VERSAILLES

Jean-Claude SEGUIN

Versailles, chef-lieu de l'ancien département de Seine-et-Oise, compte 53 984 habitants (1894)

1896

Le Théâtrographe (Foire, [1er]-[8] mai 1896)

Le cinématographe arrive à Versailles dans le cadre de la fête du 1er mai qui dure sept jours. La presse versaillaise rappelle l'origine des images animées. Si l'on en croit le Courrrier de Versailles et de Seine-et-Oise, le théâtrographe fait une halte dans une tournée qui le conduit sans doute à parcourir une partie du bassin parisien :

La photographie animée à Versailles
Grâce à la découverte de M. Marrey [sic], de l'Institut, qui est arrivé à tirer quinze et vingt clichés à la seconde, la photographie animée et projetée de grandeur naturelle sur la toile a fait son apparition à Paris, où le public se porte en foule dans les divers locaux où sont installés des appareils. Du reste jamais succès n'a été plus justifié, car ces expériences sont positivement stupéfiantes et laissent le spectateur confondu.
C'est la vie, le mouvement obtenus avec une fidélité extraordinaire. Or, nous pensons être agréable à nos lecteurs en les informant que la tournée du Théâtrographe s'arrêtera à Versailles, et donnera prochainement une représentation qui sera variée par les intermèdes d'artistes hors de pair. A bientôt des détails.
Nous allons pouvoir assister, à la fête de mai, aux expériences de Photographie animée qui passionne positivement Paris, où divers appareils sont installés. Rien n'est plus merveilleux, plus stupéfiant, et constitue le dernier mot de la photographie. En dehors de ces projections, il y aura le soir un programme et des artistes de valeur. Tous les jours, de deux à sept heures eL toutes les demi-heures, séances du Théâtrographe.


Courrier de Versailles et de Seine-et-Oise, Versailles, 30 avril 1896, p. 2.

Le Petit Versaillais, dans son édition du 1er mai 1896 (p. 1-2) reprend presque à l'identique les informations, mais le Journal de Versailles et de Seine-et-Oise du 3 mai précise que " les séances du théâtrographe auront lieu dans l'ancien théâtre Inaudi. " L'appareil dont il est ici question est très probablement le cinématographe construit par le Britannique Robert W. Paul, que l'on connaît également sous le nom d'animatographe. L'inventeur anglais parvient à diffuser très rapidement ses appareils en Europe.

Le Cinétographe d'Adrien Delille (Foire, 2-[8] mai 1896)

Mais, à Versailles, parmi les nombreuses attractions comme le cirque Diter ou la ménagerie Roussel, un deuxième appareil fait son apparition. Contrairement au précédent, il s'agit d'un Cinétographe, probablement l'appareil construit et commercialisé par les frères Werner :

La Foire de Mai
[…]
Le succès immense et sans précédent des expériences de photographie animée faites à Paris, est connu de nos lecteurs et ils seront heureux d'apprendre que des séances de ce genre auront lieu ici au moyen de l'appareil américain le plus parfait qui existe et où il ne se produit aucune trépidation, ce sera le « clou» de la fête de mai et cela d'autant mieux que pour les représentations du soir, il y a un programme attractif et une troupe de premier ordre. Tous les jours de 2 heures à 7 heures, séances du Théâtrographe.
***
D'autre part, nous apprenons que le célèbre physicien Adrien Delille présentera à la population versaillaise, à partir du samedi 2 mai prochain, la grande attraction du jour, son Cinétographe. Le Cinétographe est le dernier perfectionnement des appareils de ce genre, sans trépidations. La photographie vivvante en grandeur naturelle. Nous ne doutons pas un seul instant du grand succès que le public fera à l'attraction du professeur Delille, qui nous présente une nouvelle merveille chaque fois qu'il vient parmi nous. L'établissement confortable d'Adrien Delille est situé en face les magasins Dufayel. Les séances auront lieu tous les jours, de 2 h. à 6 h. et de 8 h. à 11 h., et se renouvelleront toutes les 30 minutes. (10 sujets à chaque séance.)


Echo de Versailles et de Seine-et-Oise, Versailles, 3 mai 1896, p. 1.

Ne nous y trompons pas. " Physicien " désigne alors un simple prestidigitateur, et il se trouve qu' " Adrien Delille " est le nom de scène porté par un célèbre magicien, Adrien Goujon (1899-Paris, 1877). Le nom est repris, et le théâtre Adrien Delille fait les beaux jours de la foire du Trône à Paris. On imagine que d'autres ont pu utiliser ce nom prestigieux pour continuer à excercer la magie. Nous ne savons rien du répertoire proposé aux spectateurs versaillais, mais au moins a-t-on quelques informations sur l'organisation des séances. La baraque était située à côté du marché aux fleurs, en face des Magasins Dufayel.

versailles av saint-cloud

Versailles-Avenue de Saint-Cloud-Le Marché aux Fleurs

Avec la fin de la fête du 1er mai, les deux appareils disparaissent de Versailles.

La revue Versailles sur scène (novembre 1896)

Le théâtre, qui vient de proposer le succès Les Deux Gosses, annonce pour le samedi 24 novembre 1896, une revue à caractère local, Versailles  sur Scène, en 3 actes et 6 tableaux, de Louis Le Bel et Pierre Danjou. On annonce même l'intervention, pendant les entractes, d'un cinématographe :

[...] Enfin il y aura même un spectacle d'entr'acte avec le cinématographe établi dans le grand foyer du public.
C'est le dernier perfectionnement de la photographie vivante, de l'illusion complète du mouvement. Espérons que le public versaillais qui n'aura jamais eu semblable spectacle, sera attiré au théâtre par la nouveauté de cette revue qui compte tenir longtemps l'affiche.
Ajoutons qu'indépendamment des représentations du soir, ces séances de cinématographe auront lieu en matinée, tous les jours, de 2 à 6 heures.


Journal de Versailles et de Seine-et-Oise, Versailles, 20 novembre 1896, p. 3.

Pourtant, aucun des comptes rendus du spectacle - et certains sont très longs, comme celui du 29 novembre de L'Écho de Versailles et de Seine-et-Oise (p. 1-2), sur trois colonnes - n'évoque la présence du cinématographe... Peut-être, les organisateurs y ont-ils simplement renoncé.

1897

Le Cinématographe populaire (Théâtre, 30-31 janvier 1897)

On ne sait pas grand-chose de l'appareil qui est présenté à la fin du mois de janvier, au grand Théâtre de Versailles. On le dit " populaire " et il serait la propriété d'une mystérieuse société - ce ne serait pas la première fois que les commentateurs ou les opérateurs s'inventent des sociétés imaginaires :

La société parisienne du « Cinématographe » populaire donnera samedi et dimanche 30 et 31 janvier, des séances de « Cinématographe » au grand Théâtre de Versailles, pendant les entr'actes de la représentation de la soirée, dans la salle du foyer des premières, qui sera accessible à toutes les places.
Six vues par entr’actes.
Prix d'entrée : 50 centimes.
Dimanche après-midi, de2 heures à 6 heures, matinée spécialement réservée aux familles dans la même salle du foyer du grand Théâtre.
Huit vues par séances.
Prix d'entrée : 50 centimes.
Les enfants et militaires payeront moitié prix.


Journal de Versailles et de Seine-et-Oise, Versailles, 29 janvier 1897, p. 4.

L'article publié dans l'Écho de Versailles et de Seine-et-Oise du 31 janvier 1897 (p. 1) reproduit presque à l'identique l'information des jours précédents. Nous n'en saurons pas plus.

Le Cinématographe (Foire, [1er]-[8] mai 1897)

Un an déjà que les Versaillais ont pu découvrir le cinématographe et, naturellement, à l'occasion de la nouvelle Foire de mai, on annonce à nouveau la Photographie animée : 

La Foire de Mai
[...]
Notons encore, comme l'un des clous de l'Exposition artistique, historique, etc. : " la Photographie animée ou le Cinématographe " et le " Phonographe haut-parleur ".


Journal de Versailles et de Seine-et-Oise, Versailles, 1er mai 1897, p. 1. 

Mais l'ouverture de la foire précède de peu la catastrophe du Bazar de Charité... On ignore si les vues animées sont présentées jusqu'à la fin de la fête...

1898

Le Cinématographe de Louis Jokin (Foire, [1er]-[8] mai 1898)

C'est à nouveau à l'occasion de la foire de mai que les Versaillais vont retrouver des images animées. Le forain s'appelle Louis Jokin et il parcourt la région depuis 1897.

Signalons le théatre du Cinématographe Lumière présenté par M. Jokin. 12 magnifiques tableaux sont présentés à chaque séance. Pour terminer La Danse du feu, exécutée par une charmante danseuse.


L'Écho de Versailles et de la Seine-et-Oise, Versailles, 8 mai 1898, p. 2.

Brève information comme cela est souvent le cas pour les cinématographes forains.

1899

1900

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