Au pays noir

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Au pays noir

Avant-Propos Parmi les manifestations de l’industrie moderne, dont l’envergure offre le plus d’intérêt, certes l’exploitation des mines de houille fournit, au point de vue cinématographique, le maximum d’attraits.Personne n’ignore à quel dur et dangereux métier le mineur est astreint, gagnant péniblement sa vie et celle de sa famille, perdu, la moitié de sa misérable existence, dans les profondeurs de la terre, exposé aux terribles catastrophes que produisent les fulgurantes explosions de grisou ; la brusque irruption de l’eau qui envahit les puits et les galeries, éventrant les parois de la mine, arrachant les boisages dans son irrésistible élan. Mais tout le monde ne connaît pas les scènes quotidiennes qui se déroulent dans la vie privée et dans le travail des mineurs. C’est tout cela que nous avons scrupuleusement étudié pour notre clientèle et fidèlement reproduit pour le public. C’est en somme, toute l’existence quotidienne du mineur que nous décrivons, puisque pas à pas les vues cinématographiques vont nous le montrer au début de sa journée de dur labeur, chez lui, puis dans le village et enfin dans les puits d’extraction.

1- L’intérieur du mineur Le jour est à peine paru. Levés avant l’aube, tous sont debout dans le modeste logis du mineur. La mère a servi la soupe du matin à toute la maisonnée et tandis qu’au coin de l’âtre, le grand-père, ancien mineur lui-même, toussote douloureusement, le fils aîné s’éloigne. Le maître porion dit adieu à ses enfants, à sa femme, il ouvre la porte de la maison et… 

2- En route vers le puits se trouve dans la rue du Coron (village des mineurs). Décor pittoresque dont la vue panoramique se déroule à travers les maisonnettes des ouvriers et traversant la place du hameau, aboutit à la voie ferrée qui dessert les puits d’extraction, dont les hautes et massives bâtisses, profilent sur le ciel gris et triste leurs lourds chevalements. Nous assistons au départ des ouvriers mineurs quittant leurs logis et se dirigeant vers la mine ; suivons-les. 

3- Entrée de la mine Les ingénieurs assistent à l’arrivée des mineurs tandis que des ouvriers déjà travaillent, poussant les berlines chargées de houille sur la petite voie ferrée, réunissant le chevalement au chemin de fer et que des gamins trient les écaillages du charbon. Nous avons franchi la première étape de la ville inconnue. 

4- La Descente Décor scrupuleusement exact de l’entrée des puits actuels dans les mines de houille. Par la large baie qui s’ouvre sur le pays minier, les ouvriers s’engouffrent dans la vaste salle et vont chercher leurs lampes personnelles avant de prendre place dans les cages métalliques où montent et descendent incessamment les bennes d’extraction. Un groupe de mineurs, sous le contrôle du contremaître se place dans la cage, puis lorsque l’on a fait entrer à son tour un cheval, la benne s’engouffre dans les ténèbres mystérieuses du puits. 

5- Dans les galeries À 500 mètres au-dessous du sol, au second palier, nous parvenons à la salle de l’accrochage, solidement maçonnée où aboutissent les principales galeries sur lesquelles s’amorcent les différents quartiers de la mine, les tailles. C’est un roulement ininterrompu de trains de berlines amenant à l’entrée de la cage, les chargements de houille qu’un cheval a conduits sur la voie étroite. Un brusque coup d’œil jeté à l’écurie où l’on bouchonne les bêtes de somme, puis c’est la physionomie caractéristique du “briquet” ou déjeuner des mineurs qui, par groupes, se réunissent pour causer un instant en cassant la croûte. 

6- Un coup de grisou À la reprise du travail, suivons cet ouvrier qui s’engage à travers le dédale obscur des galeries, où l’on butte contre les aspérités, où à chaque pas, pour ainsi dire, il faut baisser la tête pour ne pas heurter les boisages qui soutiennent la paroi de houille suintante. L’homme s’est engagé dans un étroit boyau glissant et c’est ici, dans une galerie un peu plus large, que presque nus, dans la chaleur étouffante de cette nuit perpétuelle à peine éclairée par la faible lueur des lampes métalliques, les mineurs travaillent sans relâche.La flamme des lampes brûle difficilement, une inquiétante odeur règne, la retraite est prudente. Quelques minutes après, la pioche malheureuse a déterminé l’épouvantable catastrophe, qui d’un violent coup de grisou a défoncé la galerie, ensevelissant sous les blocs énormes de la voûte effondrée les corps de plusieurs malheureux.Alors, c’est l’eau grondante de la mine qui, torrent impétueux, achève l’oeuvre de destruction, démolissant tous les boisages, éventrant la taille. 

7- Envahis par les eaux Ici le drame s’accentue… c’est l’horrible situation des malheureux, qui depuis des jours, fuyant le flot sans cesse montant, presque morts de faim, ont atteint une galerie élevée où l’eau ne leur arrive qu’au ventre. Ils entendent les coups sourds de la pioche des sauveteurs et ils se traînent péniblement, à travers les remous qui charrient des poutres et des débris de toutes sortes, jusqu’à la roche plus haute où enfin apparaissent leurs libérateurs. Ce tableau qui retrace avec une vérité inouïe les affres et les angoisses des ensevelis est un des plus saisissants de notre film. 

8- Le Sauvetage Jour de deuil ! Le pays minier retentit des gémissements, des menaces que profèrent toutes les familles du coron, venues sur le lieu de la catastrophe. C’est un coin abandonné par la compagnie ; un ancien puits démantelé qu’envahissent les ronces. Et c’est par là cependant que, ne pouvant pas venir au fond de la mine sous les nouveaux chevalements obstrués par l’inondation, les sauveteurs essaient de porter secours à leurs compagnons. Tout le haut personnel de la mine est présent, le directeur, les contremaîtres, le dateur, le préfet de la région lui-même donnant des ordres aux gendarmes qui essaient de contenir la foule pour ne pas gêner les pompiers qui remontent les cadavres. À chaque corps nouveau qu’on dépose sur la paille recouvert d’un manteau, c’est dans la foule, un long tressaillement d’angoisse. Mais, lorsque, mutilé, le cadavre du fils du porion est retiré de la mine, le père dans un élan furieux de désespoir sublime, écarte brutalement ceux qui veulent lui cacher la vue de son enfant. Alors le mineur, symbole vivant du travail meurtrier, tend le poing au pays qui l’environne, vers les hautes cheminées dont la fumée noire s’étend sur la contrée comme un voile de deuil et pleure douloureusement secoué de spasmes, cet enfant difficilement élevé que la mine lui a volé avant qu’il ne fût homme. Sa femme, à ses pieds, sanglote éperdument ainsi que les petits. Telle est la vie morne du mineur. Telle est sa mort brusque.

PAT 1905-05S

The Mine

Most interesting study of life in a Coal Mine. Entrace. Descending in cage and working in mine clearly shown. Fire-damp explosion. MIne flooded and final rescue by firemen. Very exciting.

The Era, London,  June 10, 1905, p. 27.

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1 Pathé 1213   
2 Ferdinand Zecca   
3 < 30/05/1905  250 m/820 ft
4 France  

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30/05/1905 EspagneBarcelone Diorama País del carbón
16/07/1905 Cuba, La Havane Costa
La vida del minero o En el país del carbón
03/03/1906 FrancePontoise Cinématographe Ketorza Le Pays noir 
01/11/1905 France, Libourne Palais de l'Électricité, A. Bonnet Au pays noir
26/11/1905 Espagne, Barcelone Fraternidad Republicana En el país del carbon
18/01/1905 Espagne, Tortosa Salón Escudé En el país del carbón
 

En "El país del Carbón” contempla el espectador, en la casa del minero al viejo jubilado que, con envidia tal vez mira como los suyos toman el pan cotidiano para resistir á la no menos cotidiana y ruda tarea de arrancar, de las duras entrañas de la madre tierra la negra ulla.
Asiste á la entrada de los mineros en las minas, y vé como á merced de grandes ascensores penetran en las profundidades tenebrosas; recorre las inmensas galerías abiertas por el picotear constante de mil nervudos brazos, vé los mil incidentes de aquella legión de titanes negros, expuesta siempre á una hecatombe por el detalle más nimio, y contempla por fin la explosión devastadora del grisú que hunde galerías, ciega pozos y rompiendo arterías de la tierra inunda y anega con torrentes de agua los cuerpos mutilados del hombre que dirije y de la bestia que trabaja…
El salvamento, como cuadro final corona á maravilla esta grandiosa película.
Por la boca de un poza que respetó la catástrofe, extraen los cuerpos de aquellas víctimas del trabajo y de entre ellas surge la atlética figura del capotáz, que escapó de la muerte, pero á quien aguarda al respirar el aire libre y bañarse en la luz del día, el horrible espectáculo de ver entre tanto despojo humano el cuerpo exánime de su propio hijo…


Diario de Tortosa, Tortosa, 19 de enero de 1906, p. 2.

12/05/1906 FranceSaint-Jean-d'Angély, Salle Municipale Le Grand Cinématographe américain, M. Hermand Au pays noir
21/06/1906 Cuba, La Havane Enrique Rosas El espectáculo de los mineros
24/08/1906 Cuba, La Havane Carlos A. Prada La Vida del minero

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Éditions du Croissant, Au pays noir, Pathé, 3668

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