LA NAISSANCE, LA VIE & LA MORT DU CHRIST

1410 1411 1412 1413
Arrivée à Bethléem La Nativité Le Sommeil de Jésus La Samaritaine
1414 1415 1416 1417
Miracle de la fille de Jaïre Marie-Magdeleine Les Rameaux La Cène
1418  1419 1420 1421
Au jardin des Oliviers La Veillée La Trahison et l'arrestation Jésus devant Caïphe
1422 1423 1424 1425
Le Reniement de saint Pierre Jésus devant Pilate La Flagellation Ecce Homo
1426 1427 1428 1429
Chargement de la Croix Jésus tombe pour la 1re fois Sainte Véronique La montée au Golghota
1430 1431   1433
La Crucifixion L'Agonie Descente de Croix  La Mise au Tombeau
1434      
La Résurrection      

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La Naissance, la Vie & la Mort du Christ

ont été reconstituées d'après les documents les plus authentiques.
Cette bande Cinématographique, fournissant une durée de Projections de 35 minutes, peut être considérés comme une oeuvre d'art de premier ordre, par l'excellence de sa composition et de son exécution.
Elle communique d'une façon saisissante l'expression de la vie à la reproduction de l'un des plus grands et des plus beaux drames de l'Humanité

GAU INRI 1906

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1 Gaumont 1410-1434   
2 Alice Guy/Léon Gaumont ; Victorin Jasset ; Henri MenessierRobert-Jules Garnier Alfred Mulsant ; Chevalier  
 
J'avais depuis longtemps le désir de mettre en scène le beau drame de la Passion. À l'exposition de 1900, Tissot avait publié une très belle Bible illustrée d'après des études qu'il avait faites en Terre sainte. C'était une documentation rêvée pour les décors, les costumes et même les coutumes. J'achetai cette Bible que je possède encore. Jasset me fut surtout utile pour les scènes d'extérieur et la tenue des trois cents figurants. J'entrepris de mettre on projet à exécution.
Menessier dont je vous ai déjà parlé et Garnier, fils du constructeur de l'Opéra, autre excellent décorateur qui lui succéda, construisirent vingt-cinq décors solides, chiffre énorme pour l'époque.
Ce fut pour le directeur des ateliers D une occasion de témoigner une fois de plus son désir de collaborer à notre succès. L'hiver était très froid et craignant, dit-il, que la tuyauterie n'éclate, il s'empara pendant la nuit des châssis déjà construits dans l'atelier de décors et les fit scier afin d'en revêtir les tuyaux, ce qui nous occasionna un retard d'une dizaine de jours seulement, les employés, dégoûtés, ayant tous à coeur de réparer cette action.
Les artistes furent choisis avec soin. Nous dûmes mettre la main aux costumes. Deux jésuites, les pères Chevalier et X., revenant de Palestine, assistèrent aux prises de vues et nous aidèrent de leurs conseils. Quelques-unes des scènes nécessitèrent une nombreuse figuration, jusqu'à deux cent cinquante et même trois cents personnes, chiffre important pour l'époque.
Les extérieurs furent pris dans la forêt de Fontainebleau, bien que celle-ci ne possédât pas d'oliviers, mais nous commencions à savoir tirer parti d'un beau paysage, d'un contre-jour, d'un rayon de soleil filtrant à travers les arbres. L'Ange présentant le Calice au Seigneur, la montée du Calvaire, la mise au tombeau furent des réussites. Jésus sortant du Sépulcre, une de nos meilleures surimpressions. Ce fut un des premiers films à grand spectacle et j'eus l'honneur bien rare à l'époque d'en être désignée comme l'auteur lorsque le film fut présenté à la Société de photographie de Paris, comme le bulletin de cette séance en fait foi. Heureusement pour moi, car plusieurs personnes essayèrent de s'attribuer le mérite de l'oeuvre.
Certains auteurs d'ouvrages sur les débuts du cinéma, affirment que nous ne prenions que des films de court métrage. Or, la Passion, filmée en 1906, dans les premiers mois, mesurait 600 mètres et comprenait vingt-cinq décors solidement construits, une figuration de deux à trois cents personnes dont nous avions dû, avec mon assistant Jasset, draper chaque costume d'après les documents de l'ouvrage de Tissot.
GUY Alice, Autobiographie d'une pionnière du cinéma (1873-1968), Paris, Denoël/Gonthier, 1976, p. 84-86.
La recherche persistante des nouveautés me donna même un jour l'idée de porter la Passion à l'écran. Premier film à grand spectacle, il demeure aussi l'œuvre de la " première femme metteur en scène ", Mme Alice Guy.
Le Petit Parisien, Paris, 11 août 1943, p. 2. 
3 08/03->08/03/1906  
 
CINÉMATOGRAPHE DE LA PASSION
en forêt
Le cinématographe est si fort à la mode en ce moment que pour corser les programmes des séances on ne se contente plus de faire défiler devant les yeux du public des scènes réelles, prises sur le vif du public des scènes réelles, prises sur le vif, telles qu'au début, les descentes mouvementées de trains, les péripéties des chasses à courre, les défilés de troupes ou les arrivées de souverains.
Pour payer un tribut à l'actualité on a emprunté l'an dernier divers épisodes à la guerre russo-japonaise, épisodes d'ailleurs pris sur le vif... à Paris, dans les terrains vagues bordant les fortifications où l'on faisait évoluer des Batignolles et des Bellevillois habillés en Russes et Japonais, prenant d'assaut des "ouvrages" en carton-pâte au mlieu de nuages de fumée habilement produits par une poussière légère, etc., etc.
Un industriel a pensé qu'à la veille de la semaine sainte il ferait recette en montrant dans les cinématographes de Paris et d'ailleurs la Passion de Jésus-Christ. Et il est venu la photographier au milieu de nos rochers.
C'est en effet en pleine forêt de Fontainebleau, au milieu du chaos, abrupt, mais pittoresque on en conviendra, des Gorges d'Apremont que jeudi dernier ont commencé les laborieuses opérations de la photographie des diverses scènes de la Passion et du Chemin de la Croix.
Et ce fut pour les promeneurs, tombant à l'improviste au milieu de ces tableaux vivants, un étonnement bien compréhensible, on en conviendra.
Voilà comment les choses se sont passées:
Le matin, le manager, ses photographes et les figurants, parfois au nombre d'une centaine, suivant les scènes à reproduire, partent de Paris, s'arrêtent à la gare de Melun, sautent dans le tramway de Barbizon. De là, un camion du loueur de voitures transporte les appareils et les paniers en forêt, aux Gorges d'Apremont non loin du carrefour, centre des opérations. On y dresse une vaste tente ouverte à tous les vents sous laquelle se déshabillent les figurants et y revêtent les costumes servant aux représentations habituelles de la Passion.
Les femmes, moins nombreuses (car il y a dans la troupe des femmes, des enfants et même des nègres), "fuient vers les saules", s'il est permis d'emprunter cette expression au poète latin, et vont se déshabiller derrière les roches, loin des regards indiscrets: Se déshabiller est bien le mot car pour se maintenir dans la tradition elles sont simplement vêtues de peplum et de tuniques laissant nus les bras, les jambes, les pieds et les épaules. Par les temps frais de cette fin de semaine nous nous demandons même comment elles ont pu (et les hommes aussi, car ils étaient logés à la même enseigne), rester ainsi plusieurs heures exposées aux intempéries, presque immobiles, les pieds dan la mousse ou sur les roches plutôt froides. Après tout, le feu de la rampe devant lequel elles paraissent tous les soirs a peut-être le don de leur communiquer pour tout le jour une ample provision de chaleur; puis les courants d'air des coulisses les habituent aux vents coulis.
Quoi qu'il en soit, une fois tout le monde costumé et déshabillé, on organise les cortèges ou les scènes, les cavaliers prennent la tête, d'autres ferment la marche, les soldats casqués et armés de lances forment la garde sous les ordres d'un centurion, les apôtres avec leurs belles barbes postiches, leurs perruques blanches et vénérables, entourent le Christ au front ceint de sa couronne d'épines, tandis que les femmes suppliantes le suivent et que la foule, y compris les deux larrons garrottés, composent une imposante multitude au-dessus de laquelle se détachent la lourde croix de bois et l'inscription tracée en grec, latin et hébreu.
Quand, au milieu de ce décor imposant et fantastique de rochers gris et chaoteux, amoncelés en désordre par la nature mieux que n'aurait su le faire le plus habile metteur en scène, tout le monde es placé "en valeur", un triple coup de sifflet retentit, les principaux figurants prennent l'attitude prescrite et le photographe opère. On recommence une seconde fois à tourner la manivelle de l'appareil enregistreur pour être certain d'avoir, sur les deux, au moins une bonne épreuve et on passe au tableau suivant pour lequel, afin de mieux donner l'illusion, on a soin de changer de paysage. En forët, c'est facile, car il varie à l'infini à quelques mètres de distance.
Quelques accessoires sont parfois nécessaires en dehors des costumes; on ne les a pas oubliés. C'est ainsi que nous avons vu dans le camion les ailes légères des anges en simili-carton destinées à être attachées aux épaules des chérubins venus non pas du ciel mais par le tram. Nous n'avons pas aperçu d'oliviers, mais comme il n'en pousse pas en forêt, nous ne serions pas étonné qu'on en ait apporté.
Tel est le spectacle, assurément fort inattendu, qui s'est déroulé à la fin de ls semaine au milieu des Groges d'Apremont.
Ce n'est pas la première fois que ces parages servent à dees reconstitutions plus ou moins authentiques. L'an dernier, en effet, on y est venu cinématographier l'attaque du Courrier de Lyon, le conducteur était un cocher bien connu de notre ville. Cette fois encore, l'endroit était de mieux choisis, d'autant plus que "l'esprit" de la Caverne aux Brigands, située non loin de l'a, devrait assurément planer sur ce tableau.
Dans leur rêveries, les amants de la forêt en ont fait le refuge des divinités, de faunes, de sylphes, de dryades et du grand Pan; une Anglaise y a même vu l'ombre du Chasseur Noir et entendu la trompe du Grand Veneur, mais elle a peut-être été le jouet d'un illusion. Plus heureux qu'elle, nous y avons vu, de nos yeux vu, se dérouler les scènes de la Passion, en mars 1906.
L'Abeille de Fontainebleau, Fontainebleau, vendredi 16 mars 1906, p. 5.
4 France, Paris, Forêt de Fontainebleau, Gorges d'Apremont.
 
[...] Pour certaines scènes de la Passion de Jésus-Christ, la maison Gaumont a emmené 130 figurants et 25 chevaux avec armes et bagages pendant plusieurs jours dans la forêt de Fontainebleau.[...]L'exécution des négatifs de la bande cinématographique coûte parfois très cher. Ceux qui reviennent à 4 ou 5.000 francs ne sont pas rares. La Passion du Christ, dont nous parlions tout à l'heure a coûté 20.000 francs ; la bande positive a 660 mètres de long et porte 33.000 images qui mettent 20 minutes à défiler sur l'écran.
L'Avenir d'Arcachon, Arcachon, 29 décembre 1907, p. 2

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01/04/1906 FranceParis, Musée Grévin cinématographe La Passion
 
Le Drame de la Passion au Musée GrévinLe Musée Grévin vient de mettre au programme de son cinématographe le drame de la Passion. Jamais jusqu'à ce jour, même dans les fameuses représentations décennales d'Oberammergau, on n'était arrivé à une si puissante illusion de la réalité.C'est dans une charmante localité dese environs de Paris, dont le site s'harmonise à merveille avec le sujet, qu'on a pris les divers épisodes si émouvants de la vie et de la mort du Christ, pour la figuration desquels plus de cent artistes ont été mis à contribution.
Le Petit Parisien, Paris, 1er avril 1906, p. 3
06/04/1906 FranceParis, Société Française de Photographie Léon Gaumont/Alice Guy La Vie du Christ
 
[...] M. GAUMONT fait ensuite passer sur l'écran une bande cinématographique de 650 m de longueur, comprenant 33.000 clichés. Elle représente la reconstitution des différents épisodes de la Vie du Christ.
Cette reconstitution a été faite aussi fidèle que possible en se reportant aux textes et documents historiques. Les tableaux ont été réglés avec un goût et un talent parfaits de mise en scène par Mlle GUY, chef du service du théâtre cinématographique de Mr. GAUMONT. Aussi chacun de ces tableaux est-il accueilli par les vifs applaudissements de l'assemblée.
Rian n'a été épargné par Mr GAUMONT pour donner à ces scènes toute la vraisemblance désirable ; les nombreux figurants, bien stylés dans leurs rôles, ont été revêtus de costumes appropriés et les cadres de chaque scène ont été étudiés avec le plus grand soin : tantôt composés dans le théâtre cinématographique, tantôt choisis en dehors, jusque dans les rochers de la forêt de Fontainebleau, qui se sont animés, pour la circonstance, des défilés de personnages d'un autre âge formant des ensembles du plus heureux effet.
M. le Président a vivement felícité, aux nouveaux applaudissements de l'assemblée, M. GAUMONT et Mlle GUY, présente à la séance, d'avoir mené à bien une oeuvre aussi considérable.

"Procès-verbaux et rapports", Société Française de Photographie" dans Bulletin de la Société Française de Photographie, 2e série, Tome XXII, nº 8, 1906, p. 194.

07/04/1906 EspagneBarcelone Diorama La Pasión (1.500 m, en dos partes)
 
Mr. L. Gaumont et Cie., deseosos de complacer a las solicitudes de su numerosa clientela, acaba de editar una serie de vistas cinematográficas, cuyo asunto es la Vida de Jesucristo. Creemos que el público comprenderá los esfuerzos que para ello han sido necesarios y verá cumplidos sus deseos.En esta película no ha sido omitido detalle alguno, á pesar de lo delicado del asunto, á fin de no emitir ningún falso sentido, como sucede en las basta hoy día editadas.Puede, por lo tanto, asegurarse que Mr. L. Gaumont et Cie, basados en los textos de los Evangelios y cuantos documentos existen sobre dicho asunto en las bibliotecas, han logrado presentar una obra única en su clase.Esta película se exhibe en el «Diorama Animado» (Plaza del Buensuceso). Ha sido puesta á la venta por la casa L. Gaumot [sic], Paseo de Gracia, 66.
La Vanguardia, Barcelona, 8 de abril de 1906, p. 2.
21/04/1906 France, Vienne L'Étoile du Soir  La Passion du Christ 
07/05/1906 FranceParis, Société Française de Photographie n.c. La Vie du Christ

 

La Vie du Christ (tableaux cinématographiques par M. Gaumont) a brillamment terminé la séance.


"Soirées offertes par la Société Française de Photographie", Société Française de Photographie" dans Bulletin de la Société Française de Photographie, 2e série, Tome XXII, nº 12, 1906, p. 278.

29/05/1906  FranceParis, Société d'excursions des amateurs de photographie M. Colliot  Scènes de la vie du Christ
 
Les projections terminées, nous avons la bonne fortune de voir sur l'écran une vue chronophotographique merveilleuse due à M. Gaumont, lequel avait eu l'amabilité de nous envoyer spécialement pour notre séance ses appareils de ses films. Cette vue, ou pour mieux dire cette succession de vues, représentent les diverses scènes de la vie du Christ, dont certains tableaux, notamment le calvaire et la mise au tombeau, sont d'une très grande valeur artistique. Félicitations à M. Gaumont pour son remarquable travail et remerciements sincères ainsi qu'à son dévoué second M. Colliot, qui était venu lui-même surveiller la marche des appareils.
Bulletin de la Société d'excursions des amateurs de photographie, nº 96, juin 1906, p. 88.
31/05/1906 FranceParis, Salle des Sociétés Savantes n.c. La Vie du Christ
 
Conférence.- Jeudi 31 mai, à 8 h. 1/2 du soir, salle des Sociétés Savantes, 8, rue Danton, conférence par Papus, sur la "réincarnation et les mystères ".
Deux grandes scènes cinématographiques, la Esmeralda et la Vie du Christ illustreront la conférence.
Gil Blas, Paris, 30 mai 1906, p. 3.

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1410-1434
I.N.R.I. Sa Naissance, Sa vie, Sa Mort
Collection Cinématographique "ELGÉ"
L. Gaumont & Cie, Paris
© BHVP

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