ROUBAIX

Jean-Claude SEGUIN

Roubaix, ville du département du Nord, compte 120.000 habitants (1894)

1896

Cinématographe (10, rue Neuve, juin-juillet 1896)

Les photographies animées sont prévues pour le dimanche 14 juin 1896, mais pour des raisons que la presse ne révèle pas, elles ne sont visibles que quelques jours plus. Malgré un article assez détaillé que lui consacre Le Journal de Roubaix, il reste difficile de connaître son origine :

LES PHOTOGRAPHIES ANIMÉES
RUE NEUVE À ROUBAIX
Photographies animées, voilà deux mots, diront beaucoup de personnes, qu'il est impossible d'accoupler. Animer des photographies, mais c'est invraisemblable !
Le vrai peut quelquefois, n'être pas vraisemblable.
Ce qui peut paraître, au premier abord, une fumisterie, est cependant devenu une réalité. Oui, on est arrivé à faire gesticuler, marcher, danser, courir…, des photographies. C'est le célèbre Edison qui, après tant d'autres inventions, a trouvé celle-là. On obtient ce résultat, par une série d'innombrables photographies successives, que l'on fait manœuvrer, à l'aide d’un mécanisme des plus ingénieux, et qui sont reproduites sur une vaste toile.
On fait ainsi passer un régiment tout entier sous les yeux du spectateur étonné ; Les soldats s'avancent, au pas, musique en tête, l'allure martiale.
L'aspect d'une place publique, d'une rue, n'est pas moins curieux ; on voit successivement s'avancer piétons, voitures, vélocipédistes. C'est absolument merveilleux.
De même, on représente l'arrivée et l'arrêt d'un train, avec la descente des voyageurs, l'entré d'un navire dans un port, une scène d’opéra ou de comédie, un corps de ballet avec les danses les plus compliquées, un forgeron qui bat le fer sur son enclume, une rixe, un combat de coqs, un jeu de boules, ou encore un banquet avec tous les mouvements des convives, les allées et venues des serveurs.
Comme on le voit, c'est un spectacle qui n'est pas banal. Aussi, les Roubaisiens qui iront voir les Photographies animées, 10, rue Neuve, passeront-ils quelques instants des plus agréables.
Terminons en disant que le directeur a fait prendre des photographies de la place de Roubaix et de la rue de la Gare, à midi, moment où il y a le plus d'animation, et que ces vues locales feront partie du programme.


Journal de Roubaix, Roubaix, 26 juin 1896, p. 2.

Le journaliste se plaît à décrire quelques vues, mais là encore, les films évoqués restent difficiles à identifier. En revanche, il est tout à fait singulier de voir que le directeur du spectacle - dont le nom ne nous est pas connu - a la capacité de tourner des vues à Roubaix... à moins qu'il ne s'agisse - rien de plus fréquent à l'époque - d'une astuce pour attirer l'intérêt du public. Par la suite, aucune information ne vient confirmer ces tournages. Des projections ont encore lieu vers le milieu du mois de juillet.

Cinématographe Lumière (10, rue Neuve, novembre 1896)

La présentation du cinématographe Lumière revêt un caractère tellement épisodique que l'on a même du mal à penser que les séances annoncées ont réellement eu lieu :

Le Cinématographe Lumière.-Nous avons été voir cette merveilleuse invention. Nous sommes encore sous le charme que nous ont produit ces photographies vivantes. Les scènes les plus curieuses ont été retracées sous nos yeux.
Tout y est naturel. MM. Lumière peuvent espérer un succès aussi grand que celui qu'ils ont déjà remporté partout.
Les représentations commenceront aujourd'hui dimanche et se continueront les jours suivants de 3 à 7 heures et de 8 à 10 heures, rue Neuve, 10.


Journal de Roubaix, Roubaix, 2 novembre 1896, p. 3.

Cet entrefilet indique qu'une séance privée - sans doute pour la presse - s'est déroulée peu de jours au préalable. Mais plus aucun article dans la rubrique "Concerts et Spectacles" ne permet de savoir si les spectateurs ont eu la chance de découvrir des vues animées. Un autre journal local nous permet de connaître quelques titres du programme :

Le Cinématographe.-Rue Neuve, 10.-La photographie animée par le Cinématographe Lumière de Lyon : les souverains russes à Paris et à Cherbourg et nombreuses vues variées. Projections tous les jours de trois à sept heures et de huit à dix heures.
Entrée générale : Cinquante centimes.
Ouverture dimanche 1er novembre.


L'Avenir de Roubaix, Roubaix, 2 novembre 1896, p. 3

Enfin, L'Égalité complète l'information :

Le Cinématographe
C'est aujourd'hui que le Cinématogaphe Lumière, qui a obtenu à Lille un très grand succès, sera visible pour les roubaisiens. Il est installé rue Neuve, 10, en face La Mairie et donnera des séances, à partir de 3 h. de l'après-midi jusqu'à 7 h., puis de 8 à 10 h. du soir.
Nous avons assisté hier à une sorte de répétition des tableaux que les visiteurs pourront voir. Nous disons simplement que c'est admirable et " qu'il faut le voir pour le  croire ".
Nous sommes persuadés que tous ceux qui iront voir le Cinématographe Lumière seront charmés et satisfaits.


L'Égalité, Roubaix, 2 novembre 1896, p. 3.

Ce qui est révélateur, c'est que le lieu, 10, rue Neuve, est le même que celui qui a servi aux projections du premier appareil cinématographique...

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