PONTOISE

Jean-Claude SEGUIN

Pontoise, sous-préfecture de l'ancien département de la Seine-et-Oise (auj. Val d'Oise), a une population de 7 500 habitants (1894).

1896

1897

Le Cinématographe (Théâtre, janvier 1897)

Pontoise découvre le cinématographe au début de l'année 1897. Pour une commune qui a une population relativement modeste, cette arrivée peut être considérée comme assez précoce, compte tenu, en outre, de la proximité de Paris. Le propriétaire de l'appareil pourrait être l'un des tourneurs qui parcourent le Bassin parisien ou la Champagne, comme M. Armand ou Monsieur Delaune. L'appareil présenté aux Pontoisiens est simplement désigné comme " cinématographe " ce qui interdit la moindre identification. L'article publié par Le Progrès de Seine-et-Oise indique en tout état de cause que le tourneur est déjà passé à Senlis, Meaux, Crépy-en-Valois et Épernay :

Le Cinématographe à Pontoise
Le cinématographe, ou photographie animée, merveilleuse découverte d’Edison, — vient d’arriver à Pontoise où il est installé salle du théâtre.
Une séance doit être donnée ce soir samedi, à 8 heures ½ et deux autres demain dimanche, à 4 heures et à 8 heures et demie.
Nous ne saurions trop engager nos lecteurs à aller voir cette étonnante invention qu’est le cinématographe, et les fervents du progrès et du merveilleux ne manqueront pas d’aller admirer, parmi plusieurs autres tableaux :
La Loïe Fuller, dans sa danse captivante et si suggestive dans ses changements de couleur ; les lutteurs ; le défilé d’artillerie ; l’Arrivée du tzar à Paris ; la partie de cartes, etc., etc., la séance étant composée de 12 tableaux animés.
L’appareil arrive d’ailleurs à Pontoise pour la première fois et est précédé d’une excellente réputation dont la presse de Senlis, Meaux, Crépy, Epernay, etc., où il a fonctionné, a publié les mérites.
Le prix des places : 50 c. les secondes, 1 fr. les premières, est d’ailleurs à portée de toutes les bourses et nul doute que la salle du théâtre sera trop petite samedi et dimanche pour contenir les spectateurs qui voudront connaître la plus merveilleuse et la plus étonnante invention de notre époque.


Le Progrès de Seine-et-Oise, Pontoise, 30 janvier 1897, p. 2.

Le dispositif des séances est assez conventionnel tout comme le nombre de vues proposées. Le répertoire, dont on connaît quelques titres, ne permet pourtant pas d'intenfier l'éditeur (producteur). Aucun autre article ne permet de compléter l'information de l'entrefilet du 30 janvier. Il semble que Pontoise constitue d'ailleurs la fin de la tournée de l'opérateur.

1898

Le Cinématographe de la foire de S'tembre (septembre 1898)

La foire dite du 8 septembre dure trois semaines et réunit à Pontoise bon nombre de forains, dont certains reviennent chaque année. Pour la fête de 1898, le cinématographe - qui semble avoir déserté celle de l'année antérieure, peut-être à cause de la catastrophe du Bazar de la Charité - est bien présent :

Fête de Septembre.-La journée de dimanche a été superbe d'entrain, grâce au beau temps.
Les promeneurs sont arrivés en ville dès le matin.
A deux heures, les rues et la fête étaient garnis de visiteurs qui paraissaient s'intéresser aux distractions-toujours les mêmes cependant-de notre S'tembre.
Sur la fête, les baraques ont été très visitées.
Les nouveautés à l'ordre du jour étaient le cinématographe, qui a un grand succès ; le théâtre des Mystères (brrr !) ; les dioramas où l'on peut voir quelques scènes d'actualité ; le kinétoscope, l'homme poisson, la femme à trois jambes.
Puis comme vieilles connaissances, le théâtre Lamberty, qui attire tous les soirs pas mal de monde par la variété de ses programmes ; le marchand de gaufres qui, je vous assure a dû faire bonne recette, etc., etc., et peut-être d'autres encore que nous ménage la journée de dimanche.


L'Écho Pontoisien, Pontoise, 15 septembre 1898, p. 1.

Si la foire réunit des spectacles de mystère, de magie et présente ce que l'on appelle alors des " monstres", mais plus curieux, on y trouve également un kinétoscope dont la vogue est passée depuis 1895, mais que les forains continuent à exploiter. Quant au cinématographe, aucune information supplémentaire ne nous permet d'en savoir davantage. C'est vers la fin du mois que la foire s'achève. 

Le Cinématographe et le graphophone (novembre 1898)

Dans les premiers jours de novembre 1898, nous assistons au retour du tourneur qui, en janvier 1897, a déjà offert les premières séances de cinématographe aux Pointoisiens. Cette fois-ci, il présente également un graphophone :

Cinématographe
Et Graphophone haut parleur
Samedi 5 et dimanche 6 novembre, à 8 heures du soir, dans la salle de M. Chapuis, sera donnée une grande séance de cinématographe et de graphophone haut parleur. Le directeur qui, le premier, il y a deux ans, a présenté le cinématographe au théâtre de Pontoise, où il a obtenu un succès mérité, revient dans la région avec un programme entièrement nouveau ; c’est un des meilleurs appareils qu’il nous ait été permis de voir jusqu’alors et nul doute qu’il n’obtienne le même succès qu’à son premier passage.
Les séances seront agrémentées du nouveau graphophone, doué d’une très grande puissance ; en plus des auditions seront faites des expériences d’enregistrement de la parole par les spectateurs. Le prix des places est ainsi fixé : premières, 1 fr. secondes, 0 fr. 50 cent. ; demi-place pour les enfants.


Le Progrès de Seine-et-Oise, Pontoise, 5 novembre 1898, p. 2.

La séance offre quelques nouveautés, la plus significative est sans aucun doute l'enregistrement de la voix des spectateurs auquel compte procéder le propriétaire du graphophone, une façon commerciale d'attirer le public. On suppose que le tourneur poursuit sa route après cette brève halte pontoisienne.

1899

Le Cinématographe de Louis Jokin (Foire, 11-13 novembre 1899)

C'est presque un an plus tard que, à l'occasion de la seconde fête de Pontoise, la foire du 11 novembre, dite de Saint-Martin, qui ne dure que trois jours, que Louis Jokin présente un appareil de projections :

La Foire de Saint-Martin
Nous allons revoir encore une fois le tableau si pittoresque qu’offre aux visiteurs et aux observateurs la belle foire de Saint-Martin, qui dure trois jours et se tient depuis un temps reculé dans la plaine de ce nom. Ce tableau a été décrit bien des fois. Il n’a cessé d’être intéressant à cause de ses variantes.
L’heure et le jour auxquels ce journal est mis en vente ne nous permettent pas de donner un compte rendu. Nous dédommagerons nos lecteurs en leur faisant connaître les attractions qui les attendent pendant les journées des 11, 12 et 13 novembre. Les principales sont les montagnes russes circulaires à vapeur Baudry ; la ménagerie Roussel frères ; le cirque Lambert ; les perroquets savants Derich ; le musée Gresley ; le panorama Minel ; les chiens savants Laspalle ; le théâtre Gamors ; " La lutte " par Baruet le Déménageur ; la cage mystérieuse (Breslet) ; Rita la Belle ! — Le théâtre américain Grenot ; les chevaux de bois Métayeur ; le théâtre Indien (Leoloud) ; la ménagerie Darius, de Paris ; les rayons X (Corsellés); le cinématographe Jockin. Etc., etc., etc. !!!


Le Progrès de Seine-et-Oise, Pontoise, 11 novembre 1899, p. 2.

C'est au milieu de très nombreuses attractions, des théâtres, le musée Gresley, etc., que Louis Jokin - dont on sait qu'il parcourt le Bassin parisien depuis 1896 (Beauvais, Conflans...) - présente son cinématographe, mais nous ne savons rien de plus, ce qui est souvent le cas avec les appareils présentés dans les foires ou les fêtes où l'information est souvent très limitée.

1900

Le Cinématographe Lumière de M. Giel (janvier 1900)

C'est en janvier 1900 que pour la première à Pontoise on entend parler d'un cinématographe Lumière. L'appareil des frères Lumière est en vente depuis 1897 et n'importe quel opérateur peut dès lors utiliser ce projecteur, mais la formule offerte aux Pontoisiens est pour le moins complexe :

Au Théâtre
Ce soir, 6 janvier, au théâtre de Pontoise, sous la direction de M. Giel, de Paris, aura lieu une grande séance de CINÉMATOGRAPHE de la maison Lumière, de Lyon.
En outre des 23 scènes des plus nouvelles et des plus attrayantes dont se compose le spectacle, la direction présentera au public les RAYONS X, avec projection fixe de 25 photographies d’objets radiographiés. — Les Chromatropes.
Comme intermède de chants et de musique, on entendra la Fauvette, fort phonographe dont la puissance des sons est le dernier perfectionnement apporté à cet instrument merveilleux.
Malgré l’importance du programme, le prix des places est fixé à 1 fr. et 50 cent.
NOTA. — La direction ayant un grand nombre d’engagements ne donnera qu’une seule représentation, samedi soir, 6 janvier, à 8 heures 1/2.


Le Progrès de Seine-et-Oise, Pontoise, 6 janvier 1900, p. 2

Le nombre élevé de vues semble indiquer que leur métrage est réduit. Par ailleurs, les projections fixes présentent des photographies - radiographies dirait-on aujourd'hui - réalisées sous rayons X. Enfin, il s'agit d'une séance unique. M. Giel, le grand organisateur de cette séance, parcourt le secteur et on le retrouvre plus tard dans l'année à Neuilly-PlaisanceSaint-Ouen-L'Aumône...

1901

1902

Le Cinéma-salon de M. Ragualy  (janvier 1902)

Curieusement, aucun cinématographe ne fait partie des attractions des foires de septembre et de novembre de l'année 1901, ou alors la presse le passe sous silence. Cela est d'autant plus surprenant que  M. Giel parcourt la région en offrant de nombreuses séances alentour. Il faut attendre une occurrence très brève et tout à fait locale pour voir de nouvelles vues animées à Pontoise. C'est à l'occasion de la Saint-Charlemagne, le 30 janvier, qu'à lieu la fête du Collège dans les salons de l'Hôtel de Bordeaux. Se retrouvent là les élèves, les professeurs, les parents et les anciens élèves. La soirée voit défiler la société symphonique, les acteurs Mlle Bernier et M. Chambéry, le chanteur M. Finaton, une fantaisie de M. Bouillette... et le cinématographe de M. Ragualy :

Le cinématographe de M. Ragualy a eu le plus grand succès auprès de nos petits collégiens, grâce à ses vues intéressantes, un peu réduites mais d'autant plus nettes et distinctes. M. Ragualy nous a produit, tout en ayant l'air de n'y pas toucher, des tours de prestidigitation déconcertants et variés.


L'Écho Pontoisien, Pontoise, 6 février 1902, p. 2.

L'appareil utilisé est probablement un cinématographe pour amateur si l'on en croit d'une part la description de la séance et le fait que dans Le Progrès de Seine-et-Oise il soit question d'un " cinéma-salon " (Le Progrès de Seine-et-Oise, Pontoise, 1er février 1902, p. 3). Cet appareil est en vente, en 1901, 10, rue Jacquemont, à Paris et la petite annonce précise : " Revenus augmentés srisque, si on a salon et relations, av. nouv. art. intér. pr messieurs ou dame. " (Le Figaro, Paris, 25 avril 1901, p. 6). Aucune information sur le format, les films... Et il y a fort à parier que M. Ragualy n'est pas vraiment un opérateur professionnel.

Le Royal-Vitographe de la foire de S'tembre  (septembre 1902)

C'est finalement à l'occasion de la Foire de septembre que les Pontoisiens vont pouvoir contempler à nouveau des vues animées. Cette fois-ci, il s'agit d'un " Royal Vitograph " à l'origine incertaine et dont on ignore le nom du propriétaire : 

La Foire de Septembre
Officiellement, la foire de Septembre ouvre lundi prochain. Virtuellement, elle le sera dimanche, peut-être même samedi. Dans tous les cas, les forains se hâtent de monter leurs établissements, dans le but de faire recette le plus tôt possible. Ils ont bien raison.
Indépendamment des nombreuses baraques déjà montées ou eu voie de l’être, il est arrivé en gare de Pontoise, dans la seule journée de jeudi, quatorze wagons chargés de matériel forain.
Si nous jugeons bien, la foire sera, cette année, abondamment pourvue d’attractions en tous genres.
 Au nombre de ces établissements, nous nous permettons d’en signaler un entre autres à l’attention du public. Pendant la foire de Septembre, en effet, nous allons avoir un spectacle qui, en ce moment, détient le record des attractions foraines. Nous voulons parler du « ROYAL VITOGRAPHE », cinématographe perfectionné.
Les photographies animées les plus amusantes y sont représentées sur écran de douze mètres de superficie. Là, le public pontoisien, qui aime la variété des spectacles, sera assuré de passer de bons moments de rire inexprimable dans cette loge qu’il ne faut pas confondre avec les mutoscopes et kinétoscopes.
Le « Royal vitoscope » est un véritable spectacle qui sera couru.
Ce soir, samedi, à 8 heures 1/2, aura lieu la première représentation.
Dimanches et jeudis, séances en matinées, à partir de 3 heures.


Le Progrès de Seine-et-Oise, Pontoise, 6 septembe 1902, p. 2.

Peu d'informations, même si l'on est surpris de lire que l'appareil ne doit pas être confondu avec le mutoscope ou le kinetoscope. Curieuse remarque, en 1902, alors que la confusion n'est guère possible. On remarquera en outre que le nom fluctue puisque l'article se termine sur un "Royal Vitoscope"...  Quelques jours plus tard, un nouvel article évoque à nouveau l'appareil, mais sans apporter beaucoup plus de renseignement : 

Le Royal-Vitographe, cinématographe perfectionné
Parmi les curiosités de la S’tembre, notre collaborateur n’a pas manqué de citer le Royal-Vitographe, cinématographe perfectionné, qui constitue la plus intéressante nouveauté du jour.
Si le succès du Royal-Vitographe est sans cesse grandissant, c’est que les scènes qu’il représente sont extrêmement variées. Féeries, drames, scènes militaires, scènes comiques, transformations et changements à vue, tout cela défile avec l’illusion la plus parfaite devant le spectateur qui, une fois sorti du coquet établissement, se promet bien d’y retourner tant le spectacle l’a égayé.
Tous les soirs, le nouveau cinématographe donne une grande séance à 8 h. ½, ainsi qu’une matinée les jeudis et dimanches. Souhaitons au Royal-Vitographe, pendant son passage dans notre ville, tout le succès qu’ii mérite.


Le Progrès de Seine et Oise, Pontoise, 12 septembre 1902, p. 2.

On imagine que les vues présentées proviennent pour une part importante des maisons qui alors proposent des féeries, des drames comme Méliès ou Pathé. L'appareil disparaît avec la fin de la fête, mais il va revenir l'année suivante.

1903

Le Royal-Vitographe de la foire de S'tembre (septembre 1903)

La foire de S'tembre offre, en 1903, des attractions déjà connues des Pontoisiens : Lamberty et son théâtre, les manèges, les chevaux de bois et, comme l'année précédente, le Royal Vitographe qui apporte ses images animées aux Pontoisiens : 

Le Royal-Vitographe, cinématographe perfectionné
Parmi les curiosités de la S’tembre, notre collaborateur n’a pas manqué de citer le Royal-Vitographe, cinématographe perfectionné, qui constitue la plus intéressante nouveauté du jour.
Si le succès du Royal-Vitographe est sans cesse grandissant, c’est que les scènes qu’il représente sont extrêmement variées. Féeries, drames, scènes militaires, scènes comiques, transformations et changements à vue, tout cela défile avec l’illusion, la plus parfaite devant le spectateur qui, une fois sorti du coquet établissement, se promet bien d’y retourner tant le spectacle l’a égayé.
Tous les soirs, le nouveau cinématographe donne une grande séance à 8 h. 1/2, ainsi qu’une matinée les jeudis et dimanches.
Souhaitons au Royal-Vitographe, pendant son passage dans notre ville, tout le succès qu’ii mérité.


Le Progrès de Seine-et-Oise, Pontoise, 12 septembre 1903, p. 2.

Une variété de films qui fait la joie des spectateurs qui assurent le succès du Royal Vitographe (Le Progrès de Seine-et-Oise, Pontoise, 19 septembre 1903 p. 2). Et à la fin de la foire, les images animées disparaissent et elles ne vont revenir qu'en 1905.

1904

Le cinématographe de la S'tembre (septembre 1904)

La présence du cinématographe est devenue une habitude de la fête de septembre, sur la place du Parc-aux-Charrettes, et les informations que l'on peut glaner sont infimes. On y trouve cette année-là, le fidèle théâtre Just-Lamberty, les montagnes russes, l'exhibition d'une personnes de 185 kilos et " un cinématographe donnant des instantanées des bagnes de la Nouvelle-Calédonie, etc. " (Le Régional de Seine-et-Oise, Pontoise, 15 septembre 1904, p. 1). Nous ignorons d'où peuvent provenir les vues présentées par cet appareil.

1905

Les vues cinématographiques de l'Union photographique (janvier-avril 1905)

 

L'Union photographique de Pontoise et du Vexin s'est constituée en 1904 et son but  "est de contribuer aux progrès scientifiques et artisitiques de la photographie et de ses applications " (L'Écho pontoisien, Pontoise, 18 août 1904, p. 2). Au cours de de l'année 1905, elle va multiplier les réunions, mais dès le 12 janvier, des projections cinématographiques sont organisées à l'issue de la réunion :

Union photographique de Pontoise et du Vexin.-Jeudi soir, 12 janvier, a eu lieu la première séance d'études, à laquelle assistaient de nombreux sociétaires. On a débuté par une présentation, fait au nom de la Société Bayer, de ses papiers au chloro-bromure se développant en pleine lumière. Les explications données par M. Loebel, chimiste distingué de l'école de Paris, ont été aussi documentées qu'intéressantes. Si nous n'en reproduisons pas les détails techniques, c'est qu'ils ne seraient pas ici à leur place. On en trouvera le résumé dans le premier numéro du bulletin, actuellement sous presse et dont l'envoi sera fait prochainement à tous les sociétaires.
La seconde partie de cette séance a été occupée par des projections lumineuses. Le très dévoué et infatigable secrétaire général, M. Vislouch, a fait défiler dans son merveilleux appareil un grand nombre de sujets variés fournis par des membres de l'U.P.P.V. Cette exhibition a été faite principalement dans le but d'inviter les amateurs à apporter leur concours aux séances ultérieures. Il leur sera fait à ce sujet une démonstration pratique dans la prochaine réunion, qui aura lieu le 2 février prochain.
Une série de vues cinématographiques a terminé cette soirée aussi agréable qu'instructive, et après les applaudissements unanimes de l'assistance on s'est séparé très satisfaits de cette première réunion.
Cette réunion avait lieu au local nouveau de l'Union, 6, place du Grand-Martroy, ancienne salle d'escrime. (L'entrée donne 14, rue Delacour).
Ce soir, à 8 heures 1/2, réunion du Conseil d'administration au siège de la Société.


L'Écho pontoisien, Pontoise, 19 janvier 1905,p. 2. 

Si l'on ne sait rien des films présentés, l'appareil est encore présent lors de nouvelles réunions, le 2 février (Le Progrès de Seine et Oise, Pontoise, 11 février 1905, p. 2.), le 2 mars (Le Progrès de Seine et Oise, Pontoise, 25 février 1905, p. 2) ou de conférences comme celle de M. Finaton suivie d'une séance de cinématographe, " manié avec habilité par M. Wislouch, le dévoué secrétaire de l'Union " (Le Progrès de Seine et Oise, Pontoise, 8 avril 1905, p. 2. Par la suite, le cinématographe ne semble plus être sollicité pour les autres réunions de 1905.

Le théâtre de Pierre Iunk (février 1905)

Après une année de vaches maigres, le cinématographe va revenir à plusieurs reprises au cours de l'année 1905. Cela marque une sorte de renaissance qui va se confirmer en 1906. C'est une des figures majeures qui se présente à Pontoise, Pierre Iunk, un membre de l'élite foraine. Il vient de présenter son théâtre à Beauvais, et s'installe sur le Parc-aux-Charrettes :

Le Théâtre Pierre Iunk
Le Parc-aux-Charrettes va donner, pour quelques jours seulement, l’hospitalité à un établissement dont on dit le plus grand bien : le théâtre Pierre IUNK.
L’aspect extérieur est monumental ; la façade, richement décorée dans la note modern’style, est engageante. Le programme comporte deux attractions intéressantes : Concert par les FANTOCHES PARISIENS, imitation parfaite des meilleurs artistes de Paris, dans un répertoire de choix ; le GRAND CINÉMATOGRAPHE appareil possédant les derniers perfectionnements et donnant avec netteté et sans fatigue pour les yeux, les vues les plus nouvelles, les plus variées. Pour les débuts, samedi soir, la Damnation de Faust, pièce dramatique, à grand spectacle, en 15 tableaux, entièrement en couleur. Le théâtre Pierre IUNK est entièrement, éclairé à la lumière électrique. La salle, couverte d’une bâche imperméable qui permet de jouer par tous les temps, est confortablement aménagée et chauffée.
Nul doute que Pontoise ne lui réserve le même succès qu’il a trouvé sur son passage à Paris, Versailles, Rouen, Dieppe et tout récemment à Beauvais.
Tous les soirs : représentation à 8 heures ; dimanche et jeudi, matinée à 2 heures.


Le Progrès de Seine et Oise, Pontoise, 28 janvier 1905, p. 2.

Depuis plusieurs années, Pierre Iunk a intégré le cinématographe à son théâtre, mais il maintient ce qui a fait son succès, les Fantoches Parisiens. L'Écho Pontoisien nous propose, quelques jours après, une description assez complète du Théâtre de Pierre Iunk et propose également quelques titres du répertoire du forain.

pontoise parc aux charrettes 

Pontoise, A. Seyes, Imp.-édit., Pontoise-Rue Carnot et Parc aux Charrettes (c., 1904) 

Théâtre Pierre Iunk. — Le Parc-aux-Charrettes donne en ce moment l’hospitalité à un établissement remarquable sous tous les rapports. L’aspect extérieur est imposant. La façade, monumentale, rappelant l’architecture égyptienne, est richement décorée de sculptures et d’ornements dans la note " modem’ style ".
Le soir, lorsque la lumière électrique vient l’inonder de sa chaude clarté, le coup d’œil est magnifique. Une dynamo est actionnée par une machine de 12 chevaux.
Deux jeunes filles richement costumées donnent en parade les danses les plus gracieuses et les plus modernes sans oublier le " cake-walk " dont elles exécutent les différentes figures à la perfection.
L’intérieur ne le cède en rien à l’extérieur. La loge est spacieuse, confortablement aménagée. D’épaisses tentures garantissent le public contre le froid, toujours à craindre en cette saison. La salle est chauffée. Des bâches imperméables la recouvrent, la mettant à l’abri de la neige et de la pluie, ce qui permet de jouer par tous les temps.
Le spectacle, du meilleur goût, se compose de deux attractions très intéressantes : Un concert par les fantoches parisiens, imitation parfaite des meilleurs artistes de Paris, dans un répertoire de choix ; le grand cinématographe, appareil perfectionné donnant avec netteté, et sans fatigue pour les yeux, les vues les plus nouvelles, les plus variées : scènes comiques désopilantes, telles le " Départ pour les Vacances " et les « Cambrioleurs nocturnes » ; pièces à grand spectacle : Faust, Napoléon, qui ont été jouées sous les applaudissements unanimes d’une salle, toujours comble.
En préparation pour passer à la suite: Roman d'Amour, le Royaume des Fées, Joseph vendu par ses frères, etc...
A signaler aussi les merveilleuses danses lumineuses, genre Loïe Fuller, gracieusement présentées par MIIe Antoinette Iunk.
Au résumé, beau et bon spectacle qui justifie pleinement l’accueil enthousiaste que lui a fait la société pontoisienne, et quelle lui continuera pendant tout son séjour.
Dimanche, et les trois soirées suivantes, la salle a été envahie par les spectateurs qui se promettent de revenir. C’est dire que le spectacle ne manque pas d’attrait.
Que les Pontoisiens en profitent.
Nous sommes sortis émerveillés.


L'Écho Pontoisien, Pontoise, 2 février 1905, p. 2.

La formule est rodée, et le banquiste peut compter sur l'adhésion du public. Les jeunes filles offrent un spectacle à l'extérieur pour attirer les spectateurs, puis à l'intérieur les fantoches et les vues animées se disputent la vedette. On trouve des films provenant des trois grands éditeurs français du moment : Gaumont, Pathé et Méliès. Les séances vont se poursuivre jusqu'au 13 février, date de la fin du séjour de Pierre Iunk à Pontoise.

Répertoire (autres films) : L'Histoire d'un crimeL'Incendie (L'Écho pontoisien, Pontoise, 9 février 1905, p. 2), Le Voyage à travers l'impossible, équipée fantastique d’un groupe de savants de la Société de géographie incohérente, en 40 tableaux (Le Progrès de Seine et Oise,Pontoise,  11 février 1905, p. 2). 

Le Cinématographe Américain de Kobelkoff  (Place du Parc-aux-Charrettes, 11-19 novembre 1905)

Toujours sur le Parc-aux-Charrettes, les Pontoisiens vont découvrir, en novembre 1905, l'un des phénomènes les plus étranges de l'époque, l'homme-tronc Kobelkoff. Privé de ses bras et de ses jambes, ce Russe, né en Sibérie, parcourt l'Europe depuis les années 1880. Son handicap est, paradoxalement, un atout inconstestable dans le monde du cirque et de la foire, et il en joue habilement tout en réalisant des films où on le voit se livrer à de nombreuses activités. Le journaliste du Progrès de Seine-et-Oise ne se prive d'ailleurs pas pour apporter tous les détails nécessaires pour attirer la curiosité du public :

Grande attraction place du Parc-aux-Charrettes.— Cinématographe Américain. — L’Artiste-Tronc.
Aujourd’hui samedi, 11 novembre, sur la place du Parc-aux-Charrettes auront lieu les débuts du théâtre The American Show, sous la direction de N.-W. Kobelkoff ; il restera ouvert tous les jours jusqu’au dimanche 19 courant inclus.
Avec les derniers perfectionnements apportés par Edison, la direction de ce théâtre offre au public le Cinématographe américain, d’une fixité absolue, projetant sur l’écran, et de grandeur naturelle, une série de tableaux d’actualités, de sujets historiques, ou scientifiques, ou simplement comiques, ce qui est du goût de tout le monde.
En outre, comme attraction de toute première nouveauté pour Pontoise, Kobelkoff s’exhibera lui-même sur son théâtre. Le nom de Kobelkoff ne vous disait rien tout à l’heure, mais vous serez intéressé au plus haut point quand vous saurez que Kobelkoff est la célébrité la plus connue de toutes les grandes villes d’Europe — Paris et la France y compris — sous le nom de « l’Artiste-Tronc », l’unique phénomène du monde entier qui, étant privé de bras, et n’ayant-pas de jambes, possède néanmoins plus d’un talent que lui envierait le plus habile des spécialistes pourvu de tous ses moyens. Kobelkoff, qui est né en Russie, parle plusieurs langues; il est de plus calligraphe, peint en artiste, tir au fleuret comme Kirschoffer ; il est encore acrobate, athlète et lutteur redoutable.
Certes, le Cinématographe et son spectacle attrayant, varié à l’infini sont à voir, mais celui qu’il faut surtout visiter comme la plus surprenante exhibition humaine, c’est l’Artiste-Tronc Kobelkoff, qui laissera de son passage à Pontoise — comme partout d’ailleurs — le meilleur et le plus aimable souvenir.
L’établissement, élégant et confortable, est éclairé à l’électricité par une dynamo de 300 amperts [sic] actionnée par une machine à vapeur de 35 chevaux.
Tous les soirs, représentation à 8 h. ½ ; le jeudi, en matinée, à 4 heures, et les dimanches à partir de 3 heures.


Le Progrès de Seine-et-Oise, Pontoise, 11 novembre 1905, p 2.

Si le cinéma occupe une place de choix dans le spectacle dirigé par Kobelkoff, ce dernier n'hésite pas à se mettre en scène lui-même en sachant que le public est toujours fasciné par la différence. En revanche, il ne semble pas que le Russe propose des films où il intervient lui-même. The American Show va donc rester à Pontoise une semaine environ et c'est encore Le Progrès de Seine-et-Oise qui dans un long article évoque les qualités humaines de Kobelkoff 

Les Représentations de KOBELKOFF
Kobelkoff et son théâtre-bonbonnière ont connu cette semaine toutes les joies du succès. On peut bien dire à l’heure présente que la moitié de la population de Pontoise et de Saint-Ouen-l’Aumône est allée passer dans la loge de l’Artiste-Tronc d’agréables moments. Cet homme unique, que la nature a privé des membres supérieurs et inférieurs qui nous sont, à nous, indispensables, cet homme qui n’a ni bras, ni jambes, n’en paraît nullement affecté. Il est gai, très gai, ce petit homme, avec, quelquefois, une pointe de malice dans le regard, et il est positivement étonnant quand on le voit, devant un chevalet, peindre avec goût, ou bien écrire sur sa table les noms mignons de ses spectatrices, ou bien encore se livrer aux fantaisies de l’amateur entre les mains duquel son corps, qu’il lui a livré, glisse comme une anguille à la grande joie de la galerie.
Kobelkoff possède encore d’autres petits talents de société, et il faut le voir à l’œuvre, toujours plein de bonne humeur, se démener, se mouvoir, et attirer à lui toutes les sympathies qu’il partage avec sa nombreuse et intéressante famille.
L’attraction qui vient ensuite est le cinématographe américain : la perfection du genre jusqu’à ce jour. Les projections sont nombreuses, dramatiques ou comiques, et l’on ne se lasse pas d’en admirer la pureté, la variété et parfois la beauté des couleurs.
Faut voir ! faut voir ! et se hâter maintenant, car l’American Show n’a plus que quelques jours à rester sur la place du Parc-aux-Charrettes.
— Vendredi soir, représentation extraordinaire et spéciale pour les hommes seulement. Le programme comprend vingt-six tableaux suggestifs. Prix des places pour cette représentation : premières, 2 fr. ; secondes, 1 fr. 50 ; troisièmes, 1 fr. ; galeries, 0 fr. 50 centimes. 
— Samedi, soirée avec le programme habituel pour les familles.
— Dimanche prochain, matinée à par tir de 3 heures ; le soir, à 8 heures 1/2, représentation avec changement de programme.


Le Progrès de Seine et Oise, Pontoise, 18 novembre 1905, p. 2.

Les séances réservées aux hommes ne sont pas exceptionnelles, mais il est rare d'en connaître le contenu. En revanche, Nicolaï Kobelkoff a un véritable stock de vues suggestives... et il n'hésite pas à augmenter singulièrement le prix pour cette séance particulière. Les Pontoisiens ont pu découvrir ce phénomène qui, semble-t-il, ne repassera plus par la ville. Pourtant, la projection de vues osées va alerter les autorités qui vont se rendre au cinématographe pour savoir de quoi il en retourne :

Le Cinématographe installé place du Parc-aux-Charrettes a reçu, dans l'après-midi de dimanche, la visite du Parquet au grand complet : MM. Béguin, Heftler, Dupuis, Durand et Merelle.
Les magistrats, agissant sur commission rogatoire du parquet de Senlis, saisi d'une plainte du commissaire de police de Creil, se firent donner une représentation de la Soirée parisienne, réservée aux représentants du sexe fort, dont, paraît-il, un film avait provoqué des réclamations.
Les magistrats ont fait simplement dresser un procès-verbal descriptif des photographies.


Le Régional de Seine-et-Oise, Pontoise, 23 novembre 1905, p. 2.

Finalement, beaucoup de bruit pour pas grand-chose... mais l'article ne nous dit pas si les magistrats ont passé une bonne soirée " parisienne ".

Répertoire : Une course au mari, par une quinzaine de jeunes aspirantes ; Le sans-gêne d'un Anglais en wagon ; Les enfants et les tartes (L'Écho Pontoisien, Pontoise, 16 novembre 1905, p. 2), La Vie d'un joueur, grand drame en 10 tableaux (L'Écho Pontoisien, Pontoisien, 23 novembre 1905, p. 1.

1906

Le Cinématographe du Kosiki-Théâtre (février 1906)

 Toujours sur le Parc-aux-Charettes, quelques séances de cinématographes sont organisées par le mystérieux Kosiki-Théâtre dont le nom semble emprunte à un opéra-comique. Une fois encore les informations resent très lapidaires :

Théâtre.-Actuellement est installé sur la place du Parc-aux-Charettes un petit théâtre où chaque soir, après une série de numéros intéressants donnés par une troupe de chiens savants, un cinématographe américain projette de forts jolis vues [sic]. Le " Kosiki-Théâtre " vaut la peine d'être vu.Le Régional de Seine-et-Oise, Pontoise, 8 février 1906, p. 2.

Le théâtre ne reste sans doute que quelques jours, et va laisser sa place, peu après au bien plus célèbre théâtre Ketorza. 

Le Grand cinématographe Ketorza  (février-mars 1906)

L'année 1906 est marquée essentiellement par l'installation du théâtre Ketorza, l'une des figures majeures du cinéma forain. Pontoise n'a pas encore eu le plaisir de découvrir les séances organisées par le célèbre théâtre. Dès le 17 février 1906, la presse annonce la prochaine arrivée du Grand Cinématographe Ketorza (Le Progrès de Seine-et-Oise, Pontoise, 17 février 1906, p. 2). À l'heure où les forains restent encore un atout essentiel dans la diffusion des images animées, les Pontoisiens vont avoir la chance de découvrir de grands films :

Cinématographe Ketorza
C’est ce soir, samedi, à 8 heures ½ qu’aura lieu la première représentation au grand cinématographe Ketorza.
Nous engageons vivement nos lecteurs d’assister à cette séance de réclame qui, nous en sommes convaincus, ne manquera pas d’intérêt.
Qu’on en juge par le programme : Marie Antoinette, scène historique à grand spectacle reconstituée au château de Versailles, — Les drames de la mer. — Dramen [sic] dans ses scènes comiques. — On va manquer le train. — Vot’ permis ! Cours après... etc, etc.
Dimanche, à 3 heures, séance pour les familles ; à 8 heures, spectacle extraordinaire.
Lundi et mardi : La Belle au Bois dormant, mercredi : La Esmeralda.
Jeudi, en matinée et en soirée : La Passion de N. S. J. C. — La vie de S. S. Léon XIII. Le pèlerinage de N. D. de Lourdes. Vendredi, séance de gala : Peau d’Ane, roman de Jenny, Louis XIV, etc, etc, etc.
Nous prédisons un bon succès au cinématographe Ketorza.


Le Progrès de Seine et Oise, Pontoise, 24 février 1906, p. 2.

Quelques jours plus tard, un nouvel article, plus personnel, rend compte d'une probable visite d'un journaliste dans le théâtre Ketorza. Un brève description de l'intérieur permet de se rendre compte de l'espace dévolu aux spectacles. Mais ce qui constitue l'essentiel de l'article, ce sont bien entendu les films. Pour une bonne part, ce qui est présenté appartient au catalogue Pathé, même si quelques films Gaumont sont également comme dans le cas d'Esmeralda, une réussite d'Alice Guy. On retrouve également un grand succès de Georges MélièsVoyage dans la lune. Les programmes ne comportent presque que des films d'une durée déjà importante pour l'époque qui peut avoisiner parfois les 20 minutes : 

Au cinématographe Kétorza
La direction du théâtre Kétorza a pris la précaution, le jour de ses débuts, de prévenir le public que l’extérieur de son établissement, — qui est dans une période de réparations — n’était que provisoire, mais que l’intérieur était confortable — ce qui est exactement l’expression de la vérité.
Sacrifiant le luxe à un aménagement élégant et pratique, la loge est gaie, claire, d’une propreté méticuleuse et d’un aspect très engageant.
Mais tout cela ne passerait qu’au second plan si le spectacle qui est offert au public n’était pas intéressant.
Il l’est, et de la façon la plus absolue et la plus aimable : les projections cinématographiques sont nettes, franches, d’une fixité absolue, sans la moindre trépidation. Les tableaux sont variés, vivants, charmants, nombreux et de bon goût.
Ce qui fait que les instants consacrés à une séance au grand cinématographe Kétorza semblent courts, trop courts, et que l’on voudrait retourner voir et revoir celte merveilleuse attraction qu’est la photographie animée.
On peut encore se donner cette complète satisfaction pendant quelque temps, car la direction du Cinématographe Kétorza nous prie d’annoncer qu’elle restera parmi nous encore huit jours. Tous les soirs donc, indistinctement, changement de programme.
Ce soir, samedi : Christophe Colomb.
Dimanche, le Pays noir et la Vendetta.
Lundi, Napoléon Bonaparte.
Mardi, le Voyage dans la Lune.
Mercredi, le Déserteur.
Jeudi, le Petit Poucet.
Vendredi, séance de gala : la Poule aux œufs d’or.
Samedi, Joseph vendu par ses frères.
Dimanche, clôture : Les Victimes de l’Alcoolisme.
Indépendamment de ces pièces à grand spectacle, il est entendu que l’on nous présentera toujours une quantité de scènes comiques qui provoquent un fou rire, un rire inextinguible.
En résumé, le cinématographe Kétorza mérite une visite ; on ne peut pas voir spectacle plus intéressant.


Le Progrès de Seine et Oise, Pontoise, 3 mars 1906, p. 3.

Le succès des séances va se prolonger jusqu'à la fermeture qui a lieu le dimanche 11 mars. Dans un dernier article, on précise " Le grand cinématographe Kétorza peut être vu par tout le monde, car il y a, en plus de l’attrait d’un spectacle amusant et nouveau, plus d’un enseignement par l’image à tirer de la visite qu’on y fait. " (Le Progrès de Seine-et-Oise, Pontoise, 10 mars 1906, p. 3). Quelque temps plus tard, nous retrouverons l'établissement à Argenteuil pour la fête de la Pentecôte.

Le Cinématographe Glasner  (novembre 1906)

L'année 1906 va se terminer par quelques séances annoncées le 10 novembre et qui commencent presque immédiatement (Le Progrès de Seine et Oise, Pontoise, 10 novembre 1906, p. 3). La famille Glasner appartient au monde des forains depuis de nombreuses années. À Pontoise, l'un de ses membres propose des séances cinématographiques  :

Le Cinématographe.-Le cinématographe Glasner a commencé une série de représentations, place du Parc-aux-Charrettes, où les succès les plus émouvants ont attiré beaucoup de visiteurs.
M..Glasner est ici pour quelques jours.
Il nous promet de belles soirées à passer, toutes les scènes comiques et à transformations, défileront sous nos yeux. La jeune voyante Adriana dans ses expériences de télégraphie mentale à l'état d'éveil, c'est un spectacle nouveau et de bon goût. Avis aux amateurs.
Aujourd'hui soirée de gala avec Adriana et le professeur Glagliostro  : Scènes de la vie sociale.-Scènes diverses.


L'Écho Pontoisien, Pontoise, 15 novembre 1906, p. 2.

C'est sur ces dernières séances que s'achève la première décennie de cinématographe à Pontoise.

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