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- Mis à jour : 29 décembre 2025
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PARIS
Jean-Claude SEGUIN
Paris, chef-lieu du département de la Seine et capitale de la France, compte 2.536.834 habitants (c. 1894).
Le Cinématographe de la Chambre Syndicale des Débitants de Vins (Hôtel Moderne, 18 février 1903)
La Chambre Syndicale des Débitants de Vins organise son bal annuel le 18 février. Pour l'occasion, un cinématographe présente des vues animées :
[...] Je suis heureux de proclamer que la soirée du 18 février 1903 est digne d'être glorieusement inscrite dans les fastes de notre corporation.
[...]
LE BAL
Je crains bien que l'an prochain les salons de l'Hôtel Moderne soient trop petits, car le bal de la Chambre syndicale a eu un tel succès que très certainement on en parlera pendant longtemps encore.
[...]
LE CINÉMATOGRAPHE
Danseurs ete danseuses désertent pour un moment les salles de bal pour qu'on installe des chaises afin que tous les invités puissent commodément assister à la séance de cinématographe. Et bientôt nous pouvons goûter cette attraction si captivante. Jugez par le programme si nous avons été servis à souhait:
Biagnade de chevaux. Sauts de haies, chevaux en liberté.-Le Shah de Perse à Paris Promenade.-La Catastrophe du ballon de Bradsky.-La table magique.- Les fêtes du couronnement d'Edouard VII, roi d'Angleterre. Grand défilé du cortège. Revue navale.- Ballet des Nations.-Gulliver chez les Lilliputiens et les Géants. Grande féerie avec changements à vue et transformations extraordinaires.-Gymkana.-Les Cyclistes du commandant Gérard aux manoeuvres.-Le Raz Makonen à Paris.-Salut au Drapeau.-Une bonne gamelle.-Une course pressée.-Tribulations d'un réserviste.
N'y a-t-il pas là de quoi satisfaire les plus difficiles ? Et quel meilleur moyen de se reposer les jambes en se délectant les yeux ? Aussi les tableaux à dessein choisis dans les genres les plus divers excitent tout à tout notre admiration, notre curiosité et aussi notre gaieté. Un fumiste, qui a sans doute le culte des plaisanteries vieilles d'un an, s'écrie bien à tue-tête : "Mârrie !" Mais je crois bien que ce n'est pas le même qu'en 1902. Comme les plus beaux spectacles passent vite ! Les cocasses tribulations d'un réserviste prennent fin, les lustres projettent à nouveau la fulgurante clarté de leurs lampes électriques et, le temps de ranger les chaises le long des murs, le bal recommence sans qu'aucune défection se produise.
Bulletin commercial des vins et alcools, Paris, dimanche 22 février 1903, p. 1.
{slider Le Royal Diograph (Moulin-Rouge, 30 avril-juillet 1903)}
C'est à partir du mois de mai que le Moulin-Rouge accueille pour quelque temps un Royal Biograph (sous le nom Royal Diograph). Il ne s'agit pourtant que d'un numéro parmi bien d'autres que l'on présente dans ce music-hall qui s'est rendu universellement célèbre grâce à son " Quadrille naturaliste ". C'est en 1902 que d'importants travaux sont effectués dans l'établissement de Joseph Oller, et le 5 mars 1903, la nouvelle salle est inaugurée. Quelques semaines plus tard, le Royal Biograph fait son apparition pour la première fois :
Ce soir, au Moulin-Rouge, pour la première fois, le Royal Diograph, fera défiler devant les dîneurs du restaurant le voyage du Président en Algérie. Julien, qui est débordé depuis qu'il a pris la direction du restaurant, toute sa clientèle élégante l'a suivi au Moulin-Rouge, ne répond pas des tables après huit heures trois quarts. Aujourd'hui et demain, deux dernières représentations de l'Américain Cook, le désopilant acrobate ; avec à ceux qui n'ont pas encore applaudi l'homme le plus drôle du monde. Le succès fou de Strongfort, l'hercule écrasé en scène par une automobile augmente tous les jours et Miss Noisett et ses trois frères continuent, dans le Cercle de la mort, à faire frissonner la salle.
La Lanterne, Paris, 30 avril 1903, p. 4.
Quelques jours plus tard, d'autres vues sont annoncées :
Au Moulin-Rouge ont lieu, ce soir, les débuts sensationnels de miss Etta, qui vient d'attirer pendant deux mois toute l'aristocratie anglaise à l'Alhambra de Londres. Surnommée la Mme Sans-Gêne du trapèze, nul doute qu'elle n'obtienne à Paris le même succès, au milieu de cette pléiade d’étoiles composée de Lionel Strongfort, l'écrasé quotidien ; miss Noizet et ses frères, créateurs du cercle de mort ; les Napols, les Fitzgerald, etc...
Signalons que, le soir même de l'arrivée d'Édouard VII, le Royal Diograph en offrait la primeur aux dîneurs du restaurant Indien, stupéfaits de ce tour de force. Ce soir, la revue de Vincennes.
Le Journal, Paris, 5 mai 1903, p. 1.
L’appellation " Royal Diograph " n'est sans doute pas une coquille, car Edgard Normandin, le frère d'Ernest Normandin, a déposé la marque " Diograph ", en 1898, pour un appareil chronophotographique. Les vues évoquées Le Voyage du Président en Algérie, L'Arrivée du roi Édouard VII et La Revue de Vincennes sont difficilement identifiables dans la mesure où plusieurs éditeurs de films proposent des titres similaires. Par la suite, très peu d'informations jusqu'au mois de juillet où il est question pour la dernière fois, semble-t-il, du Royal Diograph :
Quel est le music-hall de Paris où l'on voit le plus de jolies femmes ?
Telle est la question que nous voulions poser à nos lecteurs, puisque les concours sont aujourd'hui à la mode.
Mais on nous a très justement fait remarquer qu'il n'y aurait qu'une réponse unanime et que l'établissement désigné d'un commun accord serait le Moulin-Rouge.
Tous les soirs, la jolie Marville, la toute mignonne Ellen Baxone, entourée d'un bataillon de délicieuses misses Cocktail's font acclamer la Belle de New-York, le plus grand succès d'opérette que l'on ait eu à enregistrer depuis vingt-cinq ans.
Après ce merveilleux spectacle, on peut applaudir l'énigmatique Phroso, qui continue tous les soirs à déchaîner l'enthousiasme, et le Royal Diograph.
La Lanterne, Paris, 18 juillet 1903, p. 1.
Répertoire (autres titres) : Le Voyage du Président en Angleterre (La Lanterne, Paris, 16 juillet 1903, p. 3).
{slider Le Cinématographe du docteur Doyen (Nouvelle clinique, 14 mai 1903)}
C'est à l'occasion de l'inauguration de son nouvel Institut de Chirurgie, que le docteur Doyen a invité des membres de la presse parisienne. La nouvelle clinique se trouve rue Racine et tout est parfaitement orchestré et le cinématographe est également à l'honneur :
Le Cinématographe
Dans un coin de la salle, une sorte de logette vitrée et surélevée sert au fonctionnement du cinématographe. Le cinématographe reproduisant des opérations ! voilà une chose que Doyen n'a pu faire « avaler » au public ; l’a-t-on blagué, ce procédé, qui est pourtant l'un des meilleurs que l'on connaisse pour apprendre aux intéressés certaines méthodes opératoires. Avant-hier, dînant à la salle de garde d'un grand hôpital parisien, j'entendais précisément chanter, par un interne, une chanson – très drôle, d'ailleurs, et dont Doyen serait le premier à rire – dont un couplet évoque Doyen opérant, tandis que vingt cinématographes fonctionnent à la fois ! Eh bien ! il faudrait pourtant avertir le public qu'il se montre injuste en faisant peser un discrédit, une accusation de charlatanisme sur l’homme qui eut le premier, l'idée ingénieuse d'enregistrer pour les étudiants d'aujourd’hui et de demain un souvenir exact, complet, visuel enfin, d'opérations qu'il exécute avec une maîtrise unique. Devant ses invités d'hier, Doyen s'est expliqué avec bonne grâce sur ce reproche qui lui tient à cœur, et il nous a tous gagnés à la cause du cinématographe en nous faisant assister à une séance qui reproduisait quelques-unes de ses plus curieuses interventions.
Ces projections nous furent offertes dans une grande salle du rez-de-chaussée, qui sert à la mécanothérapie, à la gymnastique rationnelle. Cette mécanothérapie, c'est-à-dire le traitement par le mouvement, prend aujourd'hui une extension énorme. Que ce soit par le sandow ou par les appareils compliqués comme ceux que nous vîmes hier, chacun désormais s'agite méthodiquement… et voilà que les spécialistes des maladies nerveuses s'accordent eux aussi à préconiser la mécanothérapie à leurs clients.
Auprès de cette, vaste salle de gymnastique on a placé l'installation hydrothérapique. Plus loin, nous trouvons des ateliers où plusieurs ouvriers travaillent en permanence pour les moulages et la fabrication des appareils orthopédiques. La clinique présente en effet cette particularité d'être comme un organisme complet et de- suffire par elle-même à ses besoins elle fabrique même son électricité.
Louis Paillard.
La Presse, Paris, 17 mai 1903, p. 1-2.
L'article, tout à la gloire du célèbre docteur, n'offre pas, comme celui de son confrère du Rappel, la réaction du public qui est pour le moins secoué par ces images fortes :
Puis, après une visite à la salle de photographie, les invités du docteur Doyen assistèrent à une série d'opérations : ablation d'un goitre, d'un rein, résection d'un genou au moyen de la scie circulaire, opération d'une tumeur fibreuse abdominale, amputation d'une jambe et ouverture d'un ventre avec double manœuvre de la table opératoire.
Un peu pâles, les yeux vagues des gens mal à l'aise, ils regardaient, horrifiés... et c'est avec un soupir de soulagement qu'ils virent cesser cette séance de... cinématographie chirurgicale.
Le Petit Parisien, Paris, 15 mai 1903, p. 4
Les projections d'Eugène Doyen laissent rarement indifférent le public souvent non averti et la violence des images, leur " vérité " est parfois insoutenable.
{slider Le Bioscope du Jardin de Paris (Champs-Elysées, <27 juin- [5] septembre 1903)}
Au jardin de Paris, fonctionne le Bioscope à la fin du mois de juin :
Au Jardin de Paris, fraîcheur, gaieté, élégance, voilà ce que trouvent en ce moment les étrangers et Parisiens de marque, sans compter un programme absolument varié et des attractions hors ligne, entre autres le Bioscope, de Ch. Urban, tout à fait intéressant la belle Debauga dans ses poses lumineuses, et les danses de l'American Cake-Walk, exécutées par les meilleurs lauréats des concours de Paris.
Le Matin, Paris, 27 juin 1903, p. 5.
Le Bioscope propose également des vues cinématographiques tournées très récemment :
Au Jardin de Paris, un vrai tour de force a été exécuté par le Bioscope de Ch. Urban; samedi soir il a fait admirer à l'êtégante clientèle, et à 48 heures d’intervalle seulement, la course d’automobiles dite Coupe Gordon-Bonnette 1903, qui a été couru jeudi dernier en Irlande; la série des vues a vraiment intéressé le public qui n’a cessé d’applaudir avec insistance ce merveilleux résultat; c’est le record de célérité d’actualité qui a été gagné par l’Américain Bioseope.
Le Soir, Paris, 6 juillet 1903, p. 3.
En septembre, le Bioscope fonctionne encore :
Le beau temps qui nous favorise en cette flin de saison augmente la vogue du Jardin de Paris, aussi les Parisiens et les étrangers de marque viennent en foule se reposer des chaleurs de la journée, applaudir un excellent programme et goûter, grâce au Bioscope de Ch. Urban, l'illusion d’un vrai voyage en Suisse.
Le Jockey, Paris, samedi 5 septembre 1903, p. 1.
Répertoire (autres titres): Le Voyage de M. Loubet à Londres (La Lanterne, Paris, vendredi 10 juillet 1903, p. 3), La Revue de Longchamp (L'Éclair, Paris, mercredi 15 juillet 1903, p. 4), La Chasse au cerf, L'Ascension du Mont-Blanc (Le Jockey, Paris, samedi 1er août 1903, p. 1), Le Voyage au Canada (Le Jockey, Paris, samedi 22 août 1903, p. 1).
{slider L'American Biograph (Aérodrome de la Porte-Maillot, 20- > 23 juillet 1903)}
Des projections cinématographiques sont organisées à l'aérodrome de la Porte-Maillot à partir du 20 de juillet 1903 :
Aujourd'hui, à l'aérodrome de le Porte-Maillot (Ballon captif), inauguration des projections gratuites en plein air - sur écran de dix mètres carrés - par l'American Biograph du Casino de Paris et du Palace-Théâtre de Londres : Vues uniques et inédites de S. S. Léon XIII au Vatican. Magnifiques panoramas. Programme très varié. Tous les soirs, de 9 à 11 heures (sauf en cas de pluie).
Gil Blas, Paris, 20 juillet 1903, p. 4.
Elles s'interrompent peu après à la suite de la mort du pape :
Par suite de la mort du Pape Léon XIII, les projections de l'American Biograph, de l'aérodrome de la Porte-Maillot, ont été suspendues hier.
A dater de ce soir, reprise des vues uniques et inédites du Pape Léon XIII au Vatican.
Programme très varié, et projections gratuites.
La Presse, Paris, 22 juillet 1903, p. 4.
{slider Le Realgraph du Moulin-Rouge (90 boulevard de Clichy, 23 juillet-31 août 1903)}
Alors que les séances du Royal Diograph viennent à peine de prendre fin, un nouvel appareil, dont le nom Réalgraph a été déposé par le frère d'Ernest Normandin, Edgard Normandin, prend la suite pour continuer à offrir des séances de vues animées. Même si l'annonce suivante paraît à plusieurs reprises, elle ne nous éclaire guère sur la nature de ce nouveau cinématographique, ni sur la qualité des projections :
MOULIN-ROUGE (508-63) D. P., L. -Flers, 8 h.-Phroso. La Belle de New-York. The Realgraph. Restaurant dans la salle et dans le Jardin d'Été.
Le Matin, Paris, 23 juillet 1896, p. 6.
La dernière annonce date du 31 août 1903.
{slider Le Realgraph du Nouveau-Cirque (247 rue Saint-Honoré, 4 septembre 1903-septembre 1903)}
Le Realgraph qui s'installe au Nouveau-Cirque dans les premiers jours de septembre pourrait bien être celui qui quelques jours au préalable a présenté des vues animées au Moulin-Rouge. En tout cas, la presse est un peu plus loquace lorsqu'elle évoque l'inauguration :
RÉOUVERTURE DU NOUVEAU CIRQUE
Hier a eu lieu la réouverture du Nouveau-Cirque de la rue Saint-Honoré, si aimé des Parisiens. La salle, comme d'habitude, offrait un coup d’œil charmant.
M. Houcke, l'habile " manager ", a su réunir une troupe hors de pair, aux numéros comme toujours passionnants.
Citons notamment une grande nouveauté, le " Réalgraph ", d'une précision telle que l'on croirait avoir la réalité sous les yeux. Mlle Blanchet de Paunac mérite bien son nom de " mystérieuse ". Sybille d'une habileté surprenante, ses expériences de télépathie déroutent la raison, et ses réponses instantanées aux questions les plus inattendues confondent l'imagination. Les exercices équestres de Harry et de sa jeune sœur Eva ont fait sensation. Très applaudis aussi, les deux jeunes Patty, équilibristes et jongleurs incomparables.
La belle Américaine, Rita del Erido, la très élégante et très troublante écuyère de haute école, a montré, comme toujours, sa haute intelligence du cheval et sa grâce de femme du monde. Les habitués l'ont revue avec plaisir, et elle a bien justifié l'ovation générale qui a été faite à sa beauté et à son talent. Puis tout un lot de clowns sont venus jeter la note gaie. Au premier rang, Foottit et Chocolat, dont les excentricités ont provoqué le fou rire habituel. Mentionnons encore les Gatty et Jack. Pour terminer le spectacle, nous avons eu des exercices de natation, par des plongeurs extraordinaires.
Cette série d'attractions a obtenu le plus grand succès, et on peut augurer que les représentations se succéderont, très courues et très fructueuses.
Le Matin, Paris, 5 septembre 1903, p. 5.
Combien de temps l'appareil est-il resté au Nouveau-Cirque ? En tout dès le 8 septembre les annonces disparaissent.
{slider Le Realgraph du Ba-Ta-Clan ([26] septembre 1903-[2 octobre] 1903)}
Une nouvelle fois, le realgraph - s'agit-il toujours du cinématographe dont le nom a été déposé par Edgard Normandin, frère d'Ernest Normandin se retrouve dans une salle de spectacles. Cette fois-ci, c'est au Ba-Ta-Clan qu'il présente des vues animées :
A Ba-Ta-Clan [...]
Les vues projetées par le célèbre Réalgraph, qui sont la plus grande attraction de Londres, et dont Ba-Ta-Clan s'et assuré l'exclusivité, ont intéressé au plus haut point.
Le Journal, Paris, 26 septembre 1903, p. 4.
De manière assez exceptionnelle, nous connaissons le titre de quelques vues annoncées dans Le Figaro du même jour :
A Ba-Ta-Clan, au succès de Mme Méphisto, succède celui de la gentille opérette de M. Trébla et Schwoeblé : Cendrillette ou la Culotte merveilleuse. Succès partagé par les interprètres, en tête Mlle Milcent et M. Darthaud, excellents chanteurs doués de jolies voix comme on en rencontre rarement au concert. Puis le "black-américain" Foot Ger's, et la grosse attraction, les merveilleuses vues du Réalgraph, dont Ba-Ta-Clan s'est assuré la propriété : Le magnifique travail des abeilles, les moeurs des serpents, caméléons, etc., etc.
A ce beau programme viendra s'ajouter, le 3 octobre, Inaudi, le prodigieux calculateur.
Le Figaro, Paris, 26 septembre 1903, p. 4.
Le répertoire proposé pourrait évoquer une programmation de vues de la Bioscope Films. Les annonces disparaissent dès le début du mois d'octobre.
{slider L'Urban Bioscope (Théâtre du Moulin-Rouge, <30 octobre 1903)}
En octobre, le théâtre du Moulin-Rouge propose une série de vues scientifiques de la collection Urban :
Le monde invisible
Le théâtre du Moulin-Rouge, à Paris, présente au public un numéro original qui mérite d'être signalé en raison de son intérêt scientifique.
Sous le nom de « Urbain Bioscope et le monde invisible », on fait défiler sous les yeux des spectateurs une série d'études microscopiques cinématographiées, c'estàdire que l'on peut suivre sur un écran lumineux les mouvements d'êtres microscopiques grossis de 10 à 10,000 fois.
Ces vues cinématographiques sont particulièrement remarquables par leur netteté, leur clarté et la grande quantité de détails que l'on peut y distinguer.
Une série de vues permet de suivre les différentes phases de la vie des abeilles dans une ruche; la cinématographie d'une goutte d'eau de rivière avec sa faune et sa flore; une autre série représente un morceau de fromage sur lequel on distingue avec une grande netteté les mouvements des acariens qui l'habitent; signalons aussi la vue cinématographique de la circulation du sang dans les vaisseaux de la palme d'une patte de grenouille; d'autres vues enfin reproduisent les mouvements de différents animaux: insectes, serpents, batraciens, etc.
C'est la première fois, croyons-nous, que l'on est arrivé à cinématographier, avec de tels grossissements, les mouvements des infiniment petits.
Cette nouvelle application du cinématographe pourra rendre de grands services; il sera facile maintenant de présenter à un public nombreux les détails que l'on ne pouvait voir jusqu'à présent que dans le champ d'un microscope.
Journal du Jura, Bienne, vendredi 30 octobre 1903 (supplément), p. 1.
{slider Le cinématographe du Musée Grévin (10 boulevard Montmartre, 28 octobre-> 4 décembre 1903) → 1904}
Le Musée Grévin offre des projections cinématographiques:
Spectacle absolument unique au Cinématographe des Grands Magasins Dufayel, qui détient toujours le record de l'actualité en présentant à ses nombreux spectateurs les plus intéressantes vues prises au cours du voyage à Paris des souverains d'Italie.
Le programme comprend également l'Epopée napoléonienne, grande reconstitution historique faisant l'objet de quatorze tableaux en couleur, ainsi que la Belle au Bois dormant, féerie à grand spectacle en 11 tableaux de couleurs et quantités d'autres scènes comiques et à transformations qui constituent un ensemble parfait.
Le Pays, Paris, mercredi 28 octobre 1903, p. 4.
Les annonces pour pour l'essentiel assez lapidaires :
Musée Grévin. Entrée: 1 fr.-Une réception chez l'empereur Menelick; Bonaparte à la Malmaison; SS. Léon XIII et le cortège pontifical; le journal lumineux par le cinématographe.
La France militaire, Paris, vendredi 4 décembre 1903, p. 4.
Les séances se prolongent l'année suivante.
Répertoire (autres titres): Le Roi et la Reine d'Italie à Paris, tous les épisodes du séjour: Paris, Versailles, revue de Vincennes (La Dépêche coloniale, Paris, 9 novembre 1903, p. 4).
→ 1904
{slider Le Cinématographe Pathé (Salon des Abonnés du Figaro, <6> novembre 1903)}
Le salon des abonnées du Figaro propose des projections cinématographiques :
NOTRE SALON DES ABONNÉS
Aujourd'hui, à cinq heures, dans notre SALON DES ABONNÉS, séance hebdomadaire de cinématographie. En voici le programme : -« Au feu ! » — « Le déshabillé désopilant ».— « Le chien et la pipe ». — « Les éléphants ». — « Croiseurs cuirassés ». — « Statues vivantes ».
Le spectacle se terminera par la nouvelle « Course de taureaux » que vient de faire prendre à Barcelone le Cinématographe Pathé et qui est certainement ce qu'on a fait de mieux jusqu'à présent en vues cinématographiques.
Le piano sera tenu par le compositeur A. Gnocchi, qui a bien voulu nous prêter son concours.
L'affluence des spectateurs a été telle, vendredi dernier, que quelques abus se sont produits. Nous rappelons à nos abonnés et lecteurs que, pour ces séances, il est nécessaire d'être muni de la carte du SALON DES ABONNÉS, qui sera réclamée à l'entrée. Les personnes accompagnant le titulaire d'une carte devront se présenter en même temps que lui au contrôle du Salon.
Nous donnerons d'ailleurs comme d'habitude une séance supplémentaire à cinq heures et demie.
Le Figaro, Paris, vendredi 6 novembre 1903, p. 1.
Les programmes continuent d'être annoncés en décembre :
Notre Salon des Abonnés
Aujourd'hui à cinq heures, séance cinématographique hebdomadaire au Salon des abonnés.
Au programme une curieuse série de scènes fantastiques, dernières créations du cinématographe Pathé : Pierrot mystifié, Cuisine ensorcelée, La Poule merveilleuse, Duel abracadabrant, la Fée des Roches-Noires, etc., de curieux acrobates, les frères Laure, les soeurs Daïneff, etc., etc.
Le Figaro, Paris, jeudi 17 décembre 1903, p. 2.
{slider L'Excelsior Réalgraph de la Gaîté-Rochechouart (décembre 1903)}
L'Excelsior Réalgraph qui offre des vues cinématographiques à l'occasion du Réveillon de Noël a-t-il quelque chose à voir avec le Réalgraph du frère d'Ernest Normandin, Edgard Normandin ? Les rares annonces publiées dans la presse ne nous éclairent guère :
Ce soir, à la Gaîté-Rochechouart, à l'occasion du Réveillon, grande soirée de gala : " Excelsior Réalgraph ". Rentrée de Dalbret. Au programme le Gosse du Miracle, l'amusant vaudeville de Fabrice Lémon et de Marsan.
Le Journal, Paris, 24 décembre 1903, p. 6.
Sans doute, l'appareil n'a-t-il été présenté que le soir du Réveillon, car aucune autre annonce n'est publié par la suite.



























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