Vincent LORANT, dit LORANT-HEILBRONN

(Bruxelles, 1874-Bois-Colombes, 1933)

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© Le Grimh, Collection particuliière

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Vincent Marie Pascal Hercule Lorant, dit Vincent Lorant-Heilbronn, fils de Vincent Marie Lorant (Josselin, 1842-≥1929) et de Jeannette Heilbronn (Rotterdam, 10/07/1842-Chatou, 02/09/1912), est né à Bruxelles, le 13 mars 1874. Vincent Lorant épouse, le 1er août 1903, Lucie, Clémentine Sudry (Paris 11e, 23/12/1876-Houdan, 21/06/1963), à Paris (11e). Il décède à Bois-Colombes, le 28 février 1933.

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Jean-Claude SEGUIN VERGARA

Son père est artiste lyrique, puis régisseur de théâtre et sa mère, une comédienne qui a eu une belle carrière à La Haye, Bruxelles, Amsterdam... Vincent Lorant suit des études classiques au lycée Condorcet et au collège Chaptal, dont il est l'un des premiers lauréats (1888). Il remporte le prix de l'École des Beaux-Arts de Dijon, et plusieurs prix à l'École municipale des Beaux-Arts Bernard-Palissy ou à la Société d'Encouragement à l'Art et à l'Industrie. Il est dispensé, en 1894, du service militaire pour raisons familiales, mais il accomplit, en 1895-1896, une période de formation au 24e régiment d'infanterie. Il est lauréat du Concours général d'État (1894), du Concours international artistique de Monte-Carlo (1901) et de la Société des Artistes français  (1905).Élève du peintre Georges-Antoine Rochegrosse (1859-1938), il travaille sous sa direction pour réaliser des grands travaux de décoration. Parmi ses réalisations personnelles, on trouve l'ornementation du Casino de Nice (1905), du Casino Beau-Soleil à Monte-Carlo, de grandes décorations picturales (figures, paysages, fleurs) à la Brasserie Universelle (av. de l'Opéra, Paris), à la Brasserie Viennoise (boulevard des Italiens), au restaurant l’Hippodrome (1899-1900), au restaurant Chez Angelina (1903), tous les deux à Paris, et de nombreuses décors dans des hôtels particuliers.

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Restaurant l'Hippodrome, Paris au 1-3, rue Caulaincourt, 1899-1900 Photo Giletta, à Nice, Une des salles du restaurant (Casino Municipal)
Le Figaro-modes, nº 37, janvier 1906, p. 14

On lui doit également des décors théâtraux pour le Bon Marché, le High-Life Taylor, la Grande Maison, la Samaritaine...

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V. Lorant Heilbronn
Exposition la Samaritaine, 12 septembre 1904
© Le Grimh, collection particulière
V. Lorant Heilbronn
Au bon marché, 1909
© Le Grimh, collection particulière

Il développe également des activités d'illustrateur pour Jérôme Doucet (Mœurs et coutumes de l'antiquité : Égypte, Inde, JaponPrincesses de Jade et de Jadis), Les Ruines d'Ang-Kor)... Il est aussi un maître de l'affiche : Aéroplane captif Maxim (Liège, 1905), Cycles La Française, Cie des autos et cycles Hurtu, L'Hiver à Pau, Protecteur Néron, Hôtel Negresco, Orezza Source, Salies de Béarn, Affiches Gaillard...

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V. Lorant Heilbronn
L'Hiver à Pau
V. Lorant Heilbronn
Automobiles à Vapeur Gardner-Serpollet

Cette activité d'affichiste, Vincent Lorant l'étend au théâtre : Messaline (théâtre de Monte-Carlo, 1898), Joseph (Opéra de Paris), Le Sire de Vergy (Variétés), Le Capitaine Corcoran (1902), Le Record de Benzinette (1903), mais également au cinéma et la maison Pathé fait souvant appel à lui pour de nombreuses affiches : La Grève (1904), Les Apaches du Far-West (1907), Le Château hanté (1908), Pauvre Toutou (1908), Un drame à la côte d'Azur (1908), La Tour de Nesle (1909), OrphéeLe Roi s'amuse (1909), Dans l'HelladePhèdre (1910), Au temps des Pharaons (1910), Lorenzaccio (1911), Caïn et Abel (1911), Le Siège de Calais (1911), Tarquin le superbe (1911), une intrigue à la cour d'Henri VIII (grand panneau, 1911), Une tragédie à la Cour de Milan (1912), Cendrillon (1912), Le Roi de l'air (1913)...

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V. Lorant-Heilbronn
La Grève (1904)
V. Lorant-Heilbronn
Pauvre Toutou (1908)

Il va réaliser plusieurs Diorama pour l’Exposition de Londres (1908) et celle de Bruxelles (1910). Il a également un projet de diorama pendant la guerre de 1914-1918, "Le Théâtre de la Guerre", qui constituerait, "une série de maquettes de théâtre militaire", et dont on pourrait tirer des cartes postales au bénéfice des œuvres charitables de la guerre.

Outre sa collaboration comme affichiste pour la maison Pathé, il commence à participer comme décorateur pour des films historique ou religieux. C'est en 1904 qu'il réalise son premier film, Christophe ColombSes activités pour la maison Pathé prennent fin en 1908.

Au moment de la mobilisation générale, il rejoint le 17e régiment général d'infanterie. Il est placé en sursis d'appel indéterminé, au titre de la Manufacture de Chaussures Boué à Paris, en décembre 1914. Il a laissé un tapuscrit "Sur l'exploitation du cinéma futur" [1920] où il offre de multiples propositions pour combattre le déclin du cinéma français face au nouveau géant mondial, les États-Unis. Il décède en 1933.

Bibliographie

V., "Lorent Heilbronn", Le Cinéma et l'Écho du cinéma réunis, Paris, 8 août 1913, p. 1.

Remerciements

Nous tenons à remercier les descendants de Vincent Lorant qui ont bien voulu nous communiquer quelques documents et photographies, ainsi que le Service Archives-Documentation de la Ville de Bois-Colombes.

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1901

1902

1903

1904

1905

1907

  • [Décorateur] [Vie et passion de notre seigneur Jésus-Christ (Pathé)]
  • [Décorateur] Ali Baba et les quarante voleurs (Pathé)

1908

  • [Décorateur]: Excursion dans la lune (Pathé)
  • [Décorateur] La Belle au bois dormant (Pathé)

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