Comptoir Général de Photographie
Comptoir Général de Cinématographie
(L. Gaumont)

Historique

Le Comptoir Général de Photographie (1892-1895)

L'arrivée de Léon Gaumont au Comptoir Général de Photographie est intimement liée à l'histoire des frères Richard. À la mort de leur père, Félix Richard (1809-1876), constructeur des baromètres Bourdon Richard, les trois frères Richard, Jules , Félix, Maxime "Max"  et Georges lui succèdent et se constituent en "Société Richard Frères". En 1888, grâce à l'appui d'ÉleuthèreMescart, Directeur du Service Météorologique de France, ils obtiennent de Gustave Eiffel la modification du sommet de la Tour, en construction, afin d'y établir, une station météorologique complète. C'est de cette époque que datent les dissensions entre Jules et Max Richard, ce dernier accusant ses frères d'avoir fait des démarches pour l'empêcher d'avoir la légion d'honneur. Le 26 novembre 1891, Max cède ses droits dans la société, moyennant le prix de 300 000 francs. Félix Maxime Richard acquiert ainsi le fonds d'appareils photographiques, 57, rue Saint-Roch, vendu par adjudication publique.

Dès le début des années 1880, un établissement consacré à la photographie, la "Photographie de l'Opéra" est installé au 57, rue Saint-Roch. Il est dirigé par Paul Berger. C'est en 1889, que Léon Picard ouvre à cette même adresse le " Comptoir général de photographie " que reprend Félix Maxime Richard, le 8 février 1892. C'est à ce moment-là que Léon Gaumont, sur recommandation de Jules Carpentier, trouve une place dans l'établissement.

bergerphotographe picardphotographe richardphotographie
La Justice,
Paris, 21 avril 1885, p. 4
La Revue de famille,
 
Paris, 1er juin 1889
L'Astronomie, Paris, 12e année, nº 9, 
septembre 1893, page VIII

Max Richard fonde, en parallèle, en 1893, avec son frère cadet, Georges Richard, une maison de construction de cycles. Pour le Comptoir Général de Photographie, il lance alors, entre autres appareils, un petit appareil, la " photo-jumelle ", inventé par Jules Carpentier. Sa commercialisation est à l'origine du procès intenté par Jules Richard à son frère Max Richard, pour concurrence déloyale, Jules ayant lui-même déposé un brevet (1891) pour un appareil similaire. Le tribunal de commerce de la Seine condamne (05/10/1893) finalement Max Richard, décision confirmée par la cour d'appel (28/05/1895). Les déboires de Max Richard et son intérêt pour la nouvelle société de son frère Georges, le conduisent à céder le Comptoir Général de Photographie. Léon Gaumont, alors fondé de pouvoir de la société, va donc saisir l'occasion qui se présente à lui. Éleuthère Mascart, figure prestigieuse à l'époque, lui conseille de reprendre l'affaire et lui propose des commanditaires en vue, l'astronome Joseph Vallot et l'ingénieur Gustave Eiffel.

Les débuts de la société "L. Gaumont et Cie (1895-1896

L'acte de constitution de la société en nom collectif L. Gaumont et Cie est fait à Paris le 10 août 1895 et à Chamonix, le 12 août 1895, enregistré le 2 septembre 1895. La société a pour objet " l'exploitation d'un fonds de Commerce, la fabrication et vente d'appareils photographiques et de fournitures spéciales pour la photographie, connu sous le nom du 'Comptoir général de Photographie', avec siège à Paris, 57, rue Saint-Roch, au capital de 200.000 francs. La formation est prévue pour une durée de 10 années, 4 mois et 16 jours, commençant le 15 août pour finir le 31 décembre 1905. Le 31 décembre 1896, des modifications aux statuts sont apportées.

Succursale espagnole (Barcelone, 1905-)

Les origines de la succursale espagnole du Comptoir Général de Cinématographie sont assez obscures. Plusieurs informations semblent indiquer qu'un établissement est déjà en fonctionnement au cours de l'année 1905. D'une part, une annonce dans un journal barcelonais indique que Léon Gaumont dispose d'un local sur le très fréquenté paseo de Gracia:

Se desea un armario en hierro, teniendo 2 metros de largo, 1’50 a 2 metros de altura y 0’30 a 0’40 metros de fondo. Razón L. Gaumont, paseo de Gracia, número 66.


El Diluvio (ed. mañana), Barcelona, 10 de marzo de 1905, p. 25.

D'autre part, peu après, une marque est déposée pour l'Espagne, qui est complétée par une seconde en novembre 1905.

1905 elgé marca 01 1905 elgé marca 02 
Márca de fábrica "Elgé", nº 11797 (28/04/1905)
Léon Gaumont (Barcelona)
Márca de fábrica "Elgé", nº 12331 (21/11/1905)
Léon Gaumont (Barcelona) 

On peut en outre ajouter les souvenirs de la cinématographiste Alice Guy lorsqu'elle évoque son passage à Barcelone vers la fin de l'année 1905:

Le directeur de notre filiale à Barcelone avait une charmante femme qui me donna l'hospitalité pendant plusieurs jours. Un de nos clients, "Napoléon", qui m'avait rencontrée à Paris où il faisait de fréquentes visites, m'avait préparé une réception grandiose. Je fus, grâce à lui, reçue à bord d'une canonnière où les officiers, après m'avoir offert le pain et le sel, me firent visiter leur navire et m'invitèrent à leur table où m'attendait un superbe bouquet de camélias.


Alice Guy, Autobiographie d'une pionnière du cinéma (1873-1868), Paris, Denoël/Gonthier, 1976, p. 90.

Un faisceau d'indices qui montre que la succursale se met effectivement en place dès 1905. En ce qui concerne le responsable de la filiale, son nom n'est pas connu, mais il est possible que Juan Munilla ait joué un rôle dans la diffusion de la production Gaumont. Ricardo Baños est sans l'un des premiers à être directement en contact avec Gaumont et il semble avoir travaillé à Paris  ([1904]-[1907]. C'est également le cas de José Gaspar et Fructuoso Gelabert. À partir de 1907-1909, Henri Huet devient le responsable officiel de la filiale espagnole.

Société des Établissements Gaumont (1906-)

Contacts