Joseph LACROIX

(Agen, 1861-Villeneuve-sur-Lot, 1949)

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  © collection particulière [D.R.]

Jean-Claude SEGUIN

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Jean, Léon Lacroix (-Saint-Pons, 08/11/1887) épouse Elisabeth Maysonnade (Penne, 02/11/1837-). Descendance :

  • Jean, Baptiste Joseph Lacroix (Agen, 14/07/1861-1949) épouse (Villefranche-du-Queyran, 30/04/1888) Jeanne, Marie, Antoinette Naulet (Villefranche-du-Queyran, 29/09/1862-). Descendance :
    • Raymond Lacroix (Agen, 17/02/1889-Villeneuve-sur-Lot, 07/03/1970) épouse (Agen, 04/06/1912) Louise, Marcelle Cazaux.

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Origines (1861-1895)

Fils d'un receveur de l'enregistrement, Joseph Lacroix, élève chez jésuites à Montauban, fait des études de notariat. Passionné de photographie, il se forme auprès de Louis Ducos de Hauron, physicien et photographe réputé. Vers la fin des années 1880, il va reprendre l'atelier du photographe Léon Girot, à Agen.

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L. Girot fils, photographe
12, rue St Antoine Agen
Un communiant
Photographe J. Lacroix, Agen

Dès 1891, il va déposer avec Étienne Ricard un brevet pour une chambre photographique (brevet 210.659, 8 janvier 1891). La construction de l'appareil est assurée par Jules Fleury, dit Fleury-Hermagis (Lury-sur-Arnon, 23/08/1835-1912), opticien à Paris. Il s'agit d'un appareil photographique à plaques tombantes qui permet des prises de vues rapides et instantanées. Deux ans plus tard, les deux inventeurs proposent une version stéréoscopique, le "Stéréo-Vélocigraphe".

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Le Vélocigraphe Le Stéréo-vélocigraphe
Paris-Photographe, 3e année, nº 9, 30 septembre 1893, p. 414
© Cineressources, Cinémathèque française

La Société Perret et Lacroix et l'héliocinégraphe (1896-1898)

Joseph Lacroix va se rapprocher d'un autre photographe Fernand Perret, installé à Agen depuis quelques années, afin de constituer, le 24 mars 1896, la société en nom collectif " Perret et Lacroix ", sise 23, boulevard de la République à Agen. Dans l'article premier, on peut lire que "M. Perret et Lacroix s'associent pour l'exploitation d'un atelier photographique, avec commerce de produits, accessoires, fournitures photographiques, et objets de toute sorte se rapportant à la photographie. " La société est constituée pour dix ans à compter du 1er janvier 1896, et le fonds social est fixé à la somme de quarante mille francs. Parmi les apports des deux associés l'on trouve le " vélocigraphe " pour Lacroix et, pour Perret, " Le pratique ", un chassis de son invention. Il n'est pas question, cependant, d'appareil cinématographique, ce qui laisse à penser que l'idée de réaliser l'héliocinégraphe est sans doute postérieure à la fondation de la société. Pourtant, il ne faut pas attendre très longtemps pour que les deux photographes ne déposent, en juin 1896, un brevet pour " un appareil destiné aux photographies animées, dénommé "L'Héliocinégraphe " (brevet 257.582 du 29 juin 1896). C'est à nouveau Jules Fleury qui en assure la construction. L'appareil connaît un écho certain et plusieurs publications évoquent les qualités de l'appareil :

Les organes mécaniques de l'héliocinégraphe sont réduits au minimum et par suite les chances de dérangement sont moindres que dans beaucoup d'autres modèles.


Eugène Trutat, La Photographie animée, Paris, Gauthier-Villars, 1899, p. 90.

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Eugène Trutat, La Photographie animée, Paris, Gauthier-Villars, 1899, p. 90 L'Industriel forain, 5-11 juillet 1896, p. 3

À peine le brevet est-il déposé qu'une publicité est diffusée pour la commercialisation de l'appareil assurée par Hermagis. Le succès de l'appareil semble avoir été assez limité, mais effectif. On trouve des héliocinégraphes dans plusieurs villes françaises : Châtellerault  (septembre1896-juin 1897) où Charles Arambourou tourne plusieurs vues, Civray (novembre 1896), Ruffec (novembre 1896), Agen (décembre 1896-avril 1897), Nantes (décembre 1896), Niort (janvier 1897)... En 1898, un autre brevet est déposé par la Société Perret et Lacroix et Roulliès pour un " système d'observation du relief stéréoscopique par les rayons X sans le concours de la photographie directement sur l'écran de projection " (brevet nº 277.228, 21 avril 1898). L'absence d'une réelle infrastructure fait vite avorter les projets et la société est dissoute le 10 août 1898. 

La vie d'un inventeur (1897-1949)

Jacques Lacroix, à peine a-t-il participé à la création de l'héliocinégraphe, qu'il est déjà sur une nouvelle invention de l'autre grande nouveauté de la fin du XIXe siècle, à savoir, l'automobile. Il a l'idée d'un prototype de voiture à trois roues qu'il baptise " La Nef " (1897) et pour l'exploitation de laquelle il crée La Société des automobiles " La Nef " (1899). Afin de financer son projet, il s'associe au colonel Laville qui va apporter les fonds nécessaires à la construction de 200 voiturettes, produites entre 1902 ete 1909

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Lacroix. phot., Agen, La Nef Lacroix et de Laville (c. 1902-1909)

Pendant la guerre de 1914-1918, il effectue des recherches sur la radiographie en relief. Il invente également une centrifugeuse auto-équilibreuse qui permet la numération des globules sanguins. Il s'intéresse également à l'horlogerie. Malgré sa passion pour l'invention, il n'en continue pas moins ses activités de photographe au moins jusqu'au conflit mondial. Il décède en 1949.

Remerciements

Archives Départementales du Lot-et-Garonne.

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