Cache-toi dans la malle !

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Cache-toi dans la malle !

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© Archives Gaumont Pathé

Monsieur et Madame partent en voyage ; tout irait pour le mieux si l’amoureux de la dame n’allait être surpris par le mari qui remonte l’escalier. Comment faire ? “Cache-toi dans la malle” dit vivement la jeune femme et l’amoureux d’obéir aussitôt. Mais là commence pour lui sa triste aventure ; en effet la malle est refermée et deux commissionnaires s’en emparent pour la descendre. Elle leur échappe et roule jusque dans le bas de l’escalier ; chargée sur la voiture elle retombe. Les voyageurs ne s’en aperçoivent pas et les commissionnaires ne pouvant arrêter la voiture se décident à transporter la fameuse malle à la gare. On passe un pont, mais fatigués les porteurs déposent le colis d’une façon si maladroite qu’il tombe dans la rivière. Enfin on parvient à la gare ; pour y arriver il faut encore traverser une passerelle, l’escalier de descente est très rapide, les deux hommes sont exténués et laissent la malle dégringoler une fois de plus jusqu’en bas. Mais là, après tant de secousses, elle ne résiste plus et se brise. C’est alors que l’on voit sortir le locataire dans le dernier des états. Les commissionnaires, stupéfaits, reçoivent mal notre amoureux qui aurait cependant plutôt besoin de sérieuses consolations.

PAT 1905-09 

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1 Pathé 1286  
2 [Lucien Nonguet] Fernand Rivers
  Moyennant deux cachets de quinze francs, je fus la vedette d'un film comique de cent mètres, qui rapporta à la maison Pathé des sommes considérables : Cache-toi dans la malle. Je faisais la cour à une jeune personne, qui partait en voyage. Le mari survenait, sa femme me disait en sous-titre : "Ciel ! mon mari !" Cache-toi dans la malle." Je me mettais dans la malle, que l'on refermait sur moi, et les deux époux partaient. Cette malle recevait, bien entendu, des coups effroyables, tombait dans une rivière, pour, finalement, se briser dans un escalier. De la malle en morceaux, je sortais, avec un oeil au beurre noir et des vêtements en loques. Le film était un déchaînement de rirers, car, pour les spectateurs, il était certain que j'étais demeuré dans ma cachette. La fin du film avait été réalisée sur les marches de la passerelle de Passy. Vingt-cinq ans plus tard, alors que j'habitais boulevard Montmorency, je ne pouvais m'empêcher d'évoquer la dernière image de Cache-toi dans la malle, en gravissant l'escalier qui m 'avait valu un si gros succès ! 
Fernand Rivers, Cinquante ans chez les fous, Paris, Georges Girard, 1945, p. 63-64.

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© Archives Gaumont Pathé

3 ≤ 09/1905 100m
4 France, Paris, [Passerelle de Passy]   

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