Amputation d'un bras

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Amputation d'un bras

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1 Léon Bonnet   
2 n.c.
Paul Rebreyend
3 < 17/12/1898  60 s. 
4 France, Paris, Hôpital de la Pitié  

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17/12/1898 FranceParis, Faculté de Médecine  Léon Bonnet   
 

Le Triomphe de la Cinématographie
On a beaucoup parlé du grand event de samedi dernier à la Faculté de médecine. Le Tout-Paris y avait été gracieusement invité par M. le docteur Léon Bonnet à venir voir couper une jambe et un bras. L'opération n'a pas été faite en nature, ce qui n'eût pas manqué d'attirer sur le vaillant médecin les foudres de la censure médicale, mais par l'intermédiaire du cinématographe ou, plutôt, du chronophotographe, car si le premier nom s'applique à l'instrument de plaisir bien connu des boulevardiers, le second se rapporte exclusivement à l'appareil scientifique inventé depuis plus longtemps par M. Marey pour l'étude et la décomposition du mouvement.
La conférence du docteur Léon Bonnet a prouvé définitivement que la chronophotographie est destinée à constituer une méthode d'enseignement et d'observation incomparable chacun a pu y voir, avec une netteté et une fixité donnant sur l'écran l'illusion absolue de la vie réelle, le jeune opérateur, M. Rebreyend, entailler les chairs, retrousser le lambeau nécessaire à couvrir le moignon, trancher les ligaments, rabattre le lambeau et emporter la jambe avant que, grâce à l'hémostase, une seule goutte de sang se soit écoulée. De même pour le bras, mais ici la séparation ou plutôt, pour employer le mot scientifique, la désarticulation du membre, est toujours plus difficile et la seconde opération, au lieu des quarante-cinq secondes nécessaires à la première, a duré une minute entière, un siècle pour les belles mondaines attirées par la curiosité à l'amphithéâtre, mais rendues haletantes par l'émotion d'un premier début !
Ce qui, devant un public de médecins ou d'étudiants, peut rendre un pareil spectacle instructif au plus haut point, c'est la possibilité d'arrêter à loisir l'appareil pour bien montrer la position du couteau, de l'opérateur et de l'opéré à chaque phase de l'opération, et la faculté de réitérer la démonstration à loisir, sans avoir à se procurer un nouveau malade, ou s'il s'agit simplement de médecine opératoire un nouveau cadavre.
A.R.


Le Gaulois, Paris, 24 décembre 1898, p. 6.

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