Max LINDER

(Saint-Loubès, 1883-Paris, 1925)

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Max Linder, c. 1909
© Les Collaborateurs de Pathé Frères, 1909

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Jean-Claude SEGUIN VERGARA

Jean, dit Marcel, Leuvielle (Saint-Loubès, 05/10/1858-) et Suzanne Baron (Saint-Loubès, 04/03/1869-) ont quatre enfants :
  • Gabriel, Maurice Leuvielle (Saint-Loubès, 28/06/1881-Ambarès, 14/12/1959) épouse (Toulouse, 26/07/1910) Marie Rose Cournède (Salvagnac-Cajarc, 24/09/1880-).
  • Gabriel Leuvielle, dit Max Linder, (Saint-Loubès, 16/12/1883-Paris 16e, 01/11/1925) épouse (Paris 16e, 01/08/1923Jeanne. Hélène, Marguerite Peters (Nogent-sur-Marne, 09/08/1905-Paris 16e, 31/10/1925). Le couple a une fille :Gérard, Laurent Leuvielle (Rochester, 21/04/1888-)
    • Maud-Lydie Leuvielle (27/06/1924)
  • Suzanne, Marcelle Leuvielle (Saint-Loubès, 08/06/1890-Libourne, 24/12/1967) épouse (Saint-Loubès, 31/01/1918) Marie-Pierre Crabit.

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Les parents de Max Linder
© Caras y Caretas, Buenos Aires, 12 avril 1913.

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Les Débuts du comédien (1883-1904)

Jean (dit Marcel) Leuvielle, propriétaire viticole installé à Saint-Loubès, voit ses vignes ravagées par le phylloxéra, puis le mildiou, ce qui décide le couple à tenter l'aventure américaine. Ils confient le jeune Gabriel à sa grand-mère maternelle, et s'embarque pour le nouveau continent, en 1888, et s'installe à Rochester (55, South avenue) où il fait le commerce du vin. Le séjour est de courte durée, et le couple rentre à Saint-Loubés dès 1889. Après ses études primaires, il se rend à Bordeaux, en [1897], où il va poursuivre ses études au lycée de Talence. C'est pourtant le théâtre qui le passionne dès son plus jeune âge, comme il le raconte lui-même :

Dès ma plus tendre enfance, ma famille découvrit en moi l'irrésistible vocation du théâtre... En effet, j'allais assez régulièrement à Guignol, comme Frédéric Lemaître. Cette vocation se précisa par la suite. Etant au lycée de Bordeaux, je suivis en même temps les cours de déclamation. La même année, je me présentai au baccalauréat et aux cours du Conservatoire. Je décrochai le premier prix de comédie... Ne parlons pas du baccalauréat !


Max Linder, "Un autographe inédit de Max Linder", juillet 1913, dans Le Siècle, Paris, 18 novembre 1925, p. 4. 

Il suit, en effet, des cours de diction, en tout en poursuivant ses études, sous la direction de l'acteur Adrien Caillard. Il s'inscrit, en 1902, à la Société Sainte-Cécile de Bordeaux - ancêtre du Conservatoire de Musique - où il obtient, au concours de fin d'année (7 juillet 1903), le 2e prix.

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Concours de Sainte-Cécile (7 juillet 1903)
© Maud Linder, Max Linder, Paris, Édition Atlas, 1992

En parallèle, il est également engagé au théâtre des Arts de Bordeaux par son directeur M. Grandey pour jouer dans le répertoire classique, sous le pseudonyme de Max Lacerda qu'il change dès 1903 par celui de " Max Linder ", ainsi que cela figure sur son matricule. 

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Gabriel Leuvielle, surnom Max Linder
Matricule militaire, bureau de recrutement de Bordeaux, classe 1903, nº 4284
© Archives Départementales de la Gironde

Exempté de ses obligations militaires, la vie bordelaise ne le satisfaisant pas, il quitte Bordeaux pour Paris où il va retrouver Adrien Caillard qui occupe, depuis le 1er juin 1904, le poste de régisseur du Théâtre de l'Ambigu (L'Intransigeant, Paris, 29 mai 1904, p. 3). Il tente, en vain, de rentrer au Conservatoire. C'est ainsi qu'il rapporte l'entretien qu'il a avec Louis Leloir (de son vrai nom Louis, Pierre Sallot), professeur au conservatoire :

MAX.- Monsieur Leloir, voici une lettre pour vous, du reste vous avez dû entendre un peu parler de moi par M. Grandey, je serai très désireux de suivre vos cours...
LELOIR (éclatant de rire).-Mais qu'est-ce que vous venez faire ici, vous ? Vous n'êtes qu'un vieux cabot, allez jouer dans les théâtres et laissez la place aux jeunes. (Max avait 19 ans) Voulez-vous bien me f... le camp d'ici...
Et, dans un salut amical, Leloir, congédia Max qui fut de suite engagé à l'Ambigu.


Cinémagazine, nº 45, 25 novembre 1921, p. 6-7.

Cet échec ne le décourage pas et, grâce à une rencontre insolite avec Le Bargy, il va arriver à ses fins. Max Linder a raconté au journaliste Javier Bueno, les détails de cet échange :

Al cabo de un año de estancia en París, un día tuve ocasión de que me presentaran a Le Bargy quien como usted sabe es un gran aficionado a la esgrima. Sabiendo que yo tenía aficiones teatrales y que era un buen tirador, me propuso que él me daría lecciones de dicción y yo en cambio le daría lecciones de florete. Poco tiempo después, formé parte de la compañía que actuaba en el teatro de Variétés.


Caras y Caretas, Buenos Aires, 12 avrili 1913.

Max Linder décroche ainsi un petit rôle (Payardel) dans la pièce d'Albert Pujol, Crime d'Aix, dont la première a lieu, à l'Ambigu, le 3 novembre 1904 (Noël, 1905, 323). Mais plus que ses talents d'acteur, ce sont ceux d'épéiste qui retiennent l'attention de la presse :

Les Trente ans d'Escrime.-Hier, à 8 heures et demie, a eu lieu, sur la scène de l'Ambigu, la première poule à l'épée entre la salle Berlier et la "salle de l'Ambigu", ouverte depuis deux mois sur l'initiative de M. Grisier et fréquentée par les artistes et l'administration du théâtre et quelques personnalités du monde de l'escrime.
Les deux gagnants furent M. Max Linder de la salle de l'Ambigu, et M. Olivier, de la salle Berlier. [...]


L'Humanité, Paris, 20 décembre 1904, p. 3.


Le théâtre et le cinématographe (1905-1906)

À ces deux activités, Max Linder va en ajouter une troisième, celle d'acteur de cinéma. Au théâtre, toujours à l'Ambigu, il va enchaîner toute une série de petits rôles tout au long de l'année 1905 : La Conquête de l'air (Camille Audigier et Paul Géry, 16 janvier 1905, " Santa Fé "), Les Deux Orphelines (Adolphe d'Ennery et Eugène Cormon, 20 janvier 1905), Paillasse (Adolphe d'Ennery et Marc Fournier, 14 février 1905, " Beaumesnil "), La Belle Marseillaise (Pierre Berton, 3 mars 1905, " Caulaincourt "),  Les Aventures de Thomas Plumepatte (Gaston Marot, 19 mai 1905, " Maxwel "),  La Fleuriste des halles (Henri Demesse, 15 juin 1905, " Joseph "), La Bande à Fifi (Gardel-Hervé et Maurive Varret, 11 juillet 1905, " Ildefonse "), Crime d'un fils (Maurice Lefèvre, 8 septembre 1905,  " Tom Bluff "), Le Régiment (Jules Mary et Georges Grisier, 6 octobre 1905, " Poplard "), Les Deux Orphelines (Adolphe d'Ennery et Eugène Cormon, 31 octobre 1905, " Du Presles "), La Grande Famille (Arquillière, 22 novembre 1905,  " Rondet "). Le succès de cette dernière pièce va se prolonger jusqu'à la fin du mois de février et Max Linder est même remarqué par Le Journal du dimanche : " M. Linder est tout à fait gentil et coquet dans le sous-lieutenant Rondet. " (Le Journal du dimanche, nº 3366, Paris, 3 décembre 1905, p. 781), Pour sa patrie (Marquis de Castellane, 2 mars 1906, " L'Abbé de Pradt ").

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Le sous-commandant Rondet (Max Linder) [2e à gauche]
La Grande Famille (1905)
L'Illustration Théâtrale, nº 22, 23 décembre 1905, p. 8 et 21
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Max Linder (" Rondet ")
© Maud Linder, Max Linder, p. 25
phot. P. Boyer, Max Linder (Caulaincourt)La Belle Marseille,
Le Théâtre, nº 152, Paris, Avril 1905 p. 19

Tout en poursuivant une carrière d'acteur de théâtre, somme toute, plutôt discrète, Max Linder va s'essayer comme acteur de cinéma. Ses propres déclarations - parfois contradictoires - et la multiplication de celles de nombreux contemporains ont jeté le trouble sur les débuts de Max Linder à l'écran. Même s'il est encore impossible de fixer avec précision la date de réalisation du premier film où il apparaît, on peut penser qu'elle se situe alors qu'il joue des seconds rôles au théâtre de l'Ambigu. Si tout le monde s'accorde sur le fait que Max Linder fait ses débuts chez Pathé, on oublie un peu vite que ce patronyme est alors porté non seulement par Charles, mais par ses trois frères Eugène, Édouard et Théophile. Ce dernier, qui a représenté son frère Charles, en Allemagne, depuis 1903, se brouille avec lui et fonde, le 15 mars 1905, avec ses autres frères Eugène et Édouard, la société " Th. Pathé frères " dont l'objet est " la fabrication, la vente et l'achat d'appareils cinématographiques, de films, appareils, matières premières et tous accessoires se rattachant à cette industrie". Cette situation confuse, précisément au moment au Max Linder fait son entrée dans le 7e art, est à l'origine de nombreux témoignages apparemment contradictoires. Il faut également considérer qu'avant de devenir une vedette internationale, Max Linder est un acteur modeste qui n'est attaché à aucune maison de production. C'est pour cela qu'il va tourner des films à la fois pour Théophile Pathé et pour Charles Pathé. Les débuts de la production du premier, qui reste encore, à ce jour, assez mal connue, commence vers le mois d'avril, mais la qualité, aux dires de sa fille Suzanne, est plutôt faible : " Ce fut vers la fin de l'été 1905 que nous reçumes enfin les deux premières bandes de fabrication 'Théophile Pathé' ; elles étaient si mauvaises cependant, qu'il fut convenu que nous ne dévoilerions pas leur provenance " (Suzanne Pathé, C'était hier seulement, 141). Dans une autre version de ses mémoires, elle écrit que " ce fut au début du printemps de 1905 " (Suzanne Pathé, Souvenirs, 230). C'est après ces premières expériences malheureuses qu'il faut situer la rencontre de Max Linder avec Théophile Pathé, vers le milieu de l'année 1905. Voici le récit qu'en fait sa fille :

[…] mon père, à Paris devenu son propre metteur en scène et scénariste était obligé de ce fait, d'engager lui-même les acteurs dont il avait besoin : il était allé, un soir, voir un comédien qui lui avait été signalé comme susceptible de lui convenir, ce qui n'avait pas été le cas. En revanche, il avait remarqué le jeu d'un jeune comparse dont la mimique l'avait frappé. Le rideau baissé sur ce dernier acte de la pièce, il était allé proposer au jeune homme de venir tenter sa chance dès le lendemain sur notre théâtre de prises de vue, Avenue Gambetta, moyennant six francs du cachet, frais de transport et le déjeuner payés.


Suzanne Pathé, Souvenirs, 369.

C'est d'ailleurs le seul témoignage, à notre connaissance, dont nous disposons pour dire que Max Linder a tourné des films pour le frère de Charles Pathé. Un élément curieux se trouve dans l'ouvrage de Maud Linder sur son père (1992, 83) où nous retrouvons le logotype de la marque " Théophile Pathé " sur une carte postale représentant deux amoureux. Le premier film que tourne Max Linder sous la direction de Théophile Pathé à pour titre Les Débuts d'un collégienC'est hélas le seul titre qu'évoque Suzanne Pathé dans ses mémoires, mais elle laisse entendre clairement que la collaboration va durer quelque temps :

Ce succès incita mon père à faire travailler souvent Max LINDER. Il devint notre comique attitré. Au reste, attentif, ne reculant devant aucune difficulté d'exécution, intelligent, l'artiste, pour son plus grand profit et le nôtre, suivait volontiers les directives et les conseils de son metteur en scène: mon père.


Ibid., 372.

Si la concurrence fait alors rage, elle redouble sans aucun doute entre les deux frères " ennemis ", et la version qu'en donne Suzanne Pathé est tout à fait plausible :

La majorité des films comiques tournés avec Max Linder furent des succès. Ils le furent au point d'attirer l'attention de nos concurrents en particulier celle de Pathé-Frères dont Max Linder, passant au rang des transfuges, accepta les propositions, sans en parler préalablement à mon père.
Suivant les pratiques du temps, les nouveaux patrons firent refaire à l'artiste bon nombre des films tournés pour Théophile Pathé, en commençant par son tout premier film: "Les Débuts d'un collégien" qui devint: "Le Premier cigare".


Ibid, p. 373.

Par ailleurs, la description détaillée que donne Suzanne Pathé du film Les Débuts d'un collégien conforte sa version. En revanche, lorsqu'elle évoque Le Premier cigare, il est difficile de savoir à quel film elle se réfère. Si le film de Théophile Pathé a bien à voir avec une histoire de " cigare ", les bandes qui portent ce titre, chez Charles Pathé ont déjà été tournées en 1903 : Premier cigare d'un collégien interprété par Félix Galipaux et Le Premier cigare du collégien joué par Albens de l'Eldorado. Mais il existe également une autre vue, postérieure qui porte le même titre Le Premier Cigare d'un collégien. Elle a été tournée avant le mois de juin 1907, puisqu'elle figure dans un programme publié dans L'Illustration algérienne, tunisienne et marocaine (Alger, 29 juin 1907, p. 12) uniquement composé de vues Pathé. Il s'agit fort probablement de celle qu'Henri Bousquet date de mars 1908 sous le numéro 1941.

Précisément, du côté de Charles Pathé, le premier film du catalogue où figure effectivement Max linder est Première sortieLes témoignages sont d'ailleurs concordants sur ce point. Les premiers souvenirs sont ceux du comédien Fernand Rivers, lui-même acteur occasionnel, à ce moment-là, chez Pathé. Il lui conseille de prendre contact avec Lucien Nonguet :

Max Linder, qui n'était pas très doué pour le théâtre, avait compris, en une seconde, les effets comiques que l'on pouvait tirer d'une scène de cinéma.
- Mais Max, si tu veux en faire, vois Lucien, il te prendra sûrement.
Il vit Lucien qui le prit et sut le garder.


Rivers, 1957, 27-28.

C'est donc Rivers qui l'aurait incité à rencontrer Nonguet. Dès 1903, ce dernier pour le compte de la maison de production, s'occupe de recruter des acteurs de théâtre de boulevard pour jouer de petits rôles dans des productions cinématographiques. Max Linder lui-même, en 1922, va raconter ses débuts au cinéma, à V. Guillaume-Danvers :

Lorsque je fus engagé aux Variétés je venais d'avoir 20 ans. C'est alors que je fis la connaissance de Lucien Nonguet qui me proposa de faire du cinéma, et qui me présenta chez Pathé où j'eus 20 francs par cachet.
Mon premier film, La Première sortie d'un collégien, me coûta beaucoup plus qu'il ne me rapporta. J'aplatis mon chapeau à haute forme et je perdis une paire de boutons de manchettes en or.
Puis je tournais Le premier Cigare d'un Collégien et Les Débuts d'un patineur. C'est alors que je pris le nom de Max Linder.


V. Guillaume-Danvers, "Max Linder, une belle carrière bien remplie et pleine d'avenir", Cinémagazine, nº 48, 8 décembre 1922, p. 329.

Ses souvenirs comportent quelques inexactitudes puisque Max Linder - qui a déjà adopté ce surnom depuis 1903 -, alors âgé de 22 ans, n'est engagé au théâtre des Variétés qu'en 1906. En outre, il est fait à nouveau mention du Premier Cigare d'un collégien, tourné à la même époque que Les Débuts d'un patineur. Précisément, à propos de ce dernier film, Max Linder garde en mémoire son tournage particulièrement difficile : 

"Mon premier film, dira-t-il un jour d'expansion sentimentale, fut la Première sortie d'un collégien ; mais celui dont j'ai gardé le plus cuisant souvenir a pour titre : les débuts d'un patineur ; il me coûta beaucoup plus qu'il ne me rapporta : comme c'était la première fois que je mettais des patins, je pris un formidable billet de parterre ; je déchirai mon pantalon, j'aplatis mon chapeau à haute forme qui m'avait coûté vingt-cinq francs et je perdis une paire de boutons de manchette en or !..."


Guillaume-Michel Coissac, Histoire du cinématographe de ses origines à nos jours, Paris, Cinéopse/Gauthier-Villars, 1925, p. 415.

Dans une autre déclaration, qui comporte à nouveau quelques erreurs chronologiques, Max Linder laisse entendre qu'il fait ses débuts dans Les Débuts d'un patineur, sous la direction de  Louis Gasnier :

Je jouai à l'Ambigu les plus sombres mélodrames jusqu'à mon entrée chez Pathé. Les frères Lumière avaient inventé le ciné depuis dix ans déjà, mais les progrès étaient bien lents. Je peux dire que j'ai tourné une des premières comédies cinématographiques.
Un charmant garçon, Louis Gasnier, actuellement metteur en scène en Amérique, vint un jour à l'Ambigu et me dit :
- Veux-tu faire du cinéma ?
- Qu'est-ce que c'est que ça ?
- C'est dans le genre du théâtre, à cela près que tu joues devant un appareil. Tu viens. Tu fais des blagues. tu auras vingt francs. Habille-toi bien : haut-de-forme, gants, perle, vernis. Je ne sais pas exactement ce que tu feras, mais très probablement ce sera un jeune mondain faisant sa cour à une jeune fille.
La nuit qui suivit cette conversation, il gela à pierre fendre. Le lendemain matin, lorsque nous arrivâmes au studio de Vincennes, Louis Gasnier me dit :
-Nous avons trouvé un sujet épatant. Le lac du bois de Vincennes est gelé. Tu vas tourner les débuts d'un patineur.


"Texte diffusé par Maud Max-Linder" dans Charles Ford, Max Linder, Paris, Seghers, 1966, p. 103-104.

Confusion de lieu - il ne joue plus à l'Ambigu depuis le début de l'année 1906 -, confusion de temps - le film n'est tourné qu'au début de l'année 1907. Une liste précise des films que Max Linder tourne pour Pathé-Frères reste encore aujourd'hui difficile à préciser. En ce qui concerne les films de 1905 et 1906, outre Première sortieon peut également citer Rencontre imprévueLèvres colléesLe Pendu et C'est papa qui a pris la purge. Il existe des doutes sur Les Étudiants de Paris (1906), La Puce gênante ou Julot va dans le monde.  

La filmographie de Max Linder, chez Théophile Pathé tout comme chez Charles Pathé, pour cette période, reste encore à établir. À l'exception des films déjà évoqués, pour lesquels il n'y a pas de doute, d'autres oeuvres figurent parfois dans les ouvrages qui lui sont consacrés, mais sans aucune preuve. Dans l'article publié dans Cinémagazine (nº 45, 25 novembre 1921, p. 7), il est également question de La Mort d'un toréador, des Contrebandiers et  du Poison, films qui n'apparaissent pas - en tout cas sous ces titres - dans les catalogues Pathé de cette époque. La Mort d'un toréador correspond très probablement à Un drame à Séville (1907) dont le tournage est postérieur.

Quant à la scène, Max Linder quitte le théâtre de l'Ambigu vers le mois d'avril 1906. Curieusement, quelques semaines plus tard, dans la salle parisienne, à l'occasion de la fête nationale, une séance cinématographique est organisée :

À l'Ambigu.- À l'occasion de la Fête nationale ce théâtre donnera, en matinée gratuite, Roule-la-Bosse, la jolie pièce de MM. Jules Mary et Émile Rochard. En plus de son grand succès, M. Grisier se fait un devoir d'offrir en première représentation une séance exceptionnelle de cinématographie.


L'Intransigeant, Paris, 14 juillet 1906, p. 3.

La presse annonce, au début du mois de juin, son engagement au nouveau Théâtre Réjane - ex-Nouveau Théâtre -, en juin 1906, mais il finit par rentrer dans la troupe du théâtre des Variétés où il intervient dans Miquette et sa mère (Robert de Flers et G.-A. de Caillavet, 2 novembre 1906, " Beurrier ") et dans La Main droite (André Barde, 4 novembre 1906). Puis son nom disparaît pendant presque un an, pour ne réapparaître qu'au début de l'année 1908. Il se retrouve encore à l'affiche du théâtre des Variétés, en 1909. Par ailleurs, Max Linder fait également parler de lui comme escrimeur, l'une de ses passions, et organise même un championnat d'épée des artistes (Comoedia, Paris, 27 mai 1908).

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" Max Linder, des Variétés, vainqueur du championnat des Artistes " 
La Culture physique
, nº 84, 1er juillet 1908, p. 1184

Ce n'est qu'en 1908 que la presse, sans doute pour la première fois, fait allusion à ses talents d'acteur de cinéma, à l'occasion de la " Fête du Théâtre et des Usines du Cinéma-Pathé frères " :

[...] Succès particulier pour Max Linder, qui commença une scène sur l'écran pour la finir sur... la scène.


Comoedia, Paris, 5 juillet 1908, p. 2. 


 Après... (1907-1925)

Si Max Linder continue encore pendant quelque temps à faire des apparitions sur les scènes parisiennes, il oriente clairement sa carrière vers le cinématographe. Il tourne pour Pathé de nombreux films et devient, dès 1910, une vedette internationale (The Tatler, Londres, 3 novembre 1909, p. 14). Son personnage de dandy se met en place avec toute une série de films tels que Max fait du ski (1910), Max se trompe d'étage (1910), Les Débuts de Max au cinématographe (1910)... Il s'engage comme volontaire lors de la 1re Guerre Mondiale et une fausse nouvelle annonce hâtivement sa mort. En 1916, il part pour les États-Unis pour tourner quelques films pour la Essanay dont Max comes across (1916). Il rentre en France, en 1917 et inaugure, en 1919, son cinéma le " Max Linder ". Pourtant, dès le mois de novembre de 1919, il revient aux États-Unis. C'est à Hollywood qu'il va tourner ses longs métrages et pour cela il crée sa propre production, Max Linder Productions. Après Seven years bad luck [Sept ans de malheur, 1921], il tourne The Three must-get-theres [L'Étroit Mousquetaire, 1922]. De retour en France, il s'éprend de Ninette Peters, une très jeune femme qu'il épouse en 1923. La dégradation de sa vie conjugale, perturbe le tournage du Roi du cirque (1924). Max Linder et son épouse se donnent la mort en 1925.


Sources

Max Linder, http://www.maxlinder.de/startdeutsch.htm

BOUSQUET Henri, Catalogue Pathé des années 1896 à 1914, Bassac, Impr. Plein Champ, 1993, 256 p.

COISSAC Guillaume-Michel, Histoire du cinématographe de ses origines à nos jours, Paris, Cinéopse/Gauthier-Villars, 1925, 604 p.

LINDER Maud, Les Dieux du cinéma muet Max Linder, Paris, Édition Atlas, 1992, 146 p.

NOËL Édouard et Edmond STOULLIG, Les Annales du théâtre et de la musique, Paris, Librairie Paul Ollendorff, 1905, 470 p. 

PATHÉ Suzanne, C'était hier seulement. Ma famille et le début du cinématographe. Mémoires, s.d, manuscrit, 181 p.

PATHÉ Suzanne, Souvenirs ensoleillés d'une éducation à l'américaine, mémoires, [1964], manuscrit, 376 p.

RIVERS Fernand, Au milieu des étoiles, Paris, Les Films Fernand Rivers, 1957, 200 p.

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1905

1906

1907

  • Le Premier Cigare d'un collégien (Pathé)
  • Un drame à Séville [La Mort du toréador] (Pathé)

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