TROYES

Jean-Claude SEGUIN

Troyes, chef-lieu du département de l'Aube, compte 47.551 habitants (1894).

1896

Le Cinétographe (30 mai-14 juin 1896)

Le cinétographe qui arrive à Troyes, au printemps 1896, est un appareil construit par les frères Werner et que présente monsieur Arnould. L'inauguration a lieu le samedi 30 mai sur la rue Thiers :

La photographie animée
Nous apprenons avec satisfaction que nous allons posséder, dans quelques jours, une attraction des plus intéressantes :il s'agit du Cinématographe, qui est la photographie animée. Nous avons eu le plaisir de voir cette merveille, à Paris, il y a quelques jours ; c'est, pour la capitale, un engouement tel que l'on fait queue.
Bon succès ! Les Troyens sont aussi amateurs que les Parisiens de ces découvertes.
11, rue Thiers, en face la rue du Cirque.
Ouverture, samedi 30 courant, à 8 heures.


Le Petit Troyen, Troyes, 29 mai 1896, p. 2

L'appareil n'est pas connu pour être l'un des meilleurs cinématographes du moment. Il est vendu avec un petit nombre de films ce qui limite, en tout état de cause, la durée et le nombre des séances. Un second article - plutôt publicitaire - fait l'éloge du spectacle : 

Photographies animées
Si le succès du Cinématographe dans notre ville est immense, il est justement mérité.
Ce spectacle, en effet, intéresse tout le monde, il fait en ce moment courir la capitale et cet engouement est justifié.
Les scènes représentées donnent l’illusion absolue de la vie réelle. Remarquez les grands boulevards de Paris, on s’y croirait transporté grâce à cette dernière création de la science moderne.
Ses séances ont lieu tous les soirs à partir de 8 h. 1/2 et se succèdent sans interruption toutes les 20 minutes. Jeudi, samedi et dimanche, matinées à partir de 3 heures. Entrée : chaises, 0 fr. 50.
Le Cinématographe est installé, 11, rue Thiers.


Le Petit Troyen, Troyes, 3 juin 1896, p. 2.

Le nombre de vues présenté par séance n'est pas indiqué, mais il ne dépasse guère les 12 vues. Quelques jours plus tard, on annonce une nouveauté, l’arrivée d’un train en gare, un classique des premiers temps : 

Vingt minutes en plein Paris
Grâce au merveilleux instrument que chacun peut admirer 11, rue Thiers, on peut assister au spectacle qu’offre Paris à deux heures de l'après-midi.
Un tableau qui laisse une impression profonde, c’est l’arrivée d’un train en gare, que l’on ne voit que depuis hier.
Le tableau est d’une telle vérité qu’instinctivement, à l’arrivée de la locomotive, les spectateurs se reculent, craignant d’être écrasés par le monstre d’acier.
Le cinétographe n’est plus à Troyes que pour trois jours seulement, qu’on se hâte donc d’admirer cette dernière merveille, ce dernier progrès de la photographie.


Le Petit Troyen, Troyes, 9 juin 1896, p. 2.

Un dernier article nous révèle le nom du propriétaire et semble indiquer, en creux, que des problèmes d'éclairage ont pu avoir lieu puisque désormais, il est plus intense : 

Aux Folies-Bergères
Inutile d’aller rue Richer ; il suffit pour admirer la danse serpentine par la Loïe Fieller [sic] en personne d'aller 11, rue Thiers. 
M. Arnould, cédant aux sollicitations d’un grand nombre de personnes, a bien voulu consentir à rester et à continuer ses intéressantes expériences publiques jusqu’à dimanche soir.
Les images, éclairées par une lumière plus intense, gagnent encore en exactitude ; on se trouve non par la pensée, mais bien réellement au milieu de Paris à l’heure de la grande animation.
Il ne reste plus à souhaiter qu’un phonographe puissant faisant entendre les voix, le brouhaha de la foule, et alors ce sera la perfection même.


Le Petit Troyen, Troyes, 12 juin 1896, p. 2.

Toutefois, si des problèmes techniques ont eu lieu, la presse les a passés sous silence et, en tout état de cause, le tourneur Arnould va poursuivre sa route vers Romilly-sur-Seine.

Le Cinématographe Lumière (Ancien café des Boulevards, Boulevard Gambetta, nº 24, 3 octobre-2 novembre 1896)

Le Cinématographe Lumière, encore sous le système des concessions, s'installe à Troyes dans les premiers jours d'octobre. L'opérateur - dont le nom ne nous est pas connu - est directement sous l'autorité de la maison de Monplaisir. La salle qui accueille l'appareil se trouve sur le boulevard Gambetta. Dès la première annonce, le programme est décliné et nous y retrouvons des classiques du catalogue :

Le Cinématographe-Lumière
Le magnifique appareil installé boulevard Gambetta, dans l’immeuble de l'ancien café des Boulevard, est le même qui, depuis plusieurs mois, fait courir tout Paris.
Le spectacle offert, car grâce à la photographie dit mouvement, on assiste à un véritable spectacle, est la cérémonie du couronnement du tzar, en 5 tableaux, d’un réalisme absolu.
Cosaques de l’escadre du tzar, le comte de Montebello et le général de Boisdeffre se rendant au Kremlinle carrosse de la Tzarine et de la grande-duchesse Eugéniele tzar et la tzarine se rendant à l’église de l’Assomptiondéputation asiatique.
Puis quelques compositions et reproductions de genre :
Arrivée en voiturecyclistes et cavalierscuirrassiers fourrageurs, jardin d’acclimatation. querelle enfantinebain à Milan, arrivée d’un train en gare, écriture à l’envers ; d’un effet à la fois merveilleux et surprenant.
Tous les jours, il y a séance de 3 à 5 heures et de 8 heures 1/2 à 9 heures 1/2 ; le dimanche la salle sera ouverte à partir de 2 heures. 
Nous engageons les promeneurs à visiter le cinématographe, certain qu’ils en sortiront émerveillés.


Le Petit Troyen, Troyes, 3 octobre 1896, p. 2.

Le poste Lumière va continuer à fonctionner durant un mois environ. Les fêtes franco-russes constituent le plat fort de ces projections qui permettent à l'opérateur de présenter des vues d'une actualité très récente :

Les fêtes franco-russes par le Cinématographe lumière
Ancien Café des Boulevards (Boulevard Gambetta, nº 24).
1. Cherbourg, entrée des souverains russes et de M. Félix Faure sous le hall. - 2. Paris, Souverains et M. Félix Faure. — 3. Tzarine revenant de l’église russe; pont de la Concorde. — 4. Voiture de gala. — 5. Cortège de chasseurs et spahis. —6. Défilé de turcos se rendant à la revue.
NOUVEAUX TABLEAUX
7. Abreuvoir. — 8. Jeux de boules. — 9. Démolition. — 10. Cuirassiers français (la mêlée). — 11. Le Repas de bébé. — " 12. Cortège anciens Germains (Budapest). — 13. Danse au bivouac (armée espagnole). - 14. Un prêté pour un rendu. — 15. La baignade en mer. — 16. Pigeons de Saint-Marc (Venise).— 17. Cuirrassiers fourrageurs (Français). — 18. Bain à Milan.
Dernière semaine. Clôture irrévocable. —Dernière séance, lundi 2 novembre, à 9 h. 1/2 du soir.
Séances tous les jours à 3 heures et 5 heures après midi; le soir, à 8 heures 1/2 et à 9 heures 1/2.
Le dimanche, séances à 2, 3, 4 et 5 heures après-midi. Le soir à 8 h. 1/2 et 9 h. 1/2, ancien café des Boulevards, 24, boulevard Gambetta.
Prix des places, 1 fr.; les enfants et les militaires, paieront demi-place.


Le Petit Troyen, Troyes, 28 octobre 1896, p. 2.

Le prix des places et les conditions faites aux enfants et aux militaires sont celles que pratiquent généralement les opérateurs de la maison lyonnaise. C'est finalement au bout d'un mois que le cinématographe Lumière quitte Troyes.

Répertoire (autres vues) : Les fête- franco-russesCherbourg, Paris, camp de Châlons (Le Petit Troyen, Troyes, 18 octobre 1896, p. 3), Les fêtes franco-russesCherbourg, entrée des souverains russes et de M. Félix Faure sous le hallSouverains et M. Félix FaureCortège de la tzarineretour de l'égliseplace de la ConcordeCortège des chasseurs et spahisDéfilé des turcos (Le Petit Troyen, Troyes, 23 octobre 1896, p. 2).

Le Cinématographe parisien de M. Lailler (Annexe des Magasins Réussis, Ancien café des boulevards, 20 décembre 1896)

Le cinématographe parisien, dont le constructeur est Georges Mendel, est la propriété de M. Lailler, un possible tourneur local, qui après l'avoir présenté dans la salle Fraillery, compte le faire à Troyes :

Le cinémnatographe
M. Lailler vient d'installer à Sainte-Savine, salle Fraillery, un cinématographe parisien
Séances aujourd’hui jeudi et dimanche prochain. de 9 à 11 heures du soir.
M. Lailler se propose de venir la semaine prochaine à Troyes.


Le Petit Troyen, Troyes, 17 décembre 1896, p. 2.

Quelques jours plus tard un entrefilet confirme la présence du cinématographe parisien : 

Le cynématographe
C'est dans l'annexe des Magasins Réunis, ancien café des boulevards, qu'est installé le cynématographe parisien.
Séances à 5 heures, 8 h. 1/2 et 9 h. 1/2 du soir.


Le Petit Troyen, Troyes, 20 décembre 1896, p. 2.

Nous ne disposons d'aucune autre information sur ce cinématographe parisien.

1897

Le Théâtre américain (Place du lycée, 14 mars-14 avril 1897)

Le Théâtre Américain est une baraque foraine qui parcours, en particulier, l'Est de la France, depuis 1891 au moins. La foire de mars commence le deuxième lundi de Carême et dure trente jours. En 1897, la foire se tient du 14 mars au 14 avril 1897. Le nom du forain ne nous est pas connu, mais il semble concentré son spectacle sur les représentations cinématographiques. Le Théâtre américain est installé sur la place du Lycée :

Th. américain-cinématographe
Une foule nombreuse s’est portée toute la journée de dimanche dernier au cinématographe du Th. américain. La photographie animée a vivement intéressé tout le monde, unanime à reconnaître le bon fonctionnement de l'appareil de cet établissement. Les diverses vues originales comiques et particulièrement intéressantes, s’animant graduellement avec l’illusion de la vie réelle, ont été vivement applaudies. Ce spectacle est un de ceux que l’on doit voir. Aussi, nul doute que la population de notre ville ne multiplie ses visites au Th. américain dont le cinématographe est à tous égards digne d’éloges.


Le Petit Troyen, Troyes, 17 mars 1897, p. 2.

Si l'on peut penser que cet article est l'oeuvre d'un journaliste, cela n'est sans doute pas le cas du suivant qui apparaît surtout comme une réclame :

Cinématographe — Théâtre américain
Une foule nombreuse n’a cessé de se porter toute la journée de dimanche au cinématographe du Théâtre américain, et a vivement applaudi les magnifiques vues animées qui se sont déroulées devant elle avec une netteté parfaite.
Nous avons pu constater qu’à l’encontre des divers appareils cinématographiques, le tremblement qui brouille la vue à vous donner mal de tête, ne se produit pas au Théâtre américain. (Pas de tremblement ! Pas de trépidation !). Cet appareil bien conduit, par une main habile, fonctionne admirablement. Nous sommes heureux d’en témoigner ; aussi engageons-nous la population de notre ville à honorer de ses visites le cinématographe du Théâtre Américain.


Le Petit Troyen, Troyes, 23 mars 1897, p. 3.

La publicité porte sur la qualité de la projection, sans tremblement, ni trépidation si l'on en croit l'article. On est droit d'en douter, malgré tout, dans la mesure où ces questions resteront d'actualité pendant presque dix ans, ce qui montre que la fameuse " stabilité absolue " reste encore un espoir.

troyes foire 1897

Le Petit Troyen, Troyes, 23 mars 1897, p. 3. 

Les quelques articles suivants n'apportent guère d'informations - en particulier sur les programmes dont nous ignorons tout -  et le dernier entrefilet ne précède que de quelques jours le départ du Théâtre Américain :

Théâtre américain, — Le succès du cinématographe du Th. Américain va toujours croissant. La photographie animée grandeur naturelle, reproduite avec une correction qui ne s’est jamais démentie depuis ses débuts, attire tous les soirs une foule nombreuse et choisie.


Le Petit Troyen, Troyes, 9 avril 1897, p. 2.

*Le Cinématographe de M. Camby (14 mars-14 avril 1897)

Curieusement, L'Industriel forain (4-10 avril 1897, p. 1) cite parmi les établissements présents à la foire de mars de Troyes, le " cinemato et aquarium Camby ". Alexandre Camby est effectivement un forain connu, mais la presse troyenne ne le mentionne pas. Inversement, le Théâtre Américain n'est pas cité par l'Industriel forain. Faut-il penser que Camby a appelé sa baraque " Théâtre Américain " ? C'est en tout cas l'hypothèse la plus probable. Toujours est-il qu'à la foire de mars 1897, il n'y a qu'un seul établissement qui présente des vues animées.

1898

Le Théâtre des Visions d'Art de Joseph Potel (Champ de Foire, [1]-[30] septembre 1898)

C'est à l'occasion de la foire de septembre, que le Théâtre des Visions d'Art de Joseph Potel s'installe sur le Champ de Foire.

Théâtre des Visions d’art 
Aujourd’hui, sur le Champ de Foire, inauguration du Théâtre des Visions d’art (direction Potel). Ce théâtre, entièrement éclairé à l’électricité, offre aux spectateurs le plus curieux spécimen de cinématographe qui existe.
Indépendamment des photographies animées, on remarquera le Gioscope, activé par un moteur à gaz de sept chevaux et qui fait défiler sous les yeux du public des scènes de voyages et scènes comiques, grandeur naturelle, d’une façon tellement saisissante que l’on croit se trouver en face de la réalité même.
Le grand succès du Théâtre de l’Olympia, Miss Darling-Chromo, dans ses merveilleuses transformations. Innovation dans l’application des projections électro-lumineuses.


Le Petit Troyen, Troyes, 10 septembre 1898, p. 2.

Il est probable qu'il soit resté jusqu'à la fin de la foire.

1899

1900

1901

Le Phono-Cinéma-Théâtre (Cirque Plège, 12-14 avril 1901)

Après avoir connu un succès relatif à l'Exposition Universelle de Paris, le phono-cinéma-théâtre va être présenté en France comme à l'étranger. Si les films ont été tournés, pour l'essentiel, par Clément-Maurice, l'inspiratrice de ce spectacle novateur est Marguerite Vrignault, directrice artistique. Lors de ces tournées, elle est accompagnée de l'opérateur Félix Mesguich. En provenance de Dijon, l'inauguration a lieu à Troyes au Cirque Plège, le 12 avril 1901 et nous disposons de la totalité du programme :

PHONO-CINEMA-THEATRE
Vendredi 12, Samedi 13 et Dimanche 14 avril
PROGRAMME
Vues panoramiques et animées de l’Exposition
Les Invalides — Le Petit Palais — Le Grand Palais — Les serres — La Seine — Palais des nations étrangères — Pont de l’Alma .— Vieux Paris — Trocadéro — Le Champ-de-Mars — L’Algérie — Ia Tunisie — La tour Eiffel —Palais de la Navigation— Palais des Eaux et Forêts — Globe céleste — Le Château-d’Eau — Palais de la Métallurgie — Pavillon bleu -— Le Tour du Monde.
On verra et on entendra :
PREMIÈRE PARTIE.. — L’Enfant prodigue, pantomime, musique de Wormser, par Mlle Felicia Mallet. — Danses slaves. — Roméo et Juliette (Ch. Gounod), M. Cossira, de l’Opéra. — Brunin, dans son répertoire. — Duel d’Hamlet : Mme Sarah Bernhardt ; Laërte, M. Pierre Magnier. — Ballet du Cid, dansé par Mme Zambelli, de l'Opéra. — Les Précieuses ridicules : Coquelin aîné, rôle de Mascarille ; Mlle Esquilar. Modelon ; M. Karwick, Cathos. — Footitt et Chocolat, du Nouveau-Cirque. 
DEUXIÈME PARTIE. — Les obsèques de la reine Victoria : Le char funèbre. A cheval ; le roi Edouard VII, l’empereur Guillaume, le duc de Connaught. les rois de Grèce et de Portugal, les princes étrangers. — Cyrano de Bergerac, Coquelin aîné. — Little Tich. intermède comique. — Danse Directoire (William Marie), dansée par Mlles Mante, de l’Opéra. — Le chapeau récalcitrant. — Mlle Mily-Meyer (chanson en crinoline). — Terpsychore, ballet du Palais de la Danse. — Mason et Forbes (excentrics américains) scène chez le photographe.


Le Petit Troyen, Troyes, 12 avril 1901, p. 3.

Si certaines vues sont d'origine incertaine - celle de l'Exposition Universelleou des obsèques de la reine Victoria -, la plupart des films présentés sont des vues qui appartiennent à la collection du Phono-Cinéma-Théâtre et donc aisément identifiables. Aprèes trois journées passées à Troyes, e Phono-Cinéma-Théâtre se rend à Chalon-sur-Sâone.

troyes cirque plege

Troyes, Cirque Plège en bois (1903) [D.R.]

1902

Le Cinématographe Camby, 23 février-[23] mars 1902)

Alexandre Camby, l'une des figures importantes parmi les exploitants forains de cinématographe, propose à Troyes, des projections cinématographiques, à l'occasion de la foire de mars :

La foire de mars
On commence à dresser les baraques sur le champ de foire. Nous donnons ci-après la liste des principaux établissements qui y prendront place dès l’ouverture, qui aura lieu le 23 février :
Théâtres: Gallici Rancy, Cohen, Hazotte, veuve Canu, Clam, Carmelli, Remy, Gensons.
Cirque : Stellmann et Ercolé.
Manèges : Steppe, Béraud, Lambsrty, Berthereau.
Ménagerie : Pianet frères.
Cinématographe: Camby.
Pommes de terre frites: veuve Baudry, François Vitrant, Togoy, Douine, Vincent Bonta, Lepori Jean, Lepori Michel.
Choux de Paris: Lallement.
Musées et panoramas: Cambrésy, Hubert, Enjalbert, Délbauve, Mottard, Weber, Ralu, Lozeroff, Lemaire.


Le Petit Troyen, Troyes, 8 février 1902, p. 2.

Le théâtre Carmelli (Champ de foire, 23 février-[23] mars 1902)

La foire de mars commence le deuxième lundi de Carême, mais dans le fait, en 1902, les baraques ouvrent dès le dimanche. Au nombre des forains, on trouve le Professeur Carmelli :

La foire de mars
On commence à dresser les baraques sur le champ de foire. Nous donnons ci-après la liste des principaux établissements qui y prendront place dès l’ouverture, qui aura lieu le 23 février :
Théâtres: Gallici Rancy, Cohen, Hazotte, veuve Canu, Clam, Carmelli, Remy, Gensons.
Cirque : Stellmann et Ercolé.
Manèges : Steppe, Béraud, Lambsrty, Berthereau.
Ménagerie : Pianet frères.
Cinématographe: Camby.
Pommes de terre frites: veuve Baudry, François Vitrant, Togoy, Douine, Vincent Bonta, Lepori Jean, Lepori Michel.
Choux de Paris: Lallement.
Musées et panoramas: Cambrésy, Hubert, Enjalbert, Délbauve, Mottard, Weber, Ralu, Lozeroff, Lemaire.


Le Petit Troyen, Troyes, 8 février 1902, p. 2.

Aucune information ne permet de savoir si Carmelli compte un cinématographe au nombre de ses attractions, mais on peut penser qu'il en est ainsi, car il a l'habitude de proposer des projections cinématographiques.

1903

Le Cinématographe Lumière d'Alexandre Camby (Place du Lycée, 8 mars-avril 1903)

Alexandre Camby présente depuis de nombreuses années son cinématographe Lumière dans de multiples foires. Les loges et baraques ouvrent leurs portes le 8 mars 1903 :

Le Cinématographe Lumière
Parmi les nombreuses attractions qui, dimanche prochain, ouvriront leurs portes au public troyen, il en est une que nous assurons d'un gros succès. Nous voulons nommer le Cinématographe Lumière qui, sous la direction Camby, nous revient chaque année, place du Lycée, nous offrir de nouvelles féeries et faire revivre sous nos yeux les plus sensationnelles actualités de l'année.


Le Petit Troyen, Troyes, 5 mars 1903, p. 3.

Comme le souligne l'article, l'établissement de Camby est un habitué.

Le Théâtre Carmelli (Foire, 8 mars-avril 1903)

Le Professeur Carmelli, figure qui a acquis une notoriété certaine dans le monde de l'illusion, compte au nombre de ses numéros, des projections cinématographiques :

Le Théâtre Carmelli
Parmi les nombreuses attractions, nous devons citer le théâtre Carmelli qui nous apporte du nouveau. Citons d'abord Isoline, la Voyante musicienne, un prodige, dont le succès s'est grandement affirmé, sa puissance de mémoire est extraordinaire et dépasse ce que l'imagination peut concevoir. Citons encore le cinématographe perfectionné de M. Carmelli qui, dans plusieurs numéros, se révèle comme un opérateur doublé d'un magicien.


Le Petit Troyen, Troyes, 5 mars 1903, p. 3.

Un article publié quelques jours plus tard propose quelques compléments d'informations sur les attractions proposées :

Salon Carmelli
Le théâtre Carmelli a ouvert ses portes dimanche, et les nombreux visiteurs ont été agréablement surpris d’y trouver un confortable de bien-être aussi luxueux pour un théâtre forain, mais encore par le spectacle charmait et de bon goût qui y est présenté, car il y a là de vrais artistes, voire même des réputations de maître. Le professeur Carmelli, opérateur du théâtre Robert-Houdin, à Paris, est un maître dans l’art de la Magie, ainsi que l’attraction sensationnelle de la Voyante, musicienne Isoline de la Scala et des Folies-Bergère de Paris, qui est un sujet de curiosité remarquable. Le cinématographe perfectionné termine ce joli spectacle qui se fera dans notre ville une véritable réputation. En résumé, très beau spectacle pour les familles.
Aujourd’hui jeudi, le théâtre Carmelli donnera une grande soirée de gala. Ce sera une représentation brillante.


Le Petit Troyen, Troyes, 12 mars 1903, p. 3.

Même s'il est question de " cinématographe perfectionné ", l'expression est très souvent utilisé à des fins simplement publicitaires. Un autre entrefilet indique que l'appareil pourrait être un Lumière :

LeThéâtre Carmelli
Au théâtre Carmellli, on marche de merveille en merveille. Le spectacle est vraiment extraordinaire. Outre le célèbre professeur Carmelli dont la dextérité, l'adresse incomparable avec laquelle il présente ses tours en ont fait depuis longtemps le rara avis du genre, il y a aussi Isoline, miss Isoline, la sorcière, qui est absolument stupéfiante dans ses expériences extatiques de magnétisme. Ce remarquable sujet est une de nos grandes curiosités et attire au Théâtre Carmelli un grand nombre de spectateurs.
Les soirées, au Théâtre Carmelli, sont charmantes et se terminent agréablement par une série de vues cinématographiques Lumière des mieux choisies.


Le Petit Troyen, Troyes, 25 mars 1903, p. 3.

Mais aucune information sur les vues présentées par le cinématographe qui est une attraction parmi d'autres.

1904

Le Salon Carmelli (Champ-de-Foire, avril 1904)

Une nouvelle fois, le Professeur Carmelli est de retour à Troyes pour la foire de mars :

La foire de Pâques.-Aujourd'hui le Jard retentit des joyeuses fanfares des nombreux forains installés pour la foire : c'est le théâtre Hector, si avantageusement connu ; le salon du prestidigitateur Carmelli, l'émule de Robert Houdin ; le grand cirque de Mme veuve Caron, composé de 45 artistes et 35 chevaux ; les Montagnes russes ; le manège Charton, etc.
Puisse le beau temps se maintenir pendant toute la durée de ces fêtes.


Le Petit Troyen, Troyes, 3 avril 1904, p. 2.

1905

Le Cinématographe-Lumière (Place du lycée, 18 mars 1905)

Les foires de Troyes attirent de nombreux forains dont  le propriétaire du Cinématographe-Lumière :

LES FOIRES
PLACE DU LYCÉE
[...]
Le Cinématographe-Lumière
Dernières actualités de la guerre russo-japonaise. Vues locales. Blanche de Paunac, la moderne pythonisse et Laurencio dans ses scènes à transformations.


Le Petit Troyen, Troyes, 18 mars 1905, p. 4.

Le forain a la capacité de tourner des vues locales, dont les titres ne nous sont pas parvenus. En outre, il peut compter sur la célèbre voyante, la " mystérieuse " Blanche de Paunac, également connue comme la " Dame blanche "

paunac blanche

La Mystérieuse Blanche de Paunac (c. 1902)

Le Théâtre-Salon Carmelli-Ancillotti (Place du lycée, 18 mars-avril 1905)

Le prestidigitateur Carmelli parcourt depuis plusieurs années les foires et présente, parmi d'autres attractions, un cinématographe. Pour la foire de mars, il présente ses dernières attractions :

Théâtre-salon Carmelli
Carmelli, le plus fort prestidigitateur du monde ; Les Gaby's dans leurs excentricités ; Le Royal Vito, illusion à grand spectacle.


Le Petit Troyen, Troyes, 18 mars 1905, p. 4.

L'appareil porte le nom de Royal Vito. Au bout de quelques jours le Théâtre-Salon Carmelli et l'établissement Anciollotti vont fusionner, pour des raisons inconnues :

FOIRES Carmelli et Ancillotti Les établissements Carmelli et Ancillotti ont fusionné. Très intéressants dans l’un comme dans l’autre, les spectacles fondus désormais en un seul, sur la même scène, vont acquérir une importance exceptionnelle. Aujourd’hui, à 8 heures ½, inauguration de la nouvelle combinaison par une grande soirée de gala qui se recommande tout particulièrement aux familles. Douze numéros au moins seront présentés, notamment Carmelli, le plus fort prestidigitateur connu, les Gaby’s, le Royal Vito, le Chien voyant, Fregoli dans ses merveilleuses scènes à transformations, la petite chanteuse Ida, etc., etc. Comme on le voit, Carmelli et Ancillotti vont, à partir d’aujourd’hui, donner une série de remarquables spectacles. Puisse leur théâtre de la place du Lycée être assez spacieux pour contenir la foule qu’un tel programme attirera à ses portes.


Le Petit Troyen, Troyes, 21 mars 1905, p. 3.

L'un des succès du moment est le numéro du " "chien voyant " qu'apporte Ancilotti. Quant à " Fregoli ", il s'agit de l'un des nombreux imitateurs du célèbre transformiste italien Leopoldo Frégoli qui n'en est pas à parcourir les foires et qui se trouve à ce moment-là à Madrid.

LES FOIRES
Théâtre Carmelli
La première séance donnée au charmant petit théâtre Carmelli, avec le concours de M. Ancillotti a été vraiment des plus curieuses. Le chien voyant, phénomène tout à fait extraordinaire, constitue un numéro qui, à lui seul, suffirait à attirer la foule. Les scènes à transformations exécutées par M. Ancillotti sont un nouvel attrait pour le public. La rapidité avec laquelle M. Ancillotti, véritable Protée, change de personnage, est inouïe. Les exercices de prestidigitation si élégamment présentés par M. Carmelli tiennent, en quelque sorte, du prodige. Il n’est pas jusqu’à la petite Ancillotti, une fillette de six ans, qui ne mérite d’être signalée. Avec un talent d’imitation surprenant pour son âge, elle reproduit les gestes, les intonations de nos chanteuses des cafés-concerts à la mode ; c’est amusant et gracieux au possible. Enfin, les vues cinématographiques qui terminent la représentation sont des plus variées et des plus intéressantes. Elles font revivre, sous les yeux des spectateurs, des scènes aussi mouvementées que dramatiques. Les familles ont de bonnes soirées à passer au Théâtre Carmelli ; qu’elles en profitent.


Le Petit Troyen, Troyes, 23 mars 1905, p. 2.

En réalité, le transformiste n'est autre que M. Ancillotti lui-même. Pour le reste, l'article est fort élogieux, mais il arrive souvent que les forains eux-mêmes fassent passer des articles dans la presse.

Théâtre hollandais (Boulevard Victor-Hugo, 18 mars-avril 1905)

Le Directeur Cohen, qui dirige son établissement depuis au moins 1890, a intégré tardivement le cinématographe à ses attractions, sans doute en cette année 1905 :

Théâtre hollandais
Cinématographe et attractions diverses. (Direction. Cohen).


Le Petit Troyen, Troyes, 18 mars 1905, p. 4.

Théâtre des attractions modernes (Boulevard Victor-Hugo, 18 mars-avril 1905)

Membre d'une grande famille de forains, Maurice Dulaar a monté une loge foraine, le " Théâtre des attractions modernes " qui tourne depuis peu :

Théâtre des attractions modernes
Grand succès. Cinématographe américain populaire. Spectacle irréprochable malgré la modicité de ses prix.


Le Petit Troyen, Troyes, 18 mars 1905, p. 4.

Les qualificatifs " américain " et " populaire " doivent être pris pour ce qu'ils sont, des effets publicitaires.

Le Cinématographe automobile (Cirque Municipal, 10 octobre- novembre 1905)

Provenant de Sedan, une voiture de la société " le Cinématographe automobile ", une entreprise originale d'Alfred Bréard, va s'installer pour plusieurs semaines à Troyes. C'est la première fois que cela se produit, car habituellement le responsable donne quelques séances avant de repartir. La première annonce, à caractère publicitaire est publiée dans les premiers jours d'octobre :

Cirque municipal de Troyes
Mardi 10 octobre 1905 et jours suivants : Cinématographe automobile, pour la première fois à Troyes. Le plus grand et le plus important des cinématographes connus à ce jour avec vues en couleurs. Concessionnaire du Petit Journal. Exploité en ce moment à Paris à Bataclan, avec un très grand succès.


Le Petit Troyen, Troyes, 7 octobre 1905, p. 2.

Un compte rendu, un peu plus étoffé, nous permet d'obtenir un certain nombre d'informations complémentaires, en particulier sur le programme de films proposés au public troyen :

Cirque Municipal
La première représentation du " Cinématographe Automobile " a eu lieu mardi soir au Cirque municipal et a obtenu un franc succès, Le " Cinématographe Automobile " est une des curiosités du jour : il défie toute comparaison, peut-on dire, avec les spectacles similaires. 
Les projections sont d’une pureté et d'une fixité absolues : pas de trépidation, par la moindre solution de continuité : le spectateur éprouve réellement la sensation de la réalité.
Les représentations du " Cinématographe Automobile " se succéderont sans interruption, M. Dauriac ayant traité avec la Compagnie propriétaire du brevet pour une assez longue période : le spectacle sera changé toutes les semaines. Le programme des représentations de cette semaine est des plus copieux et des plus variés.
Parmi les numéros à sensation qui ont été particulièrement applaudis, mardi soir, nous citerons La pêche à la baleine, La Revanche d’Auguste, fantaisies des plus gaies, La Vengeance d’un père, véritable drame mimé en 8 tableaux.
Nous avons vu le désopilant Dranem en mitron, Dranem qui fait aujourd’hui courir tout Paris à l’Eldorado.
La Fausse Accusation, drame en 9 tableaux, à grand effet, a été non moins applaudi que l'Incendie de ChicagoUn Intérieur de Coulisses et le Retour des Vacances, numéro amusant au possible.
Il nous est agréable de constater que M. Dauriac, le nouveau directeur de notre théâtre, qui s’est en même temps chargé de la direction du cirque, s’efforce de procurer au public troyen l’occasion de passer d’excellentes soirées. Son spectacle du cirque est tout à fait attrayant et nous permettra d’attendre sans trop d’impatience la construction de la scène que M. Jandelle, l’architecte bien connu, doit ériger au cirque pour les représentations et les concerts qui seront donnés ultérieurement. 
Voici le programme des soirées de cette semaine :
Première partie.— La pêche à la baleine. — Omnibus des fous.— Saumur (carrousel des officiers). — Déjeuner de Minet. — Revanche d’Auguste.—  " Vengeance d’un Père ", drame en 8 tableaux. 
Deuxième partie.— La revue du 14 juillet.— Le mitron.— Santos-Dumont.— Un duel manqué. — " Fausse Accusation ", drame en 9 tableaux.
Troisième partie. — L’incendie de Chicago. — La cible.— Tobbogan.— Trop rogner nuit. — Derrière les coulisses.— Retour des vacances.


Le Petit Troyen, Troyes, 12 octobre 1905, p. 3.

Même si l'essentiel du programme est constitué de vues Pathé, nous trouvons également des films Méliès ou Gaumont. Le cinématographe automobile va interrompre ses projections à Troyes, pour se rendre à Bohain où deux séances sont organisées les 17 et 18 octobre. Dans les jours suivants, les quelques entrefilets n'apportent aucune information particulière, à l'exception du chauffage mis en route pour le confort des spectateurs (Le Petit Troyen, Troyes, 19 octobre 1905, p. 2). Comme cela est une habitude adoptée depuis les origines, une soirée est organisée pour les enfants des écoles :

Cirque Municipal
Ce soir, au cirque municipal, une matinée enfantine est offerte aux élèves des écoles de Troyes. Le prix en est fixé à 30 centimes par enfant. Les personnes qui désireraient accompagner les enfants ne paieront que demi-place cette représentation.
Le cinématographe automobile sera ce soir un très grand succès qui sera d’ailleurs mérité.


Le Petit Troyen, Troyes, 27 octobre 1905, p. 3.

Une offre malgré tout payante... Après trois semaines de spectacle, le Cinématographe Automobile annonce son départ prochain : 

Cirque Municipal
Le Cinématographe automobile cède la place aux constructeurs qui établissent la scène érigée au cirque municipal par les soins de M. Jandelle, l'architecte parisien et qui sera inaugurée le samedi 11 novembre.
C’est donc le dernier programme et les dernières représentations du cinématographe. II n’y aura plus que trois séances au cirque municipal : mercredi 1er novembre, samedi 4 et dimanche 5.
Le programme qui clôture est encore plus intéressant que les précédents et laissera des regrets aux habitués du cinématographe.


Le Petit Troyen, Troyes, 30 octobre 1905, p. 2.

Avant son départ définitif, le Cinématographe Automobile va proposer une vue inédite tournées en Espagne à l'occasion du voyage du président Loubet :

Cirque Municipal
A partir de ce soir, dans le nouveau programme, sera intercalé une vue de toute actualité.
C’est la course de taureaux qui a été donnée à Madrid en l’honneur de M. Loubet, président de la République.
Les courses ont été cinématographiées par les soins du Cinématographe Automobile, et pour sa dernière semaine la Société nous donne cette primeur. Soirées jeudi, samedi et dimanche clôture.


Le Petit Troyen, Troyes, 1er novembre 1905, p. 2.

L'annonce d'un tournage par le Cinématographe Automobile, toujours possible, pourrait, en l'occurrence, être d'ordre plutôt publicitaire. Mais une erreur semble s'être glissée dans les informations :

Cirque Municipal
C’est par erreur que nous avons annoncé une représentation du Cinématographe automobile pour ce soir. Les deux dernières représentations auront lieu samedi et dimanche avec l’actualité " La course de taureaux offerte à Madrid à M. Loubet, président de la République. "
On peut voir en ce moment les travaux qui se font au Cirque municipal, pour la construction de la nouvelle scène qui sera inaugurée le 11 novembre, par M. Dauriac avec une troupe de music hall.


Le Petit Troyen, Troyes, 2 novembre 1905, p. 3.

1906

Alhambra Théâtre (Mail du Lycée, 9 mars-avril 1906)

L'Alhambra-Théâtre, dont le nom semble directement inspiré de la salle londonienne, s'installe sur le champ de foire. Le cinématographe fait partie des attractions, même s'il ne semble pas occuper une place prépondérante : 

Alhambra-Théâtre
tous les soirs à 9 heures spectacle complet et varié. Matinées jeudis, dimanches et jours fériés. Photographie animée des grands événements mondiaux. Vision d'art. Enigme vivante. Fantaisie cosmopolite. Léo d'Aley, la Brahmine, le radium et autres attractions.


Le Petit Troyen, Troyes, 9 mars 1906, p. 3.

Le Palais des Fantoches de Philippe Nicolas (Mail du Lycée, 9 mars-avril 1906)

Le Palais des Fantoches présente de multiples attractions dont un cinématographe Gaumont :

Palais des fantoches
Jewel Holden. Direction Philippe Nicolas. Troupe merveilleuse d'artistes automates. Danses, acrobatie, scènes comiques, métamorphoses, ballets pantomimes, Cinématographe Gaumont. Vues récentes. Représentation tous les jours à 3 h. et à 8 h 1/2.


Le Petit Troyen, Troyes, 9 mars 1906, p. 3.

 Si les vues sont annoncées comme récentes, nous n'en connaissons ni le titre, ni le contenu.

Salon-Lumière (Mail du Lycée, 9 mars-avril 1906)

Alexandre Camby est un habitué des foires, et il présente depuis longtemps son cinématographe Lumière :

Salon-Lumière
Direction Camby. Cinématographe Lumière. Vues nouvelles et inédites à Troyes.


Le Petit Troyen, Troyes, 9 mars 1906, p. 3.

Si nous connaissons le nom de l'appareil, tel n'est pas le cas avec les titres des vues animées.

Théâtre hollandais (Boulevard Victor-Hugo, 9 mars-avril 1906)

Déjà présent l'année précédente, le Théâtre hollandais propose, entre autres attractions, un Royal-Vito, appareil pour projections animées similaires à celui qu'a présenté, en mars 1905, le prestidigitateur Carmelli :

Théâtre hollandais
Direction Cohen. Numéros nombreux et attrayants. Intermèdes variés par les clowns. Chaque soir pantomime et le Royal-Vito.


Le Petit Troyen, Troyes, 9 mars 1906, p. 3.

Le Théâtre féerique Bénévol (Boulevard Victor-Hugo, 9 mars-avril 1906)

L'artiste Bénévol, surtout connu par ses tours dont la très célèbre " décapitation ", inclut dans ses spectacles un cinématographe américain :

Théâtre Féerique Bénévol
160 minutes à passer agréablement. Les 4 plus grandes merveilles de notre époque Le roi des illusionnistes, miss Ida, la sorcière Fosca, et le cinématographe américain.


Le Petit Troyen, Troyes, 9 mars 1906, p. 3.

Théâtre des Attractions Modernes (Boulevard Victor-Hugo, 9 mars-avril 1906)

Maurice Dulaar, frère d'Abraham et Jérôme, dirige depuis deux ans un établissement forain, le Théâtre des Attractions Modernes qui offre des projections animées :

Théâtre des Attractions Modernes
Direction Du Laar. Cinématographe populaire, visions idéales 10 centimes.


Le Petit Troyen, Troyes, 9 mars 1906, p. 3.

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