Louise WILLY

([1873]-?)

willy  

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Louise Willy, née vers 1873, est l'élève de Charles Aubert et se fait connaître, dès 1892, grâce à ses pantomimes au thèâtre des Nouveautés. Elle abandonne cette salle pour le Théâtre-Moderne où elle est engagée par M. Chelles, pour débuter dans la revue Tout à la scène (Cottens et Gaveau) (Le Journal, Paris, 27 décembre 1892, p. 4), le 31 décembre 1892. L'année suivante, on la retrouve aux Menus-Plaisirs dans Les Colles des femmes (Jaime et Kerroul, Louis Ganne). Elle parcourt ainsi les scènes parisiennes : Un soir d'hiver (1893),  Fleur de Lotus (1894) aux Folies-Bergère.... Un journaliste croque ce charmant portrait de l'artiste :

LOUISE WILLY
Une rose mousseuse, étincelante de jeunesse, radieuse de fraîcheur ; semble quelque fée parisienne, quelque papillon qui vient d'èclore. La tête exquise d'un Grévin, avec de grands yeux mouillés et rieurs, le nez d'une Mily Meyer jolie, et, dans le rouge écrin de ses lèvres, des dents !.. ah ! mes amis ! quelles dents ! S'exerçait, dans les soirées de cercles, en de vagues pantomimes où l'applaudissaient les admirateurs du geste et de l'attitude, lorsque les Folies-Bergère la prirent pour interpréter le si joli rôle de Fleur de lotus dans le délicieux ballet d'Armand Silvestre.
Son jeu charmant, original et tout plein de grâce la désigne comme une de celles qui réussiront au théâtre et brilleront au premier rang des artistes vraies. La plus gaie, la plus franche et la plus spirituellement naïve des aimables filles.
- Je suis heureuse et ne désire pas grand'chose, dit-elle à tout bout de champ. 
Combien comme elle ?


Gil Blas, Paris, 9 mars 1894, p. 1

En juin 1894, elle interprète, à l'Eldorado de Lyon, le premier "déshabillé", dans Le Coucher d'Yvette. En réalité, il s'agit d'un tableau extrait d'une pantomime en deux actes que Louise Willy présente à Lyon :

On nous écrit de Lyon :
Le premier spectacle de l'Eldorado a eu lieu, hier, devant une salle archicomble. Jamais établissement et jamais artistes n'ont été accueillis plus chaleureusement dans notre ville.
Ainsi que l'Intransigeant l'avait annoncé récemment, on jouait le Coucher d'Yvette, une grande pantomime en deux actes, dont les Parisiens n'ont pu apprécier, au Concert Lisbonne et à l'Alcazar, qu'un court tableau. Un superbe ballet accompagne cette pantomime.
C'est Mlle Louise Willy, engagée spécialement pour un mois, qui interprète le rôle d'Yvette. La beauté radieuse, le charme infini, le talent si fin, si délicat et si nuancé de la ravissante artiste ont enthousiasmé les spectateurs. Mlle Louise Willy, dont toute la presse lyonnaise constate le triomphe, a été couverte de fleurs, rappelée avec frénésie, applaudie à tout rompre. M. Ch. Aubert, l'auteur-acteur bien connu, a obtenu, de son côté, le plus vif, le plus réel succès.
Voilà, pour M. Verdellet, l'intelligent directeur, une série de représentations fructueuses. Ajoutons que le programme de l'Eldorado est on ne peut mieux ordonnacé et, qu'à côté de Mlle Louise Willy et de M. Ch. Aubert, un grand nombre d'excellent artistes se sont fait apprécier.


L'Intransigeant, Paris, 18 juin 1894, p. 3.

Dès l'année suivante, elle triomphe à l'Olympia dans Le Coucher de la mariée (1895) qui attire les foules. Ce succès la conduit à tourner plusieurs films pour Pirou et, surtout, Pathé. Elle contitue sa carrière jusqu'au début des années 1910 : L'Homme nu (1910), Un drame à Madrid (1911). Le périodique Le Journal offre un bref portrait de cette actrice :

Mlle Louise Willy
Vingt ans à peine, de grands yeux couleur de mer -les dents les plus éblouissantes de Paris. Possède l'esprit de Gavroche ; ressemble à Mily Meyer comme une soeur cadette - mais qui grandira.
A débuté il y a quelques mois aux Nouveautés dans la Bonne de chez Duval, puis est passée au Théâtre Moderne.
A maintenant trouvé sa voie dans la pantomime ; est devenue la meilleure élève d'Aubert.
Ses armes parlantes sont :
D'azur, au loup d'or ravissant, le tout sommé d'un petit chaperon rouge avec cette devise : Loulou suis, loup ne crains.


Le Journal, Paris, 22 mars 1893, p. 3

La dernière mention que l'on connaît d'elle date de 1912, où elle joue dans Julot ne reçoit rien des Dames , en octobre, à Grasse dans la troupe Dufrenne. On ignore ce qu'elle devient par la suite. 

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1896

1899-1900

1901

1904


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