Charles, Frédéric, Richard SPIESSERT, dit SPESSARDY

(Golzow, 1864-Saint-Maixent-l'École, 1921)

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Charles Spessardy (c. 1912) Adélaïde Morelli (c. 1912)

Jean-Claude SEGUIN

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Johann Dietrich Spiessert épouse Louise Taubach. Descendance :

  • Karl Friedrich Richard Spiessert (Golzow, 04/11/1864-Saint-Maixent-l'École, 20/11/1921), naturalisé français (05/09/1894), épouse (Londres, 23/03/1904) de Maria, Adélaïde Morelli (Alazzio, 08/02/1866-Chanceaux-sur-Choisille, 26/03/1935). Descendance :
    • Yvonne, Clarisse Spiessert (1892, Constantine-) épouse (La Montagne, 12/03/1912) Gustave, Jean Kerwich.
    • Léon, Charles, Gustave Spiessert (Le Mans, 11/06/1894-)
    • Charles, César, Constant Spiessert (Chalons-sur-Saône, 29/06/1896-Chanceaux-sur-Choisille, 19/01/1971), futur directeur du cirque Pinder.
    • Léon, César Spiessert (Rumilly, 18/05/1898-)
    • Ivette Spiessert (Londres, 1899-)
    • Régine, Victoria, Adeline Spiessert (Saint-Adresse, 28/07/1901-Marseille, 23/02/1979)
      • épouse (Saint-Maixent-L'École, 11/12/1923) René Beithonneau
      • épouse (Marseille, 29/06/1931) Alphonse, Edmond Martin
    • Roger Spiessert (Le Havre, 29/07/1903-≥1946) épouse Y. Bonin

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C'est auprès de son père que Charles Spessardy apprend le métier de montreur d'ours. Lors d'une tournée en Italie, il fait la rencontre de la fille du directeur du cirque Morelli qui devient sa compagne. Le couple exploite pendant quelque temps un "panorama", spectacle couru à l'époque, dans les foire, avant de monter, avec Paul Spiessert, le frère de Charles, "La Ménagerie des Frères Spessardy". Les premiers témoignages d'une activité professionnelle identifiée datent de 1892, où Charles présente déjà ses ours, en août-septembre à Alger. Par la suite, ses activités le conduisent à Tarbes (mars 1893), Genève (juillet 1893), Rouen (Cirque Plège, Foire Saint-Romain, novembre 1893), Paris (Casino de Paris, décembre 1893-janvier 1894, Lyon (Cirque Travert février 1896), Dijon (juin 1896), Cette (Cirque Casuani, avril 1897), Paris (Folies-Bergère, mai/juin 1897), Madrid (juillet-août 1897), Barcelone (Cirque Equestre, août-septembre 1897)...

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"Lo famos domador Mr. Spessardy y las sevas fieras"
La Esquella de la Torratxa, nº 0972, Barcelona, 27 août 1897, p. 537   

À Madrid, en novembre 1897, il vend son tigre le plus dangereux César pour l'organisation d'un combat entre un tigre et un taureau: 

PLAZA DE TOROS Lucha de un tigre y un toro Aquel tigre tan fiero y mal humorado que más de una vez, el año anterior, puso en grave riesgo al domador Spessardy, se las ha de ver pronto, frente á trente con un toro de renombrada ganadería.
Se recordará que César –así se llama el tigre– lucía todas las noches en el Circo de Parish sus garras y sus dientes y que algunas veces trató de acreditarlas en las carnes de su tirano y domador.
Mr. Spessardy ha comprendido que el feroz felino no sirve para lucimientos de pista, y ha resuelto deshacerse de él, mediante la cantidad de diez mil pesetas.
La empresa de la Plaza de Toros no ha desperdiciado la ocasión, y en el acto ha satisfecho a Mr. Spessardy la citada cantidad, quedándose con César.
El domingo 28 del corriente—no es seguro– luchará César con un cornúpeto de Contina Sierra, Miura ó Saltillo, y para esta interesante lucha ya se ha contratado la colocación da la jaula en las mismas condiciones de seguridad que las estipuladas en casos análogos.
 Aconsejamos á la empresa que al fijar los carteles anunciadores, omita lámina, estampa, cromo ó ilustración que represente la emocionante lucha, pues en ella ha de aparececer alguna de las fieras con ventajas en el combate sobre la otra.
Nada de anuncios ilustrados.
Véanse el tigre y el toro por vez primera frente a frente el día de la batalla, y de este modo evitaremos que el popular Ricardo de la Vega nos repita hasta enloquecernos, aquel su famoso pareado que decía:
Por eso digo yo que el cartelón
Prejuzga la cuestión.


El LIberal, Madrid, 20 de noviembre de 1897, p. 4.

Le tigre César est totalement écharpé et mis en pièces par le taureau.

Ultérieurement, on trouve Charles Spiessert à : Valence (Espagne, janvier 1898), Londres (Alexandra Palace, juillet-août 1899), Madrid (mai 1900), Paris (Olympia,(novembre-décembre 1900; Alcazar d'été, mai-juin 1901), Madrid (novembre 1901), Valence (Teatro-Circo de Apolo, mars 1902), Londres (Palace, février-mars 1904)... En mai 1904, les frères Paul et Charles Spessardy arrivent à New York et organisent une tournée dans le pays : Washington (Chase's, septembre-octobre 1904), Indianapolis (décembre 1904), Oakland (janvier 1905)... A Boston, en mai, on écrit de lui les flatteuses paroles suivantes : 

As is the usual custom in a Keith programme, the children are to be taken care of in the coming week’s bill. Spessardy’s bears and ponies, the latest importation from Europe, where it created a tremendous sensation, have been specially engaged for the amusement of the juveniles as well as grownups. Seven full-grown bears, two cubs and two ponies are included in the troupe. They do all manner of stunts from riding bicycles to breakfasting manlike. CharlesSpessardy, the exhibitor, is credited with being the best animal trainer now before the public and his act is easily the best of the kind that has ever been seen on the local stage. Their engagement is for a single week only, and it is safe to say that the juveniles will be in evidence at this popular playhouse the coming six days.


Boston Sunday Post, Boston, 21 mai 1905, p. 37

Des États-Unis, on retrouve Adelaïde et Charles à Calcutta d'où ils rejoignent Londres, en juin 1905. Les Spessardy reviennent aux Folies-Bergère, en septembre 1905. C'est à ce moment-là qu'a lieu le tournage du film Pathè,  Les Ours savants :

Vicissitudes humaines.
Galley est parti pour le nouveau monde sur un yacht somptueux ; il en reviendra sur un paquebot vulgaire, encadré de policiers. Combien plus aimable le navire enchanté tout fleuri de jolies femmes qui, dirigé par l'Amour, conduit à Cythère Pierrot et la belle Antinoa, dans le merveilleux ballet des Folies-Bergère !
Ce spectacle de féérie qui fait courir tout Paris est accompagné de numéros splendides comme Spessardy et ses ours, la Berat et ses fantaisies lumineuses, Sam Elton, l'extraordinaire comique, etc,, etc, JOINVILLE.


Le Journal, 7 septembre 1905, p. 1.

En mars 1907, Charles Spessardy va revenir aux États-Unis pour une nouvelle tournée. Il y retrouve probablement son frère Paul - dont le nom figure dans la presse américain jusqu'en 1911 - avant de regagner la France où il change de carrière et se lance, dès juillet 1909, à Pithiviers, dans l'exploitation d'un établissement forain, Le Grobe-Trotter, baraque de 800 places, dont l'objet est de projeter des films et des actualités. Il fait ses débute, en juillet 1909, à Pithiviers :

L'établissement était constitué par un petit chapiteau d'environ 20 m sur 8 à deux mâts. La cabine de projection était à l'extérieur, réglementairement, dans une voiture. Les deux grands mâts étaient placés de façon à ne pas obstruer le faisceau lumineux:
L'écran se trouvait situé à un bout du petit chapiteau avec en dessous un phonographe ; les spectateurs prenaient place sur un gradin lui faisant face aménagé après quelques rangées de chaises.
On entrait de plain-pied sous un avant-corps en toile où l'on plaçait la caisse. Le prix des places était 1 F - 0, 75 F - 0, 50 F.
Le spectacle se composait de films loués chez Pathé ou chez Gaumont, ils constituaient les 10 ou 15 attractions les plus nouvelles promises au public par les prospectus que l'on distribuait dans les rues des cités dans lesquelles on s'installait pour quelques jours, le plus souvent en ville morte, quelqufois, mais plus rarement, en floire. Le clou des séances était toujours "la présentation du merveilleux travail des ours savants des Folies Bergère de Paris, dressés par M. Spessardy The Globe Trotter lui-même et représenté sur l'écran de son magnifique cinéma." Il avait fait tourner ce film lors d'un de ses passages dans le grand music-hall parisien ; il constituait forcément une grande exclusivité.
Les autres scènes étaient de courts films comiques interprétés par Prince Rigadin, Calino, Onésime de chez Gaumont, Bébé' Bout de Zan et Max Linder qui commençait à connaître la célébrité. Il y avait aussi les actualités telles "Pathé Journal" ou "Gaumont Actualités", enfin, de naïfs documentaires, des scènes dramatiques, et des féeries dont Méliès était le maître du genre.
Toute la famille participait à l'exploitation de ce nouveau métier sauf ses deux derniers membres qui étaient toujours chez Mme Robinot, la nourrice de tous les enfants des époux Spessardy.


Roger Spessardy, Face aux fauves chez Pinder, Paris, Guy.Authier, 1978, pp. 43-44.

Lorsque la 1re Guerre Mondiale est déclarée, la famille s'installe à Cholet où elle transforme la salle municipale en un cinéma jusqu'en 1918. La maladie rhumatismale dont souffre Charles Spiessert le conduit à se fixer à St-Maixent-l'École où il décède peu après.

Bibliiographie

Paul ADRIAN, Cirque au cinéma, Cinéma au cirque, Encyclopédie du Cirque, Ed. Adrian, 1984, 220 p.

Roger SPESSARDY, Face aux fauves chez Pinder, Paris, Guy.Authier, 1978, 279 p. 

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