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- Mis à jour : 15 septembre 2025
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Lucie CHAPUIS
(Lyon, 1874-Lyon, 1900)
Jean-Claude SEGUIN
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Marie, Lucie Chapuis (Lyon 1er, 21/11/1874-Lyon 1er, 12/02/1900).
Voir la généalogie générale de Narcis, Marius Chapuis
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Les origines (1874-1895)
Le grand-père André Chapuis exerce la profession de tisserand, puis celle de cultivateur à Ruy (Isère) vers le milieu du XIXe siècle. Il est alors l'époux d'Élisabeth David dont il a plusieurs enfants. L'un d'eux Jean André Chapuis va s'installer à Lyon où il demeure lors de son mariage (1873) avec Marie, Lucie Martin. Il exerce la profession d'"employé" lorsque le couple et leur fille Lucie sont recensés au 41, rue du Commerce (1876) où ils habitent encore en 1881, en 1886 et en 1891. La mère exerce la profession de dévideuse et Lucie, celle de cannetilleuse dès 1891 au moins.
Le cinématographe (1896-1897)
Restée à Lyon, alors que ses deux frères Marius Chapuis et Pierre Chapuis sont partis comme opérateur de projection pour le compte de la maison Lumière, le premier en Russie et le second en Italie, elle va entretenir une correspondance nourrie avec eux qui va de juin 1896 à septembre 1897. Dans l'un des courriers de Pierre, ce dernier insiste pour que Lucie et sa mère le rejoignent à Turin où il doit se rendre en novembre 1896 :
Nous allons au moi[s] de novembre aller à Turin et je tourmente Lucie pour qu'elle y vienne [ce] n'est pas loin elle peut faire le voyage dans 1 jou si elle veut et nous irons sur le [Pô] après Turin nous irons peut-être [à] Palerme.
Pierre Chapuis à Marius Chapuis, Milan, vendredi 25 septembre 1896.
Il va parvenir à décider Lucie et sa mère qui se rendent finalement en novembre à Turin :
Lucie [a] dû te dire qu'elle était venue [à] Turin avec la maman et Mr Mantes et le jour qu'elle[s] sont arrivées j'étai[s] à Monza après Milan alors j'ai été obligé de dire [à] l'associé de M. Calcina d'aller à la gare. Je lui ai Je lui ai fait la description et [il] les [a] ramen[ées] alors le samedi à mon retour je les ai trouv[ées] et nous avons commenc[é] à courir la ville tu vois de l[à] un amusement manger des yeux les devantures des magasins même des marchands ambulan[t]s car tu connais madame Mante etc.
Pierre Chapuis à Marius Chapuis, Turin, samedi 5 décembre 1896.
Dans ces lettres, outre les informations d'ordre privé sur ses parents et sa famille, Lucie Chapuis témoigne de l'organisation de la diffusion du cinématographe en France et dans le monde et évoque toute une série de figures qui, de près ou de loin, vont participer à cette aventure. Elle évoque, en particulier, la situation des différents postes Lumière qui s'ouvrent en France ou ailleurs. Outre ses activités professionnelles de cannetilleuse, elle se serait exercée à tourner la manivelle du cinématographe pour prendre quelques vues vers Civrieux d'Azergue, dans la région lyonnaise.
Et après... (1897-1900)
Lucie Chapuis poursuit ses activités professionnelles qui lui permettent semble-t-il de mettre quelque argent de côté. Toujours est-il qu'elle fait l'acquisition, en décembre 1897, d'un terrain, rue de Jonage à Villeurbanne. Elle est domiciliée alors au nº 25 rue Burdeau (Lyon 1er) avec sa famille, sur les pentes de la Croix-Rousse.

nº 25 rue Burdeau (Lyon 1er)
Alors qu'elle vient à peine de coiffer les catherinettes, Lucie décède (15, rue Bouteille. Lyon 1er) un mois avant la disparition de son frère Pierre. Sur son acte de décès, elle figure comme tréfileuse. Ses funérailles ont lieu le 13 février 1900. Sur la mutation par décès figure le terrain de Villeurbanne.
Sources
"Correspondance Pierre Chapuis" dans SEGUIN Jean-Claude, Bulletin du Congrès Lumière, 1995, nº 4, 22 p.
RITTAUD-HUTINET Jacques, Le Cinéma des origines, Seyssel, Champ Vallon, 1985, 254 p.
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| Lucie Chapuis, Cher Marius, 11 juillet 1896, Lyon © Collection Génard |
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| Lucie Chapuis, Cher Marius, 4 octobre 1896, Lyon © Collection Génard |
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