Étienne THÉVENON

(Lyon, 1852-1919)

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Jean-Claude SEGUIN  

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Claude Thévenon (Vaise, 16/01/1822-) épouse (Lyon, 10/06/1848) Louise, Marie, Antoinette Bouland (Lyon, 23/01/1826-Lyon 1e, 04/12/1888). Descendance :

  • Jean, Étienne Thévenon (Lyon 5e, 08/03/1852-1919) épouse (Saint-Cyr-au-Mont-D'or, 01/01/1874) Marthe, Zélie Vehier (Varacieux, 15/05/1848-Kremlin-Bicêtre, 17/04/1929). Descendance :
    • Louis Thévenon (Saint-Cyr-au-Mont-D'or, 01/02/1874-Paris 14e, 27/10/1905)
    • Étienne, Claude Thévenon (Lyon 4e, 14/05/1876-Lyon 6e, 04/02/1895)

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Fils d'un marchand de meubles et d'antiquités, Étienne Thévenon s'engage, à dix-huit ans, au 8e hussards lors de la guerre de 1870. Libéré le 4 avril 1871, il exerce déjà la profession de sculpteur. Après son mariage, il s'installe à Lyon où il exerce la profession de sculpteur (1888), puis d'ébéniste demeure à Lyon, jusqu'en 1895. Il semble s'être intéressé au cinématographe Lumière dès 1896, et il aurait même été l'un des opérateurs envoyés de par le monde par la maison de Monplaisir :

Entre tous les directeurs des 400 postes que créa la maison Lumière pour vulgariser son extraordinaire découverte (il y en a eu jusqu'au Japon !), M. Thévenon compte parmi les plus habiles.


Le Journal d'Amiens, Amiens, 19 juin 1897.

Ce que confirme Le Courrier cinématographique :

Son esprit éveillé et précis était absorbé déjà, à cette époque, par tout ce qui était nouveau et marquait un progrès ; fervent de la photographie, aimant à vaincre les problèmes de la mécanique, il entra, tout au début de sa création, dans la maison Lumière et fut un des dévoués collaborateurs des frères que le Cinéma a rendu célèbres.


Le Courrier cinématographique, 25 janvier 1919, p. 18.

En tout état de cause, c'est lui qui va présenter le cinématographe Lumière à Lille entre avril et août 1896. Si son nom n'apparaît pas dans la presse directement, c'est grâce à une affaire de mœurs qu'il est évoqué dans l'article suivant :

TENTATIVE DE SUICIDE
rue Saint-André
Il y a six à sept mois, un jeune homme qui avait été employé au cinématographe de la rue Esquermoise, se suicidait par désespoir d'amour.
Son camarade, employé au même établissement, vient de se tirer deux coups de revolver, également par chagrin d'amour.
Étienne Thévenon, 44 ans, originaire de Lyon, pendant son passage à Lille, l'été dernier, nouait des relations avec une femme mariée du quartier Saint-André, âge de 24 ans, seulement, dont l'époux était au régiment. Au départ du cinématographe, la jeune femme quitta le foyer conjugal et suivit son amant.
Elle revint à Lille quelque temps après, mais son amant qui ne voulait pas se séparer d'elle, la rejoignit et la décida de nouveau à l'accompagner.
Ce fut le mari qui, à son tour, entra en mouvement et partit à la recherche de sa femme qu'il retrouva à Bienne, en Suisse. Il parvint à lui faire abandonner son amant après avoir causé quelques ennuis à ce dernier, qui, paraît-il, fut à ce sujet congédié par son patron.
Pour se venger, Thévenon revint à Lille et sur le refus de sa capricieuse amie de renouer les relations rompues, il résolut de se suicider devant la porte de l'inconstante.
Hier matin, il se trouvait vers 6 heures 1/2, rue Saint-André, attendant la sortie de son amie, ce fut le père qui le premier descendit dans la rue et en l'apercevant, remonta précipitamment prévenir sa fille.
Thévenon le suivit et arriva presque en même temps sur le palier de la chambre et se tira un coup de revolver. Le père et le mari se précipitèrent sur lui, l'arme partit une seconde fois, avant qu'on put le désarmer.
On le croyait blessé, mais il n'en était rien ; la première balle a éraflé le pardessus dont le drap a été brûlé par la poudre, la seconde s'est logée dans la poche du vêtement.
Thévenon a été arrêté et conduit au parquet qui l'a relâché peu de temps après. Il sera poursuivi pour port d'arme prohibée.


L'Avenir de Roubaix, Roubaix, 15 mars 1897, p. 3.

En effet, comme le signale l'article dans ses premières, un autre employé, Maurice Mosse, a tenté de mettre fin à ses jours, en septembre 1896. Pour le reste, on imagine que les opérateurs ne font pas que passer des films... D'ailleurs, le poste Lumière de Lille a connu une vie pour le moins agitée. Finalement, il est condamné à un mois de prison et seize francs d'amende car il a " été porteur hors de son domicile d'un revolver, arme prohibée." (Archives de Lille, Tribunal de première instance, nº 1094, 1897.) Il semble avoir vécu quelque temps en Suisse, si l'on en croit l'article. Après cette aventure rocambolesque, Étienne Thévenon va continuer à organiser des séances avec un cinématographe Lumière, alors que le système des concessions vient de prendre fin. Il se rend ainsi à Amiens, à l'Alcazar, où il inaugure les séances le jeudi 3 juin 1897 :

Jeudi 3 juin à 8 h 1/2 du soir, à l'Alcazar, il sera donné une séance de cinématographe Lumière. Le programme comprend 20 vues animées. Prix des places : 1 f. et 50 c. Les séances seront continuées pendant quelques jours à 9 h  et à 10 h.


Le Journal d'Amiens, Amiens, 3 juin 1897.

Les séances se prolongent jusqu'au 25 juin. Pendant quelques années, Étienne Thévenon va diffuser le cinématographe Lumière dans le Nord et l'Est de la France, mais également en Belgique. C'est d'ailleurs à Liège qu'il organise (décembre 1897-janvier 1898) des séances cinématographiques dans la salle de la Société Libre l'Émulation.

Mais Étienne Thévenon est avant tout un forain qui va présenter pendant plusieurs années le cinématographe dans les foires du Nord de la France et de la Belgique. À Liège, à nouveau, il organise une nouvelle soirée de bienfaisance en collaboration avec le Cercle les Retardataires : 

FOIRE DE LIÈGE
Soirée de bienfaisance organisé [sic] par le Cercle les Retardataires, oeuvre de la Saint-Nicolas aux enfants pauvres, avec le gracieux concours de M. Thévenon, directeur du grand salon du Cinématographe Lumière, établi boulevard d'Avroy (en face de la rue Bertholet), le samedi 22 octobre, à partir de 7 1/2 heures du soir.
M. Thévenon, l'aimable directeur du Cinématographe, devant recevoir pour cette date une nouvelle collection de sujets inédits en Belgique, a eu l'amabilité d'en réserver la primeur à l'Oeuvre de la Saint-Nicolas aux enfants pauvres.
Le Comité du Cercle ose espérer que le public liégois se rendra nombreux à cette fête. Des tickets d'entrée sont mis en vente par les membres à partir de ce jour. (Communiqué).


La Meuse, Liège, 13 octobre 1898, p. 2.

Étienne Thévenon n'est sans doute pas encore un forain rompu aux pratiques administratives lorsqu'il fait sa demande, de Lille, le 2 février 1899, pour obtenir une place pour la foire de Nancy : la réponse de la mairie est claire "plus de place" (Aurora Blaise, 1996, 150). Ce qui fait sans doute la particularité d'Étienne Thévenon c'est qu'il est non seulement exploitant d'un cinématographe, mais également cinématographiste, ce qui lui permet de se distinguer de ses confrères qui ne disposent pas toujours de vues locales, l'une de ses forces. Il en fait d'ailleurs un argument "publicitaire" :

Salon du grand Cinématographe Lumière,
121, Boulevard Gambetta.- Pour éviter des surprises désagréables, nous prions nos visiteurs de se souvenir que notre établissement très connu à Lille est le seul qui donne les vues prises à Lille et à Roubaix. Au programme, concours de Water Polo, aux Bains Lillois, en préparationLa grande Placela rue de la Gare, et sortie de la grand'messe à Roubaix. Et. Thevenon, directeur.


Journal de Roubaix, Roubaix, 24 avril 1899, p., 5.

L'année suivante Thévenon, à la foire de Roubaix, continue à mettre en avant les vues locales, dont certaines sont d'ailleurs les mêmes que l'année antérieure : 

CINÉMATOGRAPHE FRANÇAIS.- E. Thévenon, directeur, place des Halles, grandes séances avec orchestre. Les séances ont lieu tous les jours de 4 à 11 heures du soir. Une série de vues locales sera données chaque jour en complément au programme.


Journal de Roubaix, Roubaix, 27 avril 1900, p. 3.

Parfois la concurrence entre plusieurs forains propriétaires de cinématographe prend des formes surprenantes. Alors que la foire bat son plein à Nancy, en juin 1900, Étienne Thévenon doit subir la concurrence du cinématographe Lumière de Garnier comme le rappelle L'Est républicain : 

Les deux "Cinématographes" de la foire rivalisent de zèle et d'activité. Ce que c'est pourtant que la concurrence ! Il ne faut pas s'en plaindre, puisque c'est le public qui en profite. Donc, le Cinématographe-Lumiêre (grande allée) met à son programme de nombreuses et intéressantes vues de la guerre du Transvaal, les équilibristes des Folies-Bergère en six tableaux, la vie de Jésus (douze tableaux), le Diable au couvent, grande scène comico-fantastique, etc....
De son côté, le Cinématographe français (allée du tramway) nous annonce que plusieurs personnes de Nancy, s'étant reconnues parmi les promeneurs du trottoir roulant de l'Exposition, ont prié la direction de le remettre au programme. Cette magnifique vue panoramique sera donnée complètement jeudi, avec un nouveau programme.
Vendredi, soirée de gala, avec nouveau programme. Numéro sensationnel : les équilibristes du Cirque-d'Hiver.
Dimanche soir, clôture.
C'est maintenant qu'on pourrait redire : Nancinématographe ! !...


L'Est républicain, Nancy, 15 juin 1900, p. 2.

La concurence est rude. D'une part, Garnier dispose, lui aussi, de vues locales ce qui réduit à néant la statégie d'Étienne Thévenon :

Le Cinématographe-Lumière a inauguré mercredi soir un nouveau programme. Nous y notons une "sortie de première communion de l'église Saint-Epvre" qui est très réussie et dans laquelle on a salué au passage certaines figures de connaissance.


L'Est républicain, Nancy, 1er juin 1900, p. 2. 

Mais Garnier ne s'en tient pas là et il en rajoute en mettant l'accès sur un perfectionnement, réel ou supposé, de son appareil, manière d'éliminer en quelque sorte la concurrence d'Étienne Thévenon. 

Un des défauts du cinématographe, c'est de ne pouvoir reproduire que d'une façon imparfaite l'aspect des lieux par suite de l'exiguité du champ de l'objectif. Un professionnel avisé vient de pallier ce désavantage par un dispositif spécial qui lui a permis de reproduire chacune des parties de l'exposition. Les spectateurs sont comme un observateur placé à un point central et regardant ce qui l'environne.
Cette nouveauté est visible au cinématographe Lumière installé cours Léopold (grande allée).


L'Est républicain, Nancy, 3 juin 1900, p. 2. 

Garnier "invente" pratiquement le cinématographe en relief. C'en est trop pour Thévenon qui n'a d'autre solution que de tenter de surenchérir avec une nouvelle invention, encore plus stupéfiante : le cinématographe en couleurs grâce au procédé du mystérieux "révélateur chromatique" :

Une découverte qui va intéresser tous ceux qui s occupent de photographie, professionnels et amateurs est a la veille de voir le jour.
M. Thévenon, le directeur du Cinématographe français établi allée des tramways, champ de foire, nous fait connaître qu'il met la dernière main à cette intéressante découverte en s'en assurant la propriété par la prise de brevets.
Elle consiste en un petit appareil très simple,  mais d'une grande précision, appelé "révélateur chromatique", qui a pour objet de faire donner aux projections cinématographiques toutes les couleurs enregistrées par le négatif et qui aura pour résultat de donner l'illusion des couleurs naturelles.
L'inventeur est en voie d'obtenir une concession particulière à l'Exposition, mais avant de quitter Nancy une séance spéciale sera donnée en primeur et sur invitation. Cette séance sera annoncée par la voie de la presse. En attendant, tous les vendredis, soirée de sala avec les vues nouvelles et d'actualité.


L'Est républicain, Nancy, 8 juin 1900, p. 2.

Tous les coups sont permis... Quant à la concession particulière à l'Exposition, elle apparaît elle aussi comme une ultime tentative pour surpasser Garnier son concurrent. D'ailleurs à peine deux mois plus tard, à Charleroi, il n'est plus question de cette invention, mais d'un simple système pour éviter les "trépidations qui sont si fatigantes pour la vue" (La Gazette de Charleroi, Charleroi, 10 août 1900, p. 3). Même s'il reste difficile de savoir quels sont les engagements politiques de Thévenon, il n'est pas insensible aux questions sociales qui secouent la verrerie dans la région de Charleroi. Pour preuve, les deux vues qu'il tourne, le 8 août 1900, à l'occasion d'une réunion qui se tient dans les locaux de l'Union Verrière à Lodelinsart : Réunion à l'Union Verrière et Sortie du local de l'Union Verrière.

Un an plus tard, toujours à Charleroi, Étienne Thévenon va "couvrir" avec son cinématographe un important événement local : la "manifestation Gilles". Edmond Gilles est, à l'époque, président de l'Union Verrière, une association non politique, mais qui pourrait s'assimiler, aujourd'hui, à un syndicat. La situation dans les verreries de la région est explosive et un important mouvement de grève paralise ce secteur économique. Finalement, le 1er juin, Gilles est arrêté pour "fait de grève", mais il est libéré à peine deux plus tard dans l'enthousiasme général. C'est donc cet événement qu'Étienne Thévenon va graver sur la pellicule de son cinématographe :

Au grand Cinématographe Français.
-Nous avons assisté ainsi qu’un nombreux public, à la représentation donnée hier dans cet établissement, déjà connu et fort apprécié de nos concitoyens.
La salle de spectacle est spacieuse et parfaitement aménagée.  Devant la scène, des plantes ornementales, groupées gentillement [sic], forment un parterre du plus gracieux effet. Les scènes défilent sous les yeux charmés des spectateurs, aux sons de valses, de marches exécutées au piano.
Le programme est bien composé, à la fois instructif et amusant. À noter surtout, « danseuse de ballet, la fête des fleurs, l’agent plongeur, la sortie des verriers de leur local de Lodelinsart, et enfin « Plus fort que Frégoli », qui m’a paru le clou de la soirée.
Je renvoie mes lecteurs au compte rendu que Billy-Young a donné, dans le Journal d’hier, de la manifestation Edmond Gilles. On y lira qu’un cinématographe a pris quelques vues du cortège. En voici les titres : « Formation du cortège devant l’Union Verrière », « Arrivée des délégations du Parti ouvrier, de nos amis Furnemont, Maes, allant à la rencontre du héros de la fête », « La Rencontre », « Défilé du cortège, les cyclistes, les drapeaux », et enfin « Edmond Gilles, les députés Lambillotte, Léonard, Cavrot, et notre excellent camarade Georges des Essarts ».
Ces vues seront données lundi prochain, et nous pouvons dire que tout le monde voudra aller les voir. Les verriers, tous les manifestants, voudront revoir les scènes inoubliables qui se sont produites mercredi, savourer encore les péripéties diverses de cette rentrée triomphale du Président Gilles dans sa bonne commune de Lodelinsart.
Nous félicitons, sans réserves, M. Thévenon de son heureuse idée, et souhaitons à son entreprise le succès le plus vif.
GÉO E.

Journal de Charleroi, Charleroi, 2 août 1901, p. 2.

Nous savons que le cinématographe, au moins pendant les premières années de sa diffusion, n'est guère enclin à s'intéresser au monde ouvrier, et il est rare de voir sur l'écran des images qui évoquent des conflits sociaux. Cela donne toute sa valeur à ce "reportage" d'Étienne Thévenon qui est déjà, à l'époque, un cinématographiste qui ne renie pas son engagement personnel. Le temps, sans doute, de procéder au tirage des copies et quelques jours plus tard la serie "Manifestation Gilles" est projetée à Charleroi.(Le Journal de Charleroi, Charleroi, 10 août 1901, p. 2) : 

Au Cinématographe Français.-
Nous avons rendu visite à l’établissement que dirige, devant l’Hôtel-de-Ville, le sympathique M. Thévenon. On a renouvelé entièrement le programme et, si c’est possible, on a trouvé mieux encore à nous offrir. La devise du directeur doit être « Excelsior », n’en doutez point.
Certains numéros sont de toute beauté et, parmi ceux-ci, il convient de citer en première ligne « Les Acrobates » représentant toute une famille gracieuse et nerveuse à souhaits. Le père, couché sur le dos, fait sauter sur les pieds tous ses enfants, les faisant pirouetter dans l’air dans les positions les plus diverses. Puis « Une baignade de chevaux », « Une charge de dragons », et enfin pour la partie comique : « Un dîner infernal », « Vengeance de belle-mère » (le châtiment de la coupable est terrible), « La fête des fleurs », etc.
On annonce enfin « la manifestation Gilles » et l’attention redouble. Les exclamations partent de tous les coins de la salle, quand défilent les personnes connues, les amis, les compagnons de travail. « Waites Colas, on ! » - Là Arthur, la, padri l’blanc Joseph ». On reconnaît tout le monde, sans hésitation. Les verriers sortent de l’Union – se mettent en rangs, précédés des cyclistes aux machines fleuries et enfin, derrière une musique, dans l’enthousiasme général aux bras de camarades, le héros de la fête, Edmond Gilles. La vie déborde de ces tableaux, cela grouille de têtes, de figures où reluit la joie la plus vive.
Nous engageons encore une fois nos amis à aller voir tout ça. C’est curieux et charmant.


Le Journal de Charleroi, Charleroi, 10 août 1901, p. 2.

Pendant plusieurs années, Étienne Thévenon va ainsi écumer les foires du Nord de la France et de la Belgique : Lille (septembre 1901), Liège (octobre 1901), Lille (septembre 1902), Roubaix (avril 1903), Charleroi (août 1903), Lille (septembre 1903), Liège (octobre 1903)... Avec constance, il fait aussi tourner la manivelle pour saisir les événements qui se présentent sous l'objectif de son cinématographe : Les Funérailles de M. Géry-Legrand (Lille), La Sortie de la régie des tabacs (Lille) (L'Egalité de Roubaix-Tourcoing, 19 septembre 1902, p. 4.), Le Centenaire de N.-D. des Dunes (Dunkerque) (L'Egalité de Roubaix-Tourcoing, Roubaix, 12 septembre 1903, p. 4.)

C'est en novembre de 1903 qu'Étienne Thévenon tourne une nouvelle série consacrée aux travaux de l'Exposition Universelle de Liège, qui doit se tenir en 1905 et qu'il présente pour une séance de bienfaisance organisée pour l'oeuvre l'Assistance par le Travail :

EXPOSITION DE LIÈGE
LA SÉANCE DE PROJECTIONS ET DE CINÉMATOGRAPHIE AU CONSERVATOIRE
La séance de projections lumineuses et de cinématographie donnée jeudi soir au Conservatoire a brillamment réussi. Elle se donnait, comme nous l'avons dit, au profit d'une oeuvre très méritante : L'Assistance par le travail. Soirée brillante et parfaitement réussie. [...]
Après les projections, M. Thévenon a fait défiler sur l'écran des vues cinématographiques, dont quelques-unes très réussies. Le public a pu ainsi assister à la visite du Roi sur les travaux de l'Exposition et il a reconnu au passage les figures liégoises notoires, dont certaines apparurent en profils des plus divertissants.
Puis M. Thévenon a promené son auditoire sur les divers chantiers, tous en activité fiévreuse. Il a montré les ouvriers à l'oeuvre ; les fondations du palais des Beaux-Arts par le système Dulac ; la pose de la première pierre de ce palais ; enfin, tout le travail que nécessite l'édification des halles et des palais qui orneront l'Exposition.
Pour terminer ce spectacle récréatif et instructif, M. Thévenon a animé son écran par des scènes de genres divers qui ont à la fois émerveillé et réjoui le public.
Toutes ces vues ont été très applaudies et, à 11 heures, la foule quittait le Conservatoire, confiante pleinement dans la réussite complète de notre World's Faire liégeoise. [...]


La Meuse, Liège, 29 avril 1904, p. 2.

Quelques mois après, alors que l'Exposition bat son plein, Étienne Thévenon, dans la section française, va présenter une série de films dont on ne sait pas, cependant, s'ils sont de lui. C'est en tout cas la dernière fois que son nom est associé à un événement important :   

DANS LA SECTION FRANÇAISE
On a inauguré vendredi après-midi dans le compartiment réservé au matériel des tramways et des chemins de fer, un cinématographe installé dans une jolie salle, très spacieuse, par les Compagnies des chemins de fer français.
À cette séance d’inauguration, honorée de la présence de M. Chapsal, l’aimable et distingué commissaire général, assistaient le sympathique consul de France et Mme Crozier ; Pinard, président du Comité d’organisation de la Section française ; M. et Mme Frédéric Nyst ; M. Degeer, commissaire général de la Hollande ; M. Georges Philippe, ingénieur-adjoint à l’inspection générale des chemins de fer du Nord ; Delaitre, ancien inspecteur de la Compagnie de l’Ouest, en France, secrétaire de la classe des chemins de fer : Dedet et du Bousquet, du commissariat général français ; Maurice Bada, ingénieur chef de service.
M. Thévenon a fait défiler sur l’écran de fort jolis paysages, des vues intéressantes. Les auditeurs présents ont pu faire, en imagination s’entend, les voyage [sic] de Grasse à Nice, d’Hyères à St-Raphaël et de Nice Puget-Théniers.
Ce cynématographe a été installé avec le concours de toutes les compagnies de chemins de fer françaises ; qui chacune ont formé leur programme composé des plus beaux sites qu’offrent les régions traversées par leurs lignes.
Des séances, qui auront un incontestable intérêt et auxquelles – ce qui est à considérer – le public aura accès gratuitement, seront organisées chaque jour d’heure en heure, à partir de 2 heures jusque 6 heures du soir.
La première séance a été absolument réussie. Le succès de celles qui vont suivre, est, c’est certain, assuré d’avance.
M. Delaire, qui a fait preuve, en l’occurrence, d’une belle initiative, a reçu les chaleureuses félicitations de M. Chapsal.
Cette séance d’inauguration a été suivie d’une réception dont M. le commissaire général a fait les honneurs avec une parfaite courtoisie.


La Meuse, Liège, 1er juillet 1905, p. 1.

Son nom réapparaît quelques fois à l'occasion de foires où il a déjà présenté son cinématographe - Roubaix (avril 1906), Lille (août 1906)... On lui doit la mise en place des Postes-Cinéma Projector. Laissant la vie du forain, Étienne Thévenon va devenir directeur du Metropol Cinéma de Bruxelles, dans les années 10. Il participe en outre la fondation de l'Association Belge du Cinématographe (l'A.B.C.), en 1911: "[...] Toujours il donna le meilleur de lui-même pour la prospérité de notre Association" (Le Courrier Cinématographique, nº 4, 25 janvier 1919, p. 18). Il en devient l'un des vice-présidents. Il est également trésorier-adjoint (1913) de la Fédération Internationale de la Cinématographie. Il disparaît dans les premiers jours de 1919.

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Mme Thévenon

BIBLIOGRAPHIE

Aurora Blaise, Histoire du Cinéma en Lorraine. Du cinématographe au cinéma forain 1896-1914, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l'homme/AFRHC, 1996.

Convents Guido, Van Kinetoscoop tot Cafe-Cine de Eerste Jaren van de Film in Belgie, 1894-1908, Louvain, Universitaire Pers Leuven, 2000. 

Le Courrier cinématographique, nº 4, 25 janvier 1919, p. 18. 

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14/04/1896-02/08/1896 France Lille 17, rue Esquermoise Cinématographe Lumière
[1896-1897] Suisse Bienne    
[03/06/1897]-[25/06/1897] France Amiens    
31/12/1897-17/01/1898 Belgique Liège Société Libre d'Émulation  Cinématographe Lumière 
[01/10/1898]-[05/11/1898] Belgique Liège Boulevard d'Avroy Cinématographe Lumière
[1900] Belgique Ostende   tournage
[29/07/1900]-19/08/1900 Belgique Charleroi Place du Centre Cinématographe Français
[09/1900] France Lille    
[28]/07/1901-18/08/1901 Belgique Charleroi Place du Centre Cinématographe Français des Frères Lumière
[09/1900] France Lille    
[02/09/1902]-29/09/1902 France Lille  Pont de la Barre Grand Cinématographe Français 
[03/09/1906]-[25/09/1906]  France Lille Allée des Marronniers  Grand Cinématographe Français 

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