SAUMUR

Jean-Claude SEGUIN

Saumur, ville du département du Maine-et-Loire, compte 15151 habitants (1894)

1896

Le Cinographoscope Pipon et Pressecq (Carrière Marengo, 8-[13] août 1896)

Même si le tourneur M. Trésel parcourt la Bretagne pour présenter un cinographoscope, sa présente à Saumur n'est pas attestée. En outre, il semble que ce soit directement la Société du Cinographoscope qui ait organisé les séances comme le laisse entendre l'entrefilet suivant publié dans la presse parisienne :

Nous avons dit qu'aux fêtes de Saumur avait fonctionné le cinématographe ; la Société du Cinographoscope nous prie de dire que c'est elle qui a donné le spectacle aux invités de l'École spéciale de cavalerie.


Le Journal, 13 août 1896, p. 3.

C'est à l'occasion des Grandes Fêtes de Charité de l'Association des officiers de réserve et de territoriale que s'organisent ces nouvelles. Dès le 4 août 1896, La Petite Loire publie un programme très détaillé - oú figurent déjà les photographies animées du cinographoscope - de cette manifestation dont l'inauguration est prévue pour le samedi 8 août (La Petite Loire, Saumur, 4 août 1896, p. 2). L'occasion est belle pour la presse de rappeler - de façon plutôt approximative - l'origine du cinématographe :

Parmi les attractions nombreuses de notre fête, nous devons signaler au public la tente des photographies animées, installée dans la carrière Marengo.
Ces projections, dues à l'appareil de MM. Pipon et Presseq, sont d'environ 3 mètres sur 2 m. 50, c'est-à-dire que les personnages sont vus grandeur naturelle.
Nous ne craignons pas de dire que l'effet est charmant et des plus surprenants; car non-seulement ces vues sont intéressantes à voir par le choix du sujet, mais aussi par l'animation des scènes.
L'appareil est des plus simples ; tout le monde connaît la découverte que fit il y a 8 ans le célèbre professeur Marest [sic]; chacun a vu dans des livres les successions d'épreuves reconstituant le trot, le galop et le pas du cheval, la chute d'un chat prouvant que cet animal retombe toujours sur ses pattes. C'est ce principe que MM. Pipon et Presseq ont appliqué en faisant passer devant nos yeux successivement ces diverses épreuves, le mouvement est reconstitué et l'on croirait voir ces chevaux trotter, galoper, marcher, le chat vraiment tomber sur les pattes.
Parmi ces tableaux que nous montre le cinographoscope citons : La Corvée de fourrage. La Partie de cartes où l'on voit de véritables portraits animés plus grands que nature. Le Jardinier surpris, scène comique, des Chevaux à l'abreuvoir, le passage de la Marne, près de Meaux, par le 4e hussards, etc. Vues toutes plus intéressantes les unes que les autres. Il n'est pas douteux que le cinographoscope fera salle comble à toutes les représentations qui auront lieu à peu près de demi heure en demi heure. Plus il y aura de monde, plus les pauvres seront contents.

L'Écho saumurois, Saumur, 9 août 1896, p. 2-3.

On retrouve des articles identiques dans les autres périodiques (Le Courrier de Saumur, Saumur, 9 août 1896 et La Petite Loire, Saumur, 9 août 1896, p. 2). Les films proposés restent difficilement identifiables dans la mesure où ce sont des titres qui existent dans plusieurs catalogues comme celui de la maison Pathé et qui sont, souvent, des " classiques " de ces premiers temps. En outre, le tourneur peut se servir chez différents éditeurs ou revendeurs.

Le succès semble bien au rendez-vous puisque après la fin officielle des Grandes Fêtes de Charité, le cinographoscope va organiser quelques projections supplémentaires :

PROLONGATION
À la demande générale et pour satisfaire les retardataires et les personnes qui veulent encore profiter de la présence des photographies animées à Saumur :
Aujourd'hui mercredi 12 et demain jeudi 13 août, au Manège des Ecuyers et Carrière Marengo, Petits Chevaux et Cinographoscope, à 0,50 c.
Entrée gratuite au manège et à la carrière.


L'Écho saumurois, La Petite Loire, Saumur, 13 août 1896, p. 3.

Répertoire (autres films) : La Baignade des Soudanais, La place de l'Opéra, Le chemin de fer arrivant à toute vitesse (L'Écho saumurois, Saumur, 10 août 1896, p. 3).

Le Cinématographe (Grand Café du Commerce, [31] octobre- [3] novembre 1896)

L'initiative de M. Dodu, propriétaire du Grand Café du Commerce, est d'une toute autre nature. Il s'agit pour lui d'offrir à ses clients des image animées dans la Grotte, une salle destinée en particulier aux joueurs de billard. Ainsi, " pendant quatre jours " (Le Courrier de Saumur, Saumur, 31 octobre 1896, p. 3), les Saumurois vont pouvoir revoir des vues cinématographiques tout en dégustant un café ou un thé. Malgré la briéveté de ces projections, la presse offre des informations assez détaillées sur le programme proposé :

LE CINÉMATOGRAPHE
AU CAFÉ DU COMMERCE
Dans l'intention d'être agréable à sa nombreuse clientèle, M. Dodu, propriétaire du Café du Commerce, vient de faire installer dans la salle de billard, (dite La Grotte), de son établissement :
LE CINEMATOGRAPHE
Cette invention nouvelle est vraiment curieuse et inconnue dans notre ville ; aussi applaudissons nous à l'heureuse idée de M. Dodu qui offre gratuitement à ses clients une distraction aussi digne d'intérêt et qui attirera pour sûr dans son établissement tout Saumur.
Les tableaux reproduits par le Cinématographe sont très variés et fort attrayants.
HIer soir, de 9 heures à 11 heures, ont commencé les premières expériences qui ont bien réussi.
Parmi les tableaux qui ont défilé sous nos yeux, nous signalerons :
La Baigneuse Parisienne
Le Couronnement du Tsar
La Loïe Fuller
Les Courses de Longchamp
La Place de l'Opéra
Le Jardin d'acclimatation côté des chèvres.
A chaque exhibition, les tableaux sont variés.
En présence de la nouveauté de ce procédé et de la distraction si gracieusement offerte par M. Dodu, qui ne redoute pas de s'imposer des sacrifices pour satisfaire ses clients, nous sommes convaincus que tout Saumur voudra voir le Cinématographe du Café du Commerce.


La Petite Loire, Saumur, 1er novembre 1897, p. 3.

S'agit-il de jouer sur les mots, où bien la mémoire fait-elle défaut au journaliste, mais toujours est-il que les séances du Café du Commerce s'annoncent comme les premières jamais organisées à Saumur... ou bien s'agit-il simplement d'un argument commercial du publiciste. Si le nom du propriétaire de l'établissement nous est connu, en revanche, nous ne savons rien de l'opérateur ou de l'équipe qui fait tourner la machine. On imagine aisément que M. Dodu loue les services d'un tourneur ou d'un exploitant itinérant, car la durée réduite des projections laisse à penser qu'il n'est pas le propriétaire du cinématographe... dont on ignore l'origine. Quant aux vues, elles appartiennent, pour l'essentiel, au répertoire le plus classique du moment. Ainsi le titre La Baigneuse Parisienne fait directement référence au très célèbre Bain de la Parisienne du répertoire Pirou, mais les autres films sont plus délicats à identifier même si l'on peut penser que Le Couronnement du Tsar est probablement la vue du catalogue De Bedts.

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Saumur-Rue d'Orléans, Café du Commerce [D.R.] Saumur-Grand Café du Commerce
© Jean-Claude Seguin

La presse ne nous informe pas sur le succès de l'opération commercial de M. Dodu, ni de la qualité des projections. Quatre jours cela est de toute façon bien court pour en savoir davantage... 

Le Cinéphotographe de Lagneau et Vernassier (Quai de Limoges, [29] novembre-[3] décembre 1896)

La Foire de Saumur attire bien entendu les forains, et en cette année 1896, la nouveauté incontestable c'est le cinématographe. Même si Saumur a déjà eu la chance de recevoir par deux fois des cinématographes, c'est maintenant un Cinéphotographe qui lui présente des vues animées. La foire d'hiver commence le 29 novembre et dure une vingtaine de jours. Les forains nous viennent de la foire du Mans qui s'est tenue au cours de la première quinzaine du mois de novembre. Les deux associés, Lagneau et Vernassier, disposent d'une baraque au nom - comme toujours chez les forains - assez ronflant, Le Théâtre-Salon des Sciences. On y présente les nouveautés scientifiques en les destinant, bien entendu, à un public friand d'expériences :

Salon des Sciences
Direction LAGNEAU et VERNASSIER
Nous sommes heureux d'annoncer l'arrivée à Saumur de "Cinephotographe" qui vient de remporter un si grand succès dans les villes où il a passé.
Presque tout le monde sait maintenant que par une merveilleuse découverte de la science, l'on est arrivé à donné la vie et même les jeux de physionomie a de simples portraits, à des photographies instantanées prises sur le vif et à l'impromptu.
C'est stupéfiant, en effet, pour ne citer qu'un exemple, de voir arriver un train à toute vapeur, s'arrêter, voir les employés, chef de gare et voyageurs aller et venir, se disputer les places ; les Blanchisseuses, les Auvergnats, la Loïe Fuller, les rues de la Capitale, etc., etc., sans surtout oublier le défilé du 117e musique en tête. Voilà autant de scènes bien choisies, instructives et surtout très morales.
La bonne installation de cette loge et la compétence en la matière des directeurs nous fait présumer qu'elle sera assiégée par le public amateur du beau, d'autant que ce spectacle ne peut rester que quelques jours, c'est regrettable.


L'Écho saumurois, Saumur, 29 novembre 1896, p. 3.

Le cinéphotographe est un appareil commercialisé par C. J. Lépée (31, rue Caumartin, Paris). Le même périodique nous apportent, le lendemain, de nouvelles informations sur les films présentés : 

Foire de Saumur Les attractions ne manquent pas cette année, à Saumur, du moins quant au nombre, et de longtemps, nous n'avions vu le quai de Limoges el la place de l'Hôtel-le Ville aussi remplis de baraques.
Malgré le froid, l'animation a été grande toute l'après-midi d'hier. Citons, parmi les théâtres et attractions les plus fréquentés : le Salon des sciences, de MM. Lagneau et Vernassier, autrement dit le Cinéphotographe. On y passe quelques instants agréables. Ces vues animées, telles que la place de la République, à Paris, où l’on voit le défilé des voitures, omnibus et piétons ; la sortie des ouvriers d'une fabrique ; une nuit terrible, tableau des plus amusants, la sortie du port de deux vapeurs bondés de voyageurs ; le jeu de saute mouton ; l'arrivée d'un train en gare, où l'on voit le chef de gare faire les signaux, les voyageurs monter et descendre ; le défilé d'un régiment musique en tête ; et enfin pour compléter ces scènes, la célèbre Loïe Fuller ; tous ces tableaux , pris sur le vif, sont absolument stupéfiants et tous les Saumurois, voudront voir ce spectacle.


L'Écho saumurois, Saumur, 30 novembre 1896, p. 2.

Il est souvent délicat de savoir quel est l'éditeur (producteur) d'une vue cinématographique. C'est uniquement lorsque les films ne figurent que dans un catalogue que l'on peut avancer un nom. Ainsi le jeu de saute mouton se retrouve dans le corpus Pathé. Le film Les Auvergnats correspond sans aucun doute à l'un des deux films de la production De Bedts dont le thème est similaire : La Soupe auvergnate ou Scène dansante auvergnate. Mais dans le cas d'Une nuit terrible ou Les Blanchisseuses les choses sont plus délicates. Le Courrier de Saumur nous offre un résumé de l'action du premier : " La nuit terrible, où l'on voit un pauvre diable, mangé par les punaises se dresser sur sa couche, se gratter avec rage, prendre sa lampe, inspecter les rideaux et finalement ne pouvant y résister, enfiler son pantalon et renoncer à dormir. " (Le Courrier de Saumur, Saumur, 1-2 décembre 1896, p. 3) qui ne correspond pas totalement à la vue du catalogue Méliès, mais le seul photogramme connu de la vue PathéNuit terrible, n'autorise pas pour autant une attribution formelle. Il en est de même du second film. Quant aux autres, les thèmes ayant été repris de multiples fois, il faut renoncer à les identifier.

saumur quai limoges 

Saumur-Vue sur la Loire prise du Quai de Limoges (c. 1900)

C'est sans doute le compte rendu du Courrier de Saumur qui offre le plus d'informations sur le public et sa réaction, mais également sur le mode de fonctionnement du Théâtre-Salon des Sciences et son projecteur :

Le Cinéphotographe.-Le théâtre salon des sciences, installé sur le quai de Limoges, est certes destiné à voir tous les Saumurois prendre place sur ses banquettes. Nous avons assisté à une séance du cinéphotographe et nous avons été émerveillé, car il n'est vraiment pas ordinaire de voir un portrait prendre vie et s'animer de mouvements naturels y compris les gestes de physionomie. Les scènes sont bien choisies et surtout très morales et non seulement tout le monde peut voir, mais doit voir ce phénomène scientifique digne d'intérêt, les tableaux sont bien éclairés et rendent bien l'illusion ; les entractes sont courts et évitent une longue attente qui nuirait au charme du spectacle. Un nouveau perfectionnement de l'appareil lui permet d'annoncer les tableaux en couleurs ce qui ne s'était pas encore fait et une chose qui a son charme c'est la présentation du tableau dans l'immobilité d'abord, puis animé ensuite, ce qui permet une comparaison. Nous avons éprouvé une sensation en voyant " le train " arriver sur nous et quelques spectatrices ont même eu un geste de recul, quoique marchant à toute vitesse, il n'est pas dangereux cependant, celui-là ; la " Sortie de fabrique " et la " Descente du tranway " sont très mouvementées, quant à la " Loïe Fuller ", elle soulève les applaudissements car sa photographie est non seulement animée mais sa robe est nuancée de toutes les couleurs. Ce spectacle est fort gentil, récréatif et intéressant, nous comprenons maintenant son immense à Paris comme ailleurs ; il est d'ailleurs bien présenté et la coquette installation électrique donne bien ce qu'on pouvait en attendre. Ce sera certainement le rendez-vous des familles. Matinée les jeudis et dimanches.


Le Courrier de Saumur, Saumur, 3 décembre 1896, p. 2

Invention du journaliste ou réelle frayeur de ces jeunes femmes, toujours est-il que ce type d'entrefilet a nourri abondamment la légende de la peur des premiers spectateurs apercevant le train se précipiter sur eux. En outre, une vue au moins, la danse serpentine d'une imitatrice de Loïe Fuller, est présentée en couleurs... ce qui la rend bien plus magique pour le public. Enfin l'appareil, chose qui est loin d'être généralisée à ce moment-là, est alimenté par de l'électricité, un courant continu alors, pas toujours régulier, mais moins dangereux que le gaz oxy-éthérique. 

Dès leur arrivée, Lagneau et Vernassier ont annoncé qu'ils n'allaient pas rester plus de huits jours à Saumur : "  M. Lagneau, qui a pris des engagements à Nantes, ne restera parmi nous que 8 jours et donnera ses dernières représentations dimanche prochain. Nous engageons nos concitoyens à aller voir ce spectacle vraiment attrayant.. " (Le Courrier de Saumur, Saumur, 1-2 décembre 1896, p. 3). Et de fait, ils se retrouvent à Nantes à partir du 12 décembre.

1897

Le Cinématographe perfectionné (Café de la Paix, [27]-[31] janvier 1897)

C'est au café de la Paix que s'installe, dans les dernières jours de janvier 18987, un appareil cinématographique " perfectionné " dont le propriétaire n'est pas connu :

Grand Café de la Paix
Le CINÉMATOGRAPHE perfectionné donnant l'illusion de la vie réelle.
L'arrivée du Tsar à Paris.
Programme très varié tant en tableaux, que par la machine parlante.
Les séances ont lieu de 2 h. à 6 h., et de 8 h. à minuit.
Prix d entrée: 0 fr. 50 ; militaires et enfants, 0 fr. 25.
On traite à forfait pour les écoles, pensionnats et lycées


.L'Écho saumurois, Saumur, mercredi 27 janvier 1897, p. 3.

Un autre journal apporte quelques informations complémentaires quelques jours plus tard :

Café de la Paix 
Depuis quelques jours est installé au Café de la Paix un cinématographe perfectionné qui attire chaque jour les amateurs de ce si attrayant spectacle.
Parmi les tableaux très variés qui composent le programme nous citerons L'arrivée du Tsar à Paris. A l'aide d'une merveilleuse machine parlante on entend les trompettes et la Marseillaise, ainsi que les acclamations de la foule.
Nous engageons les retardataires à se rendre au Café de la Paix et à aller voir ce merveilleux spectacle. Les séances ont lieu de deux heures à six heures de l'après-midi, et de huit heures à minuit.


Le Courrier de Saumur, Saumur, 31 janvier 1897, p. 1.

L'origine des vues reste délicate à déterminer. Le cinématographe disparaît de la presse saumuroise.

saumur cafe paix

Saumur, Grand Café de la Paix (début XXe siècle)

Le Cinématographe Lyonnais de Tavan (Champ-de-foire, [29] novembre-[20] décembre 1897)

Le tourneur lyonnais Tavan parcourt la région depuis le milieu de l'année 1897. Il est à Saumur pour la foire d'Hiver et installe son Cinématographe Lyonnais sur le champ de Foire :

Le Cinématographe
Tout le monde connaît cette installation qui, à toutes les séances, fait salle comble.
La variété des tableaux, les scènes les plus attrayantes, prises sur le vif, toutes ces photographies animées, en un mot, font le charme du public qui peul revenir souvent à cet établissement, assuré d'avance de voir toujours du nouveau.


L'Écho saumurois, Saumur, 5 décembre 1897, p. 3.

Le souvenir de la catastrophe du Bazar de la Charité (4 mai 1897) est encore très présent et explique sans doute que le journaliste rappelle que le cinématographe fonctionne à l'électricité :

LA FOIRE
[...]
Très curieux également le Cinématographe Lyonnais, M. Tavan, avec ses projections, ses tableaux animés d'un réalisme si saisissant que l'on jugerait que la scène se passerait réellement sous nos yeux. Notons en passant l'arrivée d'un train en Australie, l'enfant et le chien, un prêté et un rendu, les joueurs de cartes arrosés et le bal des sablaises aux Sables d'Olonne qui est un numéro des plus attrayants.
L'installation du Cinématographe Lyonnais ne présente aucun danger et les familles peuvent sans crainte s'y rendre avec leurs enfants, le Cinématographe étant éclairé à la lumière électrique. Nous engageons les personnes qui désirent passer un instant agréable d'aller rendre visite à cet établissement si intéressant par la variété de ses tableaux.


La Petite Loire, Saumur, 9 décembre 1897, p. 2.

Un dernier article permet de compléter quelque peu le répertoire :

Nous étions entré avant au Cinématographe. Les photographies animées obtiennent toujours beaucoup de succès, et celles de l'établissement du Champ-de-Foire sont très heureuses, entre autres un bal de Sablaises, l'arrivée d'un train de chemin de fer à Sydney et différentes photographies des fêtes franco-russes. On passe au Cinématographe de très agréables moments.


L'Echo saumurois, Saumur, vendredi 10 décembre 1897, p. 3.

Il est probable que Tavan quitte Saumur à la fin de la foire.

1898

Le Cinématographe et le Phonographe de Clatot (Salle des Ventes, 1-5 avril 1898)

Le tourneur Clatot s'installe dans la Salle des Ventes avec son cinématographe et son graphophone pour à peine cinq soirées :

LE CINÉMATOGRAPHE 
On annonce pour ce soir, vendredi, à 8 heures, à la Salle des Ventes, 55, rue d'Orléans, une très intéressante représentation.
M. Clatot, avec le Cinématographe, nous fera voir, en de magnifiques tableaux lumineux, des scènes vivantes et animées : avec le Graphophone ou Phonographe, il nous fera entendre la voix de l'homme.
Parmi les tableaux à sensation qui seront offerts ce soir au public, nous citerons : L'arrivée de M. Félix Faure en Russie ; Le Czar et Félix Faure à la revue de Kranoié-Selo ; La Sortie de la Madeleine ; Un Assassinat à Paris, etc., etc.
Le spectacle qui sera offert ce soir au public est, comme on le voit, à la fois intéressant et scientifique ; il frappe la vue et l'imagination.
Prix des places : 1re, 75 cent. ; 2e, 50 centimes ; demi place pour les militaires.


Courrier de Saumur, Saumur, samedi 2 avril 1898, p. 3.

Il est difficile de connaître  l'origines des vues animées présentées. La presse, par ailleurs, précise comment se combinent les vues et les sons :

Le Cinématographe et le Graphophone.-Direction Clatot.
Nous avons assisté hier soir à une soirée fort amusante et très instructive au cinématographe de M. Clatot. Nous y avons vu défilé des tableaux des mieux réussis et entendu en même temps des artistes des grands concerts parisiens.
Nous engageons nos concitoyens à s'y rendre ce soir en foule, puor la clôture définitive, M. Clatot quittant demain notre ville.


La Petit Loire, Saumur, mardi 5 avril 1898, p. 3.

Il n'y a pas de tentative de synchronisation, mais simplement une combinaison entre le cinématographe et le graphophone. Le départ est annoncé dans La Petite Loire du 5 avril :

LE CINÉMATOGRAPHE
Ce soir mardi, 5 avril, à huit heures et demie du soir, clôture définitive et irrévocable des séances de cinématographe et de graphophone données par M. Clatot, salle des ventes, rue d'Orléans, 55.
Nous engageons les retardataires qui n'auraient pas encore été voir cet intéressant spectacle, à se rendre ce soir rue d'Orléans, 55.


Courrier de Saumur, Saumur, mercredi 6 avril 1898, p. 3.

Répertoire (autres titres) : Les fêtes de Russie, La revue de Krosnoïé-Seio, Un défilé d'artillerie, Une sortie de fabrique, Des danseuses (L'Écho saumurois, Saumur, dimanche 3 avril 1898, p. 3).

1899

1900

1901

Le Grand Biorama de Charles Schram (Place de la République, 30 novembre 1901-1er janvier 1902)

Le forain Charles Schram est un des grands banquistes des origines du cinématographe. Il parcourt les foires avec son Grand Biorama. Dès le 18 novembre 1901, la presse annonce l'arrivée prochaine de la loge de M. Sckramson, alias de Schram :

Grand Biorama
On annonce l'arrivée prochaine à Saumur du grand cinématographe qui a fonctionné l'an dernier, pendant six mois, salle des fêtes à l'Exposition universelle de Paris.
Il sera installé place de la République et possède un agencement spécial pour la projection des photographies animées.
Il est construit tout en tôle, éclairé à la lumière électrique et comporte tout le confort moderne.
Son spectacle, très varié, est d'une exquise moralité.
Aussi ses succès sont-ils grands dans toutes les villes vendéennes où il se trouve en ce moment.
Nous ne doutons pas qu'il ne reçoive à Saumur semblable accueil sympathique par notre population toujours avide de beaux spectacles.


L’Écho saumurois, Saumur, lundi 18 et mardi 19 novembre 1901, p. 3.

L'inauguration va avoir lieu le samedi 30 novembre et Charles Schram n'hésite pas à utiliser la presse pour faire passer des articles particulièrement bien inspirés. Il annonce ainsi l'arrivée de Mazzantini à Saumur... grâce au cinématographe :

L'École de Mazzantini Saumur
Eh, oui, Mazzanlini, le célèbre toréador espagnol va fonder en notre ville, pour trois jours seulement, une école de tauromachie.
Il tient à inviter la population saumuroise à ce genre de sport et recueillir, si peut se faire, des adhérents et des admirateurs.
Tour à tour il nous présentera l'enciero de toros du duc de Véragua, spécimen très réputé de l'autre côté des Pyrénées, les élèves toréadors, une triple estocade et une mise à mort de taureau par Mazzanlini en personne.
Les arènes, qui seront situées place de la République, au Biorama, outre ces courses de taureaux, renfermeront d'autres scènes qui auront également, nous n'en doutons pas, un énorme succès. Ce sont diverses scènes militaires, d'un haut intérêt, la lune à 1 mètre, une superbe féerie, etc., etc.
En présence d'un spectacle aussi particulier, et d'un intérêt supérieur, nous recommandons à nos amis et lecteurs le Biorama de la place de la République, qui fera ses débuts samedi soir à 8 heures.
Dimanche, après-midi, matinée.


L'Écho saumurois, Saumur, samedi 30 novembre 1901, p. 3.

Le Courrier de Saumur lui aussi publie un autre article encore plus complet sur la présentation des vues tauromachiques :

Les Courses de taureaux à Saumur
Parfaitement, à Saumur, sur la place de la République, on pourra, à partir de Samedi soir, et pendant trois jours seulement, assister à des courses de taureaux, avec mise à mort de l'animal, bien que ce soit défendu, ce qui prouve que Saumur est une ville privilégiée.
Et ces courses ne seront pas, comme on dit, de la frime, car les cornes du taureau sont très pointues et les taureaux eux-mêmes, pleins de férocité.
Ils regardent le public d'un œil farouche, peu rassurant, puis d'un bond se jettent sur un cheval qu'ils éventrent et reprennent leur course à la suite des picadores, qui, doués d'une agilité prodigieuse, les évitent toujours.
Au risque de nous faire traiter de barbares, nous avouerons, nous avons eu l'avantage de le voir, que nous trouvons ce spectacle très attrayant, et nous engageons tous nos lecteurs à profiter de cette bonne aubaine, pendant son séjour à Saumur.
Les amateurs de luttes sanglantes y trouveront un charme inoui ; mais, chose bizarre, les gens qui se trouvent mal, en voyant saigner un poulet, peuvent également y aller en toute sécurité, on éventre les chevaux, mais le sang ne coule pas, et le taureau qu'on met à mort se porte bien, puisqu'il recommence le lendemain et qu'il sera tué trois jours de suite. Mais ne faisons pas languir nos lecteurs plus longtemps. Il s'agit ici du Biorama, ce brillant cinématographe qui obtient de si vifs succès dans toutes les villes où il séjourne et duquel nous avons déjà parlé et qui, au moyen de photographies animées nous fera, samedi soir, assister à de véritables courses de taureaux. Le spectacle est aussi intéressant qu'une vraie course, puisque, en effet, c'en est une véritable, et il aura ce double avantage de coûter moins cher et de ne pas remplir d'effroi les âmes sensibles.
Ces mêmes soirs, le Biorama reproduira également diverses scènes militaires et la grande féerie du théâtre parisien du Châtelet : La lune à un mètre.


Courrier de Saumur, Saumur, samedi 30 novembre 1901, p. 3.

Le débat sur les courses de taureaux est déjà ouvert à l'époque, mais l'origine de la série reste difficile à établir, car plusieurs éditeurs de films proposent des vues de corrida. Si les séances du Grand Biorama rencontrent le succès public, il y a également d'autres attractions, moins signalées, mais bien présentes. C'est le cas des représentations de Miss Betsy et des auditions de l'Homophone :

La Foire de Décembre
Le succès de la Foire s’accentue tous les soirs. Le Biorama possède des attractions sans cesse nouvelles. Il y a tous les soirs grande affluence dans ce coquet établissement qui sera sans contredit un des clous de notre foire de décembre.
Aujourd'hui, à trois heures, matinée de famille, avec un programme appelé à avoir un grand retentissement.
Ce soir, à 8 heures, Cendrillon, le Transvaal, Krüger en France, etc. Demain, vendredi, la Passion, Lourdes, Triomphe divin. Samedi programme nouveau.
Les transformations multicolores et les projections animées de Miss Betsy sont très goûtées.
Les auditions de l'Homophone sont très intéressantes.


La Petite Loire, Saumur, jeudi 5 décembre 1901, p. 2.

saumur place republique

Fr. Voelcker, Phot., Saumur, Saumur (M.-et-L.).-Place de la République. Le Marché (c. 1903)

Si la Foire s'achève, certaines loges restent jusqu'à la fin de l'année et le Grand Biorama donne sa dernière séance le 1er janvier 1902. C'est l'occasion pour Charles Schram de faire passer un long article consacré pour l'essentiel au film Le Petit Chaperon Rouge :

Au Biorama
Le Grand Biorama est encore dans nos murs et ses représentations du soir sont toujours très suivies malgré le temps affreux dont nous avons été gratifié ces jours derniers. Il est vrai que le directeur avait fait des merveilles de mise au point. Des féeries d'un cachet artistique, vraiment unique dans les annales cinématographiques, ont été présentées : d'abord le Rêve de Noël, bien à propos, mercredi, en matinée et en soirée. Le succès en a été colossal.
Mais tout a une fin, le Biorama va nous quitter ; avant son départ, il offrira, pendant deux jours seulement, en matinée et soirée, le dimanche 29 et mercredi jour de l'An, le Petit Chaperon Rouge, féerie à grand spectacle en 50 tableaux.
Le directeur, qui est l'auteur de cette merveilleuse reproduction, a apporté tous ses soins à cette nouvelle création ; les détails de mise en scène ont été réglés avec la plus grande attention et les décors composés et exécutés d'une façon aussi originale et artistique que possible.
D'un conte qui est la simplicité même, il a tiré une féerie compliquée. En s'attachant à suivre de très près le conte de Perrault, connu du monde entier; il a dû, en raison des exigences théâtrales, le corser et l'agrémenter de scènes comiques ou d'épisodes pittoresques, sans lesquels, il eut été impossible de composer un scénario intéressant, le cinématographe ne s'adressant exclusivement qu'aux yeux du spectateur.
Ce conte se trouve ainsi encadré d'une façon très humoristique et très amusante ; la fin seule varie. En voici la raison.
Le public acceptera très bien de voir manger la mère-grand, cet épisode étant traité d'une façon comique, mais la vue du loup dévorant le Petit Chaperon Rouge (personnage sympathique) serait certainement un spectacle désagréable, odieux même, qui terminerait fort mal une pièce destinée avant tout à amuser. La frayeur éprouvée sera, pour le Petit Chaperon Rouge, une punition suffisante et le public sera enchanté de voir châtier le méchant loup comme il le mérite. Aussi, le défilé et le triomphe du Chaperon Rouge obtiendront son approbation et... ses applaudissements. Nous n'en doutons pas.


L'Écho saumurois, Saumur, dimanche 29 décembre 1901, p. 3.

Le forain n'hésite pas à s'attribuer la paternité du film, mais tout est bon pour faire de la publicité. En réalité, la plupart des vues de son répertoire appartient aux catalogues Méliès et Pathé. Il quitte ensuite Saumur dans les premiers jours de janvier.

Répertoire (autres titres) : (Samedi et dimanche) Histoire d'un Crime, drame cinématographique en 10 tableaux (L'Écho saumurois, Saumur, jeudi 5 décembre 1901, p. 2), La Guerre au Transvaal, Mégère récalcitrante (Courrier de Saumur, Saumur, vendredi 6 décembre 1901, p. 3), L'Agent plongeur (L'Écho saumurois, Saumur, samedi 7 décembre 1901, p. 2). L'Enfant prodigue (L'Écho saumurois, Saumur, vendredi 13 décembre 1901, p. 2), La représentation de l'Ogre et du Petit Poucet (Le Courrier de Saumur, Saumur, vendredi 13 décembre 1901, p. 3), Combat naval, Combat du Lion et du Taureau aux arènes de Roubaix, Funérailles de la Reine d'Angleterre (La Petite Loire, Saumur, dimanche 15 décembre 1901, p. 2), Le Rêve de Noël, Les Godillots de Drancin, Les Luttes extravagantes, Le Chevalier "Mystère", Sous les murs de Pékin, Les Danses cosmopolites, Les Rayons X (Le Courrier de Saumur, Saumur, samedi 28 décembre 1901, p. 2). 

1902

1903

1904

1905

Le Théâtre International Scientifique Urania de Ferdinand Somogyi (Casino, 16 février 1905)

Le Théâtre international scientifique Urania, propriété de Ferdinand Somogyi, effectue une importante tournée en France. Il vient à Saumur donner des représentations le 16 février 1905 :

AU THEATRE
Demain jeudi une seule représentation par le Théâtre international Scientifique Urania, dirigé par M. Somogyi, de Budapest, en tournée autour du monde.
Voici le programme, contenant plus de 200 tableaux de projections (grandeur de scène) : Guerre russo-japonaise ; autour du monde ; Américan Hélioscop, nouveau perfectionnement du cinématographe sans oscillation ; Quo Vadis, grande scène du roman de Scienkiewicz (10 minutes) ; danse serpentine ; danse tunisienne ; danse japonaise ; danse russe ; danse espagnole ; la corrida de toros (15 minutes) ; infanterie anglaise ; cavalerie russe ; bersagliers japonais ; artillerie française ; la cour de Guillaume II ; la poule miraculeuse (5 minutes) ; la scène de l'Opéra ; Bohême du photographe Pierrot ; mieux que Fregoli ; quatre têtes ; une erreur.
Tableaux vivants, accompagnés par le meilleur gramophone.
Grand succès : A Tunis, théâtre municipal ; Nice, cirque Eldorado ; Venise, théâtre Malibran ; Nîmes, grand théâtre.
Inutile d'ajouter que cette soirée du cinématographe, réelle attraction, attirera la foule à notre théâtre.


L'Écho saumurois, Saumur, jeudi 16 février 1905, p. 3.

1906

 

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