Théophile PATHÉ

(Chevry-Cossigny, 1866-Saint-Mandé, 1923)

pathetheophile

Jean-Claude SEGUIN

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Jacques Pathé (Altkirch, 29/05/1831- Saint-Mandé, 09/12/1895) épouse (Paris, 26/04/1862) Thérèse, Émélie Kech (Altkirch, 17/03/1835-Saint-Mandé, 08/06/1896). Descendance :

  • Jacques, Martin Pathé (Paris 12e, 16/06/1858-Paris, 05/1941)
    • épouse (Venette, 29/12/1890) Marie, Louise, Hortense Desaint (Compiègne, 04/03/1858-Compiègne, 12/09/1893)
      • Jacques, Marius Pathé (Compiègne, 10/10/1892-Valence, 15/10/1918)
        • épouse (Fontainebleau, 08/04/1914) Isabelle, Louise Despland (Caluire et Cuire, 15/06/1895-) et divorce (Seine, 16/07/1917).
    • épouse (Vitry-sur-Seine, 14/06/1902) Louise Zimmermann (Blotzheim, 02/08/1870-)
      • Jacques, Martin [Zimmermann] Pathé (Saint-Mandé, 02/10/1897-)
      • René, Théophile [Zimmermann] Pathé (Saint-Mandé, 19/12/1898, rec.14/06/1902-)
        • épouse (Lons-le-Saunier, 06/09/1924) Renée, Marie, Louise Léontine Chevassu
      • Marie-Louise [Zimmermann] Pathé (Saint-Mandé, 19/03/1902, rec. 14/06/1902-Limeil-Brévannes, 04/04/1983)
        • épouse (Roissy-en-Brie, 29/10/1921) Sylvain Pouly.
      • Charles, Désiré Pathé (Saint-Mandé, 23/04/1903-Chalon-sur-Saône, 05/09/1970)
        • épouse (Paris 4e, 13/02/1933) Gilberte, Prudence Luret (Allemant, 14/12/1905-)
      • André, Louis Pathé (Paris 12e, 28/07/1911-Créteil, 10/07/1984)
        • épouse (Aubervilliers, 04/05/1936) Simonne, Lucienne Falempi.
        • épouse (Aubervilliers, 29/03/1958) Alice, Marie Bobenrieth et divorce (Bobigny, 06/03/1975)
  • Émile Pathé (Paris 6e, 12/02/1860-Pau, 03/04/1937)
    • épouse (02/12/1884) Laurentine, Antoinette Sabouret (Paris 18e, 1865-Paris 10/1928). Enfants :
      • Jacques, Émile Pathé (Vincennes, 15/08/1885-Vincennes, 05/05/1941)
        • épouse (Toulon, 07/08/1907) Augusta, Jeanne Gasquet (1884-1972). Enfants:
          • Germaine, Marie Pathé épouse (Vincennes, 07/02/1927) Henri Martin
          • Colette, Mireille, Louise Pathé (Londres, 10/1912) épouse (Vincennes, 20/04/1938) Paul Boulbin
        • épouse (1931) Simone Genevois
      • Charles, Émile (Vincennes, 23/09/1886-Cavagnac, 29/03/1945)
        • épouse (Cannes, 09/07/1932) Jeanne, Rose Musso
      • Adolphe, Emile, Édouard Pathé (Montreuil, 20/11/1887-Paris 9e, 10/02/1894)
      • Irène Pathé (1889-1968)
        • épouse Georges Besson. Enfants: 
          • Josette Pathé (Paris, 06/06/1911)
            • épouse Peillard
      • Maxime, Fernand Pathé (Montreuil, 1891-1967)
      • Edmée, Jane, Émilienne Pathé (Paris 9e, 08/07/1893-Vincennes, 23/07/1893)
      • Mireille, Marie, Émilienne Pathé (Paris 9e, 14/08/1899-Le Havre, 21/04/1983)
        • épouse (Neuilly-sur-Seine, 09/12/1919) Jean Gustave Reinhart
        • épouse (Paris 16e, 13/08/1929) Georges, Émile, Jean Mussard et divorce (Périgueux, 22/10/1940)
  • Charles, Morand Pathé (Chevry-Cossigny, 26/12/1863-Monaco, 25/12/1957)
    • épouse (Paris 12e, 18/10/1893) Marie Foy (Paris 14e, 14/07/1872-Nice, 20/12/1923)
    • épouse Alice, Anna Silet (Paris 5e, 18/03/1890-Viry-Châtillon, 27/02/1974)
      • Denise Pathé
        • épouse Pierre Lefaucheux
      • Odile Pathé
    • épouse (Bourg-la-Reine, 01/12/1927) Antoinette, Léontine Poueydebat (1882-Bourg-la-Reine, 20/12/1974)
      • Pierre Pathé (1910-Villejuif, 15/11/1997)
        • épouse ([1931]) Simone Genevois
        • épouse (04/11/1937) Ariane Guedeonoff
    • adopte (Nice, 17/03/1926)
      • Marie-Blanche, Alexina Chaudron [Pathé] (Vitry, 18/10/1898-1990)
        • épouse (Paris 2e, 22/05/1924) Georges Cusinberche (Clichy, 30/12/1899-Maisons Lafitte, 14/04/1991) et divorce (Seine, 11/07/1936)
    • [adopte]
      • Mary, Maud Rizzo Pathé (New York, 16/06/1906)
        • épouse (Roissy-en-Brie, 22/10/1923) Roger Pathé (Paris 18e, 31/12/1897-)
  • Joseph, Théophile Pathé (Chevry-Cossigny, 18/01/1866-Saint-Mandé, 17/07/1923)
    • épouse (Paris 11e, 29/02/1892) Stéphanie Cosson (Tennie, 14/04/1865-). Enfants :
      • Suzanne Pathé (Paris 5e, 20/12/1890-Grasse, 07/01/1982)
      • Roger Pathé (Montreuil, [1895]-Paris 12e, 16/10/1895)
      • Roger Pathé (Paris 18e, 31/12/1897-Fay-aux-loges, 28/10/1989)
        • épouse (Roissy-en-Brie, 22/10/1923) Mary, Maud Rizzo (New York, 16/06/1906)
      • Marie, Charlotte Pathé (Paris 18e, 09/12/1900-Paris 18e, 09/11/1974)
        • épouse (Paris 8e, 17/07/1920) Rodolphe, Jean Viaux (Ancy-le-franc, 04/02/1889)
        • épouse (Paris 16e, 18/02/1939) Henri, Louis, Désiré Peccate
      • Théophile Pathé (Paris 19e, 23/08/1901-Paris 15e, 31/01/1968)
        • épouse (Tours, 12/05/1949) Paulette, Emma, Germaine Petibon
  • Henri, Alexandre, Antoine Pathé (Vincennes, 24/05/1868-Saint-Bernard, 30/07/1868)
  • Joséphine, Élisabeth, Eugénie Pathé (Vincennes, 14/02/1870-Saint-Mandé, 16/01/1892)
  • Marie, Anna, Jeanne Pathé (Vincennes, 29/05/1872-Duneau, 22/10/1872)

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Les premières années (1866-1903)

Né à Chevry-Cossigny, Théophile Pathé est mis en apprentissage, à l'âge de douze ans, chez un boucher. Entre 1890 et 1894, il excerce différents métiers dont ceux de cocher de fiacre et de cafetier-buraliste (Montreuil-sous-Bois). Il épouse Stéphanie Cosson (1875-1933), le 29 février 1892, à Paris (11e). En 1896, il s'associe, pour un temps, avec ses trois frères Jacques, Émile et Charles afin de réaliser des bandes  pour le cinématographe, mais se retire vite, comme Jacques, laissant Charles et Émile Pathé constituer la maison Pathé-Frères (28/09/1896). Il reprend alors un nouveau débit de boissons et tabac, le "Petit Ramponneau", à Paris (18e). Théophile Pathé va transformer le local en un café-concert où finissent par se produire des figures célèbres de l'époque : Charles Rousselière, Polin... À la suite de spéculations malheureuses (1901), il est contraint de vendre tous ses biens et s'installe aux Buttes-Chaumont avec sa famille. Quelques mois après (1901), Théophile Pathé décide de prendre en gérance un hôtel à  Saint-Valérie-sur-Somme jusqu'en 1903.

Représentant de Pathé-Frères en Allemagne (1903-1905)

Dans le but de développer ses activités en Allemagne Charles Pathé propose à son frère Théophile d'ouvrir une succursale à Berlin, inaugurée le 14 novembre 1903. C'est au 2e étage du nº 73 de la Friedrichstrasse que Théophile installe le local prévu pour ses activités : "THEOPHILE PATHE", Vertreter Der Compagnie Générale des Phonographes, Cinematographes et Appareils de Précision, Früher "Etablissements PATHE-FRERES" ("THEOPHILE PATHE", représentant de la Compagnie Générale des Phonographes, Cinématographes et Appareils de Précision, Anciens Etablissements PATHE-FRERES").

berlinfriedrichstrasse

Berlin, Friedrichstrasse, c. 1904
La succursale de Pathé-Frères, se trouve face aux magasins Thiery et Sigrand

Dans un contexte peu favorable - le cinématographe n'est pas encore très implanté à Berlin -, Théophile Pathé parvient à convaincre un commerçant d'ouvrir une salle, puis il tente de présenter les films dans des foires... En quelques mois, il parvient à faire démarrer ses activités commerciales, et il va faire affaire avec Oskar Messter, industriel et constructeur d'appareils divers. Messter construit ainsi, la première année, 300 appareils, puis 1000 appareils, livrables en 2 ans. La prospérité de la succursale de Berliln conduit Théophile Pathé, toujours à la recherche de nouveaux films à proposer, à devenir le distributeur des films produits par Georges Méliès. Cela provoque une réaction très virulente de Pathé-Frères qui, en mars 1905, s'oppose la la vente des films de la Star Film par la succursale digirée par Théophile Pathé. Le 15 mars 1905, sans doute par prudence, Théophile, Édouard (54, rue du Faubourg St Denis) et Eugène (26, Impasse du Progrès) Pathé fondent la société en nom collectif "Th. Pathé frères" qui " a pour but, la fabrication, la vente et l'achat d'appareils cinématographiques, de films, appareils, matières premières et tous accessoires se rattachant à cette industrie." Le siège de la société est fixé à Paris, au 26, impasse du Progrès et le capital social est de 81.700 francs. Théophile Pathé apporte, en particulier, " les marchandises existant dans sa maison de Berlin 73 Fredrich Strasse, de films et divers " pour un total de 60.500 francs. Edouard et Eugène Pathé, quant à eux, " apportent à la Société, la raison sociale : " Pathé Frères ", en outre, le premier " apporte son concours et ses aptitudes professionnelles " et le second " l'installation, le matériel, le droit au bail, et les loyers payés d'avance, d'une usine créée pur la fabrication des appareils formant l'objet de la dite société laquelle usine est située à Paris, impasse du Progrès 26 " Charles Pathé décide alors d'ouvre une nouvelle succursale, en mai 1905, sans prévenir son frère. Privé désormais de la diffusion des films Pathé-Frères, Théophile Pathé cherche dès lors à étoffer le catalogue des films à vente dans son commerce et prend la décision de lancer ses propres oeuvres. La Maison Pathé-Frères intente un procès à Théophile Pathé pour dettes non honorées et concurrence déloyale. N'ayant jamais signé de contrat avec la Pathé-Frères - tout ayant été fait oralement -, il  est finalement condamné. Compte tenu de la situation, Théophile Pathé se décide à faire des contretypes de films déjà existants, pratique frauduleuse mais commune à l'époque.

Les premières productions de Théophile Pathé (1905)

C'est au Boulevard Gambetta, à Paris, que Théophile Pathé loue des locaux pour l'installation de son usine et installe le théâtre de prise de vues, sur un emplacement dans la cour. Pour le film vierge, il s'adresse aux Frères Lumière. Le commerce de Berlin reste toujours ouvert sous la responsabilité de son épouse et de sa fille Suzanne. Selon le décorateur de chez Pathé, Hugues Laurent, l'opérateur Wentzel aurait rejoint Théophile Pathé dès 1904 (Cinémathèque Française, Hughes Laurent, souvenirs de la maison Pathé des années 1904 à 1906, CRH105-B4). C'est au cours du printemps 1905 que sont tournés les premiers films d'une qualité médiocre et dont l'auteur pourrait être Wentzel :

-"Mon metteur en scène est un incapable", écrivait  mon père pour nous expliquer la raison de ce mauvais début. "Prenez encore un peu patience, j'apprends tous les jours davantage et j'aurai bientôt surmonté le splus grosses difficultés.


Suzanne Pathé, Souvenirs ensoleillés d'une éducation à l'américaine, mémoires inédites, 1964, p. 230 [collection particulière].

Au siège de la société " Th. Pathé frères ", constituée le 15 mars 1905, un "atelier de façonnage et dépôt de celluloïd (2e classe) "´est installé. (Bulletin municipal officiel de la Ville de Paris, Paris, 3 septembre 1905, p. 3174-3175). Malgré ces débuts difficiles, Théophile Pathé parvient, en quelques mois, à se faire une place parmi les maisons qui se consacrent à réaliser des films. Il assure pour une part  la réalisation des oeuvres :

Papa connaît maintenant la fabrication à fond. Nous avons un noyau de très bons ouvriers. Ils nous sont dévoués et pourront en encadrer de nouveaux dès que nous serons à même d'en embaucher d'autres. Ton papa s'est mis à la mise en scène ce qui fait de grandes économies et surtout, lui permet de travailler selon ses idées personnelles qui te plairont. J'ai dans mes bagages quelques nouveautés dont deux ~étonneront, ell seront certainement de gros succès. L'une a 200 mètres, l'autre 225. Papa est d'avis qu'il faut maintenant des bandes à long métrage, et souvent faire du "gros plan" comme ce fut le cas pour le "lunch d'enfants".


Suzanne Pathé, Souvenirs ensoleillés d'une éducation à l'américaine, mémoires inédites, 1964, p. 353 [collection particulière].

Alors que les affaires tournent plutôt bien, Théophile Pathé, qui commence à penser que la situation est désormais favorable, cherche à développer sa production et à avoir son propre catalogue :

"Les grandes bandes ne nous reviennent pas à beaucoup plus de 600 ou 800 frcs, dès que nous en aurons suffisamment, nous ferons imprimer un catalogue, c'est indispensable pour démontrer que nous sommes des producteurs sérieux et constants et permettre à l'acheteur de composer tout un programme chez nous." 


Suzanne Pathé, Souvenirs ensoleillés d'une éducation à l'américaine, mémoires inédites, 1964, p. 353 [collection particulière].

Parmi les films tournés en 1905, on peut signaler : La Loi du pardon et La Retraite. Il semble que ces films, et sans doute d'autres, ont été plagiés par la maison Pathé-Frères : le premier devient L'Âge du coeur et le second, Le Déserteur. C'est au cours de cette même année 1905 que Théophile Pathé engage Max Linder, encore un inconnu, pour un cachet de six francs pour son premier film Les Débuts d'un collégien. Il tourne plusieurs films avant de passer chez Pathé-Frères.

Consolidation et déchéance (1906-1923)

C'est au cours de l'année 1906 que la situation commerciale de Théophile Pathé se consolide. Le 4 juillet 1906, il fonde avec Louis Morénas la société en nom collectif "Théophile Pathé et Compagnie" et installe ses bureaux 6 rue de Lancry (10e), à Paris. Puis, le 13 décembre 1906, se constitue la Compagnie des Cinématographes Théophile Pathé dont le siège se trouve au 99, rue de Richelieu (2e), à Paris. Toutefois, la gestion de la nouvelle société se révèle délicate et Théophile Pathé voit vite sa position au sein de sa société se dégrader. Finalement, il renonce à diriger la société et il est remplacé par Alexandre Promio, dès le 30 juillet 1907.

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Marque Théophile Pathé & Cie (Paris), déposée le 9 octobre 1906

Désormais, Théophile Pathé abandonne les activités liées au cinématographe. Il apparaît en 1909 comme fabricant de phonographes. Il disparaît le 17 juillet 1923, à Saint-Mandé. Son fils, Théophile Pathé (1901-1968), travaille dans le cinéma et publie l'ouvrage Le Cinéma en 1942.

Bibliographie

PATHÉ Suzanne, Souvenirs ensoleillés d'une éducation à l'américaine, mémoires inédites, 1964, [collection particulière].

SEGUIN Jean-Claude, Alexandre Promio, Paris. L'Harmattan, 1999, 304 p.

SEGUIN Jean-Claude, "La Compagnie des cinématographes Théophile Pathé" dans Michel Marie et Laurent Le Forestier, La Firme Pathé Frères 1896-1914, Paris, AFRHC, 2004, p. 107-121.

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Filmographie

1905

1907

  • [La Dame au camélia]

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