mers, les forêts ou les déserts ? Voudrez-vous être témoins de l'incendie d'un paquebot ? du sauvetage de malheureux naufragés ?
Allez au Cinématographe Américain
La poule aux œufs d'or, féerie à grand spectacle, entièrement coloriée très applaudie, un voyage à travers la Suisse, splendide succès car vraiment l'on se croirait véritablement en chemin de fer, passé sous les tunnels, c'est un très beau pays la Suisse ? Aussi reviendrons- nous, revoir le Grand Cinématographe Américain. Puis ensuite défilent d'autres vues des plus humoristiques, etc.
Allez au Cinématographe géant, vous aurez l'illusion de la solitude des grands bois, de l'infini de l'océan, de la grandeur du courage humain.
Mais le clou de la représentation, à mon avis, c'est la vue de l'artiste-tronc M. Kobelkoff, dont l'adresse est inimaginable. Ce qui nous a frappés surtout, c'est l'aimable philosophie de cet homme pour qui la nature s'est montrée si peu généreuse et qui n'en a pas moins une douce gaieté et une charmante égalité d'humeur.
Tous les jours grande représentation à 8 h. ½. Les dimanches et jeudis représentations à partir de 3 heures.
Tous les vendredis, grande soirée de gala à laquelle tout le monde voudra assister.
Ce soir changement complet de programme.
Voilà, certes, un numéro sensationnel qui ne manquera pas de piquer la curiosité de nos concitoyens.


L'Arvor, Vanves, 13 mai 1906, p. 3.

Un troisième article quelques précisions sur le fonctionnement électrique et annonce une soirée de gala :

Grand Cinématographe
Le Grand Cinématographe Américain, où l'électricité est fournie par une machine de toute beauté et d'une grande précision, offre un spectacle à l'avenant et laisse le plus agréable souvenir. Le directeur, M. Kobelkoff, nous annonce pour vendredi prochain, à 8 heures et demie, une grande soirée de gala avec un merveilleux programme composé des plus grandes attractions et nouveautés cinématographiques et des plus humoristiques. En pus du régal cinématographique sera exhibé le célèbre (Artiste Tronc) qui accomplira ses merveilleux travaux.
Les entrée de faveur seront suspendues pour cette représentation extraordinaire.


L'Arvor, Vannes, 18 mai 1906, p. 3.

La clôture est finalement annoncée pour le dimanche 20 mai 1906 (L'Arvor, Vannes, 20 mai 1906, p. 2)

Répertoire (autres titres) : La Poule aux œufs d'or, vue coloriée (durée de la projection 25 minutes), Un voyage en SuisseLe Forçat libéréLe Chemineau, 15 vues humoristiques (L'Arvor, Vannes, 11 mai 1906, p. 2), Le Chien fidèle (Le Républicain de Pontivy, Pontivy, 12 mai 1906, p. 2)

Afin d'optimiser votre expérience sur ce site, nous utilisons des cookies. Ils visent essentiellement à réaliser des statistiques de visites. En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies.