TARBES

Tarbes, chef-lieu du département des Hautes-Pyrénées, compte 26 000 habitants (1894).

Cinématographe (août 1896)

Jean-Claude SEGUIN

Tarbes constitue un cas particulier. Non pas parce que le cinématographe arrive relativement tôt pour une ville de cette dimension, mais à cause de la technique commerciale douteuse du tourneur. Ce dernier est très probablement M. Leclerc qui a présenté un programme cinématographique, en particulier, à Nîmes et à Béziers. À Tarbes, les séances sont annoncées dans les premiers jours du mois d'août :

Attractions.- On ne se prive de rien à Tarbes. Voici en effet qu'on nous annonce des séances de cinématographe. On sait combien cette curiosité optique, suggestive application de princes scientifiques résumés en un appareil auquel M. Lumière, de Lyon, a donné son plus grand perfectionnement, a fait courir pendant des mois et des mois tout Paris, au boulevard des Capucines. Aujourd'hui, tout le monde veut avoir son cinématographe., Le Louvre, les magasins Dufayel, Lyon, le Palais de Cristal à Marseille, Bordeaux ; Tarbes ne pouvait rester en arrière. On verra donc moyennant 1 f. d'entrée, en pleine animation, avec l'illusion de la vie réelle, les aspects des Principaux quartiers de Paris, des Scènes d'intérieur, l'" Arrivée d'un train en gare ", des Scènes du Régiment et de Madame Sans-Gêne ", ces 2 pièces centenaires, le Couronnement du tsar ", etc., etc. L'installation du cinématographe est établie, 4, Cours Gambetta, - mais pour quelques jours seulement ! "


La Liberté des Hautes-Pyrénées, 10-11 août 1896.

Si nous n'y prenons garde, on pourrait penser que l'appareil utilisé est un cinématographe Lumière, mais le répertoire des vues animées exclut cette possibilité. Certains films - dont les scènes du Régiment et de Madame Sans-Gêne - n'appartiennent pas au catalogue Lumière... or les appareils de la maison de Monplaisir ne sont pas en vente et le système des concessions implique que les vues présentées soient nécessairement des films Lumière. Autant dire que le tourneur abuse de la confiance des spectateurs en se prévalant du nom " Lumière " pour attirer le public. Un procédé qui n'est pas unique en ces premiers temps de la projection animée. Même s'il reste délicat de connaître l'origine de ces vues, la présence d'une vue sur le couronnement du tsar laisse penser qu'il peut s'agir de films de Bedts. La presse annonce que " les premières séances auront lieu jeudi 13 août à 4 h de l'après-midi (Les Pyrénées, Tarbes, 12 août 1896). Les informations publiées ultérieurement ne sont que très limitées jusqu'à la dernière séance, probablement, le 23 août 1896. Quant à M. Leclerc, il semble se retrouver à Auch quelques jours plus tard.

Bibliographie

Rittaud-Hutinet Jacques et Chantal, Dictionnaire des cinématographes en France (1896-1897), Paris, Honoré Champion, 1999, p. 446.

à suivre...

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