Nicolas, Maurice FAURE dit FAURE-NICOLAY

(Chalabre, 1831-Rio de Janeiro,1903)

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Jean-Claude SEGUIN VERGARA

Nicolas, Maurice Bon(n)is (Carcassone, 21/09/1788-Montpellier, 15/02/1849) et Jeanne Faure (Carcassone, 16/07/1806-Marseille, 06/06/1877). Enfants :
  • Magdeleine Faure (Chalabre, 16/09/1827-) épouse (Montpellier, 31/08/1850) Jean Bouscatier (Trèbes, 05/08/823).
  • Nicolas, Maurice Faure dit Faure-Nicolay (Chalabre, 25/12/1831-Rio de Janeiro, 03/08/1903)
    Paul Faure (Chalabre 12/05/1833-)
    • épouse (Montpellier, 15/05/1850) Marie, Anne Nicolaÿ (Le Val-de-Guéblange, 27/11/1826-). Enfants :
      • Marie, Hélène, Louise Faure (Nîmes, 16/02/1851-)
    • [épouse] Rosine Escoubet (Lugaut/Lugo, 1860-). Enfants :
      • Pauline, Françoise Escoubet ([1877]-) épouse (Rio de Janeiro, 16/12/1905) Adrien Laborde ([1878]-)
      • Louise Escoubet ([1879]-)
      • Clémence, Marie Escoubet (Pau, 27/05/1880-)
      • François, Louis dit Abel Escoubet (Pau, 10/01/1882-La Bastide d'Engras, 12/10/1956)
      • Rosine (-Rio de Janeiro, 29/12/1903)
  • Catherine, Mélanie Faure (Chalabre, 30/08/1834-[Montpellier, [1854])
  • Marie Faure (Chalabre, 28/10/1837-Chalabre, 14/06/1838)
  • Bernard, Pascal Faure (Chalabre, 31/03/1839-)
  • Célestin Bonis (Montpellier, 07/04/1848-)
    • épouse Anne, Julie Nuvolone (Marseille-Marseille, 29/04/1901)
    • épouse (Marseille, 21/02/1903) Honorine, Félicie Saubat (Arles, 01/01/1860-).

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NIcolas, Maurice passe son enfance à Chalabre jusqu'au départ de la famille pour Montpellier, dans les années 1840. Comme son père, il exerce la profession de plâtrier avant d'épouser Marie, Anne Nicolaÿ dont il adoptera le nom associé au sien "Faure Nicolaÿ". Il quitte Nîmes, vers 1852, pour Bordeaux où il prend la direction d'un café-restaurant, le Saint-Projet (rue Sainte-Catherine), pendant deux ans, puis part à Marseille, où il se fait une réputation grâce à son habileté au billard. Finalement, il monte à Paris où il s'installe, rue Lancry, comme professeur de billard. En [1857], il réside à Frankfort (Allemagne) et fait la rencontre du célèbre prestidigitateur Trikel qui l'instruit dans son art. Il parcourt dès lors l'Europe comme prestidiigitateur : Allemagne, Autriche-Hongrie... À Vienne, il fait la rencontre [1860] de Joseph Velle, le père de Gaston Velle :

N'uma das minhas ultimas representações, um jovem prestidigitador hungaro, chamado Velle cuja felicidade não lhe corria bem e nao fallava uma palavra de francez veio em companhia de sua irmã offerecer-se para que eu os tomasse a trabalharem commigo, acompanhando-me em minhas viagens; sympathisei com elles e como eu tinha necessidade de pessoal para os meus trabalhos e de quem zelasse pelos meus interesses, acceitei-os logo feliz de não mais viver na solidão.
Partimos então para Pesth, sua cidade natal onde elles deviam apresentar-me aos seus parentes e amigos mas contra nossa espectativa não encontramos nem parentes nem amigos.


Faure-Nicolay, Memorias e confidencias, Rio de Janeiro, Typographia Villa-Boas, 1901, p. 14-15.

Il continue ses voyages en Russie (Odessa, 1861), en Italie (1864), en Scandinavie (1867), en Turquie (1869) ... et parcours ainsi toute l'Europe. Alors qu'il est à Milan [1864], il rencontre pour la première fois le grand prestidigitateur Carl Herrmann. En 1869, il revient de nouveau à Paris. Le 24 juin, il offre une représentation, au camp de Châlons, en l'honneur de Napoleón III qui contribue à sa grande renommée. En octobre 1869, il ouvre son théâtre :e

L'ouverture du théâtre Faure-Nicolay, boulevard des Italiens, 12, passage de l'Opéra (ancienne salle Beethoven), aura lieu le 5 octobre. Les invitations faites pour le 1er octobre seront valables le 5.


Journal officiel de l'Empire français, Paris, 5 octobre 1869, p. 1309.

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Nouvelle école de prestidigitation sans appareil
[affiche] / A. Dumontel F[aubou]rg St Denis 54. [1869-1870]
© BNF

Il compte parmi ses visiteurs célèbres la famille royale espagnole (Le Petit Journal, Paris, 26 octobre 1869, p. 3). Dans la nuit du 20 au 21 avril, un incendie ravage le théâtre Faure-Nicolay (La Presse, Paris, 21 avril 1870, p. 2.). Il rouvre quelques semaines plus tard, mais Faure-Nicolay va y renoncer pour reprendre ses tournées européennes qui le conduisent en Espagne (Madrid, 1870) et au Portugal... et se rendre, pour la première fois en Amérique latine (Brésil, Argentine, Uruguay) où il débute en 1871. Après un bref retour en Europe, il repart, en 1873, pour les États-Unis (New York, Philadelphie...). Ainsi pendant plus de vingt ans, il va parcourir le monde et devient l'une des figures les plus connues de la prestidigitation.

C'est au début de l'année 1897, alors qu'il s'apprête à partir en tournée à Buenos Aires (Argentine), qu'il va engager un jeune français qui possède un cinématographe, dont on ignore l'origine, et qui désormais participe aux spectacles de Faure Nicolay qui le présente comme son neveu "Luiz Nicolay" ou "Louis Nicolay" :

Antes da minha partida de Buenos Ayres eu engajei um dos meus compatriotas, cuja intelligencia pessoal eu conhecia bem como o honorabilidade de sua familia, afim de ajudar-me em meus espectaculos.
Era elle um bom calculista e possuia un animatographo.
Estréei com elle no theatro Bosco. Elle mostrou-se muito trabalhador e dedicado por mim o que me animou a dar-lhe um interesse de 20% das minhas ferias.
Vendo a sua dedicação e o respeito que elle guardava por minha familia, permitti-lhe tomar nosso nome afim de facilitar sua apresentação na sociedades.
Baptisei-o pois com o nome de Luiz Nicolay e apresentei-o em toda parte como meu sobrinho.


Faure-Nicolay, Memorias e confidencias, Rio de Janeiro, Typographia Villa-Boas, 1901, p. 107.

En fait, Faure Nicolay ne manipule pas le cinématographe et c'est son "neveu" qui est chargé de présenter l'appareil et de le faire fonctionner. En mars, il est encore en Argentine et organise des spectacles à Rosario, en mars 1897. Fort du succès de ces séances et de cette nouvelle collaboration, les deux hommes vont continuer à travailler ensemble, en Uruguay:

Meu sobrinho. experimentou substituir-me, mas o publico não estava habituado a esta mudança e só conseguio dar um espectaculo com uma feria muito mediocre.
Os gastos
 de hotel aumentavam cada dia quando fellizmente a minha saude melhorou e permettiu-me continuar viagem afim de dar alguns especaculos em Montevideo.
Partimos de Montevideo para entrar no Brazil no Vapor Porto Alegre.


Faure-Nicolay, op. cir., p. 107.

Faure Nicolay va remonter le Brésil tout en donnant des spectacles dans lesquels, probablement, "Luiz Nicolay" fait tourner le cinématographe. Dans les mémoires qu'il a laissées, il offre quelques informations sur ce voyage :

Parti em seguida para Santos onde dei o primeiro espectaculo no theatro Guarany no mesmo dia da estréa do grande circo Albano Pereira.
De Santos parti para S. Paulo, onde me foi impossivel dar espectaculos porque o Polytheama estava occupado, o theatro Apollo estava em reparos e o São José incendiado, o que me obrigou a dar algumas sessões em Club com o Concurso do meu sobrinho que havia feito grandes progresso em mathematica.


Ibid., p. 108.

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Gazeta de Petropolis, Petropolis, 21 avril 1898, p. 4

En réalité, "Luiz Nicolay" va bientôt participer aux spectacles à double titre: comme responsable du "cynematographo" et comme "spécialiste" de numéros mathématiques qui complètent le spectacle de Faure Nicolay. Au sein des spectacles de son "oncle", il présente son cinématographe accompagné d'un "Diaphanorama", nom d'un appareil construit, en particulier, par Molteni, pour présenter des projections lumineuses, parfois qualifié d' "Universal". On retrouve les deux hommes ainsi que les filles de Faure Nicolay, Louise, Paula et Rosina, dans des spectacles à Rio de Janeiro, São Paulo, Coritiba, Petrópolis... Toutefois, le cinématographe ne constitue qu'une partie du spectacle, et par ailleurs les Nicolay organisent de nombreuses soirées simplement consacrées au billard ou à la prestidigitation.

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Rosina Nicolay
O Pharol, Juiz de Fora, 29 janvier 1891, p. 4

Jusqu'en 1899, la collaboration entre Faure Nicolay et "Luiz NIcolay" semble fonctionner, mais dans ses mémoires, le premier laisse entendre que la situation se dégrade entre eux :

Elle applicava-se de noute e dia a estudos curiosos com a esperança de poder apresentar seu trabalho na exposição universal de 1900 ; mas sem duvida a concentração de espirito a que as suas esperiencias o obrigavam, foi novica a sua saude e ao seu caracter.


Ibid., p. 108.

Si l'on retrouve encore un dernier spectacle en avril 1900, à Rio de Janeiro, où les deux hommes sont associés, il n'est plus question de cinématographe (Rua do Ovidor, Rio de Janeiro, 7  avril 1900, p. 7). Quelques semaines plus tard, le 18 juillet 1900, "Louis Nicolay" embarque à bord du navire français "Chili" à destination de Bordeaux (Gazeta de noticias, Rio de Janeiro, 19 juillet 1900, p. 3).

En 1901 les activités de Faure Nicolay diminuent et se limitent désormais à des soirées dans des petites salles où il continue à faire de la prestidigitation et à donner des leçons de billard. Il en profite pour publier ses mémoires, Memorias e confidenciasqui comportent également un "Guia do amador do nobre jogo de bilhar". Il fait ses adieux en 1902 et décède en 1903 :

Falleceu ante-hontem, nesta capital, o conhecido prestidigitador Faure Nicolay, que durante longos annos organizou interessantes soirées, onde exhibia suas notaveis habilidades.
Faure Nicolay esteve longo tempo enfermo, segundo nos informa uma de suas filhas, sendo improficuos todos os esforços empregados para salval-o.
O seu saimento funebre effectuou-se as 5 horas da tarde do referido dia, acompanhando-o á ultima morada muitas pessoas de suas amisade.
Sobre o seu feretro foram depositadas tres ricas coroas, com expressivas dedicatorias de seus extremosos filhos e outras pessoas.


O Paiz, Rio de Janeiro, 5 de agosto de 1903, p. 2.

Il est enterré, le jour même, au cimetière S. Francisco Xavier de Rio de Janeiro (Gazeta de Noticias, Rio de Janeiro, 4 août 1903).

Nous ne connaissons aucun des films que "Luiz Nicolay" présente lors de ses tournées avec Faure Nicolay et ignorons l'appareil qu'il utilise lors de ses voyages.

Bibliographie

Bezerra Leite AryMemória do cinema: os ambulantes no Brasil, Premius Editora, 2011, p. 83-87.

Dubina Trusz Alice, Entre lanternas mágicas e cinematógrafos, as origens do espetáculo cinematográfico em Porto Alegre 1861-1908, Tese de doutorado, Porto Alegre, outubro de 2008.

Faure-Nicolay, Memorias e confidencias, Rio de Janeiro, Typographia Villa-Boas, 1901, 182 p.

Remerciements

Nous tenons à remercier :

Les descendants de Faure-Nicolaÿ qui nous ont communiqué quelques documents et informations.

Les Archives Départementales des Landes (M. Bibes). 

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[01/1897-?] Argentina,Buenos Aires Teatro Bosco cinematógrafo
[01-1897]-[03/1897] Argentina, Tandil   cinematógrafo
09/03/1897-23/03/1897 Argentina, Rosario Teatro de la Comedia cinematógrafo
≥24/03/1897-≤24/05/1897 Uruguay, Montevideo    
[≥25/05/1897] Brasil, Nitherohy Theatro Municipal  
[04/07/1897]-[11/07/1897] Brasil, Rio Grande Theatro Sete de Setembro  
24/07/1897-25/07/1897 Brasil, Porto Alegre Theatro São Pedro Cynematographo+Diaphanorama
[≥25/07/1897-≤12/08/1897] Brasil, Cachoeira    
26/08/1897-??  Brasil, Corityba Theatro Hauer  Cynematographo+Diaphanorama 
[08/01/1898]-[19/01/1898] BrasilRio de Janeiro Theatro Apollo Cynematographo+Diaphanorama
24/03/1898-03/04/1898 BrasilRio de Janeiro Theatro Variedades Cinematographo+Diaphanorama
09/04/1898-26/04/1898 Brasil, Petrópolis Theatro Fluminense Cinematographo+Diaphanorama
03/05/1898-05/06/1898 Brasil, Nictheroy Theatro Municipal Cynematographo
24/08/1898 BrasilRio de Janeiro    
[≥25/04/1899]-?? Brasil, Coritiba   Cynematographo+Diaphanorama

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