Charles KLEIN

(Avignon, 1869-Marseille, 1904)

  

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Jean-Claude SEGUIN VERGARA

Charles, Jules, Michel, Alphonse Klein, fils de Frédéric Klein et d'Alma Amenosa Trochu, naît à Avignon (Vaucluse) le 13 janvier 1869. Il décède à Marseille le 13 février 1904.

Fils d'un peintre sur verre, Charles Klein suit des études à l’École des Beaux-Arts de Lyon (1884-1886). Il accomplit ses obligations militiares de 1890 à 1893. Il part pour le compte de la maison Lumière en Russie et réside à Riga ((Kalh strash 11, Schmiden strash, puis pension de Mad Ihorien), à partir du 10 juin 1896. Il fait équipe avec Parmissan. Puis, en octobre, les deux hommes partent pour Saint-Pétersbourg :

Le 14-2 août arrivent Klein et Permissan de Riga, ils débarquent au local.


Marius Chapuis, Carnet de voyage, 1896-1897 (Fons Génard) 

Ils relèvent Marius Chapuis et Paul Decorps qui partent pour Odessa. ils s'installent à Saint-Pétersbourg, 46 Perspective Nevsky, où se trouve le cinématographe Lumière. En réalité la ville est un point stratégique pour les opéreteurs Lumière qui en font leur base pour parcourir la Russie Charles Klein y réside officiellement à partir du 15 septembre 1896. Il en repart, effectivement, en décembre afin d'organiser des séances à Kitchinev (Chisinau), en Moldavie, mais il connaît certains contretemps : 

Nous devrions quitter Odessa le 25-13 décembre, vendredi soir, pour se rendre à Kiev. Mais Arthur était parti deux jours à Kitchinev. Edmond y avait organisé une séance à la salle de la noblesse, que devaient faire Perrussen et Klein. Mais ceux-ci n'arrivaient et ne télégraphiaient. J'ai donc été obligé de partir seul le matin à 9 h, tourmenté par Edmond qui avait peur que je manque le train en emballant mes affaires. J'arrive le soir à 4 h à Kitchinev et je fais ma séance à 8 h. Permissan et Klein arrivent le même soir à minuit. Je vais les voir à l'hôtel impérial, moi j'étais à l'hôtel de Londres.


Ibid.

Finalement, après ce bref déplacement en Moldavie, Charles Klein va être conduit à parcourir l'Ukraine où il va croiser à nouveau Marius Chapuis et Paul Decorps qu'il retrouve à Kiev, précisément :

J'arrive à Kiev le lendemain dimanche 27-15 décembre à 11h35 du matin. 21h30 de voyage. Decorps m'attendait avec impatience, nous devions travailler en matinée et à midi, il était bien temps que j'arrive. Nous avions déjà manqué la séance de la veille et nous sommes descendus hôtel de France qui est très cher. Permissan et Klein y sont venus après avoir été de Kitchinev à Kharkoff.


Ibid.

Dans son carnet, Marius Chapuis montre à quel point l'improvisation est un élément assez constant dans les voyages effectués. Il y a toujours un incident, un problème, mais les opérateurs sont surtout "interchangeables" et si l'un fait défaut, l'autre peut le remplacer. C'est ce qui se produit, lorsque dans les premiers jours de janvier  :

Je suis resté avec Klein et nous nous sommes ennuyés pendant les fêtes de Noël et du jour de l'An pendant lesquelles tous les magasins sont fermés. Nous avons trouvé des Neuville qui chantaient à Arcadia. Nous travaillons toujours au théâtre Solostzof, deux ou trois fois dans des clubs.
À leur retour d'Odessa, Decorps et Permissan devaient partir à Kharkoff mais Permissan a manqué le train et c'est Klein qui est parti.


Ibid.

C'est un nouvel imprévu qui conduit Charles Klein à revenir à Kharkov où le rejoint Permissan. Son séjour se prolonge pendant plusieurs semaines jusqu'à la fin du mois de mars. Charles Klein et Permissan, dans les premiers jours de mai 1897, prennent alors la décision de cesser de travailler pour Arthur [Grünewald] et de se mettre à leur compte. On peut imaginer que la vente, et surtout l'ouverture à l'exploitation du cinématographe, dès le 1er mai 1897 en est la raison première : "Mais voilà que Permissan et Klein font leur blague, ne veulent plus travailler" (Ibid.) Pendant plusieurs mois, nous perdons la trace de Charles Klein, et c'est toujours grâce au Carnet de voyage en Russie de Marius Chapuis que nous apprenons que les deux compères ont organisé leur propre tournée et c'est par hasard que Marius Chapuis ;

Le 17-5 juillet à midi nous arrivons à Kazan. Là il y avait déjà un autre appareil qui y travaillait. C'était Permissan et Klein. Nous faisons bon ménage ensemble.


Ibid.

Cela ne semble guère le préoccuper, probablement parce qu'il y a place pour deux dans un si vaste territoire. Nous ignorons tout de la fin du voyage de Charle Klein en Russie, même si son nom ressurgit dans le Carnet de Marius Chapuis, il s'agit, semble-t-il, de quelqu'un d'autre avec lequel ce dernier va passer du bon temps. Nous perdons sa trace pendant plusieurs années jusqu'au début de l'année 1900 où il s'installe à Marseille, le 6 février. Il décède le 13 février 1904. 

Sources

Marius Chapuis, Carnet de voyage en Russie, 1896-1897 (Fonds Génard). Retranscrit dans Rittaud-Huttinet Jacques, Le Cinéma des origines, Seyssel, Champ Vallon, 1985, p. 242-248.

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10/06/1896-08/1896 Russie Riga   Cinématographe Lumière
14/08/1896-[12/1896] Russie Saint-Pétersbourg 46, Perspective Newsky Cinématographe Lumière
[12/1896]-[26/12/1896] Russie Kitchinev (Chisinau)    Cinématographe Lumière 
27/12/1896-[01/1897]  Russie Kiev Théâtre Solostzof Cinématographe Lumière
01/1897-[04/1897]  Russie Kharkov    Cinématographe Lumière
07/1897  Russie Kazan    Cinématographe Lumière

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