Louis VERNASSIER

(Beaumont,1865-Auxerre, 1913)

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Jean-Claude SEGUIN

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Jean, Baptiste Vernassier (Seignelay, 01/11/1829-Beaumont, 27/01/1882) épouse (Auxerre, 24/08/1859) Louise, Françoise Petitjean (Auxerre, 13/03/1839-). Descendance :

  • Jeanne, Louise, Isabelle Vernassier (Beaumont, 01/07/1860-≥ 1912) épouse (Beaumont, 28/05/1879) Alexandre Flecniakoska (Brion, 20/10/1851-Paris 13e, 08/11/1909). Descendance :
    • Alexandre, Maurice, Edgar Flecniakoska (Migennes, 18/05/1880-)
    • Gaston, René, Raoul Flecniakoska (Migennes, 16/03/1883-Auxerre, 21/10/1965) épouse (Troyes, 09/07/1912) Henriette, Lucie Gaucher (Troyes, 04/01/1891-Auxerre, 18/04/1974).
  • Louis, Jean, Baptiste Vernassier (Beaumont, 06/051865-Auxerre, 30/01/1913).

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Fils d'un marchand de blé, plus tard meunier de commerce (habite au moulin de Beaumont) de l'Yonne, Louis Vernassier s'adonne à la céramique et à la poterie d'ornementation et obtient même une médaille d'argent à l'Exposition Horticole de Joigny (Bulletin de la Société centrale de l'Yonne pour l'encouragement de l'agriculture, Auxerre, Georges Rouillé (imp.), 1882). Par la suite, il exerce la profession de mécanicien à Auxerre (1885). " Fils unique de veuve ", il est dispensé de ses obligations militaires. Il s'installe à Paris en 1887 (9, rue du Débarcadère). C'est sans doute à ce moment-là qu'il intègre les Ateliers de Paris où il devient contre-maître. Il change à plusieurs reprises de domicile jusqu'en 1891 où on le retrouve au 161, rue Amelot, une adresse où se trouve une " brasserie de femmes " dont il prend la direction avec un certain Magnier. Ce type d'établissement donnent lieu, à l'époque, à des publications et des débats :

La brasserie de femmes n'est qu'une maison clandestine où on fournit aux consommateurs des mineures de tous les âges.
Et, ce qu'il y a de déplorable, c'est que le recrutement des prostituées pour brasserie est des plus faciles, car, d'un côté, les parents y louent, sans arrière-pensée, leur fille comme servante et de l'autre les petites bonnes venues de province, ne se méfiant de rien, refusent rarement d'aller servir des bocks dans un café. Elles vont à la brasserie, comme elles iraient au bouillon Duval.
Et lorsque toutes ces malheureuses, depuis la marchande de fleurs et la chanteuse des reus jusqu'au modèle, ont pendant longtemps été exploitées par des patrons et des intermédiaires, il arrive, un jour, où, comprenant qu'elles ont plus d'intérêt à travailler pour leur compte que pour celui des autres, elles essaient de voler de leurs propres ailes ; mais, hélas ! à peine libres, l'habitude qu'elles ont prise d'avoir un maître qui les exploite, les ramène vite au pouvoir d'un souteneur qui, lui-même, a, la plupart du temps, comme beaucoup d'entre elles, touché à la mendicité professionnelle et est passé aussi par la maison publique, où il a servi de jouet à la lubricité des chercheurs de plaisirs étranges.


Georges Berry, Les Petits martyrs, mendiants et prostituées, Paris, Charpentiet et Fasquelle Ed.  1892, p. 29-30.

Le constat de Georges Berry - et d'autres - est sans appel. On trouve malgré tout des voix pour défendre les " brasseries de femmes " comme celle du nationaliste Maurice Barrès (" Les Brasseries de Femmes réhabilitées par M. Maurice Barrès ", Gil Blas, Paris, 6 février 1892, p. 1-2.). Louis Vernassier dirige cette brasserie pendant quelques années. En décembre 1892, la presse annonce qu'une altercation l'a opposé à l'un des clients de l'établissement et que des coups de couteau ont été échangés :

Rixe sanglante dans une Brasserie
Une discussion s'est élevée, la nuit dernière, 161, rue Amelot, entre clients de la brasserie de femmes qui se trouve à cette adresse.
Elle a bientôt dégénéré en rixe et la mêlée est devenue générale ; un des consommateurs, François Rane, âgé de trente-sept ans, se voyant près d'être terrassé par son adversaire, Louis Vernassier, a sorti un couteau de sa poche et lui en a porté plusieurs coups terribles dans le bas-ventre.
Le malheureux est tombé baignant dans son sang ; et les combattants, effrayés à cette vue, se sont empressés de prendre la fuite.
Louis Vernassier a été transporté de suite à l'hôpital Saint-Louis  son meurtrier est l'objet des plus actives recherches.


Le Petit Parisien, Paris, 9 décembre 1892, p. 3.

Les versions journalistiques diffèrent, et il semble que finalement l'affaire soit bien moins grave :

L'affaire de la rue Amelot
Nous avions parlé hier, sur la foi de renseignements que nous n'avions pas eu le temps de contrôler, d'un meurtre qui aurait eu lieu dans une brasserie de la rue Amelot, où un sieur Vernassier aurait frappé à coups de couteau un nommé Rome.
Or, il n'y a pas eu de coups de couteau. Tout se réduit à l'expulsion du dit établissement d'un " poivrot " qui est tombé en sortant et s'est fait une blessure à la tête.
Aussi, le sieur Vernassier n'a été nullement arrêté ni inquiété à propos de cette affaire.


La France, Paris, 10 décembre 1892, p. 1.

En 1894, il apparaît comme propriétaire, avec un certain Flecniakoska - sans doute son propre beau-frère - du Grand-hôtel Franklin et du Brésil (19, rue Buffault) dans le 9e arrondissement de Paris. Il en reste propriétaire jusqu'en 1900. À partir de 1894, il " voyage à l'intérieur " (Matricule Militaire, 1R526-N°1-491-1885 Archives départementales de l'Yonne), ce qui marque les débuts de sa vie de forain. Il est de passage à Lorient où il est à nouveau réformé (le 4 avril 1894) par la commission spéciale de recrutement militaire, pour " Phlébite et Pleurésie chimiques ".

Les vélocipèdes Vernassier ([août 1894]-[juillet] 1896)

Délaissant ses activités d'hôtelier, Louis Vernassier va commencer une carrière de forain avec sa loge consacrée aux vélocipèdes. Il va ainsi parcourir les foires avec son attraction : Brest (août 1894), Morlaix (août 1894), Flers (août 1895), Fougères (juin 1896), Morlaix (juillet 1896)... La Résistance nous propose une description assez précise du spectacle :

La fête foraine. — Grand succès au manège de vélocipèdes Vernassier dont le public a apprécié la propreté et la bonne tenue.
Lundi dernier, M Vernassier, le directeur de ce manège, avait gracieusement éclairé le kiosque de la musique, à la lumière électrique, aussi nous dirons quelques mots de son installation que nous avons visitée en détail et qui nous a paru fort intéressante.
L'installation électrique, quoique devant être souvent démontée, est aussi complète que possible : une coquet moteur à pétrole actionne un " dynamo " ; l'électricité produite est emmagasinée dans une quarantaine d'accumulateurs d'où elle se rend aux diverses lampes. La machine actionne aussi l'orgue, mais non le manège, comme on pourrait le croire ; celui-ci est mis en mouvement par les clients eux-mêmes qui pédalent à qui mieux, mieux.
Une visite dans la " maison roulante " nous a permis d'y constater un confortable que l'on ne soupçonnerait au premier abord ; 3 pièces : cuisine, salle à manger, chambre à coucher ; le tout éclairé luxueusement par l’électricité, même, grâce aux accumulateurs, lorsque la voiture voyage posée sur un truc de chemin de fer.
M. Vernassier, qui est un ex-contremaître mécanicien possède dans une autre voiture, un outillage complet : étaux, forge, four, etc.


La Résistance, Morlaix, samedi 25 juillet 1896, p. 2. 

C'est au cours de cette période qu'il rencontre et côtoie un autre forain, Lagneau, propriétaire de l'Eden Fantastique et qu'ils vont se lancer dans l'exploitation d'un appareil cinématographique, après le mois de juillet 1896.

Le Théâtre-Salon des Sciences ([juillet] 1896-février 1897)

Dès le milieu de l'année 1896, Louis Vernassier et Lagneau s'unissent pour présenter un théâtre qui porte le nom de "Théâtre-Salon des Sciences". Comme son nom l'indique, il s'agit principalement de présenter des innovations à caractère scientifique dont un cinématographe qui porte le nom de cinéphotographe, appareil cinématographique commercialisé à Paris, par C.J. Lépée. Les deux collaborateurs vont ainsi présenter des vues animées, principalement dans les foires et les fêtes : Cherbourg (septembre-octobre 1896, Le Mans (octobre-novembre 1896) et Nantes (décembre 1896-février 1897). C'est dans cette dernière ville que les deux collaborateurs vont se séparer. On en ignore les conditions précises, mais on peut relever certains éléments. À la toute fin de l'année 1896, Louis Vernassier présente, semble-t-il, un nouvel appareil cinématographique, de son propre cru, appareil dénommé parfois "cinéphotographe" dont on ignore l'origine : 

La Place Bretagne
Le Cinématographe.-Le Cinématographe de la place Bretagne ne cesse d'être envahi par un public nombreux.
Le spectacle est très attrayant et le succès qu'il obtient est pleinement justifié.
M. Lagneau s'est associé avec M. Vernassier, un mécanicien-électricien distingué, ex-contremaître d'un grand atelier de Paris, qui vient de construire un nouvel appareil perfectionné pour son établissement.
Nous avons vu ce nouvel appareil qui est une merveille de précision.
Voici le titre des tableaux de la nouvelle série : Descente du tramway ; La Ferme ; le Couronnement du Tsar ; la Mer ; le Régiment ; Sortie d'atelier ; la Loïe Fuller et, pour les curieux qui la réclament, la Mondaine au bain.


Le Progrès de Nantes, Nantes, 29 décembre 1896, p 2

La présentation de la dernière vue, Mondaine au bain marque également une rupture avec le spectacle " très moral " présenté jusqu'alors. En tout état de cause, la rupture est consommée dès le début de l'année 1897 où l'on peut lire dans une petite annonce la fin de l'association, information confirmée peu après par la presse nantaise.

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A VENDRE
Cinéphotographe ou photographie animée.-S'adresser à MM. Lagneau et Vernassier. Place Bretagne, Nantes.

L'Industriel forain, Paris, 10-16 janvier 1897, p. 4 Le Nouvelliste de l'Ouest, Nantes, 6 février 1897, p. 4.

Chacun des deux forains va désormais poursuivre son propre chemin. 

Le Théâtre des Merveilles (1897-1902)

Après cette séparation professionnelle, Louis Vernassier rebaptise son établissement et c'est ainsi que naît le "Théâtre des Merveilles" dès les premiers mois de l'année 1897. La baraque se retrouve dans de nombreuses communes à des fêtes ou foires locales principalement dans l'Ouest. Dès le mois de janvier 1897, les papiers à en-tête son prêts et le cinématographe est en bonne place. 

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J. Vernassier, Lettre à la mairie de Rennes, 12 janvier 1897
© Archives de Rennes.

Le Théâtre des Merveilles poursuit sa route en Bretagne: Dinan (mars-avril 1897), *Pontivy (avril), Lorient (avril-mai), Saint-Servan (mai), Fougères (juin), Guingamp (juillet), Brest (juillet), Quimper (août), Douarnenez (septembre-octobre), Morlaix (octobre), Le Mans (octobre-novembre), Angers (novembre). Bourges (décembre)... Au cours de l'année suivante, la baraque foraine va continuer ses tournées en France: Nantes (janvier), Dinan (mars), Coutainville-Plage. Dans cette dernière commune, il offre son spectacle habituel sur les Rayons X - responsable de sa disparition - et la presse locale offre une description très détaillée de ces expériences scientifiques:

Les rayons X. - - Dans notre dernier numéro, nous avions dit que, sur la place Duhamel, M. Vernassier, à l’aide d’appareils très puissants, faisait voir des clous enfoncés dans un morceau de bois et les os du corps humain.
Un grand nombre de personnes ont pu, cette semaine, se rendre compte que nos dires étaient exacts. Voici, pour les personnes qui ne sont pas encore allées voir ces expériences d’un haut intérêt scientifique, et en même temps très curieuses :
Les appareils sont au nombre de trois : une bobine Rumbkorff, une ampoule de Grooks et un écran. Cette ampoule de Grooks est mise en communication avec la bobine de Rumbkorff, et l’écran est placé entre l’œil du spectateur et l’ampoule.
M. Vernassier, dont les connaissances scientifiques sont très étendues, avant de commencer les expériences, nous donne des explications très détaillées sur chacun des appareils qu’il a placés devant nous ; ensuite, il passe d’abord deux morceaux de bois.
Voici deux morceaux de bois dans lesquels sont enfoncées des pointes ou des vis: on les place derrière l’écran lumineux et on aperçoit très nets les clous et les vis dans l’intérieur du bois. Dans une sacoche se trouvent quelques objets de toilettes : on les perçoit admirablement. Nous voyons très distinctement une pièce d'argent placée dans un gros dictionnaire, tandis qu’une pièce en aluminium placée à côté ne donne qu’une teinte très légère. Une clef mise dans ce même dictionnaire rend son image très nette sur l’écran. Un parapluie derrière l’écran se présente débarrassé de son étoffe : seule reste visible l’armature métallique. M. Vernassier soumet sa main aux rayons X : le contour des doigts apparaît légèrement estompé et on voit on ne peut plus nettement les os, et encore mieux une bague qui se trouve à l’un des doigts.
Puis, voulant montrer la puissance des rayons X, M. Vernassier mit un trousseau de clefs dans un chapeau en feutre noir, plaça le chapeau dans une boîte en bois et enfouit le tout dans un cabas. Sur l’écran l’on distinguait parfaitement les clefs et les pointes servant à l’assemblage de la boîte, ainsi que les attaches métalliques des poignées du cabas.
Ensuite ce fut le tour d’un corbeau mort, dont le squelette fut parfaitement visible malgré le plumage; il en fut de même d’un lapin vivant. L’on ne voyait que le squelette.
Mais, plus fort que tout cela, M. Vernassier fait passer derrière l’écran un enfant de 7 ans et l’on distingue parfaitement toute l’ossature du thorax ; l’enfant présente ensuite sa tête aux rayons, et l’on voit le crâne dépouillé des chairs présenter sur l’écran sa silhouette effrayante; Bon distingue le jeu de la mâchoire inférieure, que les rayons X ont débarrassée des chairs qui la recouvrent.
Une personne nous demande si l’enfant n’a pas été gêné par l’expérience. A cela nous avons répondu négativement. L’être soumis aux rayons, n’étant en contact qu’avec l’air ambiant, ne se doute seulement pas de ce qui se passe : il ne ressent rien et, de plus, ne peut se faire peur à lui-même, car il ne voit rien, le derrière de l’écran étant noir.
Pour terminer enfin, c’est une pluie d’étincelles sortant de la bobine Rumbkorff. Ces étincelles n’ont pas moins de 30 centimètres : elles foudroyeraient. Un bœuf et, à plus forte raison, un homme ne sauraient les recevoir sans en être sérieusement incommodés. Chose bizarre, et que nous apprend M. Vernassier, une décharge de cette force ne tuerait pas une mouche.
Bref, les rayons X, dans les conditions où ils fonctionnent chez M. Vernassier, restent la chose la plus curieuse que l’on puisse imaginer. C’est une récréation scientifique du plus haut intérêt et qu’il importe de voir. Nous la signalons aux chefs d’établissement, aux médecins, aux futurs bacheliers qui ne sauraient rester insensibles à ce qui sera comme le plus grand progrès de nos temps modernes.
Nous ne saurions trop insister auprès des personnes qui désirent s’instruire, tout en passant un moment agréable, de ne pas manquer d’assister à ces expériences, qui auront lieu ce soir, samedi, à huit heures et demie, et, pour la dernière fois, demain soir, dimanche, également à huit heures et demie.


Le Petit Coutançais, Coutainville-Plage, dimanche 17 avril 1898, p. 2-3.

Cet article est particulièrement remarquable, car il décrit avec une extrême précision une pratique scientifique changée en numéro de foire. On imagine sans peine le nombre de personnes irradiés en pensant voir une simple expérimentation. Louis Vernassier poursuit da trounée: Tours (mai-juin), Saint-Nazaire (septembre)...

En avril 1899, Louis Vernassier se rend en Belgique où il présente son Théâtre des Merveilles. On le retrouve également à plusieurs reprises à Nantes (septembre et décembre), à Angers (novembre)... L'appareil cinématographique qu'utilise Louis Vernassier semble avoir été un Kinétographe Robert-Houdin, au moins pendant quelque temps.

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Courtrai, Louis Vernassier, Théâtre des Merveilles, avril 1899
Reproduit dans Convents, 164
© Collection SOBK

L'année 1900 marche sans doute un changement dans le spectacle de Louis Vernassier. Si les rayons X et les projections cinématographiques constituent les numéros les plus importants de son spectacle, il va commencer à collaborer avec l'illusionniste Bénévol, dès l'été comme en témoignage l'article suivant:

Théâtre des Merveilles.-Cet élégant établissement a composé un programme tout à la fois scientifique, amusant et féerique. Nous empruntons à un confrère l'analyse suivante de ce spectacle attrayant:
Bénévol, qui ouvre le programme, se surpasse dans des tours de prestidigitation étourdissants, présentés avec le brio que l'on connaît. Il met la salle en joie et son langage pittoresque augmente encore la portée de ses saillies.
L'un des clous de la soirée eset la présentation des rayons X par Vernassier qui se montre, en l'espèce, un vulgarisateur de premier ordre. En quelques mots, il met l'auditoire au courant de l'expérience, en rappelant ce qu c'est qu'une bobine Ruhmkorff, que l'ampoule de Crookes, que les rayons cathodiques ou X de Roetgen. Il démontre la propriété de l'écran fluorescent qui est l'une des merveilles de la découverte. Toutes ces explications sont d'une limpidité parfaite.
Grâce à ces moyens énergiques, grâce aussi à des appareils très perfectionnés, les expériences sont visibles de la salle toute entière.
Une autre attraction de ses soirées de gala est dans les visions d'art, création de Vernassier qui réalise encore là quelque chose de vraiment nouveau et captivant. Par un procédé à lui, il projette sur un écran une image vivante qu'y s'y reproduit avec les tons frais et doux du pastel. Un pastel animé, c'est bien l'impression que l'on ressent.
Faut-il parler du royal vitograph?-Oui, pour dire que le nombre des vues est considérable, que Bénévol en fait l'explication avec une verve impayable. Son entrain ne se ralentit pas. Les sujets de l'Exposition ont eu surtout du succès.
Enfin, la danse des fleurs et du feu, exécutée avec beaucoup de grâce par Mme Vernassier, termine la soirée sur une féerie de lumière.


La Gazette de Château-Gontier, Château-Gontier, jeudi 30 août 1900, p. 3.

Cette participation va évoluer au cours des mois suivants. La complicité entre François Bénévole et Louis Vernassier les conduit à présenter des numéros de clowns sous le nom de "Bén et Ver" musicien.

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Bén et Ver Musicien
Source: GARNIER, 1969: 32-33.64-65.

C'est sans doute dans les mois qui suivent que Louis Vernassier et  Bénévol mettent au point un duo qui va rencontrer un grand succès: les Vernabene. La presse de Saint-Jean-d'Angély dévoile les secrets de ce numéro:

SUR LA PLACE
Théâtre des Merveilles
Mercredi a eu lieu au Théâtre des Merveilles, la première de « Gala ».
La salle était plus que comble et composée de l'élite de la société.
La confortable installation avait inspiré confiance, et de fait, personne n’a été trompé, au contraire, la soirée a été délicieuse et fort goûtée.
Nous résumons : Bénévol a produit des prodiges de dextérité et a conquis les sympathies, ainsi que son ami M. Vernassier, le directeur, qui a présenté les Rayons X (les vrais) avec beaucoup de compétence et dont les expériences ont fort intéressé même les indifférents à la science.
Les Peintures Vivantes sont une nouveauté ravissante et artistique appelée à grand succès surtout lorsque M. Vernassier produit l'effet charmant du « Pastel » et invite le public à voir la personne projetée électriquement et supportant sur la figure 15 chevaux-vapeur de lumière.
N’oublions pas les projections animées fort amusantes et la gracieuse Miss Ketty dans ses fleurs et papillons féeriques.
Quant aux « Vernabène ». ah ! mystère ! Devons-nous ??? vendre la mèche ? Oui, puisqu’ils l’ont vendue eux-mêmes. C’étaient M. Bénévol et M. Vernassier qui ont, dans un numéro musical original, amusé à outrance et ont recueilli des applaudissements qui les ont fait revenir trois ou quatre fois en scène. M. Vernassier, dans son costume de dame, était parfaitement réussi et certes, s’il n’avait enlevé sa perruque, passait aux yeux de tous pour être du beau sexe.
Leur numéro, ont-ils annoncé, est en herbes ; eh bien, nous lui affirmons un grand succès ; il est original, amusant et improved, sans compter que la dame en question (M. Vernassier), sans en avoir l’air, a joué sur une douzaine d’instruments différents.
Somme toute, délicieuse soirée à passer et que tous voudront certainement voir.


L'Écho saintongeais, Saint-Jean-d'Angély, 23 juin 1901, p. 3.

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Les Vernabene (c. 1902)

Le travestisme fait ainsi désormais partie du spectacle de Louis Vernassier. Le couple d'artistes va connaître ainsi une certaine célébrité :

Théâtre des Merveilles
Tous les soirs, iil y a foule au théâtre des Merveilles, où on passe quelques heures des plus agréables.
La direction annonce pour demain soir, mercredi, une grande soirée de gala, avec le cinématographe, les rayons X et le concours du célèbre Bénévol.


La République des Charentes, Rochefort-sur-Mer, mercredi 24 juillet 1901, p. 3.

Il semble pourtant que la collaboration avec Bénévol ait été de courte durée, même si le numéro a toutefois survécu au départ de Bénévol puisqu'il fait encore partie du spectacle en 1905. Le nom de la loge semble disparaît en 1902 et si l'on retrouve par la suite d'autres "théâtres des merveilles", ils désignent d'autres établissements.

Le Théâtre Vernassier (1902-1907)

C'est désormais sous le nom de Théâtre Vernassier que le forain va exploiter son établissement. L'article suivant semble bien être l'un des premiers à consacrer le changement :

LA FOIRE DU MAIL
C'est dimanche que commence la foire du Mail.
[...]
Le Théâtre Vernassier sera aussi des nôtres. Cet établissement merveilleux qui possède une installation électrique de vingt chevaux a renouvelé complètement son programme. Les soirées qu'on passera, de 8 h. à 11 h. seront variées et posséderont des atttractions sans rivales. Bénévol, le célèbre illusionniste mexicain, nous présentera des numéros surprenants ; nous verrons les peintures vivantes, une féerie électrique sans rivale, puis el fameux American vitograph, perfectionnement absolu des photographies animées, puis des clowns musicaux, les Verbabeisse, qui sont extraordinaires et enfin pour terminer la vraie danse des fleurs produite pour la première fois avec une force électrique de 20 chevaux.


L'Ouest-Eclair, Rennes, 1er juin 1902, p. 3.

Le Théâtre Vernassier va à son tour parcourir les foires: Laval (septembre 1902), Compiègne (juin 1903), Amiens (juin), Laval (septembre-octobre 1904), Nogent-le Rotrou (octobre)... Dans cette dernière ville, l'appareil cinématographique est un Bioscope Impérial:

Théâtre Vernassier.-En plus des attractions diverses que nous offre cet établissement, le Bioscope impérial vaut à lui seul le prix d'entrée. Les amateurs de photographies animées trouveront là un vrai régal.


La Mayenne, Laval, 24 septembre 1904, p. 3.

La vie du forain n'est pas toujours de tout repos et le fonctionnement du moteur de la loge va grièvement blessé Louis Vernassier lors de son séjour à Saintes:

Bien que le temps fut plus que menaçant, dès dimanche matin de nombreuses personnes venues de l’extérieur étaient arrivées à Saintes où les attendaient les réjouissances de la St-Eutrope.
Dans l’après-midi il y eut foule sur la place Blair et la fête eut tout l’entrain désirable.
Les diverses attractions reçurent les visites de nombreux curieux.
La veille un incident et un accident s’étaient produits au théâtre Vernassier pendant la représentation.
Tandis que le public suivait avec un vif intérêt les exercices si curieux de Vernassier-Protée, l’obscurité se fit dans la loge par suite du brusque arrêt du moteur générateur d’électricité. M. Vernassier voulut procéder lui-même à la réparation du moteur et se blessa très grièvement à la main droite. Il tint cependant à terminer son "numéro" la main toute ensanglantée ; il reparut en scène et joua de divers instruments au milieu des applaudissements de l’assistance.
A l’issue de la représentation, M. Vernasosier dût se rendre dans une pharmacie pour faire panser sa blessure.
M. Vernassier continuera, malgré sa blessure, à figurer au cours des représentations que nous engageons vivement nos lecteurs à suivre.


L'Indépendant de la Charente-Inférieure, Saintes, mardi 2 mai 1905, p. 3.

Si Louis Vernassier continue à présenter le numéro des Vernabene -désormais sans Benevol- il multiplie les numéros de travestisme de celui qui s'auto-désigne comme l'homme-protée, et le succès est tel que toute une série de cartes postales vont être mise en vente dans les premières années du vingtième siècle.

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Lous Vernassier l'homme-protée-musical-excentrique dans ses travesti-dame (c. 1905)

En outre, il s'entoure de toute une équipe et va varier bien entendu son spectacle au cours des années.

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La Voyante Isoline (c. 1905)

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La troupe Vernassier (c. 1902)
© Le Grimh

Sans doute en 1905, on retrouve une partie de la troupe Vernassier à bord d'une automobile fleurie qui participe, à Royan, à la bataille de fleurs:

Royan
La bataille de fleurs du 3 septembre 1905. Automobiles fleuries.-Phébus avait refué d'être de la fête et jaloux iil se cachait derrière une brume épaisse. Tout en jetant par intervalle un oeil indiscret sur une fête qui aurait pu être fort belle s'il avait daigné lui sourire.
[...]
Nous allions oublier dans ce compte-rendu succinct, l'automobile du Music hall Vernassier, actuellement dans notre ville, conduite par son propriétaire en travesti dame.


Pyrénées et océan, Tarbes, 7 septembre 1905, p. 3.

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Théâtre Vernassier, c. 1905

Même si le cinématographe reste un des numéros proposés par la troupe de Louis Vernassier, il ne figure qu'occasionnellement dans les annonces ce qui montre qu'il ne constitue qu'une attraction parmi d'autres, peu mise en avant par le forain:

Théâtre Vernassier
Malgré la pluie le public était très nombreux hier soir aux débuts du Théâtre Vernassier. Ce vaste établissement, gente music hall, est élégamment installé et brillamment éclairé à la lumière électrique.
Son programme est composé de numéros tous intéressants. Miss Isoline, la voyante des Folies Bergère, est tout simplement stupéfiante dans ses expériences de transmission de la pensée. M. Addo est un adroit illusionniste. M. Ghiroli est un habile jongleur et un hardi équilibriste. Le Chinois Liou est un original sauteur.
Mme Vernassier présente une série de danses lumineuses, très variées de couleurs. Enfin l'excentricité musicale des Vernabène où le directeur M. Vernassier joue un rôle de dame est très amusante.
En un mot ce théâtre offre un spectacle très curieux et qui va certainement être la grande attraction de la foire de septembre. Le succès a été complet hier soir.
On nous prie d'annoncer que le rideau lève toujours à heure fixe: 9 heures très précises.


La Dépêche d'Eure-et-Loir, Chartres, mardi 12 septembre 1905, p. 3.

Dans cet article, il est question de Mme Vernassier, mais nous ignorons l'identité de cette personne, d'autant plus que Louis Vernassier semble avoir été célibataire comme cela figure sur son acte de décès. Le théâtre Vernassier continue par ailleurs de présenter un cinématographe qui ne constitue pas pour autant l'attraction principal de la loge foraine. Vers la fin de l'année 1907, pour des raisons inconnues, Louis Vernassier cesse d'exploiter son "Théâtre Vernassier", qui dispose toujours d'un Royal Bioscop.

Dans les mois qui suivent, on le retrouve au Cirque Bureau où il reprend son numéro de travestisme "L'homme-protée" qui rencontre un grand succès comme à Nantes en septembre 1908 où Louis Vernassier travaille pour le cirque Gallici-Rancy.

Les amuseurs automatiques (1908-1910)

C'est vers le milieu de l'annnée 1908 que Louis Vernassier dispose d'une nouvelle baraque foraine dont on retrouve la trace,  à la foire de juillet de La Rochelle et celle d'Angers:

Sur les Angevines.-A côté du cinématographe Ketorza dont nous parlons d'autre part, il convient de citer encore parmi les attractions de notre foir, le cirque Lamy, dont le programme varié est fort intéressant; les amuseurs automatiques de Vernassier, les Vagues de l'Océan, le Cinéma Guili Glasner, la Ménagerie Bonnefous, etc., etc.
Dimanche dernier, les recettes ont été bonnes. Sans aucun doute celles de jeudi ont dû être de beaucoup supérieures.


L'Avenir de la Mayenne, Angers, 12 septembre 1909, p. 2.

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Ph. Gondry, Les Amuseurs automatiques, (c. 1909)
© Musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée.

Son spectacle est présenté dans de nombreuses villes et, parmi d'autres, lors de la célèbre fête de Neuilly-sur-Seine.

vernassier louis amuseurs automatiques
Louis Vernassier, Les amuseurs automatiques, Monsieur Radnel, architecte, Paris, 28 février 1910.
Source: Archives Municipales de Neuilly-sur-Seine. Reproduit dans Christiane Py et Cécile Ferenczi, La Fête foraine d'autrefois, Paris, La Manufacture, 1987, p. 265.

La direction de cet établissement ne l'empêche pas pour autant de se donner en spectacle au Cirque Piège (1909). Toutefois, dès 1911, son nom disparaît de la presse, sans doute est-il déjà malade, victime des rayons X dont il a fait pendant quelques années une promotion artistique: 

NÉCROLOGIE
À notre arrivée à la fête de l'avenue Daumesnil une pénible nouvelle nous attendait, celle de la disparition d'une intéressante et sympathique figure foraine, M. L. Vernassier, décédé vendredi dernier 31 janvier.
M. Vernassier, homme actif et intelligent circulait depuis plusieurs années sur les fêtes de la capitale et des environs, avec ses Amuseurs Automatiques, joli petit métier uniquement composé d'une caravane agencée d'une façon tout à fait ingénieuse et mis en valuer par un bel éclairage électrique.
Nous avons du reste eu l'occasion ici même de faire l'éloge de M. Vernassier et de son établissement. (Comète Belge nº159, 1er février 1912, Fête de la Porte d'Italie.)
Il y a quelques années, M. Vernassier ayant voulu faire en fête foraine des démonstrations sur la radiographie, fut atteint, comme, hélas ! beaucoup d'opérateurs, par le terrible cancer dû à la manipulation des Rayons X et il dut subir l'amputation de plusieurs doigts. Les ravages du mal mystérieux sont certainement redevables pour une large part de sa fin prématurée.
Paris, 2 Février. G. SOURY.


La Comète foraine. Neuvième année, n° 184 du 15 février 1913.

Dans un autre journal, on développe davantage la nécrologie:

Une nouvelle victime des rayons X
M. LOUIS VERNASSIER, DE BEAUMONT
Le 1er février ont eu lieu à Beaumont les obsèques d'un de nos compatriotes de Beaumont, M. Louis Vernassier, décédé à l'âge de 47 ans. Électricien, ancien contre-maître d'ateliers de Paris, M. Vernassier a succombé -comme tout récemment, M. le docteur Paulin Méry - à des brûlues internes produites par les rayons X. Un  journal parisien consacre à la mémoire du défunt l'éloge suivante:
Un traitement à l'hôpital Dubois, à Paris, avait occasionné un mieux sensible et son départ dans sa famille fut décidé, tout faisait présager son retour à la santé, quand l'irréparable s'accomplit. M. Vernassier est décédé à Auxerre et l'inhumation a eu lieu le samedi 1er février.
C'est une figure sympathique qui disparaît et, sans flatteries, nous pouvons dire, une intelligence hors ligne. Rien de lui était étranger, son esprit lui permettait de s'identifier à tout. Qui ne se rappelle Vernassier protée musical, ses innovations en création d'instruments de musique, ses automatiques, ses moteurs et les rayons X qui ont contribué à avancer le terme fatal, car les brûlures internes produites par l'ampoule ne pardonnent pas.
Nous saluons, en ces quelques lignes, notre collègue disparu et gardons le souvenir de ce bon camarade au coeur excellent qui ne pouvait voir souffrir un des nôtres sans êtere instinctivement attiré vers lui pour l'aider de toutes les façons, mettant ses connaissances techniques au service de tous.
C'est donc au nom de tous ceux qui l'ont connu que nous lui adressons ce dernier adieu.


Le Bourguignon, Auxerre, samedi 8 février 1913, p. 2.

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08/1894 France Brest   vélocipèdes
08/1894 France Morlaix   vélocipèdes
08/1895 France Flers   vélocipèdes
<17>/06/1896 France Fougères   vélocipèdes
07/1896 France Morlaix   vélocipèdes
[27]/09/1896-18/10/1896 France Cherbourg Théâtre salon des sciences cinéphotographe
30/10/1896-[18]/11/1896 France Le Mans Théâtre salon des sciences cinéphotographe
28/11/1896-06/12/1896 France Saumur Théâtre salon des sciences cinéphotographe
15/12/1896-15/02/1897 France Nantes Théâtre salon des sciences cinéphotographe
17/02/1897 France Nantes Société Le Clou cinématographe 
11/03/1897-12/04/1897 France Dinan Théâtre des Merveilles cinématographe
[18/04/1897]-03/05/1897 France Lorient Théâtre des Merveilles  cinématographe 
05/1897 France Saint-Servan Théâtre des Merveilles  
06/1897 France Fougères Théâtre des Merveilles cinématographe
03/07/1897-[10]/07/1897 France Guingamp Théâtre des Merveilles cinématographe
11/07/1897 France Brest Théâtre des Merveilles  cinématographe 
08/1897 France Quimper Théâtre des Merveilles  cinématographe  
29/09/1897-[18/10/1897] France Douarnenez Théâtre des Merveilles  
15/10/1897-[22/10/1897] France Morlaix Théâtre des Merveilles cinématographe 
[12]/11/1897-[27]/11/1897 France Angers Théâtre des Merveilles cinématographe 
<28>/12/1897 France Bourges Théâtre des Merveilles  
01/1898 France Nantes Théâtre des Merveilles rayons X 
03/1898 France Dinan Théâtre des Merveilles cinématographe 
01->17/09/1898 France Saint-Nazaire Théâtre des Merveilles  
04/1899 Belgique Courtrai Théâtre des Merveilles  Kinétographe Robert-Houdin
<13->24/09/1899 France Nantes Théâtre des Merveilles cinématographe
>7->26/11/1899 France Angers Théâtre des Merveilles  
>15/12/1899->03/01/1900 France Nantes Théâtre des Merveilles cinématographe
<25>/03/1900 France Poitiers Théâtre des Merveilles  
<28>/06/1900 France Rennes Théâtre des Merveilles  
>22/07->23/09/1900 France Laval Théâtre des Merveilles  
19->23/06/1901- France Saint-Jean-d'Angély   Théâtre des Merveilles/cinématographe
01/1902 France Argentan    
<27/02-23/03/1902 France Dinan Place Duguesclin Théâtre Vernassier
>23/03/1902 France Lorient    
01-03/06/1902 France Rennes   Théâtre Vernassier/American vitograph
>07/09/1902 France Laval   Théâtre Vernassier
[06]-[14]/06/1903 France Compiègne Avenue du Moulin Théâtre Vernassier
06/1903 France Amiens   Théâtre Vernassier
23->23/01/1904 France Argentan Plus de l'Hôtel-de-Ville Théâtre Vernassier
<11/09->04/10/1904 France Laval Place de la Mairie  
>04/10/1904 France Nogent-le-Rotrou    
<12-20/11/1904 France Le Mans   Théâtre Vernassier
>20/11/1904 France Saint-Calais   Théâtre Vernassier
22/01/1905-[29/01/1905] France La Roche-sur-Yon Place d'Armes Théâtre Vernassier
<12/02/1905> France Fontenay-le-Comte   Théâtre Vernassier
<23/04/1905 France Poitiers    
23/04->02/05/1905 France Saintes Place Blair Théâtre Vernassier
15->25/06/1905 France Saint-Jean-d'Angély    Grand Music-Hall Vernassier
01->06/07/1905 France La Rochelle   Music-Hall Vernassier 
<10/09/1905 France Royan    
10->27/09/1905 France Chartres    
[1906] France Angers   Théâtre Music Hall Vernassier 
21-<28/01/1906 France Argentan   Théâtre 
[27]/01-[18]/02/1906 France Alençon Champ de Foire Théâtre Vernassier
<04>/08/1906 France Granville   Théâtre
[29]/11/1906-[13]/12/1906 France Saumur   Théâtre Music Hall Vernassier 
[10]/09-01/10/1906 France Laval   Théâtre Vernassier
11/11-02/12/1906 France Angers Place Théâtre Vernassier
09->13/12/1906 France Saumur Quai de Limoges Théâtre Vernassier

Bilbiographie

CONVENTS Guido, Van kinetoscoop tot café-ciné, Louvain, Universitaire Pers Leuven, 2000, 484 p.

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