Henri PLESSIS

(Paris, 1839-Vincennes,1907)

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Jean-Claude SEGUIN VERGARA

Louis, Henri Plessis, fils d'Isidore Plessy et de Jeanne, Françoise Bergette, est né le 21 février 1839 à Paris (8º). Cet enfant du faubourg Antoine, enfant de modestes ouvriers, s'engage à la mort de sa mère dans l'armée. C'est en [1857] qu'il intègre un régiment de zouaves. Il fait ses débuts au Café Vivant, à Marseille, en 1862. Dans les années qui suivent, ce comique excentrique fait le bonheur des scènes marseillaises, lyonnaises, parisiennes... Il figure aux programmes de plusiers salles: Alcazar (Paris, 1867), Concerts du XIXe siècle (Paris, 1868) ou l'Eldorado (Lyon, 1869). Il se fait remarquer avec ses premiers numéros : Le Beau gendarme, Le Roi des saltimbanques, L;'Amour dans tous les pays, La Riche nature, Le Cocher et l'fort de la Halle... À la déclaration de la guerre de 1870, il s'engage comme tambour-major. C'est en 1875 qu'il épouse Marie Poirrier (Paris, [1852]-Vincennes, 1904) qui débute comme artiste - "La femme la plus forte du monde" - à l'Eden-Concert de Castellano, en novembre 1881, sous le surnom de Miss Marilla. Quant à Plessy, il retrouve aussi la scène, après la défaite, en France et à l'étranger et fait les beaux jours des scènes parisiennes : Bataclan (1886) où il présente plusieurs spectacles comme Le Musée Grévin,  Le Monde Parisien,  Paris saltimbanque, Les Vieilles moustaches..., Les Ambassadeurs (1888), la Gaîté-Montparnasse (1894) où il triomphe avec son numéro Le Dernier carré de WaterlooLe comique excentrique a même maille à partir avec la censure : 

M. Plessis, le comique de l'Alcazar d'été, fait chaque soir l'imitation des principaux généraux de la première République.
Voulant compléter sa galerie en reproduisant les traits du général Boulanger, et surtout ayant en vue l'actualité, l'artiste, s'il faut en croire le Figaro, s'était adressé au ministre de la guerre pour lui demander l'autorisation que celui-ci lui accorda, mais qu'il s'est vu refuser par la censure.


Le Temps, Paris, 11 août 1886, p. 4.

Son succès s'estompe à la fin du XIXe siècle, même si en août 1902, il participe avec succès à la pièce d'Hervé Gardel, La Demoiselle de chez Maxim's. C'est à cette même époque qu'il tourne plusieurs films pour la maison Pathé.

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Son épouse, Marie Poirrier disparaît le 11 novembre 1904 et Henri Plessis met fin à sa carière, en 1906, avec un dernier spectacle à l'Eldorado. Il décède le 16 novembre 1907, à Vincennes.

Il reste quelques témoignagnes d'époque sur la nature de cet acteur excentrique. Jules Célès écrit ainsi, en 1869, au début de sa carrière, les lignes suivantes:

Henri Plessis a inauguré les types de voyous, de flâneurs, de parias. Dans ce genre de chansons appelé " genre canaille" il a eu d'assez jolis succès avec Oh ! la la ! je suis rien comme y faut ! Le Roi des Saltimbanques, Faut pas tutoyer mon épouse, etc.


Jules Célès, Almanach des cafés-chantants , Brouillet et Coulon, 1869, Lyon/Paris, p. 47

 Un autre journaliste, en 1912, donne de lui un portrait complémentaire :

Doué d'un aplomb phénoménal, d'un bagout de charlatan, Plessis s'exhibait alors dans les cafés-concerto, faisait des tours d'adresse, battait la caisse, jouait de la canne, puis imitait Napoléon et tous ses généraux au moyen de perruques, de postiches et de coiffures diverses. C'est lui qui lançait au public, aptes chaque exercice, son fameux fameux : "Et c'est pas fini !".


Henry Lyonnet, "Henry Plessis", L'Intermédiaire des chercheurs et des curieux, 1912, p. 749-750

 Enfin, son ami Paulus a laissé des mémoires où il évoque la figure d'Henri Plessis.

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[1902]

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1905

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