George Henry ROGERS

(actif 1900-1913)

rogers george

Jean-Claude SEGUIN

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George Henry Rogers 

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The Warwick Trading Company (Paris, 1902-[février] 1903)

Responsable des accessoires pour l'imprésario américano-hongrois Bolossy Kiralfy, Rogers rejoint la Warwick Trading Company en 1900. Il travaille d'abord dans les magasins et les services d'expédition. Sa connaissance du français lui permet d'être nommé directeur du bureau parisien de la Warwick en 1902:

A l’origine, M, Charles Urban avait créé à Paris une maison de vente dont il avait confié la direction à un principal disciple et compatriote, M. Rogers. Celui-ci avait comme son maître l’amour du métier, il se consacra si ardemment à la maison parisienne que celle-ci atteignit bientôt un développement égal au siège de Londres.


L'Information financière, économique et politique, Paris, lundi 22 avril 1907, p. 2.

The Charles Urban Trading Company (Paris, [février]-octobre 1903)

En février 1903, Charles Urban quitte la société Warwick Trading Company pour fonder la Charles Urban Trading Company (20 juillet 1903). Pendant quelques mois, Charles Urban va continuer à exploiter sa filiale parisienne sous son nouveau nom de Charles Urban Trading Company avant de revendre le fonds de commerce à George-H. Rogers :

M. Urban pouvait difficilement mener de front deux affaires aussi importantes et leur donner à toutes deux l’extension dont elles étaient susceptibles. M. Rogers sentait de son côté que la maison de Paris pouvait atteindre entre ses mains un très gros chiffre d’affaires, il proposa donc à M. Charles Urban d’acheter et d’exploiter pour son compte la maison de Paris. Celui-ci accepta.


L'Information financière, économique et politique, Paris, lundi 22 avril 1907, p. 2.

C'est en effet en octobre que George Henry Rogers récupère le fond de commerce ;

AVIS D'OPPOSITION
Suivant acte sous seing privé, en date à Paris, du huit octobre mil neuf cent trois, M. Charles Urban, demeurant à Paris, 33, passage de l'Opéra, a vendu à M. George.H. Rogers, demeurant à Paris, 33, passage de l'Opéra, le fonds de commeerce ayant trait à la fabrication et la vente d'appareils photographiques, cinématographes, etc., qu'il exploite à Paris, 33, passage de l'Opéra, sous le nom ou désignation de Charles Urban Trading Company, avec le droit au bail, pour entrer en jouissance immédiate.
Les oppositions doivent être faites au domicile du soussigné.
G.H. Rogers.


La Loi, Paris, 11 octobre 1903, p. 3.

Société Rogers et Roux (octobre 1903-1906)

Afin de pouvoir gérer le fonds de commerce qu'il vient d'acquérir, George H. Rogers va constituer une société avec Paul, Joseph Roux.

En conformité de l'art. 6 chap. 2 des statuts de votre Société, il a été expressément convenu que tous les effets des apports des fondateurs, MM. Georges-Henry Rogers et Paul-Joseph Roux remonteraient retroactivement au 1er novembre 1905 et que les bénéfices acquis de 1er novembre au 31 octobre 1906 tant pas la Société Rogers et Roux (ancienne maison Charles Urban Trading Cy de Paris) que par la société de l'Eclipse, profiteraient par moitié aux apporteurs et pour l'autre moitié à la Société.
Il résulterait de cette clause, pour les actionnaires de la Société Générale des Cinématograpres Eclipse un bénéfice de six mois d'exploitation pour deux mois d'existence.
J'ai procédé à l'examen de la Compagnie de la Société Rogers et Roux, ainsi qu'à celui de votre comptabilité.
[...]
Les résultats de l'exploitation de l'année 1905-1906 de la Société Rogers et roux pour dix mois et de la Société générale des Cinématographes Eclipse pour deux mois, se sont élevés bruts à 272.689 fr. 80 et nets à la somme de 162.644 fr. 05.
[...]
Conformément à l'art. 6 chap. 2 des statuts ces bénéfices nets appartiennent: moitié, soit 65.231 francs 50 à la Société Rogers et Roux et l'autre moitié, 65.231 fr. 50 à la Société générale des Cinématographes Eclipse.Les Assemblées générales, 10 janvier 1907, Fasciscule 1, 3e année, p. 103-104

La guerre russo-japonaise (1904-1905)

Il est le cinématographiste qui filme, du côté de l'armée russe, la guerre russo-japonaise en Russie et en Mandchourie. Un autre opérateur, Joseph Rosenthal filme le conflit du côté japonais. Rogers se trouve en Russie dès le mois de mai 1904 où il est également le correspondant pour deux journaux français, La Patrie et La Liberté:

In Russia Mr. Urban's chief operator, Mr. George Rogers, who is also doing work for two French journals, "La Patrie" and "La Liberté," has, mainly through French influence and the recommendation of Lord Stanley, succeeded in reaching Harbin. Upon reaching Irkutsk the military transport authorities informed him that if he wished to proceed eastwards he must provide his own means. He was compelled in consequence to buy ponies and a sleigh, with the aid of which he crossed Lake Baikal. He despatched a number of interesting pictures showing the Russian soldiers being moved through Siberia. They are now at the St. Petersburg Custom House.


Talking Machines News, Vol. II, nº 1, Monday 2 may 1904, p. 26.

Parmi ses films, on peut voir la décapitation d'un bandit chinois entre autres:

Un de nos correspondants en Extrême-Orient, M. Rogers, a pu photographier quelques-unes de ces horribles scènes. Une des tortures le plus souvent appliquées par les bourreaux chinois aux Kougouzes est celle du crucifiement. Le patient est suspendu à une croix par de minces cordages qui ne tardent pas à pénétrer dans les chairs, à couper les veines, à arrêter la circulation du sang...


La Vie illustrée, nº 299, Paris, 8 juillet 1904, p. 228.

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" Notre correspondant en Mandchourie, M. Rogers, cinématographiant une exécution de Koungouzes "
La Vie illustrée, nº 299, Paris, 8 juillet 1904, p. 228.

Ce voyage est également l'occasion pour la Urban Trading Company de faire sa propre publicité en rapportant une anecdote montrant que le nom de Urban est plus efficace qu'un passeport:

Urban Notes.
Some amusing incidents happened to Mr. Rogers, the Urban correspondent, during his recent tour through Siberia and Manchuria, and they serve to show the ignorance and credulity which may be found in out-of-the-way places. Though Mr. Rogers was provided with the ordinary passports, he found that occasionally they did not carry him through with success. Having a bright inspiration at one critical moment, he displayed the well-known Urban pocket-book with the shield of the company engraved in gold on it, and the effect was magical. His scheme worked perfectly ; the Cossack and other officials gravely saluted and allowed him to pass, their idea obviously being that the shield was the crest of some famous Russian noble, to whose suite Mr. Rogers was attached. On several subsequent occasions he found that this pocket-book was more efficacious for the purpose indicated than his proper passes, and. accordingly, he used it with complete satisfaction to all parties concerned. Nobodv was, of course, a penny the wiser of worse.


London and Provincial Entr'acte, London, Saturday 18 February 1905, p. 7.

La société Eclipse (1909-1913)

En février 1909, on le retrouve à la société Éclipse qu'il représente lors du Congrès International des Editeurs de Films.

1909 congres editeurs films
Congrès International des Editeurs de Films (février 1909).

En 1910, il travaille toujours pour la Charles Urban Trading Co. comme en témoigne l'article suivant:

The Charles Urban Trading Co., Ltd.
This company have shown that they can compete with their confreres when it comes to topical pictures, and although they only produced a comparatively short length the quality was excellent, and the speed at which the orders were fulfilled shows that they were well up to their work. The length was 380 feet, supplied at 4d. per foot. Mr. Rogers took the positive by the 2.20 train to Paris, and it was shown there on the Friday night. Copies were also despatched by the Australian mails, and they managed to despatch all orders up to time. The Urban Trading Company had several positions on the route, and the picture taken at Hyde Park Corner was considered the best, and was used for reproduction. Unlike most other pictures the Urban film was taken "broadside on," and this had the advantage of making the profiles of individuals in he procession easily distinguishable. The picture also gave a good idea of the vast crowds of spectators who assembled for the event.


Kinematograph Weekly, Thursday 26 May 1910, p. 17.

Il semble cesser ses activités en 1913:

Mutations.
L'Eclipse de Berlin, représentée par M. George Rogers, a été cédée à M. Frank Bates, négociant à Courbevoie-sur-Seine, annonce un de nos confrères.


Comoedia, Paris, 27 août 1913, p. 4.

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