Georges HATOT

(Paris, 1876-Paris, 1959)

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Jean-Claude SEGUIN VERGARA

Hyppolyte, Hélénus Hatot (Bérulle, 09/10/1845-Paris10e, 28/01/1905) épouse Anne, Maria, Françoise Hacquard ([1850]-). Enfants :

  • Georges, Alphonse Hatot (Paris 10e, 22/12/1876-Paris 15e, 14/08/1959) épouse (Rome, 22/12/1919) Blanche Lemoine.
  • Gabrielle, Thérèse Hatot (Paris 10e, 16/07/1878-) épouse (Clichy, 19/06/1913) Joseph, Augustin Perrenaud.
  • Félix, Henri Hatot (Paris10e, 12/10/1879-)
  • Jacques, Maurice Hatot (Paris10e, 30/08/1880-) épouse (Paris10e, 08/08/1908) Cécile, Marie, Louise Suscillon
  • Camille, Mathilde Hatot (Paris10e, 12/03/1882-Paris10e, 16/02/1884)

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Il fait ses études primaires à l'école communale Colbert (27, rue Château-Landon) à Paris. Il travaille ensuite aux Halles dans une factorie de beurre (pavillon nº 10). Élève-comédien au théâtre de la Villette (1890-1891), il fait ses débuts dans une revue de Maxime Lisbonne, figure connue du Paris de la Commune, ancien propriétaire de cabarets comme "Les Frites Révolutionnaires" et nouveau propriétaire de la salle. Il abandonne le théâtre et rentre chez un banquier, M. Brun, pour 30 frs par mois. Peu après, il revient sur les planches, aux Bouffes du Nord (1892-1893), sous la direction d'Abel Ballet. Au théâtre Moncey (1894-1896), il joue dans Madame Sans Gêne, Sabre au clairLe Régiment et dans le répertoire Champignol. Il fait la rencontre de Gaston Breteau, en 1894, au Théâtre des Menus Plaisirs. Au retour d'Allemagne du metteur en scène, Antoine, qu'Hatot a connu au Théâtre Libre, les deux amis tentent leur chance et rentrent à l'Odéon comme chefs de figuration, en 1895-1896. Ils touchent, chacun d'eux 50 ou 60 francs, par tête de figurant. Il leur arrive de jouer dans des pièces, comme dans Plutus (1896) d'Aristophane. 

Lumière (août/septembre 1897)

Si au cours de l'année 1896, le cinématographe Lumière a privilégié pour l'essentiel les vues générales (documentaires), l'année 1897 voit se développer les genres. Pour ce faire, une équipe, dirigée par Alexandre Promio, se retrouve à Paris où des vues " historiques " vont être tournées en août-septembre 1897. Georges Hatot et Gaston Breteau s'adressent à Mme Lafont, directrice du Grand-Café et du Cinéma de la Porte St-Martin, pour proposer leurs services. Voici comment s'organise l'équipe qui va donc tourner toute une série de films pour Lumière :

Hatot et Brotteau [sic] [...] apportaient le sujet, les acteurs, la mise en scène, le jeu, les décors, les costumes. Mme Lafond [sic] donnait l'opérateur, la pellicule, les développements.


Cinémathèque Française, Georges Hatot : notes pour la CRH, CRH63-B3

Georges Hatot et Gaston Breteau vont être conduits, comme des terrassiers, à niveler un terrain, impasse Montfaucon :

M. LANGLOIS : C'était où, à Montmartre ?
M. HATOT : Maintenant, ça s'appelle rue Édouard Pailleron. Cela s'appelait impasse Monfaucon [...]. Dans le fond de l'impasse Monfaucon, était une vacherie et le vacher avait affermé toutes les vieilles buttes pour faire paître ses vaches. Comme moi j'étais du quartier, quand on a demandé s'il fallait tourner alors, j'ai été trouver le copain vacher. Il m'a répondu : " prends ce coin-là. " C'était le coin qui touchait au mur. C'est là que nous avons nivelé le terrain. On pouvait fermer la porte, parce que pour rentrer dans les buttes, il y avait une porte. Notez que tous les gosses du pays sautaient par-dessus les murs pour venir jouer dans les vieilles buttes. Ils sautaient en maraude.


Cinémathèque Française, Les Débuts du Cinéma, Souvenirs de M. Hatot, 15 mars 1948, p. 18.

C'est en effet au 12, impasse Montfaucon que se trouve la laiterie " Courson ". Georges Hatot est encore un tout jeune homme de 20 ans. Avec son complice Breteau, il se charge également de trouver des décors et des costumes pour les tournages qu'ils récupèrent dans une brasserie-concert, le théâtre des Fantaisies-Nouvelles (32, boulevard de Strasbourg, Paris 10e) :

Nous avions les décors du théâtre des " Fantaisies Nouvelles " qui venaient avec des voitures à bras. C'était Beauvais qui traînait avec la voiture à bras et qui était souffleur de l'Odéon c'était un ancien cabot. On montait les décors. Pendant ce temps-là, on allait cherche les costumes. Les acteurs arrivaient. On les habillait. Notez que Breteau comme moi, nous ne savions pas ce que nous faisions. Nous ne savions pas ce qu'était l'intérieur de l'appareil. Après, Breteau, s'est très bien éduqué.
[...]
Le plus drôle, c'est qu'à ce moment-là avec Lumière, j'ai gagné de l'argent. " Tournez, tournez " disant Premiot [sic]. Pour ce qu'on payait les décors, les costumes, j'avais été payé 800 Frs. Il m'en restait beaucoup. C'est moi qui ai fait les dernières cartouches.


Cinémathèque Française, Les Débuts du Cinéma, Souvenirs de M. Hatot, 15 mars 1948, p. 18 et p. 28.

Hommes à tout faire, Georges Hatot et Gaston Breteau se forment ainsi aux différents métiers du cinématographe naissant, des sortes de " régisseurs " comme l'écrit lui-même Hatot. Tout cela se fait sous la responsabilité d'Alexandre Promio. L'équipe ainsi constituée, avec l'aide d'acteurs occasionnels, va réaliser quelques films de reconstitution historique dont La Mort de Marat, qui vont plaire aux patrons de Monplaisir :

Quand on a fait ces trois films-là, c'est Messieurs Lumière qui les avaient reçus. Cela leur a beaucoup plu. Lumière a dit : " Dites-leur de faire du comique ". J'ai donc tourné : " les colleurs d'affiches ", " Les Tribulations d'une concierge ", " L'Infirmerie au régiment ", et là Lumière m'a fait dire : " nous allons passer par Paris. Je vais voir vos baladins " avait-il dit à Madame Lafond. Nous allons attendre le retour de Bromiaud [Promio] qui était en Russie ? Quand Bromiaud (Promio) est arrivé, il disait "on tourne demain ". Je lui répondis : " non, après-demain " Moi, il m'en faut. Faites en trois, quatre tous les jours. Nous ne demandions que cela parce ça nous rapportait. On tapait là dedans.


Cinémathèque Française, Les Débuts du Cinéma, Souvenirs de M. Hatot, 15 mars 1948, p. 17.

On peut estimer à plus de 25 films le nombre de vues animées tournées par l'équipe dirigée par Alexandre Promio, au cours de cette période. Quant à Georges Hatot, il est appelé sous les drapeaux et rejoint son corps, le 128e régiment d'infanterie, le 13 novembre 1897.

Gaumont ([avril]-[octobre] 1898)

Par rapport à Lumière, le Comptoir Général de la Photographie est, alors, en retard en termes de production cinématographique et ne dispose pas d'un réseau d'opérateurs à l'instar de la maison de Monplaisir. Léon Gaumont est donc en quête de collaborateurs disposés à tourner des films pour lui. C'est à l'occasion d'une permission obtenue par Georges Hatot, vers les mois d'avril-mai 1898, que Gaston Breteau lui propose de rencontrer Gaumont afin de signer un contrat. Si l'on en croit Hatot, cet accord peut être conclu parce qu'il s'engage à verser une somme de 2000 frs :

M. HATOT : Quand Gaumont a fait les premiers films, voici comment ça s'est passé : j'étais au régiment et j'ai obtenu une permission de 30 jours, ayant fait déjà dix [sic] mois. Breteau vient me voir et me dit : " Si vous voulez, il y a une affaire à faire avec Gaumont. " 
- Qui est Gaumont, lui répondis-je ?
- " C'est une maison qui veut faire du Cinématographe, c'est un photographe, un marchand d'appareils photographiques.
- Allons le voir.
Nous allons chez Gaumont rue St Roch, où Mlle Alice était la dactylographe dans un bureau de Gaumont. Elle ne s'occupait pas de cinéma.
Mme MUSIDORA : Vous êtes le premier acteur de métier arrivant dans le Cinéma.
M. HATOT : Gaumont dit : " moi je ne veux pas mettre d'argent. " Breteau était toujours fauché. Qu'est-ce qu'il faudra faire. " Nous allons étudier l'affaire avec Breteau. " J'ai étudié l'affaire avec Breteau. Dans ce programme, nous pouvions faire avec 2000 Frs. J'ai dit : " je verse les 2000 Frs. " Et nous avons commencé. Quand ma permission de trente jours a été terminée, il a fallu que je reparte. Breteau était resté seul. 


Cinémathèque Française, Les Débuts du Cinéma, Souvenirs de M. Hatot, 15 mars 1948, p. 21.

Il est probable que pendant cette période le tandem Hatot-Breteau tourne plusieurs vues. Il semble pourtant que la situation se complique, à partir du moment où ils demandent une sorte d'exclusive comme l'indique le courrier suivant que leur envoie Léon Gaumont :

4 juin 1898
Messieurs Comy, Hatot et Breteaux, aux bons soins de Monsieur Dobigny, 252 r. du fg. Sat. Martin, E.V.
Nous venons vous accuser réception de votre lettre du 28 mai, nous sommes d'accord sauf toutefois sur le point suivant que vous avez cru devoir ajouter & qui ne figure pas sur les premières conventions que vous avez signées & dont je tiens les originaux à votre disposition.
Vous nous demandez maintenant en effet de nous interdire de faire exécuter des bandes cinématographiques ; scènes de genre par exemple, sans votre concours. En tant que Maison d'Édition nous ne pouvons absolument pas accepter cette réserve que nous n'aurions même pas discutée si vous nous en aviez parlé au début de vos visites lorsque vous êtes venus nous proposer vos scénarios.
Avant d'aller plus loin soyez assez bons de nous dire par courrier que vous reconnaissez le bien fondé de la présente & que nous nous en tenons à nos premières conventions.
Dans l'attente de vous lire, recevez, Messieurs, nos salutations empressées.
L. Gaumont & Cie.


Corcy, p. 341-342

C'est probablement à la suite de ce différend que Gaston Breteau va accepter la proposition que lui fait Alexandre Promio de tourner une Passion. Plusieurs autres films vont d'ailleurs être tournés comme Poursuite sur les toitsMais Breteau, qui n'est pas un très bon gestionnaire, ne respecte par les termes du contrat. Georges Hatot, qui a été mis en disponibilité le 21 septembre 1898, est de retour à Paris et doit accepter, compte tenu des circonstances, ce que lui impose Léon Gaumont :

Gaumont qui avait un contrat est venu faire le constat ce qui fait que quand je suis arrivé du régiment, j'avais un procès. Je vais voir Gaumont. Je lui dis " Je ne suis pas responsable puisque je n'étais pas là. " Il me répond : M. Breteau a signé avec vous.
- Arrangeons-nous, répondis-je.
- Bien, dit-il, on va en rester là, mais vous allez me faire six comiques et la Passion.
J'ai retourné la Passion pour Gaumont, je lui ai fait six comiques et puis on a rompu le contrat. On a rompu le contrat parce que j'avais eu une pique avec Mlle Alice. Déjà elle voulait s'occuper de tout ce que l'on disait. Cela m'énervait. Et dans un geste d'impatience, je lui dis : " Vous n'avez pas de chaussettes à raccommoder ? " Gaumont est devenu rouge. Il s'est dit : " C'est un type dont il faut que je me débarrasse. "


Cinémathèque Française, Les Débuts du Cinéma, Souvenirs de M. Hatot, 15 mars 1948, p. 22.

Les films comiques dont il est question sont, très probablement, des plagiats des vues animées tournées pour Lumière, ainsi Les Cambrioleurs, "remake" de Poursuite sur les toitsC'est ainsi qu'au bout d'une collaboration d'environ six mois avec le Comptoir Général de la photographie Gaston Breteau et Georges Hatot y mettent un terme et se séparent en septembre ou octobre 1898. C'est vers cette même époque que Georges Hatot va travailler pour Léon Langlois, un photographe parisien qui s'intéresse très brièvement au cinématographe : 

M. HATOT : Langlois était photographe Boulevard de Strasbourg. Ils étaient deux photographes qui se sont mis à faire du Cinéma. J'en ai fait un pour Langlois. C'est un nommé Debetz [sic] qui était rue St Honoré, la boutique face au nouveau cirque. Langlois a fait quelques films. Il s'est arrêté tout de suite.


Cinémathèque Française, Les Débuts du Cinéma, Souvenirs de M. Hatot, 15 mars 1948, p. 23.

 Alors que Gaston Breteau va se retrouver chez Pathé, Georges Hatot met, pour un temps, sa carrière cinématographique entre parenthèses. 

Loin du cinématographe ([octobre] 1898-1903)

Son départ du monde cinématographique ne va pas se faire sans difficulté. En 1899, il travaille à la Porte des Ternes sur l'emplacement de Luna Park, au théâtre Géant Colombia. L'année suivante, il rentre à l'Hippodrome où il monte Vercingétorix (10 mai 1900) de Victorin Jasset, une pantomime à grand spectacle dont la scène finale comporte 1180 figurants. 

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Phot. Paul Boyer, Vercingétorix à l'Hippodrome, 29 juillet 1900
L'Instantané, Supplément illustré de la revue hebdomadaire, 3e année, nº 38, 2e semestre, 18 août 1900

Il diversifie sa carrière en réglant des spectacles publics comme la cavalcade de la Mi-Carême (Paris, 1902) ou celle du Boeuf Gras (Paris, 1905). Il retrouve également André Antoine de septembre 1900 jusqu'à la fin de la saison 1906. Il semble être revenu, très brièvement, au cinéma, vers 1903 ou 1904 :

M. HATOT.-J'ai recommencé en 1903 ou 1904.
Mais je n'ai pas pu continuer, parce que j'avais un contrat. C'est l'année où Buffalo Bill était à Paris avenue de Suffren. J'avais signé un contrat avec un nommé Elschler qui avait loué le Vélodrome d'Hiver. Nous avons monté deux spectacles, " Le carrousel militaire ". Ce n'était pas mal. " La Pantomine " [sic], avec un (valet qui s'appelle) Tournoi. Comme j'ai été engagé, je n'ai pas pu rester chez Pathé. Et à ce moment-là, ça ne m'intéressait pas beaucoup, parce qu'il n'y avait pas beaucoup d'argent à prendre. Quand je suis revenu au Cinéma, c'est que j'avais senti qu'il y avait de l'argent à gagner.


Ibid., p. 19

Le spectacle de Buffalo Bill est présenté à Paris, en mars-avril 1905. C'est après cette collaboration qu'il rejoint la maison Pathé.

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Buffalo Bill à Paris (1905)
© Buffalo Bill Center of the West

Retour au cinéma chez Pathé (1905-1906)

C'est donc au bout de presque sept ans que Georges Hatot va donc retourner travailler pour le cinéma. Cette fois-ci, il rentre chez Pathé, déjà à cette époque, la maison de production la plus importante. Lorsqu'il arrive c'est Ferdinand Zecca qui est principal responsable des questions cinématographiques. Il est aussi l'un des principaux metteurs en scène. En réalité, c'est Gaston Breteau qui est le plus ancien dans la maison : " C'est lui qui a ouvert le feu chez Pathé " (Ibid., p. 5). L'arrivée de Lucien Nonguet est à situer en 1902.

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Georges Hatot chez Pathé (1905-1906)
© Collection particulière

L'arrivée de Georges Hatot va permettre de consolilder une production déjà très importante. Dans la maison Pathé, chaque metteur en scène organise son travail et c'est le lundi matin que, sous la responsabilité de Charles Pathé, tous se réunissent pour savoir les oeuvres qui vont être tournées. Parmi ces metteurs en scène, on retrouve Victorin Jasset que Georges Hatot a fait rentrer chez Pathé. En quelques mois, Georges Hatot va tourner une vingtaine de films, mais il semble que les relations avec Ferdinand Zecca se soient vite dégradées comme il le rapporte dans ses souvenirs :

M. HATOT : [...] Du reste, mon départ de chez Pathé, c'est une histoire avec Zecca. Il y avait un malheureux qui s'appelait Nolo. Nolo était un ancien premier rôle de province. C'était un pauvre bougre qui tournait tout le temps à Montreuil. On l'a mis en quarantaine, parce que quand une tête ne lui plaisait pas, Zecca la mettait en quarantaine. Je connaissais Nolo. Un jour il vient me trouver. Il me dit : " je ne tourne plus à Montreuil ". Il avait une femme et une petite fille. Un jour Zecca vient me trouver au polygone et me dit : " dis donc, tu as Nolo avec toi ". " Tu sais qu'il était à Montreuil. Il est bien convenu que tu ne prends pas le personnel de Montreuil à Vincennes. " Je réponds : " Oui, c'est convenu et puis, je prends à part Zecca et je lui dis "Nolo n'a pas tourné, il a une femme et un gosse."
Oui, mais enfin, nous voulons respecter les conventions avec Zecca, Nonguet et moi. Ils ne prenaient pas mes acteurs et moi je ne prenais pas les leur. A ce moment-là, survient un petit anicroche entre moi et Zecca. Je lui dit : "dis-moi que Nolo a fait quelque chose qu'il n'aurait pas fallu faire ; dis-moi que Nolo n'est pas venu, a posé un lapin, vous a fait perdre de l'argent, a été impoli a été mauvais pensionnaire et il ne tourne plus avec moi. Mais s'il n'a rien fait de tout cela, il faut qu'il mange. "
Et à partir de ce jour-là, Zecca a fait un travail souterrain pour que je sorte de chez Pathé.
À ce moment-là, j'avais fait venir Jasset chez Pathé. Jasset était un homme d'une autre classe, qui certainement ne pouvait pas s'accorder avec la mentalité d'un Zecca, c'était un homme de talent, un dessinateur de costume. Il était l'auteur de " Vercingétorix " et directeur à l'ouverture de l'Hyppodrome qui est devenu depuis le Gaumont Palace. Jasset n'a pas plu. On lui tirait toujours dans les pattes, et pour m'attraper, on a traqué aussi Jasset, à telle enseigne, qu'un jour Jasset est parti.


Cinémathèque Française, Les Débuts du Cinéma, Souvenirs de M. Hatot, 15 mars 1948, p. 6-7.

Et après... (1906-1959)

Georges Hatot va donc quitter Pathé pour la société Urban - qui deviendra l'Éclipse - où il est responsable de l'ensemble de la production et le seul metteur en scène de films, entre 1907 et 1908. Il réalise ainsi plusieurs centaines de films. Après avoir abandonné (1908) la direction de la production de l'Éclipse, il fonde sa propre société de production, Le Lion où il poursuit sa carrière de réalisateur. En parallèle, Georges Hatot ouvre un laboratoire "Le Film Négatif", en collaboration avec M. Campi, le directeur de la Banque Générale d'Épargne. Il fournit en pellicule les maisons Éclair et Pathé. Il continue sa carrière de cinéaste, dans des productions indépendantes jusqu'à la première guerre mondiale. Il est placé aux services auxiliaires pour obésité, puis en sursis au titre de secrétaire de l'Infant don Antonio d'Orléans (1866-1930), du 19 mars 1918 au 12 mars 1919. Il réalise son dernier film, La Loupiotte, en 1922 :

M. Georges Hatot a commencé la mise en scène de La Loupiote [sic] de MM. Arthur Bernède et Aristide Bruand. Il a engagé pour les principaux rôles MM. Sutty (Petit Pois) ce joyeux et gros garçon que l'on appelle, tant la ressemblance est frappante avec l'artiste américain, le Fatty français ; Apollon le champion qui débutera à l'écran ; M. Maurice Potgi, l'étincelant Gripesol, de l'Aiglonne, qui sera Papillon ; M. José Gabert ; la petite Régine Dumien ; Mlle Bella Franck et croyons-nous aussi la belle Claude Merelli qui fut Milady de Winter dans les Trois Mousquetaires.


Comoedia, Paris, 14 août 1922, p. 4.

Il est pressenti pour la réalisation du film Les Défaitistes (1924), mais le projet est abandonné. En 1935, il a des démêlés avec la justice dans le cadre de l'affaire Stavisky. Il décède à Paris, en 1959.

Remerciements

Remerciements aux descendants de Georges Hatot.

Archives/Bibliographie 

Cinémathèque Française, Georges Hatot : notes pour la CRH, CRH63-B3.

Cinémathèque Française, Les Débuts du Cinéma, Souvenirs de M. Hatot, 15 mars 1948, CRH52-B2

CORCY Marie-Sophie, Jacques Malthête, Laurent Mannoni et Jean-Jacques Meusy, Les Premières Années de la société L. Gaumont et Cie, Paris, Association française de recherche sur l'histoire du cinéma/Bibliothèque du Film, Gaumont, 1998, 496 p.

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[...]
mois de septembre 97
Première production Ciné pour la maison Lumière - représenté à Paris par Madame Lafont Directrice 1er cine du Grand Café - Boulevard des Capucines et du Ciné Bd St Denis Porte St Martin qui existe encore.
Production. Napoléon et la Sentinelle. La défense du Canon-Assassinat de Marat-Les Tribulations d'une concierge. Les Colleurs d'affiches. L'infirmerie au régiment. La leçon de Boxe-Les dernières cartouches. L'assassinat du duc de Guise. Faust et Marguerite, etc. etc. [...]


Georges Hatot, Lettre à Henri Langlois, s.d., s.i. [1958-1959]

1897

1898

1904

1905

  • Les 400 coups du diable (Pathé)
  • Début d'un chauffeur (Pathé)
  • Le Sonneur de Sainte Gudule (Pathé)
  • [L'Assassinat du duc de Guise (Pathé)]
  • [Napoleón et la sentinelle (Pathé)]
  • La Mission nègre à Paris (Pathé)
  • Cendrillon (Pathé)
  • Dix femmes pour un mari (Pathé)

1906

1907

  • La Course des sergents de ville (Pathé)

1907-1908

  • Le  Chien de l'aveugle (L'Éclipse)
  • Le Cycliste myope (L'Éclipse)
  • Le Poil à gratter (L'Éclipse)
  • Les Pilleurs d'épaves (L'Éclipse)
  • Le Cheval emballé (L'Éclipse)
  • Amour malheureux (L'Éclipse)

1908

  • Résultats des courses (Le Lion)
  • Dévouement de l'institutrice (Le Lion)
  • Jean Chouan (Le Lion)
  • Les Chiens du Mont Saint-Bernard (Le Lion)
  • Enlevé par un aigle (Le Lion)
  • L'Ours s'amuse (Le Lion)

1910

  • La Partie d'échecs de Napoleón

1910-1914

  • Honneur d'officier
  • Salomé
  • La Sorcière
  • Les Débuts en moto

1911

  • Le Médecin malgré lui (Lordier)

1914

  • Les Pardaillans (Mary)

1922

  • La Loupiotte

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Sources

Georges Hatot, Curriculum vitae, manuscrit, [1959] (collection particulière).

Henri Langlois, Lettre, 17 juillet 1959 (Cinémathèque française)

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