CHARTRES

Jean-Claude SEGUIN

Chartes, chef-lieu du département d'Indre-et-Loir, compte 22.000 habitants (1894) 

1896

Le Cinématographe Lumière (Théâtre, 17 mai 1896)

C'est à l'occasion de la réunion annuelle des Sauveteurs d'Eure-et-Loir qu'une séance exceptionnelle de vues animées est donnée au théâtre. C'est sous la responsabilité directe d'Alexandre Promio, chef du service cinématographique de la maison Lumière, que ces projections sont organisées :

LE CINÉMATOGRAPHE
Après la réunion annuelle des Sauveteurs d'Eure-et-Loir, qui aura lieu aujourd'hui à 3h au théâtre, le public assistera à une séance très intéressante du Cinématographe qui fait en ce moment courir tout Paris. Des appareils électriques ont été installés dans la salle du théâtre par les soins de M. Coudray, électricien et la force motrice sera fournie par une locomobile routière de M. Gois-Pardet. Le Cinématographe est, comme chacun le sait, la photographie animée dont le procédé a été découvert par M. Lumière. Nous n'en dirons pas davantage aujourd'hui afin de ne pas nous exposer à diminuer la surprise que ce spectacle réserve à nos lecteurs.


Le Journal de Chartres, Chartres, dimanche 17 mai 1896, p. 2.

Trois jours plus tard, le même journal offre un compte rendu de cette séance :

Fête annuelle des Sauveteurs
Pour la cinquième fois depuis sa fondation, la Société des Sauveteurs d'Eure-et-Loir a célébré dimanche sa fête solennelle, et l'on peut dire que cette fête a dépassé en éclat toutes celles qui l'avaient précédée.
[ ... ]
Vingt minutes d'entracte pendant lesquelles on prépare la scène pour les projections du Cinématographe.
Bien des personnes ignoraient ce qu'est le Cinématographe, cette merveilleuse découverte de MM. Lumière, de Lyon, et encore à l'heure qu'il est, beaucoup de celles qui l'ont admirée dimanche ne se doutent pas que chaque tableau qui a passé sous leurs yeux a exigé 900 clichés photographiques qui ont été pris à une vitesse de 16 par seconde.
Ces clichés sont reproduits sur des bandes pelliculaires de 20 mètres de longueur et passent derrière une lentille qu'éclaire un puissant foyer de lumière électrique.
Cette lumière électrique a été fournie par M. Coudray, électricien à Chartres, qui a fait actionner son dynamo par la machine routière de M. Gois-Pardé.
C'est M. Alexandre Promio, un ingénieur de l'usine de MM. Lumière, qui a fait défiler sous les yeux émerveillés du public ces ravissantes reproductions photographiques. Toutes ont été très réussies, mais celles qui ont plus particulièrement excité l'admiration du public sont : L'abreuvoir d'une casernela Partie de cartesla Discussion politiquel'Arrivée du régimentle Lever de la Garde au Palais de la Reine à Londres, la Sortie de l'Atelier, la Démolition d'une maison, le Chemin de fer et le Bain de mer....


Journal de Chartres, Chartres, mercredi 20 mai 1896, p. 2-3.

Les frères Lumière, qui ont mis en place le système des concessions, organisent parfois des séances ponctuelles pour présenter leur cinématographe. En revanche, on ignore les raisons pour lesquelles, ils ont demandé à Alexandre Promio celle -ci.

Le Cinématographe Lumière (Rue du Marché-à-la-Filasse, 6-[14] juin 1896)

Après la première présentation du mois de mai, le cinématographe Lumière revient à Chartres, mais cette fois dans le cadre du système de concession mis en place, même si, en l'occurrence, on ne connaît pas le nom du concessionnaire. En tout état de cause, il est probable que la Société de Photographie d'Eure-et-Loir soit partie prenante 

Société de Photographie d'Eure-et-Loir
LE CINÉMATOGRAPHE
Nous nous empressons d'apprendre à nos lecteurs que, grâce aux démarches faites par la société de photographie, le Cinématographe de MM. Lumière va être installé dans notre ville. 
C'est une nouvelle dont on peut se réjouir, car rien n'est plus curieux que ce spectacle. Nous ne pouvons songer à le décrire en détail, il faut l'avoir vu pour se rendre compte de l'impression extraordinaire qu'il produit : si grands que soient les progrès accomplis par la science, on était loin de se douter qu'un jour viendrait où l'on pourrait communiquer la vie et le mouvement à une photographie. 
Supposez, en effet, que l'opérateur vienne braquer son objectif sur la place des Epars, au moment où les voitures roulent, où les piétons circulent, où l'animation enfin bat son plein. Ce n'est pas une épreuve ordinaire que l'on vous montrera, si belle qu'elle puisse être ; non, on vous placera devant un grand écran, devant lequel on projettera la photographie, et tout d'un coup, comme si une fée avait touché le cliché de sa baguette, vous verrez les voitures se mettre en marche et rouler comme auparavant, les piétons traverser la place pour vaquer à leurs affaires, toutes les scènes enfin, qui se sont déroulées dans le champ de l'objectif, se reproduire comme si vous regardiez la place au lieu de fixer l'écran.
Croyez-moi, cela vaut la peine d'être vu, d'autant que c'est le dernier progrès de la science et que nous n'en profiterons que quelques jours.
Du reste, quelques privilégiés ont déjà assisté à ce spectacle, au théâtre, où une séance particulière a été donnée par la société des Sauveteurs.
Nous avons vu, hier, le concessionnaire de MM. Lumière. Les séances seront ouvertes au public dimanche prochain 7 juin, à 2h de l'après-midi, dans la salle de Loëns, rue du Marché-à-la-Filasse. Elles auront lieu toutes les demi-heures, de 2h à 6h et de 8h à 10h du soir.
Ajoutons qu'une séance sera consacrée exclusivement et gratuitement aux élèves des écoles de la ville que la Société de Photographie a tenu à faire profiter les premiers de cet intéressant spectacle.


Le Journal de Chartres, Chartres, mercredi 3 juin 1896, p. 2.

chartres marche filasse

ND Phot, Chartres.-Place du Marché à la Filasse (début XXe siècle)

C'est finalement le samedi 6 juin 1896 qu'à lieu l'inauguration des séances de photographies animées. Dans l'article du Journal de Chartres, quelques titres sont évoqués :

Photographie animée.-C'est aujourd'hui qu'a lieu l'ouverture du Cinématographe de MM. Lumière. L'attrait exceptionnel de ce spectacle et le choix des scènes projetées en font une attraction dont le succès promet d'être considérable.
Nous sommes persuadés que chacun sortira de là charmé, car la direction n'a rien négligé pour satisfaire les spectateurs. Quel est l'enfant qui ne sera pas émerveillé à la vue du "Serpent" ou des "Poissons" et réjoui par la scène comique du "Cantonnier". Les amateurs d'art trouveront leur profit dans les vues comme celles de la "Mer", du "Mur" ou du "Train". Les mères pourront admirer la scène si gracieuse des "Petites filles". Enfin il était réservé à l'armée d'avoir la primeur de deux scènes militaires, les dernières créées, toutes deux d'un attrait puissant : le "Boute-selle" et la "Charge des cuirassiers".
Nous rappelons au public que les séances ont lieu toutes les demi-heures dans l'ancienne manutention de la salle Loëns, rue du Marché-à-la-Filasse, et que le prix donnant droit à l'entrée de l'Exposition de photographie et du Cinématographe est fixé à 1f. seulement.


Le Journal de Chartres, Chartres, dimanche 7 juin 1896, p. 2.

Le compte rendu, publié dans l'édition suivante du Journal de Chartres, n'offre que peu d'informations supplémentaires :

LE CINÉMATOGRAPHE
Samedi a eu lieu la séance d'inauguration du Cinématographe Lumière. Comme chacun le sait, les représentations ont lieu place du Marché-à-la-Filasse, dans l'ancienne manutention. Ce spectacle, vivement apprécié par tout le monde, a remporté l'énorme succès auquel on s'attendait, et la Société de photographie d'Eure-et-Loir peut compter recevoir la visite de toute la ville de Chartres et des environs.
Les spectateurs se sont en effet vivement intéressés aux diverses scènes qui se sont animées sous leurs yeux.
La "Charge des cuirassiers", l"'Arrivée du train", les "Mauvaises herbes", "Le mur" qui s'écroule sont à citer parmi les plus étonnantes.
Nous ne saurions trop engager ceux de nos lecteurs qui ne connaissent pas encore cette merveilleuse invention à aller faire un tour à la salle de Loëns ; ils en reviendront enchantés et ils y retourneront
Nous croyons utile de rappeler que les séances du Cinématographe ont lieu tous les jours, de 2 heures à 6 heures de l'après-midi, et de 8 heures à 10 heures du soir ; elles se renouvellent toutes les demi-heures.
Les prix des places sont ainsi fixés :
premières 1  franc.
Secondes et enfants au-dessous de 15 ans : 50 centimes.


Le Journal de Chartres, Charles, mercredi 10 juin 1896, p. 2-3.

La dernière annonce est publiée deux jours plus tard qui évoque la séance du mardi 9 juin réservée aux invités :

À l'occasion du concours régional
LE CINÉMATOGRAPHE LUMIÈRE
sera ouvert samedi et dimanche depuis 10 heures du matin jusqu'à midi et, comme tous les jours, de 2 heures à 6 heures et de 8 heures à 10 heures du soir.
Le cinématographe installé dans les salles de Loëns continue de fonctionner tous les jours avec un égal succès.
Mardi soir, une séance spéciale avait été réservée gracieusement aux autorités et à la presse. M. le préfet d'Eure-et-Loir et Mme Maitrot de Varennes y assistaient.
C'est toujours avec le plus grand plaisir et le même étonnement que les spectateurs voient se dérouler devant eux la série des amusantes scènes animées.
Les prix des places sont ainsi fixés :
Premières : 1 franc.
Secondes et enfants au-dessous de 15 ans : 50 centimes.


Le Journal de Chartres, Chartres, vendredi 12 juin 1896, p. 3.

Même si l'on peut penser que le cinématographe Lumière a prolongé son séjour, la presse n'en fait plus mention.

1897

Le Théâtre du Cinématographe (Place des Épars, [11]-[23] septembre 1897)

Nous ne connaissons pas le nom du propriétaire du Théâtre du Cinématographe qui s'installe pour la foire des Barricades qui débute le 11 septembre :

Tous les soirs, à 8 heures, place des Epars
LE CINÉMATOGRAPHE
Cet appareil, qui fonctionne irréprochablement, reproduit admirablement la nature qui vit, marche, s'agite comme chez elle.
Au programme, parmi les numéros les plus attractifs, voir notamment :
Défilé de chefs arabes devant le Tsar, camp de Châlons.-Une scène de table.-Le bain des Soudanais.-Arrivée d'un train en gare.-Une course automobile (longue vue).


Le Journal de Chartres, Chartres, dimanche 12 septembre 1897, p. 2.

Les vues animées restent difficiles à identifier, car les titres figurent chez plusieurs éditeurs de films. Le Théâtre du Cinématographe reste jusqu'à la fin de la foire, le jeudi 23 septembre :

FOIRE DE SEPTEMBRE
SEMAINE DE CLOTURE
Certains établissements n'attendront pas jeudi pour nous quitter.
[...]
N'oublions pas l'amusant petit Théâtre du Cinématographe, qui attire ainsi la foule, que l'on peut voir chaque soir sortan en riant de bon coeur.


Le Journal de Chartres, Chartres, dimanche 19 septembre 1897, p. 2.

chartres place epars

Collections ND. Phot., Chartres.-La Place des Épars (c. 1902)

1898

Le Cinématographe (Champ-de-Foire, [11]-[30] mai 1898)

Parmi les loges de la foire de mai ou des Barricades, celle d'un cinématographe :

FOIRE DE MAI
[...]
Dans une petite loge à côté, vous y verrez le fameux
Cinématographe.


Le Journal de Chartres, Chartres, dimanche 15 1898, p. 2.

La foire ferme finalement ses portes à la fin du mois " La foire de mai est prolongée jusqu'au lundi soir, 30 mai." (Le Journal de Chartres, Chartres, mercredi 25 mai 1898, p. 2.

Le Théâtre Électrique Grenier (Champ-de-Foire, [11]-30 mai 1898)

Le forain Ernest Grenier présente depuis le milieu de l'année 1898 son Théâtre électrique. Il vient d'ajouter à son chronophotographe, un autre appareil de projection, le Biographe 

FOIRE DE MAI
[...]
Théâtre électrique Grenier
qui va être le clou de la foire avec son chronophotographe, un appareil merveilleux qui reproduit des photographies animées ; avec ses fameux Rayons X., la merveille du siècle et aussi avec le Biographe du Casino de Paris. Ces trois parties du spectacle sont curieuses, amusantes, instructives et intéressantes. J'aurai d'ailleurs l'occasion d'en reparler ici.


Le Journal de Chartres, Chartes, dimanche 15 mai 1898, p. 2.

C'est sous le pseudonyme de " Jean de Chartres " que le journaliste du Journal de Chartres va consacrer un long article au Théâtre Électrique Grenier et qu'il va détailler le fonctionnement des différents appareils : 

FOIRE DE MAI
Au Théâtre Electrique
Ce Théâtre-Electrique, si élégant, si confortable, et si bien dirigé par M. Grenier est vraiment, sans abuser de l’épithète laudative, une véritable merveille. Je viens de lui rendre visite et j'en suis sorti tout électrisé - c'est, ou jamais, le cas de le dire. Le spectacle est en effet des plus charmants et des plus scientifiques car, cette année, la science aimable, amusante et divertissante, tout en restant instructive – car sans cela, elle ne serait pas la science ! – La science, dis-je, - n’en déplaise à M. Brunetière, n’a point fait banqueroute, puisqu’elle habite la jolie loge de M. Grenier et qu’elle est venue nous rendre visite, à la Foire. Vous parlerai-je du spectacle ? Vous le connaissez comme moi.
On y voit d’abord un chronophotographe des plus curieux et M. Grenier fait passer sous nos yeux émerveillés de jolies photographies animées.
Tout d’un coup, nous avons été transportés à Vienne, en pleine place de l’Opéra. Quelle vie ! Quelle animation ! Les tramways circulent, les gens marchent, courent, aussi pressés qu’à Paris, et de jolies Viennoises passent, attirant l’attention.
Nous avons assisté aussi à un départ de cyclistes et d’automobiles des plus réussis, ainsi qu’à une sortie d’atelier. « Quelles belles tranches de vie », comme on dit au Théâtre Libre. Enfin, nous avons vu un assaut d’armes entre le fameux maître d’armes italien Pini et la journaliste Thomegueix.
Bravo, confrère ! Vous êtes non seulement une fine plume, mais une rude lame. Je tiens aussi à signaler un saut de haie par des dragons. C’est splendide. Il n’y manque rien, pas même le nuage de poussière soulevé par les pieds des chevaux. M. Grenier a fait passer aussi sous nos yeux quelques vues qu’il a prises au sinistre du Puits-Drouet.
Très émotionnantes et très vraies, les vues !
Les ruines, les groupes de travailleurs, pompiers et soldats, le cortège funèbre que M. Grenier nous soumet tirent les larmes des yeux. Les personnages sont reconnaissables et il y a un brave et bienveillant magistrat qui, en train de goûter au vin servi au soldat, a été bien pigé, et que tout le monde reconnaît.
La partie scientifique est des plus intéressantes et c’est avec le plus grand plaisir que nous avons assisté, avec les rayons X, à la photographie des corps opaques. Tous les objets enfermés dans une boîte quelconque, nous sont apparus clairement sur l’écran et il y a une expérience qui nous a bien divertis : celle d’une dame qui, voulant carotter la douane avait passé en fraude deux flacons dans ses poches. La douane a braqué sur elle les fameux rayons X et la supercherie a été découverte.
Avec vous, maintenant, plus de tricherie possible, ô rayons X.
En sortant, chaque spectateur a pu voir le squelette de sa main. Bientôt, chacun de nous pourra voir ce qu’il a dans le ventre.
J’ai dit en commençant que le Théâtre Electrique de M. Grenier était bien installé ; je le répète avec plaisir en terminant. Il possède un joli dynamo que l’on peut voir de dehors et M. Grenier a même annexé à son théâtre, une petite salle des dépêches. On n’avait jamais vu cela à la Foire.
Le Théâtre Electrique doit nous quitter mardi matin ; sa dernière soirée de gala aura lieu aujourd’hui vendredi.
Que ceux qui ne l’on pas encore vus se hâtent.
Il en vaut la peine.
JEAN DE CHARTRES.


Le Journal de Chartres, Chartres, vendredi 27 mai 1898, p. 2.

Avant de quitter Chartres, Ernest Grenier va donner une soirée de gala qui connaît un grand succès :

FOIRE DE MAI
[...]
Le théâtre électrique
a donné vendredi soir une soirée de gala et la loge de M. Grenier était trop petite pour contenir le nombreux public select qui s'y pressait.
La soirée a été des plus intéressantes et, comme beaucoup d'amateurs n'avaient pu y trouver de place, M. Grenier a décidé, à la demande générale, de donner samedi soir, une dernière soirée de gala, qui, nous n'en doutons pas, aura obtenu le succès des précédentes.
Le Théâtre électrique doit nous quitter mardi, il laissera dans notre ville le meilleur souvenir et nous voulons croire qu'il nous reviendra.Journal de Chartres, Chartres, dimanche 29 mai 1898, p. 2. 

Le Royal Biograph (Théâtre, 18 septembre 1898)

Le Royal Biograph s'installe pour un soir, le 18 septembre 1898, au théâtre de Chartres dans le cadre de la tournée Labruyère qui présente également la pièce de Labiche, Le Voyage de M. Perrichon.

chartres royal biograph chartres theatre
Journal de Chartres, Chartres, 16 Septembre 1896, p. 3. Chartres (E. et L.)-Le Théâtre-Boulevard Chasles

1899

1900

1901

Le Cinématographe Lhoest (Champ-de-Foire, 11-27 mai 1901)

C'est le forain Joseph Lhoest qui est le seul à présenter un cinématographe, son Royal Bioscope, pour la foire des Barricades : 

FOIRE DE MAI
La foire de mai, de moins en moins brillante, ouvrira samedi prochain 11 courant. Voici la liste des attractions :
[...]
Cinématographe Lhoest.


Journal de Chartres, Chartres, jeudi 9 mai 1901, p. 2.

Très peu d'informations sur cette loge même après la prorogation de la foire jusqu'au lundi 27 mai inclus (Journal de Chartres, mardi 21 mai 1901, p. 2). Un simple entrefilet est publié le dimanche 26 mai :

Le Royal Bioscope a encore quelques représentations à donner. Représentations instructives et intéressantes.


Journal de Chartres, Chartres, dimanche 26 mai 1901, p. 2.

1902

L'Artistic salon de Jean Imbert (Champ-de-Foire, [16]-[25] septembre 1902)

Tandis  que la foire de septembre a déjà commencé depuis plusieurs jours, l'Artistic salon de Jean Imbert ne s'installe que vers le 16 septembre :

LA FOIRE DE SEPTEMBRE
Le foire, sur le tard et bien que les beaux jours nous menacent d'un adieu prochain, se ranime un peu. La place des Epars n'est plus le morne désert où quelques promeneurs vaguaient comme effarés, et les cuivres ont repris leur tintamarre qui tous les soirs fait tant de plaisir aux riverains de ce quartier.
Des baraques nouvelles se sont installées ; quelques rayons de soleil encore et nous aurons un regain de gaîté.
Allons, lecteur, mon ami, prends ta canne et ton chapeau et va faire ton tour de foire. Voici :
[...]
L'Artistic-Salon
dont l'installation luxueuse conquiert au premier abord les suffrages des passants les plus blasés. Tous les soirs et dimanches et jeudis, en matinée, tableaux vivants, vues cinématographiques et je ne sais combien d'autres fantasmagoriques merveilles.


Journal de Chartres, Chartres, mardi 16 septembre 1902, p. 2-3.

Alors que la presse annonce la prorogation de la foire jusqu'au jeudi 25 septembre (Journal de Chartres, Chartres, jeudi 18 septembre 1902, p. 3), un bref entrefilet évoque un seul film du répertoire de l'Artistic-Salon :

LA FOIRE DE SEPTEMBRE
[...]
L'Artistic-Salon
et le splendide Rêve-de-Noël, évoqué par des vues cinématographiques.


Journal de Chartres, Chartres, dimanche 21 septembre 1902, p. 2.

1903

Le Théâtre Cinématographe Lumière (Champ-de-Foire, [8]-[27] septembre 1903)

Le Théâtre Cinématographe Lumière s'installe pour la foire de septembre, mais nous ne connaissons pas son propriétaire :

FOIRE DE SEPTEMBRE
La foire de septembre bat actuellement son plein. Les vides sont comblés et tous les établissements forains, complètement installés, reçoivent chaque jour de nombreux visiteurs.
[...]
À visiter aussi, le Cinématographe Lumière, avec les dernières actualités : scènes comiques, cake-walk. Le programme, plein d'attrait et de bon goût est très souvent modifié.


Journal de Chartres, Chartres, dimanche 13 septembre, p. 3.

Dans les rares entrefilets publiés par le Journal de Chartres, on évoque un film local :

FOIRE DE SEPTEMBRE
Qu'on se hâte ! La foire de septembre n'a plus beaucoup de jours à vivre. Que ceux qui n'ont pas encore été rendre visite aux forains se pressent. Tous les soirs.
[...]
Le Théâtre Cinématographe Lumière qui nous promet entre autres vues intéressantes : la sortie de la messe de 11 heures à la cathédrale de Chartres.


Journal de Chartres, Chartres, vendredi 18 septembre 1903, p. 2.

Un dernier article, peu avant la fin de la foire, évoque de nouveau le cinématographe Lumière :

LA FOIRE DE SEPTEMBRE
Favorisée par un temps assez clément, en dépit des soirs légèrement refroidis et du vent qui s'en donne toujours à cœur joie, la foire de septembre se poursuit animée, pleine d'entrain et de mouvement.
Dimanche de nombreux promeneurs ont sillonné les promenades et les forains ont dû faire de bonnes recettes.
[...]
Le cinématographe Lumière
donne d'excellentes représentations et obtient un grand succès.
Rappelons que la foire se termine le 27.
Avis aux retardataires.


Journal de Chartres, Chartres, mardi 22 septembre 1903, p. 3.

1904

Le Théâtre Cinématographique (Champ-de-Foire, [11]-[21] mai 1904)

Le Théâtre cinématographique qui s'installe pour la Foire de mai 1904 ne laisse que très peu de traces dans la presse :

FOIRE DE MAI
Le beau temps est revenu ; le soleil brille et... chauffe dans un azur sans tache ; l'air est pur, le ciel léger et... c'est le moemnt ou jamais d'aller faire le tour de foire tradtionnel.
[...]
Voici le théâtre Cinématographique et ses projections d'une admirable netteté....


Journal de Chartres, Chartres, dimanche 15 mai 1904, p. 2.

1905

Cinématographe A. Lenoire (Champ-de-Foire, [11]-[26] mai 1905)

C'est l'illusionniste A. Lenoire et son établissement l'Olympia-Théâtre Cinématographe électrique qui proposent des vues cinématographiques à la foire de mai de 1905 :

Foire de mai
La foire de mai sera ouverte la semaine prochaine et déjà sur le boulevard Sainte-Foy se montent les petites baraques traditionnelles. Puisse, en dépit de tous les "Vieux Majors" du monde entier, le beau temps favoriser le succès des diverses attractions qui nous seront offertes. Voici la liste des établissements inscrits pour prendre part à la foire de mai :
[...]
Cinématographe A. Lenoire.


Journal de Chartres, Chartres, vendredi 5 mai 1905, p. 3.

Dans un des premiers articles publiés, quelques titres du répertoire sont cités :

LA FOIRE DE MAI
Le beau temps, comme le nègre, continue en mai, s'habillant de bleu tendre et de lumière, s'efforce d'atténuer l'impression mauvaise des premiers jours.
Il n'est pas trop tôt, comme dit l'autre.
c'est également l'avis des forains qui ont édifié sur le boulevard et sur les places la tente modeste ou le palais grandiose qui portent leur fortune.
C'est également l'avis des promeneurs qui profitent des soirs cléments ou des après-midi rayonnantes pour cheminer, curieux , de baraque en baraque, d'attractions en attractions avant de fixer un choix souvent fort délicat parmi tant de choses qui s'offrent et qui tentent.
A côté des petites boutiques familières où les piles appétissantes de nougats voisinent avec le pêle-mêle du bazar à quat'sous, parmi le raclement connu de la roue des berlingots et le parfum montant des frites, voici surgir d'abord
[...]
L'Olympia-Théâtre Cinématographe électrique
sera un des clous de notre foire. L'installation est confortable et le programme chargé de nouveautés cinématographiques qui sont de véritables chefs-d'oeuvre. La superbe "Scène historique de Marie-Antoinette", en 12 tableaux, et le "Pèlerinage de N. D. de Lourdes" suffisent à prédire un succès bien mérité à l'aimable directeur.
Le public select se donne rendez-vous à l'Olympia-Théâtre.


Journal de Chartres, Chartres, dimanche 14 mai 1905, p. 3.

C'est à l'occasion d'une soirée de gala organisée par l'Olympia-Théâtre qu'une nouvelle partie du répertoire nous est livrée :

LA FOIRE DE MAI
[...]
L'Olympia-Théâtre
Grande soirée de gala sans augmentation de prix, dernières nouveautés cinématographiques à grande sensations :
Monsieur et Madame sont pressés.-Mis Loïe Fuller-Océana dans ses exercices nautiques.-Pêche à la sardine-Le parc de Barcelone-Le rêve à la lune-Pierrot le grimacier-Souvenir d'Algérie, voyage de M. Loubet-Marie-Antoinette, scène de sa vie, sa mort-La vengeance d'un père, scène dramatique-Une fausse alerte, scène désopilante-La grotte mystérieuse, dernière création de l’illusionniste A. Lenoire.


Journal de Chartres, Chartres, vendredi 26 mai 1905, p. 3.

Le Cinématographe Giuili-Glassner (Champ-de-Foire, [3]-[15] septembre 1905)

La foire de septembre accueille, en 1905, un établissement cinématographique tenu par Alexandre Giuili  et son épouse Anne Célestine Glassner :

La Foire de septembre
Les petites baraques de la foire de septembre sont déjà installées - voici qui ne présage rien de bon, l'automne, les jours diminués de moitié, les veillées autour de l'abat-jour, la brume, brrr !...-et l'on nous communique la liste des établissements qui prendront part à cette dernière kermesse:
[...] Ginily-Glasner, cinématographe.-Vernassier, grand théâtre music-hall...


Journal de Chartres, Chartres, dimanche 3 septembre 1905, p. 3

Il va croiser sur la foire, Louis Vernassier, propriétaire de l'établissement le Grand Music-Hall, qui ne semble plus précéder de cinématographe. Un autre article évoque les projections animées :

FOIRE DE SEPTEMBRE
[...]
le Cinématographe-Théâtre
où ceux qui n'assistaient pas, et tant mieux pour eux, à la grande bataille de Tsoushima, pourront, devant les photographies prises par l'amiral Togo lui-même pour le grand théâtre Glasner, se faire une idée approximative de la chose ; nombreux tableaux de rire et d'effroi, scènes féeriques, etc., etc...


Journal de Chartres, Chartres, Vendredi 15 septembre 1905, p. 3.

1906

Le Salon du Cinématographe Giuili-Glassner (Place des Épars, [2]-[18] septembre 1906)

Sur le champ-de-foire, en septembre 1906, deux établissements présentent des cinématographes. L'un d'eux est le cinématographe Giuili-Glassner

Foire de septembre
Les petites baraques s'alignent déjà sur le boulevard Sainte-Foy et c'est encore un peu d'automne qu'elles ramènent.
La foire de septembre !... On l'appelait autrefois la foire des abat-jour, à cause des proches veillées où l'on allume de bonne heure la lampe sur la table familiale. C'est maintenant - le progrès qui passe si vite emportant tout sur sa route, jusqu'au pittoresque des vieux noms - c'est maintenant la foire de septembre tout court. Sera-t-elle plus brillante que ses devancières ? Nous le souhaitons, mais l'énumération des attractions qu'on nous y offre et que nous donnons ci-après, ne promet rien de bien inédit ni de bien nouveau.
Se sont fait inscrire les établissements suivants :
[...]
Cinématographe Guille-Glasner [...] Grand cinématographe Alonso...


Journal de Chartres, Chartres, dimanche 2 septembre 1906, p. 2.

Seul un court article offre quelques informations complémentaires sur ce Salon du Cinématographe :

FOIRE DE SEPTEMBRE
[...]
Salon du Cinématographe
Parmi les établissements qui viennent s'installer sur la place des Epars, nous devons signaler tout particulièrement le Salon du Cinématographe. Etablissement de premier ordre, installation moderne très confortable, entièrement éclairé à la lumière électrique, qui nous promet des soirées délicieuses avec des vues d'actualité. Grands drames, grandes féeries, vues comiques et à transformations,etc.
À noter également au programme très varié les expériences extraordinaires de la voyante Adriana qui obtient partout un succès du reste bien mérité.
Nous engageons nos lecteurs à aller rendre visite à ce joli établissement leur assurant de passer une soirée des plus agréables.


Journal de Chartres, Chartres, dimanche 9 septembre 1906, p. 3.

Le Grand Cinématographe Alonso Bracco (Place des Épars, [2]-[18] septembre 1906)

Sur le champ-de-foire, en septembre 1906, deux établissements présentent des cinématographes. L'un d'eux est le cinématographe du forain Alonso Bracco :

Foire de septembre
Les petites baraques s'alignent déjà sur le boulevard Sainte-Foy et c'est encore un peu d'automne qu'elles ramènent.
La foire de septembre !... On l'appelait autrefois la foire des abat-jour, à cause des proches veillées où l'on allume de bonne heure la lampe sur la table familiale. C'est maintenant - le progrès qui passe si vite emportant tout sur sa route, jusqu'au pittoresque des vieux noms - c'est maintenant la foire de septembre tout court. Sera-t-elle plus brillante que ses devancières ? Nous le souhaitons, mais l'énumération des attractions qu'on nous y offre et que nous donnons ci-après, ne promet rien de bien inédit ni de bien nouveau.
Se sont fait inscrire les établissements suivants :
[...]
Cinématographe Guille-Glasner [...] Grand cinématographe Alonso...


Journal de Chartres, Chartres, dimanche 2 septembre 1906, p. 2.

Un article publié une semaine plus tard offre quelques informations à la fois sur le spectacle et sur les films qui sont projetés :

FOIRE DE SEPTEMBRE
La foire de septembre est ouverte ; vibrez, cuivres, et ronflez, grosses caisses. Nous disions, en publiant la liste des établissements inscrits, qu'il n'y aurait rien de bien inédit ni de bien nouveau cette année. Par malheur, deux des principaux établissements, le Grand Cirque Bureau et le manège d'automobiles ont, au dernier moment, fait faux-bond ; le cirque Bureau, qui est un des plus beaux du moment, est parti sur les bords de la Garonne et le manège d'autos autre part.
On verra par les communications ci-après qu'il reste encore d'intéressantes attractions... mais ce ne sont plus quand même les foires d'antan...
Grand Cinématographe Alonzo Bracco
Vues : le Circuit de la Sarthe, avec le vainqueur Sisz sur sa voiture Renaud (sensationnel). Les treize survivants de Courrières, etc., Différents artistes s'y feront applaudir, notamment un artiste chinois, M. Liou, sauteur équilibriste ayant remporté partout un très grand succès et dernièrement au Cirque d'Hiver. Un Jongleur, seul et unique dans ses exercices. Mme Benita Bracco, chanteuse de genre, dans ses œuvres.
Ce théâtre réserve à ses visiteurs de très agréables soirées...


Journal de Chartres, Chartres, dimanche 9 septembre 1906, p. 3.

Les films dont les titres sont indiqués appartiennent à la maison Pathé.

 

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