Les "Passions" (1897-1906)
Jean-Claude SEGUIN
Dès les origines du cinématographe, le thème de la Passion a suscité un intérêt tout particulier tant en France qu'à l'étranger. Les épisodes de la vie du Christ ont connu de fait un succès tout à fait exceptionnel pour un public qui connaissait particulièrement bien l'histoire biblique qu'il voyait défiler sous ses yeux.
La Passion de Léar et Basile (mars/avril 1897)
La première Passion connue est celle d’Albert Kirchner dit Lear, un photographe qui a eu maille à partir avec la justice, en 1892, pour avoir fait commerce de vues pornographiques qui, semble-t-il, s’arrachaient comme des petits pains, tant en France qu’à l’étranger. L’arrivée du cinématographe va lui donner l’occasion de mettre son talent au service des premières vues audacieuses, dont le très célèbre Coucher de la mariée (1896) qui fera école… et qui sera projeté un peu partout en Europe. Spécialiste, sans nul doute, du grand écart, Léar va entreprendre le tournage, peu après, de ce premier film religieux. Opérateur, alors, du photographe Eugène Pirou, Kirchner va être contacté afin de réaliser des sortes de « tableaux vivants » à partir d’un spectacle organisé par Henri Levesque, mieux connu sous le nom de frère Basile. Il semble que Léar se soit simplement contenté de filmer plusieurs vues des différentes scènes. Nous ne disposons que de très peu d’informations, pour l’essentiel, tirées de la biographie consacrée à Henri Levesque où sont reproduites plusieurs photographies de la Passion. Si l’on en juge par ces reproductions, ces " tableaux vivants " ont un caractère sulpicien indiscutable. Nous ignorons quel fut le succès réel de cette première Passion de l’histoire du cinéma, mais nous connaissons la liste complète des tableaux grâce à la revue Ombres et Lumière (nº 28, Paris, 1er novembre 1897, p. 6) qui propose à la vente une Passion de douze vues animées pour cinématographe qui ne peut être, alors, que celle de Léar : Naissance de l'Enfant Jésus (20 mètres environ) ; Fuite en Égypte et adieu de Jésus à sa Mère (environ 14 mètres), Entrée de Jésus à Jérusalem (40 mètres environ), Jésus dans le Jardin de Gethsémani (20 mètres environ), Trahison de Judas, l'Arrestation (environ 20 mètres), Devant Pilate. La Condamnation (environ 20 mètres), La Flagellation (environ 12 mètres), Le Chemin de Croix (environ 20 mètres), Jésus est attaché à la Croix (environ 12 mètres), Mort de Jésus (environ 12 mètres), La Descente de Croix. Mise au Sépulcre (20 mètres), La Résurrection de N.-S. (20 mètres).
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| Jésus bafoué | La Trahison de Judas |
| Frère Basile-Joseph, Scènes de la Vie du Christ, mars 1897. ANOM, 1933. |
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Si l'on en croit G. M. Coissac, le fond Lear est repris par Léon Gaumont à la fin de l'année 1897 :
M. Léon Gaumont, qui avait perdu un temps considérable à vouloir imposer un format spécial de pellicule (60 millimètres de large) adapté au chronophotographe Demenÿ qu'il construisait, tentait de reprendre son avance et tournait pour ainsi dire nuit et jour ; il réunit bien vite un répertoire extrêmement varié qui, à la fin de 1897, s'augmenta de tous les négatifs de Léar.
COISSAC, 1925 : 388.
En tout état de cause, plusieurs vues "Léar" sont mises en vente chez Gaumont dès le mois de mai 1898.
La Passion de William W. Freeman (États-Unis) (été 1897)
L’initiative que porte l’Américain William W. Freeman, un impresario qui travaille pour le poste new-yorkais des frères Lumière, est de nature très différente par rapport à la Passion de Léar. Il faut ici rappeler que l’Europe centrale, et tout particulièrement la Prusse et l'Autriche-Hongrie, connaît une longue tradition de Passions qui se déroulent sur plusieurs jours, parfois plusieurs semaines. Incontestablement, la plus célèbre est celle d’Oberammergau qui a lieu tous les quatre ans. À l’époque des origines du cinématographe, elle s’est tenue en 1896, et il faut attendre 1900 pour qu’une nouvelle Passion ait lieu. Pourtant Oberammergau n’est pas la seule ville à organiser ces sortes de "tableaux vivants" et une autre Passion, très connue également, est celle qui se déroule dans la ville autrichienne d’Horitz. L’entreprise que va conduire Freeman est autrement complexe et va nécessiter une organisation lourde. Son idée est d’aller tourner les vues animées sur les lieux mêmes en Autriche. Pour ce faire, il va utiliser le matériel dont il dispose, à savoir, un cinématographe Lumière comme le rappelle The Philadelphia Inquirer :
Passion Play Pictures
An unusually interesting and what promises to be an equally-instructive entertainment is announced at the Academy of Music for Thanksgiving week, when W. W. Freeman will exhibit for the first time in this country an exact pictorial reproduction of the Passion Play tableaux. Mr. Freeman spent last summer in the mountains of Horitz with the peasants, who perform this miracle play in the Austrian Alps there, and succeeded with the aid of the Lumiere cinematograph in taking moving pictures of all the important tableaux. he also succeeded in getting some cinematograph pictures of the peasants in their daily avocations and particularly those humble men and women who enact the principal parts in the Passion Play. These pictures are said to be marvelously accurate and life-like. They have never been shown as yet in any land, but those who have been fortunate enough to have a private view of them announce them most beautiful and impressive. Professor Ernest Lacy, of this city, has been engaged to give a descriptive lecture of these pictures and the entire entertainment, lectures and pictures cover a space of time of about two hours.
The Philadelphia Inquirer, Philadelphie, 7 novembre 1897, p. 3.
Dans l’article, on peut remarquer que la présentation des vues animées est accompagnée des commentaires du professor Ernest Lacy. Il convient de rappeler, à ce propos, que le cinématographe n’a jamais été muet et que dès les origines, il existait en effet des formes d’accompagnement sonore, soit par la parole, soit par la musique, soit également par des bruitages. Cette représentation spectaculaire est composée de 40 tableaux et dure environ deux heures, en tenant compte des commentaires et des interruptions, car la durée totale des vues ne dépasse pas alors les 40 minutes. Toutefois, le succès de cette Passion est relativement limité. Originaire de Philadelphie, c’est dans cette ville qu’a lieu la première de ces films en novembre 1897. Comme dans le cas de la Passion de Léar, nous sommes en présence de vues qui ne font que reproduire des "tableaux vivants" préexistants.
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"Selling of Joseph into Egypt by His Brothers"
The Philadelphia Times, Philadelphia, mardi 23 novembre 1897, p. 3.
La « Passion » de Guillaume-Michel Coissac (Printemps 1898)
Nous ne connaissons l’existence de cette Passion que grâce à une référence de l’historien du cinéma français, Guillaume-Michel Coissac, dans son Histoire du cinématographe :
Peu de temps après, nous tournions en plein air, dans un terrain vague de la rue Félicien-David, une Passion du Christ, interprétée par des cabotins qui représentaient le même sujet en tableaux vivants à la fête des Invalides !... Spectacle inénarrable, mimique ridicule, expressions de ruisseau, regards à faire peur ! Et cela eut du succès !
COISSAC, 1925 : 387.
C’est au cours de la seconde quinzaine du mois de mai que se déroule, juste après la fois du Trône, la fête foraine des Invalides. Parmi les très nombreux spectacles forains, l’un des plus connus est celui que présente le Musée Lauret qui offre aux Parisiens des "tableaux vivants" sur l’actualité – en ce printemps 1898, elle propose des scènes de la catastrophe du Bazar de la Charité qui a eu lieu en mai 1897 – et sur des thèmes religieux. Sur une photographie attribuée à Atget, on peut lire La Passion de N.-S. Jésus Christ. C’est donc bien avec les acteurs de cette scène foraine que Coissac va tourner la deuxième Passion française. Rappelons que l’historien est également une figure éminente de la Maison de la Bonne Presse. De cette série, il ne reste rien aujourd’hui, pas même une trace journalistique.
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| [Atget], Fête des Invalides, mai/juin 1898 © BNF (Gallica) |
[Atget], Fête des Invalides, mai/juin1898 (détail) © BNF (Gallica) |
De La Vie et la Passion de Jésus-Christ de Lumière à La Vie du Christ de Gaumont ([avril] 1898-[octobre] 1898)
Si ces deux "passions" sont présentées ensemble c'est que leur histoire est intimement liée.
La maison Lumière entreprend de tourner des vues historiques ou reconstituées, à Paris, en août-septembre 1897, puis, au printemps 1898, Alexandre Promio, responsable du service cinématographique de la société lyonnaise, lance une nouvelle série pour nourrir le catalogue dont une Passion. Contrairement aux Passions antérieures, il s’agit dans le cas présent de réaliser des " tableaux vivants " pour le cinématographe. La genèse du projet reste difficile à établir : il y aurait eu, au départ, une rencontre entre le cinématographiste de la maison Lumière et Gaston Breteau comme le rapporte Georges Hatot :
M. HATOT. [...] À ce moment-là, il se cogne dans Bromiaud [Promio] qui était à Paris et qui lui demande ce qu'il faisait. " Je viens de faire une affaire avec Gaumont. " Il raconte la petite histoire.
— Où est Georges ?
— Il est reparti au régiment. Nous voudrions bien faire un film. Est-ce que vous pourriez nous faire " La Passion " ?
— Je veux bien faire " La Passion ", répondit-il.
Comme il lui fallait quelqu'un, il vient chercher mon frère. Même mon frère qui était un gosse, était un appui pour lui, et alors il a fait la première Passion qui s'est faite.
HATOT, 03/1948: 21.
Les propos de Georges Hatot, qui sous-entend que son frère [Joseph Hatot] aurait joué dans la série, ne permettent pas de bien éclaircir le rôle de Gaston Breteau dans cette affaire d'autant plus qu'il ajoute :
M. HATOT : " La Passion " pour Lumière a été faite 98 rue du Surmelin. C'est Breteau qui joue le Christ.
HATOT, 03/1948: 1.
En outre, nous disposons d'un autre témoignage qui ne va pas du tout dans le même sens, celui de Jean Liézer qui nous offre bien plus de détails sur le tournage du film Lumière :
Avec M. Jean Liézer
"- Vous parler du cinéma ? Mais il y a si longtemps que je n'en fais plus !
- Justement ! En quelle année vous en occupiez-vous ?
- En 1898 ; j'étais à l'Ambigu. Le chef de la figuration me dit, un jour, que le savant Lumière, de Lyon, pour réaliser quelques bandes, avait envoyé ici un opérateur muni de pleins pouvoirs. Il fallait des acteurs. Comme ce travail inattendu représentait un gain supplémentaire, appréciable à un moment critique du mois, j'acceptai. Nous nous rendîmes avec quelques camarades, à l'endroit où l'on devait opérer, rue du Surmelin, dans un terrain vague, attenant aux ruines d'une maison incendiée. Avait-on loué l'emplacement, ou était-il adopté par droit de simple occupation, je l'ignore ! Comme le temps était beau, on put travailler. Après nous être déshabillés derrière un pan de mur, nous mimâmes je ne sais plus quelle scène de poursuite ou de bousculade. Dans le feu de l'action, l'un de nous tomba dans une fosse d'aisances, dont nul n'avait soupçonné l'existence au milieu du terrain. Sur ces entrefaites, le ciel se couvrit, et l'on suspendit la séance, le soleil étant indispensable à la prise de vues.
Il y a peu de doutes sur l'identité de cet opérateur aux pleins pouvoirs qui s'adresse à Lucien Nonguet dont on connaît le rôle essentiel de pourvoyeurs d'acteurs et de figurants pour les éditeurs des premiers temps. Après avoir évoqué quelques vues tournées à ce moment-là, Jean Liézer s'attarde plus longuement sur le tournage de la Passion. On imagine que l'opérateur de la maison Lumière est toujours présent lorsque l'idée de prendre des vues de l'histoire biblique surgit :
Tenez ! Un jour, Lucien Nonguet, chef de la figuration à l'Ambigu, me demande : "Liézer, aujourd'hui, on a du soleil, il faudrait faire quelque chose de bien ; vous n'avez pas une idée pour employer le plus de monde possible ?" Je réfléchis un instant, et lui proposai de réaliser quelques scènes de la Passion. L'idée fut adoptée sur-le-champ et l'on se mit à tourner.
J'expliquai aux figurants, plus hétéroclites encore que de coutume, leurs rôles : "Souvenez-vous : c'est la Cène, vous rompez le pain, vous offrez la coupe, et vous dites : Ceci est mon corps, ceci est mon sang.-Mais oui, reprenaient-ils d'un air entendu ; Ceci-z-est mon corps ! Ceci-z-est mon sang !"
Le cinéma par bonheur, n'avait pas d'oreilles, en ces temps primitifs.
Lorsque le Christ fut en croix, les deux larrons rivalisèrent d'ardeur : "Allons, hurlaient-ils au Divin Sauveur que je personnifiais, descends de ta croix, eh ! sergent de ville !" Vous voyez que les rôles étaient bien vécus !
Nous avions pris, pour compléter l'atmosphère, les décors d'une pièce biblique que l'on avait jouée à l'Ambigu.
À mon insu, cette même Passion, après avoir été ainsi réalisée pour Lumière, fut successivement vendue à Parnaland et à Pathé. Toutes ces firmes, chacune persuadée d'avoir l'exclusivité, en tirèrent un film ; d'où, un peu plus tard, le procès que je vous laisse imaginer !
Ce fut une des dernières fois que je tournai rue du Surmelin.
S'il faut sans doute nuancer les souvenirs de Jean Liézer, on peut tout de même penser qu'il n'est pas totalement étranger à ce projet. Il occupe en tout état de cause une place de choix dans la "distribution" puisqu'il joue, dit-il, le rôle du Divin Sauveur. Voilà qui remet en cause la version de Georges Hatot qui, il est vrai, n'a pas assisté au tournage de cette série, pris qu'il est alors par ses obligations militaires.
On peut également retenir dans les propos de l'acteur l'utilisation des décors d'une pièce biblique jouée à l'Ambigu qui pourrait bien être L'Enfant Jésus de Charles Grandmougin :
On nous communique la note suivante :
Voici l'ordre des tableaux de l'Enfant Jésus, le mystère de M. Ch. Grandmougin, musique de M. Francis Thomé, qui sera donné à l'Ambigu en représentation de gala unique le Vendredi Saint, à 8 h. 1/2 :
Tableaux : 1. Les Mages.-2. Les Bergers.-3. Le Palais d'Hérode.- 4. Le Panorama de Jéricho. - 5. La Crèche.- 6. La Colère d'Hérode.- 7. La Fuite en Egypte. - 8. Le Sphinx.
Le Palais d'Hérode et le Panorama de Jéricho sont de M. Rubé ; la Fuite en Egypte et le Sphinx de MM. Marcel Jambon et Bailly. Pour ce dernier tableau, M. Jambon a reproduit exactement la toile célèbre de M. Olivier Merson intitulée : "Le Repos en Egypte."
Gil Bas, Paris, 26 mars 1896, p. 3.
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| Luc-Olivier Merson, Le Repos pendant la fuite en Égypte, Huile sur toile, 1880. 77 x 133 cm © Musée des Beaux-Arts, Nice |
Alexandre Promio, La Fuite en Égypte (Prod. Lumière, 1898) |
Cette hypothèse se voit renforcée par les écrits de Guillaume-Michel Coissac :
Tandis que Promio rentrait en France auréolé et qu'il s'apprêtait à tourner pour le compte des frères Lumière, des bandes composées, cela dans un terrain vague des Buttes-Chaumont, avec des décors loués chez Jambon : Les Dernières Cartouches, Un combat sur la voie ferrée, des scènes de la Passion, etc.etc.
G.-Michel Coissac, Le Monde illustré, Paris, 25 avril 1925, p. 318.
Si Marcel Jambon n'a sans doute pas peint ex professo les décors de la Passion de Lumière, son atelier en a bien fournis certains en recyclant ceux que le décorateur a créé pour la scène. C'est ainsi le cas de quelques éléments de décor - l'arbre en particulier - présents dans La Pocharde de Jules Mary1.
![]() La Pocharde. 2e tableau.- Aux Vendanges Le Photo-Programme illustré. 1897-1898. |
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![]() 7. L'Arrestation de Jésus-Christ |
![]() 9. Le Couronnement d'épines |
![]() 12. La Mise au tombeau |
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Quant à l'évocation du tournage par Jean Liézer, elle apparaît tout de même convaincante même dans ses anecdotes comme celle du Christ en croix.

Le Calvaire (Lumière. 1898)
Si Georges Hatot n'a sans doute joué aucun rôle dans la série de la Passion - d'ailleurs, elle ne figure pas dans son curriculum vitae (1959) - , on est en droit de s'interroger sur celui qu'aurait pu tenir Gaston Breteau. Compte tenu du fait que Jean Liézer incarne le "Divin Sauveur", on peut penser qu'il joue l'un des autres personnages bibliques. Une autre hypothèse, fondée sur un courrier de Léon Gaumont, serait que Breteau aurait pu participer au scénario de la Passion. Voici la lettre en question :
4 juin 1898
Messieurs Comy, Hatot et Breteaux, aux bons soins de Monsieur Dobigny, 252 r. du fg. Sat. Martin, E.V.
Nous venons vous accuser réception de votre lettre du 28 mai, nous sommes d'accord sauf toutefois sur le point suivant que vous avez cru devoir ajouter & qui ne figure pas sur les premières conventions que vous avez signées & dont je tiens les originaux à votre disposition.
Vous nous demandez maintenant en effet de nous interdire de faire exécuter des bandes cinématographiques ; scènes de genre par exemple, sans votre concours. En tant que Maison d'Édition nous ne pouvons absolument pas accepter cette réserve que nous n'aurions même pas discutée si vous nous en aviez parlé au début de vos visites lorsque vous êtes venus nous proposer vos scénarios.
Avant d'aller plus loin soyez assez bons de nous dire par courrier que vous reconnaissez le bien fondé de la présente & que nous nous en tenons à nos premières conventions.
Dans l'attente de vous lire, recevez, Messieurs, nos salutations empressées.
L. Gaumont & Cie.
CORCY Marie-Sophie, Jacques Malthête, Laurent Mannoni et Jean-Jacques Meusy, Les Premières Années de la société L. Gaumont et Cie, Paris, Association française de recherche sur l'histoire du cinéma/Bibliothèque du Film, Gaumont, 1998, 496 p. 341-342.
Mais rien ne permet de renforcer cette hypothèse...
Le courrier de Léon Gaumont nous informe cependant sur les relations qui, dès le 4 juin 1898, existent entre lui, Gaston Breteau, Georges Hatot et Esprit Comy. De fait, ce dernier résume brièvement la situation conflictuelle :
Gaumont qui avait un contrat est venu faire le constat ce qui fait que quand je suis arrivé du régiment, j'avais un procès. Je vais voir Gaumont. Je lui dis " Je ne suis pas responsable puisque je n'étais pas là. " Il me répond : M. Breteau a signé avec vous.
- Arrangeons-nous, répondis-je.
- Bien, dit-il, on va en rester là, mais vous allez me faire six comiques et la Passion.
J'ai retourné la Passion pour Gaumont, je lui ai fait six comiques et puis on a rompu le contrat.
HATOT, 03/1948: 22.
Lorsque Georges Hatot évoque ses souvenirs, il semble hésiter entre la Passion de Lumière et celle de Gaumont :
H. Langlois.-C'est la Passion...
1. C'est Breteau...
Hatot.- Je reconnais ses gestes.
1.- Vu la pitance des pellicules, à ce moment-là, ils n'arrivaient pas facilement à être à leur place.
Hatot.- L'arrestation au Mont des Oliviers ! Ce n'est pas du Gaumont, cela ?
H. Langlois.- Non, c'est du Lumière.
Hatot.- Ah bien... Non ! c'est moi qui l'ai fait... chez Lumière... Je l'ai fait étant au régiment...
Mme Musidora.- C'est quand même Breteau qui l'a joué ?
Hatot.- Oui. Moi, je l'ai refait après, pour Gaumont.
HATOT, 03/1948: 2.
Les hésitations sont sans doute compréhensibles dans la mesure où la version Gaumont est un simple plagiat de celle qui a été tournée pour Lumière. Dans ses souvenirs, Jean Liézer, lui aussi, évoque cette situation confuse :
"A mon insu, cette même Passion, après avoir été ainsi réalisée pour Lumière, fut successivement vendue à Parnaland et à Pathé. Toutes ces firmes, chacune persuadée d'avoir l'exclusivité, en tirèrent un film ; d'où un peu plus tard, le procès que je vous laisse imaginer !
Toujours est-il que Gaston Breteau et Georges Hatot, sous contrat chez Gaumont, sont contraints de refaire une Passion et de tourner six vues supplémentaires. Les deux hommes vont en quelque sorte réaliser un " remake " en réutilisant, au moins en partie, les mêmes décors comme on peut le voir dans L’Arrivée à Jérusalem.
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| L'Arrivée à Jérusalem (La Vie et la Passion de Jésus-Christ) Lumière |
L'Entrée à Jérusalem (La Vie du Christ) Gaumont |
Les Passions de Pathé ([1898]-1907)
Comment faut-il comprendre la remarque de de Jean Liézer lorsqu'il déclare :
"A mon insu, cette même Passion, après avoir été ainsi réalisée pour Lumière, fut successivement vendue à Parnaland et à Pathé. Toutes ces firmes, chacune persuadée d'avoir l'exclusivité en tirèrent un film ; d'où un peu plus tard, le procès que je vous laisse imaginer.
Évoque-t-il le procès de 1905 au sujet des vues du docteur Doyen ? S'agit-il d'une autre affaire judiciaire ? Aucune trace pour l'instant de ces tensions. En tout état de cause, cela indique que les Passions constituaient un enjeu économique important.
Scènes de la Vie et de la Passion du Christ (puis Vie et Passion du Christ) ([1898]-1900)
La première mention d'une "Passion" chez Pathé nous la trouvons dans un document (collection particulière) où figure la liste identique des films que l'on trouve dans le Bulletin phonographique et cinématographique, Revue des inventions pratiques de décembre 1899, sous le titre Scènes de la Vie et de la Passion du Christ " en 10 tableaux au prix de 350 fr ". Cette "Passion" est presque identique à celle, en 9 tableaux, qui est répertoriée, au même prix, dans le catalogue de 1900. Les seules différences sont les suivantes :
- La fuite en Égypte (1899: tableaux 2 et 3 ; 1900: tableau 2)
- Jésus au Mont des Oliviers (1899) vs L'Agonie de Jésus au Mont des Oliviers (1900)
- Trahison de Judas (arrestation) (1899) vs Arrestation de Jésus-Trahison de Judas (1900)
Le prix est le même - 350 fr - et la longueur totale n'est indiquée que dans le catalogue de 1900: 170 mètres. Ainsi, nous émettons l'hypothèse qu'il s'agit de la même "Passion". Ce qui peut jeter le trouble c'est la note suivante qui figure dans le catalogue de 1900 :
Cette nouvelle Passion, que nous présentons à nos clients, se recommande par la vérité historique, la couleur locale, la richesse des costumes et des décors, qui y ont été appliqués d’une manière absolue. Nous sommes assurés que ces qualités la feront bien recevoir de tous les amateurs qui cherchent l’art et la vérité dans les films qu’ils se procurent. En acquérant cette Passion, ils seront certains d’avoir en leur possession une série unique au monde, et nous pouvons leur confirmer, par avance et sans aucune exagération, le plus brillant succès. La Passion est vendue en deux séries, l’une de 9 tableaux et l’autre de 16. Les sujets sont les mêmes pour les deux séries, c’est-à-dire qu’ils sont tirés sur les mêmes négatifs. Ces deux séries se font en perforation Edison ou en perforation Lumière.
Il semble qu'en fait la nouveauté de 1900 réside dans la présence de 7 nouvelles vues qui complètent les premières et qui conforte l'idée selon laquelle le tournage des "Passions" s'étale dans le temps. Au-delà de 1900, cette "Passion" ne connaît plus d'évolution et aucun tableau n'est ajouté. Ainsi, en mars 1901, le tourneur M. Brou présente les seize tableaux: "Scènes de la vie et passion du Christ (16 tableaux, durée environ 3/4 heure)" à Meaux.
C'est encore cette "Passion" qui figure au catalogue de mars 1902. L'auteur de cette 1re "Passion" nous est inconnu, toutefois, on peut raisonnablement penser qu'il s'agit de Gaston Breteau. Ce dernier en effet est déjà aguerri en matière de "Passion" puisqu'il aurait participé à celle d'Alexandre Promio pour la maison Lumière et qu'il est l'un des responsables de celle de Gaumont (aurait eu un rôle plus important dans celle
. En outre, il arrive chez Pathé vers le mois d'octobre 1898 :
M. LANGLOIS : Chez Pathé, j'ai vu à un endroit, qu'on datait de 1899.
M. HATOT. : C'est quand Breteau était seul chez Pathé. Nonguet est rentré chez Pathé en 1901.
[...]
M. LANGLOIS : Breteau était avant ?
M. HATOT : C'est lui qui a ouvert le feu chez Pathé.
"Les Débuts du Cinéma, Souvenirs de M. Hatot, 15 mars 1948", p. 5. Fonds Commission de Recherche Historique ( CRH52-B2). Cinémathèque Française.
Il figure également dans les comptes de la société Pathé pour plusieurs factures concernant les décors et les costumes. Un faisceau d'informations qui permet de penser que Gaston Breteau a joué un rôle essentiel dans le tournage de cette première Passion.
La Vie et la Passion de Jésus Christ (1902-1903)
C'est au-delà du mois de mars 1902, que Pathé entreprend le tournage d'une nouvelle "Passion" dont les derniers tableaux ne sont présentés que quelques mois plus tard. Dans ses déclarations, Ferdinand Zecca indique qu'il est le cinématographiste de cette version :
Voilà "La Vie et la Passion de Jésus". C'est moi. Ça je l'ai fait trois fois. Ça c'est très joli.
Ferdinand Zecca interview par Musidora, Cinémathèque Française.
La première mention connue de cette 2e version se trouve dans le catalogue en langue anglaise de 1903. La série est composée de 32 tableaux - même si la numérotation va jusqu'à 33, car il manque le numéro 32. À cela deux raisons possibles : une erreur du catalogue - ce qui n'a rien d'exceptionnel - ou bien un tableau non encore tourné au moment de l'édition du catalogue. De fait, il est singulier de remarquer que la longueur de 28 vues de la série est indiquée - pratique habituelle -, ce qui n'est pas le cas pour les quatre tableaux restants dont on ne connaît pas le métrage. Il se trouve que dans le catalogue espagnol d'octobre 1904 [PAT 1904-03] les mêmes vues sont présentées, à l'identique, sans aucune mention de leur métrage. Les tableaux concernés sont les suivants :
- 9. La Pêche miraculeuse;
- 11. Jésus marchant sur les eaux;
- 12. La Transfiguration de Jésus-Christ
- 13. La Résurrection de Lazare.
Le tournage de cette 2e Passion s'est donc déroulé de mars 1902 à mai 1903. L'absence de catalogue mensuel entre ces deux dates ne nous permet pas de savoir si les vues ont été proposées au fur et à mesure, ce qui semble, en tout cas, une hypothèse acceptable.

La Vie et la Passion de Jésus-Christ (1902), "L'annonciation" (871)
Reste la question posée par les 4 derniers tableaux dont le tournage est plus tardif. En effet, dans la presse américaine, la Pathé Films propose Life and Passion of Christ dans une version en 29 tableaux et d'une longueur de 2122 pieds.

New York Clipper, New York, 2 décembre1905, p. 1060
À la fin de l'année 1905, il semble que seul un tableau supplémentaire ait été tourné, à supposer, bien entendu, que la série ait été proposée dans la même composition qu'ailleurs. Il semble que cette "Passion" ne sera jamais proposée dans sa totalité aux États-Unis.
Il faut attendre le supplément Pathé de septembre 1905 pour que soient annoncés les deux tableaux "La Pêche miraculeuse" et "La Transfiguration du Christ" avec la mention suivante: "Ces deux bandes constituent deux tableaux complémentaires de la bande la Passion que nous avons éditée il y a quelque temps déjà."
Ce dont on est sûr c'est que la totalité des tableaux étaient disponible à la fin de 1905, comme le prouve la présentation à La Havane de la série complète, en avril 1906 :
EN ALBISU.-Para esta noche anuncia la empresa del cinematógrafo, que con creciente éxito viene funcionando en Albisu la segunda exhibición de La Pasión y Muerte de Nuestro Señor Jesucristo.
Consta esta vista de 32 cuadros, cuyos títulos son:
La Anunciación-La Estrella Misteriosa-Adoración de los Magos.-La fuga a Egipto-Jesús entre los Doctores.-La Santa Familia.-Las bodas de Cana.-Jesús y la Samaritana.-La Pesca Milagrosa.-Multiplicación de los panes.-Jesús andando sobre las aguas.-Transfiguración de Jesús.-La Resurrección de Lázaro.-Entrada en Jerusalén.-Jesús arroja del templo a los comerciantes.-La Cena.-Jesús en el huerto de los Olivos.-El beso de Judas.-Jesús entre Pilatos.-La flagelación.-La corona de espinas.-Jesús presentado al pueblo.-Camino del Calvario.-el milagro de Santa Verónica.-Crucificación.-Muerte de Cristo.-Descendimiento.-La sepultura.-La Resurrección.-El Angel y las tres Marías.-La Ascensión.-Apoteosis.
Además se exhibirán otras vistas de gran mérito y muy recreativas.
Como de costumbre habrá tres tandas empezando la primera a las siete y media, la segunda a las ocho y media y la tercera a las nueve y media.
Diario de la Marina, La Havane, 10 avril 1906.
La Cinémathèque suisse conserve deux copies d'une Passion dont certains tableaux font partie de la série de 1902-1903. D'autres tableaux pourraient appartenir à la version de 1898-1900.
Les deux premières épisodes de la 3e "Passion" (1906)
Le succès des Passions dans les premières années du cinématographe - Pathé étant loin d'être le seul ni le premier à proposer une passion du Christ - conduit, sans aucun doute, la Compagnie Générale de Phonographes, Cinématographes et Appareils de Précision à se lancer dans un nouveau tournage plus ambitieux. Celui-ci se situe, très probablement, au cours du second semestre 1906, puisque dans le supplément de novembre-décembre, la maison annonce le lancement des premiers tableaux de la 3e Passion:
Nous ouvrons avec La Naissance de Jésus la première série de notre admirable bande : Vie de Jésus dont la suite paraîtra ultérieurement avec son catalogue spécial. La reconstitution de ces scènes, qui devaient être approfondies dans chaque détail et placées dans leur véritable couleur locale et légendaire, nous a coûté une année de recherche et d'efforts et représente des frais considérables de décors et de mise en scène ; mais le résultat obtenu dépasse toute les prévisions.
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| Naissance de Jésus-1.-L'Annonciation (1604) | Naissance de Jésus-2. Naissance et adoration des Mages (1604) |
Il est très probable que le succès de la Passion de Gaumont de 1906 est à l'origine de cette nouvelle série. Cette troisième version ne comporte pas moins de 37 tableaux, réunis en 4 parties ("Naissance", "Enfance", "Miracles et vie" et "Passion et mort"), dans l'annonce que l'on trouve dans Phono-Ciné-Gazette (nº 49, 1 avril 1907), mais la presse américaine annonce 39 vues, réunies en 5 parties, pour cette nouvelle "Passion" dès septembre 1907.

New York Clipper, New York, 28 septembre 1907, p. 881
Il n'est pas exclu que Pathé, comme cela avait été le cas pour la 2e Passion, ait tourné quelques tableaux complémentaires. Cette 3e Passion est due à Ferdinand Zecca, avec la collaboration, pour la photo et les trucages, de Segundo Chomón.Commencée en 1906, cette série est surtout produite en 1907. En voici les tableaux regroupés en quatre épisodes :1. Naissance : L'Annonciation. Marie et Joseph arrivent à Bethléen. L'Étoile mystérieuse. Marche à l'Étoile. Naissance et Adoration des Mages. 2. Enfance : Le massacre des Innocents. La fuite en Égypte. Un archange protège leur fuite. Le repos à la fontaine. L'arrivée en Égypte. La Sainte famille à Nazareth. La Sainte famille en travail. Jésus parmi les docteurs. 3. Miracles et Vie: Le Baptême. Les Noces de Cana. Marie Madeleine. La Samaritaine. La Résurrection de la fille de Jaïre. La marche sur les eaux. La résurrection de Lazare. La transfiguration. 4. Passion et Mort : L'entrée à Jérusalem le jour des Rameaux. Jésus chasse les marchands du temple. La Cène. La baiser de Judas au Mont des Oliviers. Jésus devant Caïphe. Le reniement de Saint Pierre. Jésus devant Pilate. La flagellation-Le couronnement d'épines. Jésus est présenté au peuple. Jésus tombe sous le poids de sa croix. Miracle de Sainte Véronique. Le calvaire-La mise en croix. Agonie et mort. La descente de croix. La mise au tombeau. La résurrection. L'ascension.

Modern' Ciné. Vie & Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ (1907)
Une nouvelle version sera réalisée en 1913.
Tableau synoptique des Passions
| Léar | Lumière | Gaumont | Pathé 1a | Pathé 1b | Pathé 2 |
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L'Annonciation |
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| La Sainte Famille | |||||
| Naissance de l'enfant Jésus | La Naissance | La Naissance | |||
| La Crèche à Bethléem | |||||
| L'Étoile mystérieuse | |||||
| L'Adoration des mages | L'adoration des mages | ||||
| Fuite en Égypte et adieu de Jésus à sa mère | La Fuite en Égypte | La Fuite en Égypte | La Fuite en Égypte | La Fuite en Égypte | La Fuite en Égypte |
| Jésus parmi les docteurs | |||||
| Les Noces de Cana | |||||
| Jésus et la Samaritaine | |||||
| Pêche miraculeuse | |||||
| Le Miracle de la fille de Jaïre | |||||
| Multiplication des pains | |||||
| Jésus marche sur les eaux | |||||
| La Transfiguration de Jésus-Christ | |||||
| Résurrection de Lazare | Résurrection de Lazare | La Résurrection de Lazare | |||
| Entrée de Jésus à Jérusalem | L'Arrivée à Jérusalem | L'Entrée à Jérusalem | Entrée à Jérusalem | Entrée à Jérusalem | L'Entrée à Jérusalem |
| Jésus chassant les vendeurs du Temple | Jésus chassant les vendeurs du Temple | ||||
| La Cène | La Cène | La Cène | La Cène | ||
| Jésus dans le jardin de Gethsémani | Le Jardin des oliviers | Jésus au Mont des Oliviers | L'Agonie de Jésus au mont des oliviers | Jésus au jardin des oliviers | |
| Trahison de Judas. L'Arrestation | Trahison de Judas | Trahison de Judas (arrestation) | Arrestation de Jésus. Trahison de Judas | Le Baiser de Judas. L'Arrestation | |
| L'Arrestation de Jésus-Christ | |||||
| Devant Pilate. La Condamnation | Jésus devant Pilate | Jésus devant Pilate | Jésus devant Pilate | ||
| Jésus est présenté au peuple | |||||
| La Flagellation | La Flagellation | La Flagellation | Flagellation et couronnement d'épines | La Flagellation | |
| Le Couronnement d'épines | Le Couronnement d'épines | ||||
| Le Chemin de Croix | Le Chemin de Croix | Chemin de la Croix | Le Chemin de la Croix | Jésus succombe sous sa croix | |
| Le Miracle de sainte Véronique | |||||
| Jésus est attaché à la Croix | La Mise en croix | Le Crucifiement | Mise en croix | Le Crucifiement | Le Crucifiement |
| Mort de Jésus | Le Calvaire | Mort sur la croix | Mort sur la croix | La Mort du Christ | |
| La Descente de Croix. Mise au Sépulcre | La Descente de Croix | La Descente de Croix | La Descente de croix | ||
| La Mise au tombeau | Mise au tombeau | La Mise au tombeau | |||
| L'ange et les saintes femmes | |||||
| La Résurrection de N. S. | La Résurrection | La Résurrection | Résurrection | Résurrection | La Résurrection |
| L'Ascension | |||||
| Apothéose |
Sources
BOILLAT Alain et Valentine ROBERT, "Vie et Passion de Jésus Christ (Pathé, 1902-1905) : hétérogénéité des tableaux, déclinaison des motifs", 1895, nº 60, 2010, p. 32-63
COISSAC G. Michel , Histoire du cinématographique, Paris, Cinéopse/Gauthier-Villars, 1925, 668 p.
EMMANUEL Jean, "Quand Jean Liézer tournait 'La Passion...", Pour vous, 20 août 1931, p. 3.
"Hatot-Breteau: two Lumière filmmakers in Paris c. 1897", The Cine-Tourist [https://www.thecinetourist.net/hatot-breteau-1897.html]
REDI Riccardo, "La passion Pathé, de Ferdinand Zecca, problèmes de datation", dans Pierre GUIBBERT, Les Premiers Pas du cinéma français, Perpignan, Institut Jean-Vigo, 1985, p. 167-171.












