Gabriel DOUBLIER

Lyon, 1883-Lyon, 1964

doublier gabriel portrait 

Jean-Claude SEGUIN

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→ voir : Francisque Doublier.

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Les origines (1878-1895)

Gabriel va à l'école des Frères (Place l'église Saint-Maurice, Lyon). Il va encore à l'école laïque rue Saint-Nestor.

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"Gabriel, école des Frères. Rue St Maurice"
source : CHEMIN-DOUBLIER, 1991: 8/9.
"Gabriel et Simone" (c. 1888)
source : CHEMIN-DOUBLIER, 1991: 8/9.

Encore jeunes, les deux frères se retrouvent souvent à traîner près des usines Lumière et Gabriel se souvient :

Étant tous les jours à l'usine (Lumière) où je venais faire mes devoirs, le soir après l'école située en face, j'assistais à quelques prises de vues. Nous avions même été requis pour différents petits films, par exemple : Place de Monplaisir "La Course en sacs", film nº 109 ; "La bataille de boules de neige" film nº 101 ; "Poursuite d'un cycliste", etc. etc.


CHEMIN-DOUBLIER, 1991 : 9.

Les deux frères Doublier, Gabriel et Francis, auraient même été filmés dans, au moins, la première version de la Sortie d'usine :

Les frères Lumière, exécutant leurs films, dans leur propre entourage. Exemple : le premier de tous (donc le plus célèbre !) "La sortie de l'usine" en 1894 [sic] (Francis y figure aussi), dans les différentes versions. Une fois, appuyé à la porte du fameux hangar. Une autre fois zigzagant sur sa bicyclette.


CHEMIN-DOUBLIER, 1991 : 9.

À la fin de son école primaire, Gabriel rejoint les ateliers Lumière :

J'y vins donc à mon tour dès ma sortie de l'école communale en 1897 et commençai mon apprentissage de "mécanicien-électricien" dans l'atelier dirigé par M. Ch. Moisson.
À cette époque, on construisait une nouvelle usine, l'ancienne ne pouvant suffire aux demandes de plus en plus nombreuses : construction de nouvelles machines à laver les verres, à étendre les émulsions, installations électriques, etc. J'arrivai donc au bon moment, aidant les uns et les autres à l'atelier et au montage, travail intéressant s'il en fut pour une jeune apprenti. Fin 1898, M. Louis m'envoya faire un stage de quelques mois chez un constructeur et je revins fin 1899 où je repris les travaux d'entretien mécanique en contact continuel avec M. Louis et Auguste Lumière, qui en dehors des soucis de direction, travaillaient à de nouvelles recherches ; travail toujours intéressant par sa diversité.


CHEMIN-DOUBLIER, 1991: 51.

Il évoque également la formation des opérateurs :

Dès mon entrée a l'usine en 1897, j'ai assisté a la formation des équipes d'opérateurs envoyés dans toutes les parties du monde; mais bon nombre étaient déjà partis. Cette formation comportait un stage d'une quinzaine de jours, pendant lequel on démontrait la façon de coller les films, de passer avec une vitesse régulière le film dans l'appareil, surveiller la régularité de l'arc électrique, le centrage de la lumière émise, car le condensateur était constitué par une boule d'eau distillée et cette eau se troublait assez rapidement, malgré les soins qu'on apportait a sa surveillance.
Dès le début, c'était le même appareil de prise de vues qui servait à la projection. On substituait l'objectif de projection à l'objectif de prises de vues (ou le contraire). Le pied de projection n'était pas le même que celui de prise de vues qui, lui, était un trépied, tandis que le pied de projection était plutôt une table sur laquelle on plaçait la lanterne, l'appareil, et dessous, un emplacement pour la résistance, et un petit placard dans lequel tombait en vrac la pellicule.


CHEMIN-DOUBLIER, 1991: 51.

Quelques années plus tard, les frères Lumière vont confier l'exploitation de leur nouvelle invention, le photorama, à Alexandre Promio. L'inauguration a lieu, à Paris, en février 1902.

photorama 1902 paris
La salle du Photorama, 18 rue de Clichy (Paris) (c. 1902) [D.R.]

C'est vers 1900 [sic] que le PHOTORAMA vit le jour. Je fus envoyé à Paris en 1901 pour contribuer aux démonstrations et exploitations de cette découverte ; c'est pendant les fermetures annuelles de ce spectacle que je fis des projections cinématographiques pour un client qui avait demandé "à la maison" un "opérateur" ; je fis donc une tournée dans le midi de la France jusqu'à la réouverture du Photorama en Novembre 1902-1903-1904. Pour mon travail d'opérateur. MM. Gervais et Roog, très satisfaits, me décernèrent un diplôme de "Cosmographe" ??
Le Photorama cessa, et en fin d'exploitation, je fus chargé de la démolition et du retour du matériel (20 tonnes environ).


CHEMIN-DOUBLIER, 1991: 51.

doublier gabriel 1902 courrier
Gervais & Roog. Nous soussignés, Carpentras, 22 octobre 1902.
source : CHEMIN-DOUBLIER, 1991: 54/55.

À la fin de l'année 1904, il est appelé sous les drapeaux. Il est incorporé au 159e régiment d'infanterie à compter du 16 novembre 1904. Il est affecté au service photographique :

Pendant mon service, je parcourus le Briançonnais, le Queyras, l'Oisan, etc. L'hiver en faisant des projections dans les forts et les postes des environs, ce qui me valut un diplome d'honneur de la Société des Conférences de París, cumulant avec mon rôle de photographe celui de moniteur de l'Ecole Normale de skis pour officiers.


CHEMIN-DOUBLIER, 1991: 52.

Il est mis en congé le 13 juillet 1907. De retour à l'usine Lumière, il intègre le service Autochrome nouvellement créé. Après la 1re Guerre Mondiale, il en prend la direction. A partir de 1929, il participe à la mise au point du Filmcolor et du Lumicolor.

Il est décoré de la Légion d'Honneur en 1954. Il décède à Lyon en 1964.

Sources

CHEMIN-DOUBLIER et G. VIEUX, "À l'ombre des Lumière : La famille Doublier", Rive gauche, nº 83, décembre 1982, 10-14 et nº 84, mars 1983, p. 5-10.

CHEMIN-DOUBLIER J. F., Tel fut Monplaisir, Lyon, Les Éditions du Vingt mars, 1991, 194 p. dont "Gabriel Doublier. 8 mai 1883-21 novembre 1964", p. 51-53.

DOUBLIER Gabriel, "À propos des frères Lumière...", Dimanche en France, 26 février 1961.

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<01>/08/1902 France Grenoble Place Grenette Vitographe
07/09/1902 France Carpentras Exposition Vitographe

 

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