ALGER

Jean-Claude SEGUIN

1896

Le Cinématographe Lumière d'Alexandre Promio (Théâtre des Nouveautés, 16-19 décembre 1896)

Le " globe-trotter " de la maison Lumière, Alexandre Promio arrive en Algérie en décembre 1896 pour un bref séjour principalement destiné à prendre des vues locales. Il en profite malgré tout pour organiser quelques séances au théâtre des Nouveautés d'Alger : 

Ce soir, mardi, aux Nouveautés, la Compagnie F. Achard nous donnera deux grands succès de son répertoire : Feu Toupinel et Les surprises du divorce, deux pièces plusieurs fois centenaires de l’auteur préféré du public, Mr Alexandre Bisson. Entre ces deux pièces, pendant l’entracte, première représentation du Véritable cinématographe Lumière.


La Dépêche algérienne, Alger, mercredi 16 décembre 1896, p. 3.

L'information est succincte et ne nous offre aucune information sur le répertoire présenté. C'est d'ailleurs le cas également lorsque la derniere séance est annoncée :

Ce soir, aux Nouveautés, dernière représentation de Monsieur le Directeur et de Le Remplaçant ; entre les deux pièces, projections du Véritable Cinématographe Lumière, faites par M. Promio, ingénieur de la Maison Lumière. Pendant la soirée, l'admirable orchestre espagnol se fera entendre.


La Dépêche algérienne, Alger, 19 décembre 1896, p. 3.

Le cinématographiste ne s'attarde guère et file à Tlemcen pour tourner quelques films.

1897

Le Cinématographe Lumière (salle de la Lyre Algérienne, 1er mars-[?] 1897)

C'est par la correspondante Prinsac que nous savons que le cinématographe Lumière s'installe, à partir du 1er mars 1897, dans la salle de la Lyre Algérienne :

[...] afin de pouvoir nous installer à Alger ou nous aurons fort affaire pour nous tirer des pattes de Lumière qui d'après les affiches qu'a vu Vernet doit venir s'y installer au 1er mars. La salle qu'il a choisi est celle de la Lyre Algérienne. Les affiches donnent le programme et disent que la date de l'ouverture sera donné ultérieurement. Vernet est allé à la salle de la Lyre, c'est là qu'un garçon lui a dit que c'était pour le 1er mars. L'ouverture devait avoir lieu avant, il n'a pu être prêt, je pense que tu feras tout ce qu'il te sera possible pour régler le plus promptement possible et au mieux les affaires qui peuvent te retenir en France. Vernet a maintenant une peur atroce d'Alger et retardera le plus qu'il le pourra la date de notre départ, il voudrait voir devant nous encore pas mal de localités comme Boufarik, il est atterré de n'avoir pas trouvé plus d'argent.


[J. Prinsac], À Gaston Prinsac, Boufarik, 27 février 1897.

Nous ignorons le nom de l'opérateur et le répertoire des films proposés.

Le Cinématographe de M. Leroux (26, rue Bab-Azoun, [juillet] 1897)

Le photographe algérois, M. Leroux, fait une demande auprès de la mairie afin d'obtenir l'autorisation d'installer un cinématographe dans son établissement, 26, rue Bab-Azoun : 

Arrêté. —Fêtes et spectacles. — Installation d'un Cinématographe.
Le Maire de la ville d'Alger, chevalier de la Légion d'Honneur,
Vu la loi du 5 avril 1881, notamment l'art. 97 ;
Vu le décret du 6 Janvier 1864 ;
Vu l'arrêté municipal du 29 novembre 1883, sur les salles de spectacles ;
Vu la demande formée par M.Leroux, photographe, A l'effet d'être autorisé A installer dans son magasin, rue Bab-Azoun, n* 26, un cinématographe ;
Vu le procès-verbal de la visite effectuée dans cet établissement, le 14 juin courant, par M. le chef du service des travaux communaux et l'agent voyer ;
Considérant qu'il résulte de ce procès-verbal que l'installation projetée peut être autorisée en prescrivant des mesures destinées à assurer la sécurité publique ;
ARRÊTE :
ARTICLE PREMIER. — M. Leroux est autorisé à installer dans son magasin, rue Bab-Azoun, n° 26, un cinématographe en so conformant aux prescriptions suivantes :
1° Il devra laisser sur toute la longueur de la salle entre la paroi de gauche et les rangées de chaises, une largeur libre d'au moins un mètre formant un couloir continu.
2º En face de la porte latérale de droite devant servir de sortie de secours en cas de besoin, les rangées de chaises seront interrompues sur toute la largeur de la salle de manière à laisser un couloir transversal entre cette porte et le couloir longitudinal et à permettre l'accès facile de cette issue.
3° Les chaises seront fixées au sol, ou au moins reliées entre elles, pour empêcher qu'en les déplaçant, elles ne gênent les passages à laisser libres.
4° Les appareils d'éclairage et de projection et leurs annexes devront être complètement isolés de manière que le public ne puisse pas s'en approcher.
5° Le nombre de personnes pouvant être admises dans la salle au moment des représentations publiques est fixé au maximum à cinquante.
ART. 2. — L'Ingénieur chef du service des travaux communaux et le Commissaire central sont chargés de l'exécution du présent arrêté.
Alger, le 28 Juin 1897.
Le Maire,
A. GUILLEMIN.


Bulletin municipal officiel de la ville d'Alger, Alger, 5 juillet 1897, p. 204.

Encore faut-il rappeler que l'incendie du bazar de la Charité, à Paris, le 4 mai 1897, a rendu les administrations très vigilantes avant d'accorder des autorisations d'installation de poste cinématographique. Nous ignorons si l'appareil est finalement exploité et combien durent les séances.

1898

1899

1900

1901

1902

1903

1904

1905

1906

 

Afin d'optimiser votre expérience sur ce site, nous utilisons des cookies. Ils visent essentiellement à réaliser des statistiques de visites. En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies.