CAEN

Jean-Claude SEGUIN

Caen, chef lieu du département du Calvados, compte 45.200 habitants (1894).

1896

Le Cynématographe (123, rue Saint-Jean, [4] juin-10 août 1896)

Le Cynématographe arrive à Caen dans les premiers jours du mois de juin 1896. Il s'installe rue Saint-Jean :

L'appareil à projection connu sous le nom de cynématographe et qui a fait courir tout Paris, est arrivée dans notre ville. Il est installé rue Saint-Jean, n°123. Cet appareil, le dernier mot de la photographie, reproduit des scènes vivantes de grandeur naturelle. Séances tous les jours comme suit : première, 6h1/2 ; deuxième, 7h1/4 ; troisième, 8h1/2 ; quatrième, 9h1/2 ; cinquième, 10 h 1/2. Prix d'entrée : premières 1f., secondes 50c., moitié place pour les enfants.


Le Moniteur du Calvados, Caen, 4 juin 1896.

Nous ignorons presque tout cet appareil, de son propriétaire et des vues qui sont présentées, même si dans un autre article des sujets sont évoqués, trop généraux pour être identifiés :

Un spectacle vraiment artistique et qui intéresse au plus haut point les amateurs de photographie est offert en ce moment au public. Le Cynématographe est un appareil merveilleux qui permet de faire des projections mouvementées qui donnent l'illusion de la vie réelle aux spectateurs : les mouvements des Grands boulevards, les Arrivées de trains en gare, des Scènes de gymnastique, Des sorties d'usine, etc. etc., sont exactement reproduites, il ne manque que la parole aux personnages. Il est bien certain que l'appareil, qui en est à ses débuts, demande encore quelques perfectionnements, mais c'est pour celui-là comme pour tout autre, avec le temps l'on arrivera à la perfection. Néanmoins, cette découverte qui attire en ce moment le tout Paris saura, j'en suis sûr, attirer gaiement le tout Caen.
Brissac.


L'Echo normand, 20 juin 1896.

La dernière mention date du 9 août (Le Moniteur du Calvados, Caen, 9-10 août 1896).

Le Cinématographe (123, rue Saint-Jean, 11-[27] août 1896)

Un cinématographe reprend les projections animées à la même adresse que le cynématographe :

Très prochainement à Caen, le Cinématographe.


Le Moniteur du Calvados, Caen, 12 août 1896

L'inauguration a lieu le 11 août :

Le Cinématographe, rue Saint-Jean, 123, ouverture aujourd'hui 11 août 1896 à 6 h.


Le Moniteur du Calvados, 8 août 1896.

La dernière annonce est publiée le 27 août :

Le Cinématographe, sans trépidations, tous les soirs de 6 h à minuit. Séances toutes les demi-heures, aux heures et aux demies. Le Phonographe de midi à 6 h, 123 rue Saint-Jean.


Le Moniteur du Calvados, Caen, 27 août 1896. 

Le Cinématographe Lumière de Félix Rangé (28, rue Saint-Jean, 8 novembre-[23] décembre 1896)

La maison Lumière organise la diffusion de son appareil grâce à un système de concession. À Caen, Félix Rangé est le concessionnaire, un ami des Lumière. Les séances commencent le dimanche 3 novembre 1896.

caen cinematographe

L'Écho normand, Caen, dimanche 8 novembre 1896 (supplément)

Les représentations ont lieu juste à côté du café de la Bourse, au 28 de la rue Saint-Jean : 

CINÉMATOGRAPHE.-Nous avons à Caen, en ce moment, le véritable cinématographe de MM. Lumière, les seuls inventeurs de ce merveilleux appareil qui permet de reproduire des scènes animées, telles que des rues entières ou odes places publiques avec tout leur mouvement de piétons, voitures, etc. Les scènes projetées sont d'une réalité frappante. Ce spectacle est installé, 28, rue St-Jean, dans une salle complètement indépendante du café de la Bourse.


Le Bonhomme normand, Caen, 13-19 novembre 1896, p. 2.

caen rue saint jean

Caen-Rue Saint-Jean près du Café de la Bourse (début du XXe siècle)

La presse permet de connaître une partie du programme des vues présentées à Caen :

Cinématographie de MM. Lumière. Programme du 19 au 22 novembre. Première partie : "Défilé du Génie (Espagne)" ; "Charcuterie américaine" ; "Les cygnes du parc Tête-d'Or à Lyon" ; "Les bicyclistes militaires (Madrid)" ; "Pêche de bébé". Deuxième partie : ''La démolition d'un mur" ; "Hallebardiers de la reine (Madrid)" ; ''Les coiffures" ; "Danses militaires au camp" ; "L'arrivée d'un train".


Le Moniteur du Calvados de la Manche et de l'Orne et Pilote réunis, Caen, 21 novembre 1896.

Comme cela se produit fréquemment, on annonce le départ prochain du cinématographe Lumière afin de réactiver l'intérêt du public et inciter les retardataires à se rendre au café de la Bourse :

C'est décidément lundi prochain que le cinématographe, ce merveilleux appareil qui produit si fidèlement l'illusion des scènes les plus animées de la vie, quitte notre ville. Si le grand succès de cette prodigieuse invention n'est pas encore parvenu à la connaissance de tous, que les retardataires se hâtent, ils peuvent être assurés d'avance qu'ils ne regretteront pas leur argent et qu'ils emporteront de ce délicieux spectacle un étonnement tel que dans leur esprit se posera ce point d'interrogation : où donc nous mènera la science ? À partir d'aujourd'hui, les séances de jour et de nuit comprendront 12 tableaux au lieu de 10, et tous les jours le programme sera changé. Un enfant accompagné de ses parents aura son entrée gratuite. Qu'on se hâte !!!


Le Moniteur du Calvados de la Manche et de l'Orne et Pilote réunis.17 décembre 1896.

Et donc, toujours selon le même principe, les séances sont prolongées de quelques jours :

MM. Lumière, cédant aux instances réitérées du public qui se pressait en foule dimanche encore au cinématographe, et aussi aux demandes de MM. les chefs d'institutions et directeurs d'écoles, ont décidé de continuer leurs séances jusqu'après les fêtes de Noël. Nous ne pouvons que les féliciter de cette détermination qui permettra aux retardataires d'aller admirer quelques jours de plus un spectacle intellectuel unique jusqu'ici et merveilleusement présenté.


Le Moniteur du Calvados de la Manche et de l'Orne et Pilote réunis, 23 décembre 1896. 

Répertoire (autres titres) : [programme du 22 au 26 novembre] Mauvaises Herbes, Scieurs de bois, Cortège du tsar et de son escorte aux fêtes de Paris (Le Moniteur du Calvados de la Manche et de l'Orne et Pilote réunis, Caen, 23 novembre 1896), Une place de Lyon, Joueurs arrosés, Assaut d'armes, Dragons traversant la Saône, Défournage du coke à Carmaux, Place de Londres (Piccadilly), Fêtes de Paris : Souverains et président Félix Faure, Escorte, Général Saussier et son état-major.(Le Moniteur du Calvados de la Manche et de l'Orne et Pilote réunis, Caen, 29-30 novembre 1896), [Programme du 2 au 6 décembre] Garde montante (Madrid), Discussion, Usine à Carmaux, Vue d'une inondation étant en bateau, Train Express, Fêtes russes à Paris : Défilé des Turcos (Le Moniteur du Calvados de la Manche et de l'Orne et Pilote réunis, Caen, 5 décembre 1896).

Le Cinématographe de la Société Caennaise de photographie (16 décembre 1896)

Les informations contenues dans la presse caennaise ne permettent pas de savoir si cette séance de cinématographie est organisée avec le concours de l'appareil Lumière et de son concessionnaire Félix Rangé. Une première annonce est publiée le 8 décembre :

Société caennaise de photographie.- On nous prie d'informer les membres de la Société caennaise qu'une séance spéciale de "cynématographie" sera donnée pour eux le mercredi 16 décembre à 9 h 1/2 du soir. Prière de s'inscrire sur la liste déposée chez le concierge de la société.


Le Moniteur du Calvados de la Manche et de l'Orne et Pilote réunis, Caen, 8 décembre 1896.

Comme prévu, la séance a lieu le 16 décembre :

On nous prie de rappeler aux membres de la société caennaise que la séance spéciale de «Cinématographe» à eux réservée, est fixée à demain mercredi, à 9 h 1/4. S'inscrire avant midi chez le concierge de la société.


Le Moniteur du Calvados de la Manche et de l'Orne et Pilote réunis, 16 décembre 1896. 

1897

Le Chronophotographe Grenier ([2]-[23] mai 1897)

Le forain Ernest Grenier présente des vues animées grâce à un chronophonographe Gaumont depuis 1896. C'est à l'occasion de la foire (foire franche), qui commence le deuxième dimanche après Pâques, soit le 2 mai 1897, et dure quinze jours, qu'il installe sa loge foraine. Quelques rares articles évoquent le cinématographe jusqu'au 7 mai où l'information est un peu plus importante : 

Chronophotographe Grenier.Une nouveauté scientifique nous est présentée par M. Grenier, un des habitués de nos foires, bien connu des Caennais. C'est le Chronophotographe, qui donne la vie à des photographies. On est émerveillé lorsqu'on voit devant soi des scènes animées où les personnages de grandeur naturelle se meuvent, marchent, causent, fument, conversent avec une réalité surprenante. Trains en marche, voyageurs descendant d'un bateau, consommateurs jouant aux cartes, attelages de chevaux, etc. etc. Tout cela est d'une vérité, d'une exactitude rigoureuse qui font le plus grand honneur à la science et à ceux qui la popularisent. Félicitons M. Grenier d'avoir si bien réussi son appareil et d'offrir au public des scènes si vivantes. Nous sommes persuadés que pas un Caennais ne se privera d'aller voir cet intéressant spectacle. Samedi, changement de tableaux.


Le Moniteur du Calvados de la Manche et de l'Orne et Pilote réunis, Caen, 7 mai 1897.

Peu d'informations sur le répertoire de films, même s'ils font partie du catalogue Gaumont. En revanche, la presse rend hommage au travail du forain :

Théâtre Grenier.- Depuis de longues années que M. Grenier vient à notre foire, il sait nous réserver à chaque nouvelle visite quelque surprise agréable. Aujourd'hui il nous présente le chronophotographe et nous exhibe des projections animées grandeur naturelle, qui grâce à leurs coloris, sont l'image frappante de la vie réelle, il ne leur manque que la parole ; aussi est-ce avec raison qu'un grand nombre de personnes assistent à ses intéressantes séances. Mais ce n'est pas tout, car l'ingénieux Grenier (rien de commun avec le député de Pontarlier) présente également le kinétoscope Edison, encore une invention et même la dernière production du célèbre ingénieur américain.


L'Echo normand, Caen, 9 mai 1897.

Il est tout de même assez curieux de voir le journaliste considérer que le kinétoscope est une invention toute nouvelle. Comme cela se produit souvent la foire va être prolongée d'une semaine au cours de laquelle le succès semble également au rendez-vous :

Une nouvelle série de projections est soumise pour la clôture ; le nombre des vues est augmenté et le prix des places diminué, c'est plus qu'il n'en faut pour attirer le public. Le succès immense remporté par M. Grenier ne s'est pas démenti un seul instant pendant nos 3 semaines de foire. II faut espérer qu'il reviendra parmi nous l'an prochain et, conformément à sa coutume, accompagné de numéros inédits.
Brissac.


L'Echo normand, 23 mai 1897.

Répertoire (autres titres) : Le Cortège entier de la fête de la mi-carême à Paris (L'Écho normand, Caen, 16 mai 1897).

1898

1899

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