Antoine, Jacques DAMIANI

(Bastia, 1851-Marseille, 1919) 

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Joseph Damiani (-≤ 1891) épouse Lucie Evangelista (-≥ 1891)

  • Antoine, Jacques Damiani (Bastia, 14/10/1851-Marseille, 20/10/1919)
    • épouse (Marseille, 10/11/1891) Angèle, Marie, Stéphanie Nagot (Villarluengo, 21/06/1863-Marseille, 02/05/1892). Divorce (Marseille, 06/04/1892).
    • épouse (Marseille, 15/12/1894) Aimée, Thérèse Astoin (Marseille, 04/04/1861-). Divorce (Marseille, 28 août 1902). Descendance :
      • Louis, Joseph Damiani (Marseille, 03/12/1895-) épouse (Marseille, 30/07/1927) Claire, Constance, Fernande, Joséphine Supparo.

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Antoine-Jacques Damiani, photographe installé à Marseille dès 1884 au moins, donne également des cours de mandoline.

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Le Petit Marseillais, Marseille, 19 juin 1884, p. 3.

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High-Life's Photography-Damiani (vers 1900) Photographie A. Damiani

C'est au mois de septembre 1896 qu'Antoine Damiani s'intéresse au cinématographe. Il va ainsi organiser des séances de " scénographie " à la Brasserie Phocéenne (Allées de Meilhan) à Marseille (Le Petit Marseillais, Marseille, 2 septembre 1896, p. 2.). Par ailleurs, il commercialise des cinématographes comme l'indique l'annonce ci-après :

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Le Petit Marseillais, Marseille, 10 septembre 1896, p. 4.

Cela ne constitue qu'une simple parenthèse dans ses activités de photographe. À partir de 1900, il ne fait plus paraître d'encarts publicitaire relatifs à ses activités de photographe. Dans les premières années du XXe siècle, il travaille pour le service de la sûreté de Marseille et réalise des photographies anthropométriques :

L’ANTHROPOMÉTRIE À MARSEILLE
Le Service de la Photographie.-Les Albums de Recherches.-La Mensuration.-Deux Services incomplets.-Pour la Sécurité publique.
L’anthropométrie qui, chaque jour, donne de si merveilleux résultats à Paris et dans les principales capitales du monde, existe-t-elle à Marseille ?
Les travaux de M. Bertillon — copiés par tout — l’ont-ils été également dans notre ville si populeuse et si cosmopolite ?
C’est ce que nous avons demandé, ces jours derniers, à M. Tardi, l’honorable chef de service de la sûreté.
— À proprement parler, nous a répondu l’aimable magistrat, nous ne possédons point ici de service d'anthropométrie, mais nous avons établi, depuis plusieurs années, un système de recherches qui nous donne les meilleurs résultats. D’ailleurs, venez en juger par vous-même.
Et, précédé du chef de la sûreté, nous montons au quatrième étage de l’immeuble où sont situés les bureaux de notre police secrète.
Là se trouve le service de la photographie. Une large salle de pose, succinctement meublée, mais très bien éclairée ; un appareil et une modeste chaise, avec, comme fond... une roulette de jeu — saisie dans un cercle quelconque — sont les principaux objets qui frappent notre vue. — Mais, pourquoi la roulette ? demandons-nous.
— C’est une de mes inventions, riposte le photographe Damiani, maître de céans.
« Pour établir mes fiches, je suis obligé de prendre deux clichés, un de face, l’autre de profil. En principe, le premier va toujours bien ; mais, pour le deuxième, c’est tout un travail. En général, mes clients tiennent peu à se voir ainsi entrer vivants dans l’immortalité, aussi lorsqu’ils posent de profil ai-je toutes les peines du monde à les faire installer comme je veux.
« Grâce à ma roulette, basée sur le système des plaques tournantes des voies ferrées, j’annihile l'inconvénient... »
Nous félicitons l’ingénieux photographe et nous pénétrons dans le sanctuaire des fiches. C’est une modeste pièce, avec, pour tout ameublement, une table, deux chaises et une vitrine. Deux agents travaillent à coller des photos sur des albums. M. Tardi nous explique :
— Voilà, dit-il, en nous montrant les albums, les plus précieux auxiliaires de notre service. Toute personne, quelle qu’elle soit, qui est arrêtée par nos agents, est photographiée et une épreuve est collée sur un de ces albums. Voyez, selon le délit commis, elle est cataloguée sur le carnet : « Voleurs à ta tire » ou « Voleurs à l'américaine », ou « Délits divers », etc., etc. Chaque album synthétise une spécialité.
« Douze photos sont à la page et chacune d'elle possède une lettre originale et un numéro spécial.
« C’est ainsi que lorsque nous recevons la visite d’un plaignant qui a été volé à la tire, nous lui soumettons l’album spécial à cette catégorie de vols et si, parmi les photos, il reconnaît celle de son individu, la lettre et le numéro nous reportent à une fiche qui contient l’identité exacte du malfaiteur, son signalement et ses antécédents.
« Vous le voyez, c’est très simple et très pratique.
— Et c'est tout ?
— Absolument, Il existe à la prison Chave un service spécial. C’est celui de la mensuration. Toute personne qui entre dans la maison en qualité de pensionnaire passe à la toise. On mensure très sérieusement son torse, son bras, son pied, sa coudée, son tour de tête, son front, un doigt et une oreille. Le tout est porté sur une fiche qui relate, en outre, les signes particuliers du détenu.
—- Aucune photographie n’est jointe à la fiche ?
— Aucune.
— Mais alors cela ne sert à rien.
M. Tardi sourit et ne répond pas.... ce qui est une façon de donner son opinion.
Quelques instants plus tard, une personne très compétente en la matière veut bien joindre à nos précédents renseignements, quelques mots qui les expliquent.
— Les deux services que nous avons à Marseille, nous dit-elle, sont très pratiques, mais ils sont incomplets. Il manque à l’un ce que l’autre possède. Tous deux appartiennent à une hiérarchie particulière, alors qu’il faudrait qu’ils fussent fondus. La photo manque à la prison et la mensuration à la sûreté. Le jour où le conseil général, par un léger sacrifice, aura admis une combinaison entre les deux services, les albums de recherches deviendront aussi complets qu’à Paris et, grâce à quelques notions d’anthropométrie données aux agents, ceux-ci, non seulement pourront, comme précédemment, donner une identité et, une forme à tel ou tel soupçon, mais encore ils auront beaucoup plus de facilités à arriver à un excellent résultat dans leurs recherches. Et la sécurité publique sera renforcée d’autant. »
Aimé Bouis.


Le Petit Marseillais, Marseille, 29 mars 1906, p. 2.

Il disparaît en 1919.

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