ORLÉANS

Jean-Claude SEGUIN

Orléans, chef-lieu du Loiret, a une population de 56 902 habitants (1894).

1896

Le Cinétographe (Foire du Mail, 1er-18 juin 1896)

C'est dans le cadre de la foire du Mail, qui se déroule à partir du 1er juin et dure quinze jours, que les Orléanais vont découvrir les premières vues animées. Les visiteurs ont le choix et ils peuvent ainsi découvrir le Vrai Théâtre de la Passion qui présente le drame Jeanne d'Arc, la Ménagerie Pezon, le Grand Théâtre-Cirque avec un numéro, " les chiens boxeurs " qui fait fureur, le Manège-Salon, le Palais artistique (genre Grévin)... et bien entendu le Cinétographe, un appareil cinématographe. Quelques jours avant l'ouverture de la foire, un journaliste a annoncé l'arrivée prochaine sinon du cinématographe Lumière, en tout cas d'un appareil qui projette des vues animées :

Au cours du mois de février dernier, j'ai eu le plaisir de signaler à l'attention des lecteurs du Patriote le Cinématographe de MM. Lumière et de leur rendre compte des impressions que j'avais ressenties à la vue des projections mouvantes fournies par ce merveilleux appareil. J'aurais souhaité pouvoir leur procurer sur place une représentation semblable à celles qui se donnaient à Paris, mais je compris qu'il fallait renoncer pour le moment à ce projet, en raison de l'engouement que manifestaient les Parisiens pour les séances du Grand Café. " Patience ! me disais-je en terminant mon article, je ne suis ni devin, ni prophète, mais j'ose affirmer qu'un jour ou l'autre la province aura son tour et qu'il lui sera donné d'admirer à prix réduit la merveille dont je viens de procurer un avant-goût à mes lecteurs ". J'entends dire que l'heure prédite est arrivée et qu'un industriel fort avisé, muni d'un cinématographe chargé de 11 rouleaux pelliculaires variés, s'installe sur notre champ de foire. Les représentations commenceront dimanche prochain, paraît-il. Avis donc à ceux de nos lecteurs qui désirent faire personnellement connaissance avec le fameux cinématographe si fort apprécié des Parisiens.
L.D.


Le Patriote orléanais, Orléans, 29 mai 1896.

Même si les onze vues ne vont pas permettre de renouveler beaucoup le spectacle, la nouveauté ne peut que séduire les Orléanais :

Le Cinétographe
La plus grande attraction du jour. La photographie animée, vivante ! projetée à l’aide de la lumière oxy-éthérique, par l’appareil américain le cinétographe. Rien n’est plus saisissant C’est la vie, le mouvement, la nature qui sont reproduits, sur l’écran, avec une vérité absolue.


Le Journal du Loiret, Orléans, 29 mai 1896, p. 3. 

Dans les jours qui suivent, les informations se répètent sans apporter d'informations notables, ni sur les vues projetées, ni sur l'origine de l'appareil. Un compte rendu, publié quelques jours plus tard, reste assez vague : 

Le Cinétographe à Orléans
Depuis plusieurs mois déjà, les expériences de photographie animée passionnent positivement Paris et attirent la foule dans les divers locaux où sont installés les appareils de projection. Du reste, rien n’est plus saisissant et plus curieux que de voir reproduits sur la toile la vie, le mouvement, la nature, en un mot, avec une fidélité et une vérité si absolues. C’est prodigieux ! Nous sommes heureux de pouvoir annoncer à nos lecteurs, qu’en allant à la foire du mail, ils pourront assister à des expériences similaires de photographie vivante, produites par le Cinétographe, qui ont lieu tous les jours, de 2 à 6 heures de l’après-midi, et de 8 h. 1 / 2 à li heures du soir, et cela toutes les demi-heures. Cette exhibition est le « clou » de la foire.


Le Journal du Loiret, Orléans, 3 juin 1896, p. 3.

Tout semble marcher sans problème, lorsque une quinzaine de jours après l'inauguration, un incendie se déclare, le 18 juin, et va ravager le cinétographe. C'est Le Républicain orléanais qui offre le plus de détails :

Le cinétographe en feu.- Mercredi soir vers 5 heures, un incendie s'est déclaré dans l'établissement du cinétographe (photographie animée) appartenant à MM. Méliès et Inaudi (le célèbre calculateur) et dont M. de Thorcey est l'administrateur. La direction venait de donner une séance devant un certain nombre d'amateurs de photographie, quand un morceau de chaux incandescent est tombé dans les bandes qui servaient pour les projections. En un clin d'œil, l'établissement de MM. Méliès et Inaudi fut envahi par les flammes qui gagnèrent les toits de la charpente. L'alarme fut donnée immédiatement ; le personnel fut sur pied, les baladins du voisinage et les promeneurs se portèrent au secours du sinistre. Un dévidoir fut apporté du poste de police installé sur la foire et le tuyau, branché, non sans difficultés, sur une bouche d'eau qui se trouve précisément en face du cinétographe. Pendant qu'on déchirait les toiles qui formaient couverture afin de faire la part du feu, des hommes de bonne volonté et des agents de police éloignaient de la charpente de l'établissement la voiture qui contenait l'appareil à projection et le brûleur éthérique, puis M. Ducros, le machiniste du théâtre, monté sur la voiture, dirigeait la lance sur toutes les parties de l'établissement en feu. On put se rendre maître de l'incendie en peu de temps, mais les dégâts étaient considérables. Le toit de la voiture a été fortement endommagé, ainsi que le mobilier qu'elle contenait et qu'on a eu bien de la peine à déménager ; l'appareil à projection a été tellement abîmé qu'il sera indispensable de le remplacer. Coût : 5 000 f. Quatorze bandes en celluloïd sont complètement détruites, soit 1.400 f. de perte ; les panneaux de la devanture sont brisés, et des toits il n'en reste plus que des loques. C'est donc un véritable sinistre au cours duquel plusieurs accidents se sont produit. Dans la voiture était couchée Mme de Thorcey atteinte d'une bronchite aiguë. Dès que l'incendie se fut déclaré, M. de Thorcey, se porta au secours de sa femme, mais déjà une épaisse fumée envahissait tout l'établissement. M. de Thorcey se dirigea à tâtons vers le lit où reposait sa femme à demi asphyxiée et la saisissant à bras le corps, il la fit passer par une lucarne ; puis il s'échappa par la même issue. Il était temps, une minute de plus l'homme et la femme restaient asphyxiés dans le véhicule. Mme de Thorcey était saine et sauve, mais son mari avait de graves brûlures aux bras, aux jambes, aux mains et principalement à la tête qui a été pour ainsi dire scalpée. Citons également la belle conduite de M. Raoul du cinétographe, et de M. Mirval, du théâtre Chabot, qui a été brûlé au bras et à la jambe en contribuant à éteindre l'incendie. D'après les propriétaires du cinétographe, les pertes peuvent être évaluées à 7 ou 8.000 f. environ. Ils ne sont pas assurés. Aussi, en présence du sinistre qui frappe si cruellement le directeur du cinétographe, le cirque Abdy a décidé de donner samedi prochain 20 juin, 3 matinées et 3 soirées au bénéfice de son confrère incendié. Le célèbre professeur Abdi et M. Jacques Inaudi, l'incomparable calculateur, prêteront leur concours à ces représentations. Toute la recette sera versée entre les mains des sinistrés. Les matinées auront lieu à 2h, 3h et 4h, les soirées à 8h, 9h et 10h. Malgré le caractère de ces représentations et l'intérêt du spectacle, le prix des places ne sera pas augmenté.


Le Républicain orléanais et du Centre, Orléans, 19 juin 1896.

Les incendies provoqués par les systèmes d'alimentation des cinématographes ne vont pas manquer d'assombrir l'histoire du cinématographe. Celui d'Orléans, sans doute l'un des tout premiers, et si le journaliste donne une description précise de l'incendie et de ses conséquences, il fournit toute une série d'informations annexes. Il indique ainsi que l'appareil est la propriété de MM. Méliès et Inaudi, administré par M. Thorcey. Jacques Inaudi et  G. de Thorcey font équipe depuis déjà de nombreuses années et collaborent également avec Georges Méliès. En revanche, il reste difficile de savoir avec précision quel est le rôle de ce dernier dans la commercialisation et dans l'exploitation du " cinétographe " de la foire d'Orléans, à supposer qu'il en ait eu un. Toujours est-il que l'incendie met un terme aux représentations de l'appareil cinématographique. 

Le Cinématographe parisien (Salle de l'ancien hôtel du Loiret, rue Bannier, 21-28 juin 1896)

À peine la foire du Mail est-elle terminée que de nouvelles projections sont annoncées à Orléans :

Le Cinématographe à Orléans
Les séances du "Cinématographe Parisien" auront lieu à partir du dimanche 21 courant, à 2 heures de l'après-midi, jusqu'au dimanche suivant, 28 inclus, dans la salle de l'ancien hôtel du Loiret, rue Bannier.
A partir du lundi 22, séances du matin, de 10 heures à midi, spécialement réservées aux familles, au prix de 1 fr. par personne (50 centimes pour les enfants).
De 4 heures à 6 heures et de 8 heures à 11 heures du soir, séances populaires au prix unique de 50 centimes.
Toutes les vues du "Cinématographe Parisien" sont des scènes parisiennes qui, certainement, présenteront pour le public orléanais le plus vit intérêt.


Le Journal du Loiret, Orléans, 21 juin 1896, p. 2.

L'appareil, le Cinématographe parisien porte le même nom que celui que Georges Mendel va breveter en décembre 1896. Peut-on imaginer qu'il en ait commercialisé certains avant cette date ou bien s'agit-il d'un appareil provenant d'un autre constructeur ? Toujours est-il que la seule information c'est que le nom semble provenir simplement du choix du répertoire... 

1897

1898

Cinématographe (Salle Arago, 21 janvier 1898)

Difficile de savoir qui est le propriétaire du cinématographe présenté en janvier 1898, car l'abbé Genin semble uniquement se consacrer à sa conférence :

Salle Arago
Hier soir, séance de cinématographe réuni au phonographe haut parleur. M. l'abbé Génin a fait, au commencement de la soirée, une très courte mais très intéressante conférence sur les curieux appareils qui avaient être présentés à l'auditoire.
Très grand succès pour le conférencier et aussi pour le cinématographe que complète si bien le phonographe.
Le propriétaire de ces instruments, ne devant séjourner que très peu de temps à Orléans se tient a la disposition des pensions et  de familles qui voudraient organiser des séances privées.


Le Journal du Loiret, Orléans, 22 janvier 1898, p. 3.

Le Théâtre Électrique Grenier (Foire du Mail, [1er]-[15] juin 1898)

À l'occasion de la foire de juin, dite du Mail, le Théâtre Electrique d'Ernest Grenier, qui arrive de Chartres, présente deux appareils dans son établissement: le chronophotographe et le biographe :

FOIRE DU MAIL
Le théâtre électrique
Un établissement, moderne au premier chef, vient de prendre place sur notre champ de foire : c'est le théâtre électrique Grenier qui nous arrive de Chartres, où il a obtenu le plus grand succès.
Son programme  se compose des trois grandes découvertes de cette fin de siècle : les rayons X ; le chronophotographe et le biograph que nous croyons inutile de présenter à nos lecteurs avec plus de détails. Ces étonnantes découvertes se sont imposées, dès le premier jour, à l'attention du monde savant et du public intelligent.
Tous les soirs, séance à 8 h 1/2.


Le Journal du Loiret, Orléans, jeudi 2 juin 1898, p. 3.

Dans un article publié alors que la foire bat son plein, le journaliste donne quelques informations supplémentaires sur les appareils de l'établissement :

Les rayons X à la foire
Le Biograph et le Cinématographe
Brillante réunion hier soir au théâtre électrique, pour la première représentation hebdomadaire dont le programme est complété par cette merveille moderne : le " Biograph ", alternant avec les curieuses expériences des tubes de Geisler et des rayons X.
Le Biograph est un perfectionnement considérable du Cinématographe. C’est la reproduction animée et en couleurs de scènes photographiées, dont les épreuves sont disposées ; de telle façon que l’aspect de réalité qu’elles présentent en est absolument merveilleuse. Il n y a plus là, comme avec le Cinématographe, aucune trépidation désagréable et fatigante pour les yeux.
Les expériences exécutées avec le tube de Crookes, à l' aide des rayons de Rœntgen, sont extrêmement curieuses 
Le public prend un plaisir extrême à expérimenter lui-même les mystérieux rayons , à la fin de chaque représentation.
Rien n'est plus amusant que d’entendre les exclamations des dames qui voient tout à coup à travers l' écran lumineux leurs doigts , transformés en une apparition quelque peu macabre.
Somme toute , grand succès de curiosité pour ce théâtre éminemment fin de siècle que tout Orléans ira voir.


Le Journal du Loiret, 12 juin 1898, p. 2

En réalité, Grenier dispose depuis 1896 d'un chronophotographe Gaumont, modèle 60 mm, mais il a fait l'acquisition depuis peu d'un autre appareil, très probablement le "biographe français" commercialisé par Léar, qui permet de projeter des vues en 35 mm. En revanche, nous ne disposons pas d'informations relatives au répertoire de films.

1899

Le cinématographe de la Société de Saint-Vincent (Rue du Château-Gaillard, 9 juillet 1899)

C'est à l'occasion de la kermesse annuelle de la Société de Saint-Vincent, qui se tient le 9 juillet, qu'un cinématographe participe aux festivités. Il semble être sous la direction de M. Caroly :

Société de Saint-Vincent
La grande kermesse annuelle de la Société de Saint-Vincent sera donnée, dimanche prochain, au siège social, 15, rue du Château-Gaillard, à deux heures.
Voici l'alléchant programme de cette fête qui ne manquera pas d’attirer la foule des spectateurs : Théâtre des Nouveautés, tableaux vivants, mise en scène des plus beaux chefs-d'œuvre de nos artistes français.
Eden Théâtre, sous la direction de M. Caroly, membre de l'Académie de prestidigitation de Paris. Pour la première fois, séances de cinématographe.
Théâtre de la Jeunesse, comédies, chansonnettes, etc.
Promenades en barques sur le lac. — Bataille de fleurs et de confetti. — Joutes sur l'eau par les jeunes canotiers de la Société. — Exposition de fleurs dans le jardin. Grand Bazar de la Charité où seront vendus, au profit de l'Œuvre des Jeunes gens et de l’Externat des Frères de la paroisse, tous les objets qui ont été offerts. — Plusieurs lots de valeur, dont une montre en or pour dame, seront mis en tombola. — Tirage de la tombola à 9 h. ½.
Tir à la carabine, avec primes pour les meilleurs tireurs. — Roues de la fortune. — Massacre des innocents. — Loterie d’animaux vivants. etc. — Promenades à ânes et à poneys. — Buvette. — Pâtisserie (Consommations de premier choix ).
Fête de nuit. — Illumination générale de la kermesse à l'acétylène. — Retraite aux flambeaux. — Feu d'artifice — Dans le cours de la soirée : Feux d’eau sur le lac.


Journal du Loiret, Orléans, 8 juillet 1899, p. 3

1900

Le Théâtre Électrique Grenier (Champ de Foire, 1er-21 juin 1900)

Pour la foire du Mail, Ernest Grenier revient présenté ses nouveautés. Cette année, ce sont les " visions artistiques ". Il offre également des vues avec son biographe :

Le théâtre électrique Grenier
Ce magnifique théâtre, que tout le monde a visité à Orléans en 1898, nous revient cette année. Il est installé en face la photographie Dubreuil. Théâtre de société et de famille, il renouvelle ses attractions et de nouvelles visites s’imposent. Elles ne sont pas moins amusantes et instructives que les premières. On y admire les superbes projections animées à transformations et les changements à vue, les rayons X du docteur Rœntgen, les tubes de Geissler et surtout la cage mystérieuse et les véritables visions d'art que M. Grenier sera le seul à présenter.
Les visions d’art ne sont pas des photographies animées : c’est une grande nouveauté que nous ne pouvons décrire maintenant. Le théâtre Grenier est des plus confortables : il est le seul autorisé par la grande Société américaine des mutoscopes à présenter le biographe, le dernier perfectionnement de la cinématographie, sans trépidation ni scintillement.
Le programme sera changé tous les deux jours. A chaque séance, plus de 400 mètres de photographies animées de vues de l'Exposition, des monuments étrangers, du vieux Paris, etc…, etc…, seront déroulés.
On y verra également La procession de Jeanne d'Arc du 8 mai dernier, d'une netteté incomparable, l'inauguration au nouveau cimetière du monument élevé à la mémoire des soldats morts aux colonies, le défilé des sociétés reproduit en grandeur naturelle.
Débuts, ce soir vendredi, à 8 h ½.


Le Journal du Loiret, Orléans, samedi 2 juin 1900, p. 3.

On peut remarquer que parmi les vues animées proposées, trois films concernent des événements locaux : La Procession de Jeanne d'Arc, L'Inauguration au nouveau cimetière du monument élevé à la mémoire des soldats morts aux colonies et Le Défilé des sociétésVers le milieu de la foire, l'établissement propose une Passion dont on ignore l'origine :

Théâtre Grenier
Ce soir, à 8 h 1/2, soirée de gala. Le programme comprendra, en plus de la série ordinaire des vues : 12 tableaux des principales scènes de la vie du Christ, scènes en couleurs d'après le système de la photographie des couleurs.
Deux séances : 8 h 1/2 et 9 h . 1/2.


Le Journal du Loiret, Orléans, samedi 9 juin 1900,  p. 3.

Finalement l'établissement va rester quelques jours après la fin de la foire :

Grand Théâtre Grenier
M. Grenier prévient le public qu'il prolonge son séjour à Orléans jusqu'à jeudi, afin que tout le monde puisse voir ses magnifiques visions d'art dont il est le seul propriétaire.


Le Journal du Loiret, Orléans, lundi 18 et mardi 19 juin 1900, p. 3.

Le Grand Biorama de Charles Schram (Foire du Mail, [1er]-[15] juin 1900)

C'est le forain Charles Schram qui est propriétaire du Grand Biorama. Il s''installe pour la Foire du Mail à Orléans à partir du 1er juin pour une quinzaine de jours :

Le Biorama
Comme nous l’avons annoncé ces jours derniers, un établissement cinématographique très important, le Biorama, figurera parmi les plus intéressantes attractions de notre foire du mail. Il sera situé le deuxième parmi les grands établissements forains et sera le seul cinématographe reproduisant les fêtes de Jeanne d'Arc du 8 mai dernier en photographies animées.
Il ne pourrait donc y avoir confusion dans la désignation de l'établissement dont le nom de Biorama est la propriété exclusive. Personne ne confondra le cinématographe qui sera le seul à reproduire nos fêtes dernières, reproductions qui ont obtenu un grand succès à Tours, d’où le Biorama nous arrive en droite ligne.


Le Journal du Loiret, Orléans, 31 mai 1900, p. 3.

L'intérêt est surtout centré sur les vues locales qui ont été prises lors des Fêtes de Jeanne d'Arc, même si le film - ou bien un autre similaire - est présenté par l'autre forain, Ernest Grenier. Pour le reste, la presse reste discrète.

1901

L'American Electric Palace d'Étienne Sabatier (Salle des Fêtes, 23-24-/26 janvier 1901)

Le tourneur Étienne Sabatier arrive à Orléans pour présenter son American Electric Palace pour trois jours : 

American Electric Palace
Le plus grand cinématographe du monde
On annonce l'arrivée prochaine, à Orléans, du plus grand des théâtres de vues animées qui voyagent à travers le monde.
Son spectacle est composé d'une série de vues variées à l'infini dont le plus grand nombre sont fournies par des événements récents : La guerre du Transvaal, vues prises sur les lieux de combat-Le président Krüger, visites à l'Exposition, etc., etc.
Les débuts de cette intéressante attraction, qui fera courir tout Orléans, auront lieu à la Salle des Fêtes, les mercredi et jeudi 23 et 24 janvier et samedi 26, pendant toute la durée de la Kermesse au profit de la Ligue contre la Tuberculose.


Le Journal du Loiret, 14 janvier 1901, p. 3.

La presse locale ne confirme pas par la suite la présente effective de l'American Electric Palace à Orléans.

Le Royal Bioscope (Champ-de-Foire, [1er]-[15] juin 1901)

C'est à l'occasion de la foire de juin ou du Mail qu'un établissement forain, le Royal Bioscope, propose des projections animées :

Un des plus intéressants établissements de la foire ou les distractions ne manquent pas : le Cinématographe géant, avec ses palpitantes actualités ; la Seleck machine parlante, la plus puissante et de la dernière invention ; les gymnasiarques Poulmarck, les Visions lumineuses de l'Exposition, la signorita Pascalina Chromos , etc.
Et, désireux de donner plus d'éclat encore à ces brillantes représentations, l'habile directeur du Royal Bioscope vient d'engager Plessis, l'inimitable Plessis, l'homme aux 30 têtes, dont la réputation est universelle. Plessis débutera prochainement : nous donnerons à nos lecteurs la date de ces sensationnels débuts.


Le Journal du Loiret, Orléans, 3 juin 1901, p. 3.

Le Théâtre électrique Grenier (Champ-de-Foire, [1er]-[15] juin 1901)

Le forain Ernest Grenier est un habitué de la foire d'Orléans et la presse annonce son retour :

Théâtre électrique Grenier
Le théâtre électrique Grenier nous revient cette année avec une foule d'attractions nouvelles. Nous en reparlerons prochainement. Nul doute qu'il ne retrouve auprès les Orléanais le magnifique succès qu'il a obtenu à son dernier séjour.


Le Journal du Loiret, Orléans, jeudi 30 mai 1901, p. 3.

Le succès est au rendez-vous si l'on en croit la presse. Quant aux films, leur origine est difficile à déterminer :

Les premières séances du théâtre Grenier ont été données avec un plein succès et le public a suivi avec le plus vif intérêt les magnifiques reproductions en grandeur naturelle et en couleurs de son splendide biographe. Nous y avons vu, avec curiosité, se dérouler notre cavalcade de la mi-carême, une longue suite de vues animées de l’Exposition, les funérailles de la reine Victoria, etc., etc. Le spectacle est complètement modifié tous les deux jours. M. Grenier commence ce soir une de ses plus jolies reproductions : la chasse à courre. On passera une bonne soirée au théâtre Grenier.


Le Journal du Loiret, Orléans, 3 juin 1901, p. 3.

1902

1903

Le Théâtre électrique Grenier (Champ de foire, 1er juin-21 juin1903)

Ernest Grenier revient fréquemment à Orléans à l'occasion de la foire du Mail. Cette année, malgré les nouveautés annoncées, l'accent va être surtout mis sur la programmation :

Théâtre Grenier
Parmi les nombreuses attractions que nous offrira, cette année, notre foire du Mail, il nous faut signaler tout particulièrement le théâtre Grenier, qui a laissé de si bons souvenirs à Orléans.
Se conformant à sa devise : " Toujours du nouveau ", M. Grenier nous arrive cette année avec de nouveaux perfectionnements apportés au cinématographe.
Le spectacle comprendra un certain nombre de chefs d'oeuvre et de curieuses découvertes scientifiques.
C'est donc un délassement agréable en même temps qu'instructif, que nous présentera M. Grenier. Cela suffît pour que tout le monde veuille assister à ces séances qui, chaque soir seront données au théâtre Grenier.
Le Journal du Loiret, Orléans, samedi 30 mai 1903, p. 3.

Les films sont très variés et appartient à différents éditeurs. Le suivant article rend compte de la réaction du public, à moins qu'il ne s'agisse d'un texte direction écrit par Grenier lui-même :

Théâtre Grenier Dans ce coquet établissement qu’est le théâtre Grenier, on passe d’excellentes soirées.
M. Grenier s’est spécialisé avec le cinématographe et il a obtenu de ce merveilleux instrument une telle précision que les scènes animées qu'il représente sont parfaites à tous les points de vue.
Ces derniers jours, on y représentait le voyage du roi Edouard VII à Paris. Les scènes ont toutes été accueillies par des applaudissements.
M. Grenier change tous les deux jours le programme : c’est une invitation aux amateurs de ce genre de spectacle de se rendre très souvent, à cet établissement et nous ne doutons que nos concitoyens, qui ont pu déjà apprécier l’excellence du spectacle ne manqueront pas de s'y rendre aussi souvent qu'ils le pourront.


Le Journal du Loiret, Orléans, vendredi 5 juin 1903, p. 3.

Les dernières projections ont lieu le dimanche 21 juin 1903 (Le Journal du Loiret, Orléans, dimanche 21 juin 1903, p. 3).

Répertoire (autres titres) : Spiritisme abracadabrant, La Ferme de Crécy, L’arrosage généralBataille de neigeRepas infernalDéfilé d’automobilesDanse anglaiseMazurka russeDéfilé de dragonsLes petits mendiants de ParisLes Victimes de l'alcool (en 10 tableaux), Un incendie à LondresSaut du mur, par la cavalerie espagnolePassage d’un torrentL’Homme mouche  (Le Journal du Loiret, Orléans, dimanche 7 juin 1903, p. 3), L'arrivée des souverains russes en France, Le château de Frédensborg, Salut au drapeau, Départ des troupes, Cycliste aux grandes manœuvresM. Loubet et le czar au château de Compiègne, L'Idole (en plusieurs tableaux), Le Czar sur la grande route, L'Abeille dans la maisonLondres la nuit, Course de sky en Russie, Ce que l'on voit de mon sixième, L'Homme à la tête en caoutchoucBarbe-Bleue (grande féerie en 12 tableaux et en couleurs) (Le Journal du Loiret, Orléans, samedi 13 juin 1903, p. 3), Voyage du Touring Club de FranceMail-coach au châteauVisite aux grottes du HanMontagnes russes sur l'eauChutes du RhinMad. Bob Walter (scène en couleur), Masques et grimacesChagrin d'amourÉquilibriste anglais (Grande féerie), Le Petit Chaperon-Rouge (en 20 tableaux en couleurs), M. Loubet en Russie (en 20 tableaux) (Le Journal du Loiret, Orléans, vendredi 19 juin 1903, p. 3), Vue unique de la Turquie (en 12 tableaux, pris sur le vif), Le Port de Galata, Panorama de Constantinople, Les Vieilles Tours, Les Vieux Murs de ByzanceThérapia et la mer Noire, Palais d’Asie, Palais d’été du sultan, Défilé des troupes turques, Les Fumeurs de narghilehL’Histoire d’un crime (en 12 tableaux animés), Santos-Dumont et son dirigeable (en 3 altitudes), Pierrot assassin, Le Miracle de la Madone, La Libellule (en couleurs), Danse des MalatgoffMésaventure d’un marin français en Chine, L’Antre des esprits, Les Deux IllusionnistesL’Escadre italienne à Toulon, Panorama des torpilleurs, Visite à l’escadre, Départ des cuirassésDressage des chevaux sauvagesSamson et Dahla (en 12 tableaux) (Le Journal du Loiret, Orléans, dimanche 21 juin 1903, p. 3).

1904

Foire du Mail (juin 1904)

Une annonce publiée par le Journal du Loiret annonce les différents établissements qui s'installent sur le Champ-de-Foire :

Foire du Mail
On annonce, pour la foire de juin, le cirque hollandais Durendren, qui s'installerait sur la place Gambetta.
[...]
Voici, d'ailleurs, la liste des principaux établissements qui s'installeront sur le boulevard, pendant la foire de juin 1904 :
Théâtre Grandsart-Courtois.
Théâtre électrique Grenier.
[...]
Théâtre des attractions modernes (direction du Laar).
Biorama (direction Sckramson).Le Journal du Loiret, Orléans, vendredi 20 mai 1904, p. 3.

Les quatre établissements ont l'habitude de présenter des vues animées comme l'un des numéros de leur spectacle. Pourtant, aucune information ultérieure ne permet de confirmer ou leur présence, ou celle d'un cinématographe.

1905

Le Théâtre Grenier (Champ-de-Foire, 3 juin 1905)

Le théâtre d'Ernest Grenier figure au nombre des loges présentes lors de la foire du mail de 1905. C'est toujours la même devise qu'arbore le forain :

Théâtre Grenier
Les débuts du théâtre Grenier auront lieu samedi soir. Le sympathique directeur de ce merveilleux théâtre ne veut pas faire mentir sa devise : « Toujours du nouveau ». Aussi pouvons -nous nous préparer à voir les chefs d’œuvre de scènes cinématographiques et autres attractions scientifiques et amusantes, les plus belles de notre époque. La collection est si grande que le programme changera chaque soir.


Le Journal du Loiret, Orléans, vendredi 2 et samedi 3 juin 1905, p. 3.

Si d'autres années, la modernité a été du côté de la technique, en 1905, ce sont surtout les films qui apportent la nouveauté :

Théâtre Grenier Le Théâtre Grenier est chaque soir, le rendez-vous des Orléanais qui aiment à assister aux représentations toujours intéressantes de cet établissement où le confortable ne le cède en rien au luxe. Son programme est renouvelé chaque soir, et il comporte de très belles scènes de cinématographie, entre autres une magnifique collection de vues animées prises en Suisse pendant la saison des neiges. Il y a là toute une suite de tableaux et de scènes vraiment curieuses et d'une netteté parfaite.
Chaque soir, représentation à 8 h. 1/2 et à 9 h. ½.


Le Journal du Loiret, Orléans, juin 8 juin 1905, p. 3.

Pourtant l'intérêt pour les innovations technologiques reste présent comme le montre l'article suivant qui évoque le tournage d'une série de vues cinématographiques :

Théâtre Grenier Ce magnifique établissement qui semble avoir pour devise : Toujours du nouveau, va représenter la grande collection d’animaux sauvages du Jardin zoologique de Londres. On n’a pu arriver à constituer cette série magnifique qu'après beaucoup de temps et de longs efforts ; c’est avec de la peine et beaucoup de patience que l’on a pu arriver à montrer ces différents animaux dans leurs mouvements naturels. On a même dû construire des appareils spéciaux pour parvenir à une cinématographie certaine, afin de ne pas les effrayer ou ne pas attirer leur attention. Nous pouvons donc recommander cette grande collection absolument unique dans son genre et d’un intérêt soutenu, qui sera don née à toutes les séances de ce soir, 8 h., 9 h. et 10 h. Demain, grand opéra au Théâtre Grenier, Faust et Marguerite, en 35 tableaux en couleurs.Le Journal du Loiret, Orléans, mercredi 14 juin 1905, p. 3.

Après la foire du Mail, le théâtre Grenier semble rester encore quelques jours à Orléans comme l'indique la presse : "Prochainement, clôture" (Le Journal du Loiret, Orléans, dimanche 18 juin 1905, p. 3).

Répertoire (autres titres) : Les Merveilles des profondeurs de l'Océan ou le Royaume des Fées (grande féerie en 3 parties et 35 tableaux entièrement en couleurs), Un grand voyage en Turquie, Le Château et les grandes eaux de Versailles (Le Journal du Loiret, Orléans, dimanche 11 juin 1905, p. 2).

Théâtre des attractions modernes (Champ-de-Foire, [1er]-[18] juin 1905)

Pour la foire du Mail, outre le Théâtre Grenier, un autre forain propose des vues animées. Il s'agit de Jérôme Dulaar, le directeur du Théâtre des attractions modernes qui s'installe sur le Champ-de-Foire pour une quinzaine de jours :

Théâtre des attractions modernes
Le passage du roi d’Espagne aux Aubrais fut un événement pour les Orléanais ; malheureusement, quelques privilégiés purent seuls assister à cette inoubliable cérémonie. Aujourd’hui, grâce à l’heureuse initiative de M. du Laar, propriétaire du Théâtre des attractions modernes, les privilégiés ne seront plus seuls à avoir vu la réception d’Alphonse XIII aux Aubrais. M. du Laar, en effet, a eu l’idée de cinématographier l’arrivée du roi d'Espagne aux Aubrais, les présentations, le défilé devant les troupes, etc.
Ce spectacle, tout de couleur locale, intéressera vivement les Orléanais, qui pourront, par suite du fini des photographies, reconnaître les personnages qui apparaissent en grandeur naturelle.
A côté de cette sensationnelle attraction, le Théâtre des attractions modernes en donne beaucoup d’autres, toutes bien présentées, qui font de son établissement un de ceux que tous les Orléanais voudront voir.


Le Journal du Loiret, Orléans, mercredi 7 juin 1905, p. 3.

L'événement cinématographique est, sans nul doute, la série tournée par Jérôme Dulaar lui-même, à l'occasion du voyage du roi d'Espagne en France et son passage par les Aubrais. La presse, d'ailleurs, n'évoque que cette série dans les jours suivants :

Théâtre des attractions modernes - C’est, chaque soir, une suite ininterrompue de visiteurs curieux devoir la cinématographie du passage d’Alphonse XIII aux Aubrais. La netteté de la photographie permet de reconnaître facilement les personnages qui ont assisté à l’entrevue. Rien que cela suffit pour que tous les Orléanais se rendent au Théâtre des attractions ; mais beaucoup d’autres merveilles y attirent encore les curieux. Tous les soirs, représentation à 8 h. ½ et les dimanches et fêtes, matinées à 3 h.


Le Journal du Loiret, Orléans, mercredi 14 juin 1905, p. 3.

La dernière annonce date du 18 juin (Le Journal du Loiret, Orléans, dimanche 18 juin 1905, p. 3).

1906

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