BOUGIE

Jean-Claude SEGUIN

Bougie est une ville d'Algérie.

1896

Cinématographe (Grand Café Glacier, décembre 1896)

L'appareil qui arrive à Bougie en décembre 1896 parcourt l'Algérie depuis plusieurs semaines. Peu avant, il a organisé des projections à Tlemcen. Nous ne connaissons pas l'origine de l'appareil et si l'opérateur n'a pas changé, il pourrait s'agir de M. Poordy. A priori, les séances prévues ont lieu les 27 et 28 décembre. Il s'agit d'un spectacle qui combine les projections cinématographiques et les numéros de magie et de divination conduits par le professeur Marga :

Le Cinématographe. — M. Georges Demeny songeait, il y a quelque temps,à utiliser l’appareil chronophotographique, pour enregistrer les mouvements élémentaires d'un sujet parlant ; le résultat fut si complet que des élèves de l'École des Sourds-muets, amenés devant la série photographique, purent reconstituer le cri de Vive la France et le Je vous aime, qu’avait prononcés le sujet photographié.
De là à obtenir la photographie animée, il n'y avait qu'un pas à faire. Ce pas, le cinématographe l'a franchi.
Nous pouvons donc annoncer à nos lecteurs et lectrices qu'ils pourront admirer dans deux ou trois jours, de merveilleuses projections de photographies vivantes et animées, donnant l'illusion complète de la vie.
Ils pourront voir défiler sous leurs yeux Un régiment en marche, Une scène de lutte, Les laveuses sur la Seine, etc., etc., etc.
La soirée sera complétée par les curieuses expériences du professeur Marga, magnétiseur de l'École de Paris, et son incomparable sujet Mademoiselle Blanche, pour la première fois en cette ville, les transmissions musicales sur le violon exécutées par le sujet à l'état d'hypnose, suivies de écritures sous dictée mentale.
Cette charmante soirée, à laquelle nos concitoyens tiendront à assister en foule aura lieu dans la salle du grand café Glacier le dimanche 27 à huit heures du soir.


L'Oued-Sahel, Bougie, 27 décembre 1896, p. 3.

Le succès du spectacle et des vues animées explique que l'équipe prolonge son séjour pour deux nouvelles présentations en toute fin d'année : 

Café Glacier. — Dimanche et lundi les familles sont venues en foule au café Glacier y applaudir les excellents artistes qui les avaient conviées à un spectacle intéressant entre tous.
Le programme était, au reste, des plus variés.
M. Marga a d'abord émerveillé l'assistance par ses tours de prestidigitation si habilement exécutés.
Il nous a ensuite présenté Mlle Blanche dont la stupéfiante mémoire st certainement beaucoup plus sûre que la fidélité féminine.
Les expériences de suggestion et de transmission musicale sur le sujet à l'état d'hypnose ont par-dessus tout émerveillé les spectateurs.
Quant au cinématographe, il suffirait à lui seul à expliquer l'empressement extraordinaire du public à suivre les merveilleuses séances qui nous ont été offertes.
Citerons-nous le Buveur de bière, Défense d'afficher, La partie de saute-mouton, L'entrée d'un train en gare, etc., etc.
Cédant aux pressantes sollicitations de nos concitoyens les imprésarios ont décidé que deux soirées seraient encore offertes au public ce soir à 8 heures et le jeudi 31 courant au café Glacier.


L'Oued-Sahel, Bougie, 31 décembre 1896, p. 3.

Il est probable que le propriétaire de l'appareil soit passé par un revendeur car on trouve à la fois des vues Pathé et des vues Méliès.

1897

Le Cinématographe Joly de Louis Vernet (16-21 mars 1897)

Louis Vernet, accompagné de Jean Prinsac, arrive à Bougie le vendredi 12 mars 1897 afin de chercher un local pour pouvoir présenter le cinématographe Joly :

Nous sommes restés à Alger jusqu’à jeudi soir ou nous avons pris le bateau qui nous a apporté ici d'ou nous avons failli repartir sans pouvoir faire quoique ce soit point de local ou du moins on ne voulait pas nous louer le seul qui put nous servir sous prétexte qu'on était en pourparler avec une personne qui est venue ici lundi et qui n'a pas vu d’inconvénients a retarder de 5 j. l'ouverture de sa salle qui est celle de l'ancien café de la Bourse nous sommes magnifiquement installés, on ne peut mieux placés.
[...]
Là enfin nous sommes a Bougie installés nous avons l'électricité et ça a l'air de vouloir marcher pour notre 1ere soirée nous avons fait 56 f.
Bougie est bien le plus beau pays que l'on puisse voir et que nous ayons encore rencontré sur notre route la mer forme un golfe bien fermé, on dirait un lac, entouré de montagnes du plus magnifique pittoresque et d'une très grande élévation, leurs flancs sont couverts de neige qui descend très bas. je ne puis mieux te comparer ce pays ci qu'à la Suisse, c'est admirable nous n'avions encore rien vu de pareil.


Jean Prinsac, À Gaston Prinsac, Bougie, 17 mars 1897.

La presse se fait l'écho de l'arrivée de cet appareil et annonce que les séances vont bientôt commencer :

Le Cinématographe.-Nous sommes heureux d'annoncer à nos lecteurs, qu'un cinématographe fonctionnera dans notre localité pensant trois ou quatre jours.
Parmi sa belle collection figure le cortège complet du tzar à Paris, souvenir inoubliable des fêtes franco-russes, ainsi que de nombreuses scènes comiques et de bon goût.
Nous souhaitons aux possesseurs de ce merveilleux appareil le grand succès qu'ils ont remporté dans leur tournée en Algérie.
Des bulletins et des publications donneront ultérieurement le lieu et l'heure des séances.


L'Oued-Sahel, Bougie, 14 mars 1897, p. 3. 

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