Les Alpes par le télescope

 

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Les Alpes par le télescope

On part l’alpenstock à la main, les voiles verts et bleus flottant au vent, chargés de cordes, de piolets, de tout le joyeux attirail d’ascension. On marche à pas rapides, léger comme on l’est en suivant les sentiers tortueux, sur les pentes d’une montagne. Un admirable panorama, toute une montée de champs de neige, dorée sous le soleil, aux ombres d’un bleu froid, se déroule à vos pieds, tandis que, suivant les mouvements de la montagne tour à tour visible ou fuyante, la cime du Mont-Blanc paraît au-dessus des nuages. Sous le brillant soleil que réverbère toute la blancheur du paysage, quelques touristes sont pris du mal des montagnes qui produit les mêmes effets que le mal de mer. L’un d’eux, peu habitué à ces courses à travers les montagnes, glisse, manque ses pas, s’attarde, suant, jurant, faisant des bras et de l’alpenstock une télégraphie désespérée. Tout à coup, il pousse un cri terrible, en même temps que le guide d’avant sent la corde se tendre d’une violente et désordonnée secousse et ce sont au-dessus de l’abîme des gigotements, des mouvements effarés, des appels de mains tendues, puis un craquement, puis rien ! D’abord abasourdi par la chute, aveuglé par la neige, notre alpiniste s’agite une minute des bras et des jambes en d’inconscientes détentes comme un pantin détraqué. Mais on opère le sauvetage et les vitrines des hôteliers qui collectionnent des maxillaires, des fragments de vêtements ou d’os pour attirer les Anglais ne s’enrichiront pas de nouveaux débris humains.

PAT 1906-10

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1 Pathé 1555  
2 n.c.
3 ≤10/1906 155m
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