Gustave-Albert BRUNNARIUS

(Paris 6e, 1852-Courbevoie, 1913)  

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Gustave-Albert Brunnarius (Paris 6e, 04/01/1852-Courbevoie, 05/11/1913), fils de Charles Rodolphe Brunnarius (1816-1872) et de Sophie Reisser (Vienne1821-Paris 9e22/03/1885) épouse (Stuttgart, 02/05/1876) Elise Anna Heimsch (Stuttgart, 27/02/1858-≥1913). Enfants :

  • Anna Hélène Brunnarius (Paris 9e, 23/02/1877-Uccle, 03/10/1976)
  • Charles Albert Brunnarius (Paris 9e, 13/07/1880-)
  • Ernest Guidon Brunnarius (Paris 9e, 10/03/1882-Courbevoie, 22/03/1959) épouse (Courbevoie, 27/09/1910) Marie Eugénie Huguet (Fromental, 27/07/1886-)
  • Irène Adélaïde Brunnarius(Paris 9e, 18/071884-Uccle, 26/03/1977)

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Jean-Claude SEGUIN VERGARA

Gustave-Albert Brunnarius est un homme d'affaires qui se consacre, dès la fin des années 1870, au commerce des "camées et des pierres fines" au sein de la société G. Bissinger et Cie (faillite en 1882) qu'il fonde avec Georges Bissinger (-Carrières-sur-Seine, 05/10/1912). Il séjourne, à plusieurs reprises aux États-Unis entre 1881 et 1887. Il fonde par la suite la société Raux, Brunnarius et Cie qui se consacre à la fabrication de "baleines de cornes" et  dont la dissolution est prononcée en avril 1900.

brunnarius

Raux Brunnarius & Cie, Lettre commerciale, [en-tête], 1890 [D.R.]

Nous ignorons de quelle manière Gustave-Albert Brunnarius a pu rentrer en contact avec la maison Gaumont, mais il est possible que ce soit par l'intermédiaire de l'un de ses frères, Ernest Brunnarius (Paris, 10/02/1857-1901), célèbre architecte et alpiniste, Othon Brunnarius (Paris, 15/04/1854-Paris 9e, 16/05/1917), négociant commissionnaire à Paris et époux de Marie, Augustine Raux ou Charles Rodolphe Brunnarius (Paris 6e, 25/10/1849-Paris 4e, 25/03/1909), qui travaille pour la société Raux Brunnarius & Cie, époux de Mélanie, Léontine Raux.

brunnariusernest

Ernest Brunnarius (1857-1901)
Caras y Caretas, Buenos Aires, 6 avril 1901
© Biblioteca Nacional Española

Grâce à la correspondance "Gaumont", nous savons que dès le mois d'avril 1896, des contacts existent au sujet de "l'exploitation de l'appareil Demenÿ en Autriche" (L. Gaumont & Cie, Lettre à G. A. Brunnarius, 10 avril 1896). Le lendemain, une convention provisoire est signée pour l'exploitation de 4 appareils "destinés exclusivement à des projections théâtrales payantes" (11 avril 1896) et une licence exclusive, de six mois, pour l'Autriche-Hongrie, la Roumanie, la Serbie est accordée. La correspondance nourrit entre les sociétés L. Gaumont & Cie  et Raux Brunnarius Cie permet de suivre les étapes de cette relation commerciale qui va s'envenimer dès lors que l'idée de vendre les chonophotographes commence à germer. D'ailleurs, dès le 5 août 1896, la maison Gaumont propose la vente du matériel au concessionnaire :

[...] Nous vous proposons de vous abandonner le matériel que vous possédez, ainsi que les pellicules, pour une somme de 35 000 francs (trente-cinq mille francs) et de plus, de vous réserver la vente exclusive jusqu'à la fin 96, dans l'Autriche-Hongrie, l'Allemagne, la Roumanie et la Serbie.


Corcy, 1998, 140

À Vienne, le cinématographe Lumière est déjà installé depuis le 26 mars au 25 Westbahnstrasse, lorsque Gustave-Albert Brunnarius - qui est propriétaire de plusieurs restaurants dont Le Petit Trianon au Englischer Garden (Venedig in Wien) et "Le Restaurant Moderne" -  entame ses échanges avec la maison Gaumont. On peut penser que le succès de ces projections de vues animées est un argument suffisant pour qu'il souhaite rapidement installer, lui aussi, un chronophotographe. C'est finalement deux mois après les premiers contacts épistolaires, le 20 juin 1896 qu'a lieu l'inauguration du chronophotographe à Vienne, au Gartenbau-Gesellschaft. La société d'horticulture autrichienne va ainsi accueillir le chronophotographe pendant plusieurs semaines. La presse reste finalement bien discrète sur cet appareil. On comprend mieux pourquoi Gustave-Albert Brunnarius se plaint de ce peu de succès, mais aussi des problèmes qu'il rencontre avec les pellicules envoyées (4 août 1896). Pour ce qui est des projections effectuée hors de Vienne, nous savons qu'un autre chronophographe est présenté à Salzbourg pendant quelques jours au mois de juillet. Mais c'est tout de même l'occasion de recevoir la visite de l'archiduc Louis-Victor de Habsbourg-Lorraine (1842-1919), retiré depuis 1877 au château de Klessheim, près de Salzbourg.

viennegartenbau-gesellschaft 189606chronophotographe
Vienne, Gebaüde der Gartenbau-Gesellschaft (s.d.) Neue Freie Presse, Vienne, 21 juin 1896, p.  14
1896salzbourg Hoher Besuch. Se. k. u. k. Hoheit, Herr Erzherzog Ludwig Victor, beehrte gestern  Nachmittags in Begleitung seines Adjutanten des k. u. k. Kämmerer Oberlieutenant Karl Graf Hoyos die Vorstellung der lebenden Photographien im Curhause. Se. kaiserliche Hoheit lehnte dankend eine Extravorstellung, die hochdemselben angetragen wurde, ab und nahm unter den zahlreichen Zuschauern mit seiner Begleitung Platz. Alle Bilder, welche in überraschender Naturwahrheit an die Wand projektirt wurden, fesselten in hohem Grade die Aufmerksamkeit des erlauchten Gastes und verließ derselbe vom anwesenden Publikum ehrfurchtsvoll begrüßt, die Vorstellung.

Salzburger Volksblatt, Salzbourg,
15 juillet 1896, p. 4

Salzburger Volksblatt, Salzbourg,
20 juillet 1896, p. 4

D'autres chronophotographes sont présentés en Autriche-Hongrie dans les mois suivants : Linz (directeur : Roithner, septembre 1896), Graz (octobre-décembre 1896), et il n'est pas exclu qu'il s'agisse de l'un des quatre chronophotographes dont dispose Gustave-Albert Brunnarius. Il serait alors parvenu à "vendre des postes Demenÿ" (2 septembre 1896) :

Nous sommes très surpris que vous n'arriviez pas à vendre des postes Demenÿ : ici, le foyer de la concurrence, nous vendons couramment.


Corcy, 1998, p. 148

De fait, Brunnarius a déjà mis en vente le chronophotographe dès le mois d'août et la presse allemande publie des annonces.

brunnarius01 1896grazchronophotographe
Berliner Tageblatt, Berlin, 9 août 1896, p. 12 Grazer Volksblatt, Graz, 25 octobre 1896, p. 12

Entre les mois de juin et d'août 1896, un cinématographiste de la maisons Gaumont tourne plusieurs vues à Vienne et à Salsbourg, puis à Munich. Sans doute s'agit-il, en particulier, de fournir à Gustave-Albert Brunnarius des vues locales, ce que propose par ailleurs le cinématographe Lumière. Le différend qui oppose Brunnarius à Léon Gaumont, au sujet de l'exploitation des chronophotographes va se prolonger pendant plusieurs mois. En mars 1897, Gustave-Albert Brunnarius souhaite obtenir le monopole de l'exploitation pour les Indes, mais le projet tourne court. 

Quant à Gustave-Albert Brunnarius, nous perdons ensuite sa trace... jusqu'au 3 février 1903, date à laquelle il arrive aux États-Unis. Par la suite, il s'installe (≤1910) à Courbevoie où il décède en 1913.

Bibliographie

CORCY Marie-Sophie, Jacques Malthête, Laurent Mannoni et Jean-Jacques Meusy, Les Premières Années de la société L. Gaumont et Cie, Paris, Association française de recherche sur l'histoire du cinéma/Bibliothèque du Film, Gaumont, 1998, 496 p.

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