WIGNEHIES

1896

Le Chronophotographe Gaumont (Salle Bonge, novembre 1896)

Le cinématographe qui arrive à Wignehies, en novembre 1896, n'est pas identifié, et le nom de son propriétaire nous est inconnu. L'inauguration des séances est prevue le dimanche 29 novembre dans la salle Bonge :

Le cinématographe à Fourmies. — Nous apprenons l'arrivée à Fourmies du cinématographe, cette merveilleuse et dernière invention d'Edison, qui obtient, un si grand succès à Paris et qui reproduit avec une vérité saisissante tous les mouvements réels et exacts de la vie, en grandeur naturelle, photographiés sur le vif.
C'est certainement merveilleux, et tous les fervents du progrès apprendront avec plaisir qu'une séance sera donnée à Wignehies, salle Bonge, dimanche 29 novembre, à 8 h. du soir.
Le Directeur se propose de visiter Trélon, Sains, Anor, et finir par Fourmies, où une séance sera donnée, salle du Théâtre, le samedi 5 décembre, et une autre le lendemain dimanche à 8 h. ½ du soir.
La modicité du prix des places, 0,50 centimes et 1 fr. les premières, permettra à tous de profiler de l'occasion qui leur est offerte d'aller admirer, parmi plusieurs autres tableaux : l'Arrivée d'un train, le Départ d'un transatlantique, le Défié d'artillerie, l'Arrivée du tsar à Paris, la Parisienne au bain, la Loïe Fuller dans sa danse captivante et ses changements de couleur, etc., etc., la séance comportant 12 tableaux.


Journal de Fourmies, Fourmies, 29 novembre 1896, p. 2

Si est vrai que l'origine de ce cinématographe n'est pas indiquée dans la presse, le répertoire des films renvoie directement au catalogue Gaumont. Dans la mesure où le chronophotographe Demenÿ a un format de 60mm, il suffit qu'un seul film soit identifié pour que l'on puisse considérer que tout le répertoire vient de cet éditeur de films. Or, un article plus long publié alors que les séances ont déjà eu lieu complète notre information :

Le Cinématographe à Fourmies. — Lundi et mardi ont été données, à la salle Bonge, à Wignehies, les premières séances de l'appareil cinématographique.
Cette étonnante invention, qui donne l'illusion absolue du mouvement et de la vie, a véritablement émerveillé les spectateurs.
Il ne manque que la parole au cinématographe. Mais patience, le phonographe aidant, on verra et on entendra tout et de partout, sans avoir à se déranger. C'est le thaumaturge Edison qui accomplit ces prodiges. « Venez, voyez, touchez, dit-il, ce n'est pas plus malin que ça et ce n'est encore que l'alphabet des merveilles que la science aidée de sa fille chérie l'électricité, nous réserve dans un avenir sans doute même prochain. »
Voici donc l'arrivée d'un train de ceinture en gare. On l'aperçoit là-bas dans la perspective, tout petit, sortant du tunnel, il arrive à toute vapeur, grossissant, grossissant. Il s'arrête sur vous, énorme et tout fumant ; les portières s'ouvrent ; les voyageurs qui attendaient courent et se bousculent pour monter, pendant que les autres descendent et se précipitent vers la sortie. C'est un chassé-croisé rendu avec une perfection inouïe. Le cinématographe ne fait grâce d'aucun détail, d'aucun mouvement ; c'est d'un réalisme à faire sécher de jalousie Émile Zola !
En bien moins de temps que je n'en mets à le raconter, l'illusion s'est évanouie, le train a disparu.
Contraste ! C'est maintenant le départ d'un steamer. Il sort majestueusement du port, précédé d'un caboteur ; l'eau bouillante domptée par l'hélice ; les passagers, rassemblés en masse sur le pont, agitent leurs mouchoirs, le timonnier est à la barre, c'est la Normandie qui vogue vers New- York où ailleurs, adieu !
Et ces lutteurs, ces artilleurs, et cette Loïe Fuller dans sa danse captivante et si suggestive et ces couleurs changeantes, et le défilé du cortège du Tsar à Paris, etc., etc.
Et aussi défilent devant les yeux, nombre de tableaux de la vie réelle, fixés à jamais dans leur mobilité, par la lumière et le fluide électrique. Où irons-nous ? Bah ! laissons- nous conduire !
Le cinématographe a eu mardi dans la salle Bonge, les honneurs de la soirée et les applaudissements nourris des spectateurs ont pu convaincre l'opérateur de la satisfaction du public.
Une séance doit avoir lieu à Fourmies ce soir samedi, salle du Théâtre, à 8 h. 1/2, et l'on peut croire que cette salle sera trop petite pour contenir les spectateurs qui voudront voir la plus curieuse invention de notre époque.
B…
Une deuxième séance aura lieu dimanche soir.


Journal de Fourmies, Fourmies, 6 décembre 1896, p. 2.

Ce que l'on peut remarquer c'est que les séances prévues se déroulent sans anicroche et que le public a l'air d'être conquis. Après deux séances à peine - on imagine que le nombre de vues dont dispose l'opérateur ne lui permet pas de varier le programme -, le chronophotographe Demenÿ qui ne dit pas son nom continue sa route vers Trélon.

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