Louis Paul BONVILLAIN

(Mandalay, 1884-Montmorency, 1965)

bonvillain louis portrait

Jean-Claude SEGUIN

1

Philibert Bonvillain (Vérizet, 12/04/1851-Paris, 19e, 14/04/1916) épouse (Lyon 6e, 31/05/1883) Emilie, Fortunée, Antoinette, Régina Prevost (Écully, 19/10/1860-Neuilly-sur-Seine, 06/12/1909). Descendance :

  • Louis, Régis, Ferdinand dit "Louis Paul" Bonvillain (Mandalay, 25/03/1884-Montmorency, 06/11/1965) épouse (Marseille, 02/01/1911) Daésy (Mansourah, 1890-)/Marguerite, Rose Gras (Alexandrie, 27/10/1891-Montfort-l'Amaury, 19/10/1977). Descendance :
    • Pierre, François, Philibert Bonvillain (Jersey City, 25/03/1914-)
    • François Bonvillain (Londres, 01/12/1919-1977) épouse (Casablanca, 09/08/1950) [Bonvillain]. Descendance :
      • enfant
      • enfant
      • enfant
      • enfant
    • Alain, Paul, Lucien Bonvillain (Marseille, 12/03/1921-Villefranche-sur-Saône, 05/05/1996) épouse (Thuellin, 15/07/1950) [Bonvillain]. Descendance:
      • enfant
      • enfant
      • enfant
      • enfant
      • enfant
      • enfant
      • enfant
      • enfant
    • Michel, Georges, Maurice Bonvillain (Neuilly-sur-Seine, 22/09/1924-Arles, 12/08/2010) épouse (Le Havre, 08/08/1951) [Bonvillain]. Descendance:
      • Francis Bonvillain (1952-2002)
      • enfant
      • enfant
      • enfant
  • Fernande Bonvillain (Lyon, 13/06/1885-Courbevoie, 11/02/1975) épouse (Neuilly-sur-Seine, 10/12/1906) Georges Thevenin (1876-1942). Descendance :
    • enfant
    • enfant
    • Georges Thevenin (1910-1910)
    • Suzanne Thevenin (1915-1919)
    • Pierre Thevenin (1918-1934)
    • Jean Thevenin (1921-1939)
  • Raymond, Alphonse, Régis Bonvillain (Neuilly-sur-Seine, 06/10/1892-Creil, 26/09/1960) épouse (Montmorency, 1920) Blanche Audhy (1899-1967). Descendance :
    • enfant
    • enfant
    • enfant
    • Yves Bonvillain (1937-1998)
  • Yvonne Bonvillain (Neuilly-sur-Seine, 06/10/1895-Courbevoie, 06/01/1990) épouse (Paris, 17e, 15 /10/1917) René Masson (1894-1955). Descendance :
    • enfant
    • enfant
    • Jacques Masson (1921-1940)
    • enfant
    • enfant
    • enfant

2

Les origines (1884-1905)

Fils de Philibert Bonvillain, ingénieur,  Louis, Régis, Ferdinand dit "Louis Paul" Bonvillain passe un baccalauréat latin, langues et philosophie. Il est en outre diplômé de l'Ecole des Hautes Etudes Commerciales de Paris. Engagé volontaire pour trois ans le 12 novembe 1904 à Neuilly, il arrive au 28e régiment d'infanterie le 14 novembre 1904. Il obtient le grade de caporal (23 septembre 1905) et est envoyé dans la disponibilité. Il obtient un certificat d'aptitude à l'emploi de sous-officier dans la réserve. Il est nommé sergent le 3 avril 1906.

Le cinématographe (1906-1914)

C'est probablement en 1906 que L. P. Bonvillain est engagé par la maison Pathé. En 1907, il figure comme opérateur dans un courrier adressé par la maison Pathé au préfet de la Seine afin d'autoriser plusieurs collaborateurs à pouvoir "photographier dans les jardins et lieux publics". Il habite alors au 18 boulevard Lenoir (Paris). À la fin de cette même année, L. P. Bonvillain est envoyé par l'entreprise au Maroc comme cela figure dans le journal comptable :

"Bonvillain, voyage au Maroc, s/frais de voyage 2 207,05 francs"


Journal Comptable nº12, octobre 1907, p. 280. FJSP.

La presse américaine donne quelques détails, en particulier, de ce séjour à un moment où un conflit oppose l'armée française et les tribus Chaouia :

M. Bonvillain is a typical Franchman of the educated class. He speaks English with hardly a trace of accent and has traveled all over the world in the pursuit of his profession. He it was who made the first moving picture film of Wilbur Wright's aeroplane. He went to Morocco and was able to get some most realistic pictures of the battles there.
There was one time when the French forces were going into action that M. Bonvillain saw a chance, to get some most dramatic films. He applied to the commandant and procured permission to advance with the troops to the front. He was assigned to a squad for protection and assistance and succeeded in obtaining the only real battle moving pictures that have ever been taken.


Honolulu Star-Advertiser, Honolulu, vendredi 28 janvier 1910, p. 5.

Neveu d'Alphonse Prevost, président du conseil d'administration des établissements Pathé frères, P. L. Bonvillain est directeur du service des voyages et de l'actualité. Il s'adjoint alors les services de l'ingénieur L. Th. Dubreuil qui se souvient de cette rencontre :

[...] il me dit qu'il serait heureux de s'adjoindre un technicien.
Ce fut un plaisir pour moi de travailler avec lui. Il avait 25 ans - un an de plus que moi -. Il était plein d'allant, courageux, énergique et je fus avec lui à rude école.


DUBREUIL, 1949: 2.

Au cours de l'année 1908, son nom apparaît à plusieurs reprises. Il accompagne le nageur Émile Paulus lors de sa tentative de traversée de la Manche, le 12 août :

L'échec de Paulus
Si j'ai manqué hier à tous mes devoirs de reporter consciencieux en arrivant à Douvres pour suivre Paulus une heure après son départ, j'avoue que je ne le regrette pas. Lorsque j'ai retrouvé à Calais mes confrères Manaud de l'Auto, Simons, l'intrépide photographe de la Vie au grand air, et l'aimable M. C.-P [sic] Bonvillain, directeur du service des voyages au Cinématographe Pathé, qui opéra en pleine mer, tous sont tombés d'accord que je l'avais échappé belle, car le mal de mer mit tout le monde sur le flance, sauf M. Bonvillain, qui tourna la manivelle sans la moindre défaillance, et Mme Paulus, qui partagea ses soins entre son mari et les passagers du Pole Star.


L'Intransigeant, Paris, vendredi 14 août 1908, p.4.

Il monte à bord de l'aéroplane de Wilbur Wright dans l'un de ses vols au camp d'Auvours en [octobre] et tourne, sans doute, le premier film aérien.

1908 wright bonvillain
La Vie au Grand Air, nº 532, Paris, 28 novembre 1908, p. 373.

La revue Ciné-journal donne, quelque temps plus tard, des informations sur ce tournage :

Le cinématographe avait sa place indiquée à bord d'un aéroplane. La première application en a été faite au camp d'Auvours, par M. L.-P. Bonvillain, directeur du service scientifique de la maison Pathé, sur le biplan de Wilbur Wright. Quelques mètres de films furent enregistrés au cours d'une envolée qui ne dura pas plus d'une minute et l'une de ces vues fut reproduite dans le numéro de Noël 1909 de La Vie au Grand Air.


E. Touchet, "La Photographie en Aéroplane", Ciné-Journal, 4e année, nº 154, 5 août 1911, p. 16.

Il accompagne Mimi-Pinson à l'occasion de sa tournée :

Mimi-Pinson:
[...]
M. Ch. Lepers, de l'Opéra-Comique, et Mme Irma Perrot, chanteront de vieilles chansons françaises, et le cinématographe Pathé, sous la direction de M. Bonvillain, montrera les vues qu'il a prises de Mimi-Pinson en voyage.
Le présent avis tient lieu d'invitation pour les sociétaires et leurs familles.


La Petite République, Paris, 16 décembre 1908, p. 5.

Il participe en outre à la formation de l'oeuvre populaire des conférences cinématographiques : 

Jeunesse républicaine du deuxième arrondissement, 37, rue Radzivill._A huit heures et demie, sous la présidence de M. Léon Robelin, secrétaire général de la Ligue française de l'enseignement, assisté de M. Levallois, maire du deuxième arrondissement, et de M. Bélot, inspecteur primaire :
Formation de l'oeuvre populaire des conférences cinématographiques.-Le cinématographe au service de l'éducation.-But de l'oeuvre, par M. Constant Verlot, président de la Jeunesse républicaine ; vues cinématographiques, présentées par M. Bonvillain, chef du service de l'actualité et des voyages de la maison Pathé.


Le Radical, Paris, 7 janvier 1909, p. 5.

C'est au début de l'année 1909 que va voir le jour le Pathé-Journal dont le premier numéro semble avoir été consacré, selon Dubreuil, au cortège de la mi-carême qui a lieu le 18 mars : 

C'était en 1909. Simons venait d'effectuer la prise de vues du cortège de la Mi-Carême. Le film était un peu court. Nous décidâmes, Bonvillain et moi, de lui adjoindre, pour l'allonger, certains bouts d'actualités prises le dimanche auparavant. Nos esprits se rencontrant, nous baptisâmes alors ce films : "Pathé-Journal". Ce fut le nº 1 d'une brillante série. Et j'ai toujours souvenance de la foule en délire applaudissant au Cirque d'Hiver-Cinéma Pathé, à 23 heures, la projection de ce premier journal cinématographique, dont les principales vues avaient été prises dans le courant de l'après-midi de ce charmant jour de fête.


DUBREUIL, 1949: 2.

Les deux hommes président donc à la naissance du Cine-Journal. Le directeur et le secrétaire général du "Service des voyages" vont collaborer à plusieurs reprises. L. Th. Dubreuil évoque ainsi la rencontre avec le docteur Comandon :

Celui-ci [le docteur Comandon] m'expose le but de sa visite, me disant timidement : Je voudrais essayer de cinématographier des microbes."
"Très bien ! Excellente idée ! Voici au moins des acteurs qui tout en étant fort nombreux, ne coûteront pas cher pour leur mise en scène."
J'en parle à Paul Bonvillain qui, homme de progrès, s'emballe sur l'idée, et ayant deux mille francs en poche, achète chez Cogit un ultramicroscope à grossissement deux mille.
Nous montons les appareils. Caméra à plat, et le docteur Coummandon [sic], dans son laboratoire, commence à prendre ses vues. Succès complet ! Le premier film sorti fut : "Ce que l'on voit dans une goutte d'eau à Paris."


DUBREUIL, 1949: 2.

Grâce à cette bonne entente les deux collaborateurs vont également participer à la mise au point du ciné-phono Pathé, toujours en 1909 :

En 1908-1909, nous ignorions tout de la cellule photo-électrique dont notre actuel cinéma sonore et parlant n'est qu'une application. L'amplification n'était pas née, sauf celle à... air comprimé !
Et nous allions, avec Paul Bonvillain, commencer à "faire parler" les films. Nous allions réaliser le ciné-photo [sic] Pathé, avec l'aide de deux techniciens, M. Gentilhomme d'une part, le capitaine Couade, d'autre part, des électriciens spécialistes de la synchronisation.
Avec eux, nous réalisâmes des appareils assez compliqués mais nous réussîmes à faire parler les films grace aux disques phonographiques. Le moteur du cinéma et celui du phono étaient montés sur le même circuit en courant continu. et cela tournait synchrone, plus ou moins bien. Il fallait être spécialiste pour conduire ces appareils.
L'amplification du son produit par le phonographe placé derrière l'écran a d'abord été obtenue par un phono qui comportait quatre disques tournant ensemble. Puis nous mîmes en service un diaphragme à air comprimé avec 4 kilos de pression. Je vous avoue que la voix était un peu déformée. Mais là, encore, nous arrivions les premiers, à travers des péripéties et bien des histoires drôles. d'ailleurs.
Le point noir avait été d'enregistrer les films d'après les disques qui existaient déjà. L'ingénieur Marette, secrétaire particulier de M. Charles Pathé, avait trouvé un système fort ingénieux. Un arbre commandé à la main faisait tourner le disque et l'appareil de prise de vues placé devant le phono. L'artiste mimait le chant en écoutant chanter le phono, suivant ponctuellement les paroles. Et ainsi public put voir des films parlants qui duraient ce que dure l'audition d'un disque : quatre à cinq minutes. Les artistes préférés. Maréchal, Charlus, Mercadier, etc.. parurent à l'écran en chantant mécaniquement leurs succès enregistrés: "Le Coup de soleil", "Les Gendarmes à pied", "Dites-moi si vous avez un cœur", etc.. etc.
Ah ! mon cher! Quand je pense à ces débuts, je frémis. Le public les savourait, moi je tremblais, car de temps à autre, l'aiguille du phono, très sensible de par son matelas d'air comprimé, déraillait. Il fallait tout recommencer ! Mais le public, bon enfant, attendait avec patience. Il devinait qu'en l'état actuel de la science à cette époque la réalisation était difficile.


DUBREUIL, 1949: 2.

Après ces nombreuses activités, L. P. Bonvillain entame, en juin 1909, un voyage en Extrême-Orient qui va le conduire, en particulier, à Yokohama où il réside pendant quelque temps comme le suggère l'entrefilet suivant :

De Brus, de Monaco, et Bonvillain de Yokohama, envoient à leurs camarades du Cornet leurs meilleurs souhaits de nouvel an.


Le Cornet, Paris, février 1910, p. 4.

Dans le numéro du 1er mars 1910, "J. P. Bonvillain" [sic] fait passer un article dans L'Aérophile sur "L'aéroplane au Japon" illustré de deux photos.

bonvillain louis 1910 aerophile
"En haut, le planeur sans moteur du Lieutenant de vaisseau Le Prieur, en plein vol remorqué par une auto au parc d'Héno - En bas le même appareil avant le départ, on voit à gauche l'automobile tractrice."
L'Aérophile, 18e année, nº 5, 1er mars 1900, p. 99.

L'objet de ce long périple est de nourrir le catalogue Pathé en vues cinématographiques. En janvier 1910, il arrive à Honolulu (Hawaï) à bord du Chiyo Maru :

Pathe Man to Stay Here.
One of the most interesting of the passengers aboard the Chiyo Maru is M.L.P. Bonvillain. He is the representative of Pathe Freres, the famous moving picture film makers and he will stay on the Islands for about five weeks in order to make films of Hawaiian scenes.


Honolulu Star-Advertiser, Honolulu, vendredi 28 janvier 1910, p. 5.

Quelques semaines plus tard, L. P. Bonvillain, toujours à Hawaï, continue de prendre des films :

L.P. Bonvillain, the representative of Pathe Freres, the greatest moving picture film in existence, arrived this morning and left in the afternoon for the Volcano. Alexander Hume Ford is acting as his mentor and guide.


Hawaii Herald, Hilo, jeudi 3 mars 1910, p. 5.

Il n'est de retour à Paris qu'en juillet 1910 et continue à s'intéresser au cinématographe comme outil pour l'enseignement comme il l'exprime en juin 1911 :

SOCIÉTÉ ASTRONOMIQUE DE FRANCE
Séance du mercredi 7 juin
PRÉSIDENCE DE M. PUISEUX
[...]
Le cinématographe doit désormais jouer un rôle assez étendu dans l'enseignement à ses divers degrés : telle est la thèse de M. L.-P. BONVILLAIN ; à titre d'exemples, il projette une série de vues cinématographiques destinées à illustrer l'enseignement tant de l'astronomie que de l'histoire naturelle. Ces dernières (métamorphoses des insectes, moeurs voraces du dytique ou hanneton d'eeau, etc.) sont capables d'instruire en amusant l'imagination des enfants.


Cosmos, nº 1377, 17 juin 1911, p. 670.

La situation de la succursale Pathé de Melbourne conduit Charles Pathé à proposer à L. P. Bonvillain de la prendre en charge comme il va l'annoncer lors du conseil d'administration du 13 décembre 1911 :

"Malgré que la succursale de Melbourne ait fait en novembre un envoi de fonds appréciables, la situation de cette succursale étant, en raison de son éloignement, de nature à nous causer des préoccupations, Monsieur Bonvillain partira par le prochain paquebot avec tous pouvoirs et instructions précises pour réduire les immobilisations et même pour liquider la succursale s'il trouve sur place des représentants solvables."


Fonds Charles Pathé, Registres HIST-P-33 à 46, fac-similés. Correspondance personnelle I, p. 244. Fondation Jérôme Seydoux Pathé.

pathe melbourne succursale
Succursale de Melbourne, 50, Queen Street
Phot. J. David (Levallois-Perret)

source: La Plus importante manufacture du monde Anciens établissements Pathé Frères, Paris, Compagnie Générale de Phonographes, Cinématographes & Appareils de précision, 1910.

C'est en février 1912 que Bonvillain va donc rejoindre la succursale australienne où H. Hérault occupe encore ses fonctions de responsable de l'agence comm el rappelle la presse locale :

CINEMATOGRAPHY FOR THE HOME.
Messrs. Pathe Freres have perfected what may be termed a household cinenatograph, which is to be placed on the market at a comparatively low price. so that it may be within the reach of everyone. Mr. H. Herault, the Australian manager of the firm, who is returning to Melhourne by the R.M.S, Orvietto, which arrived from London Friday, has brought back with him one of the latest models. It is the first of its kind to be introduced into the Commonwealth. During the steamer's stay at the Outer Harbor he gave an exhibition of moving pictures with it before Mr. Cornell and one or two friends, who were favorably impressed with it. The light is supplied by a tiny incandescent lamp from a magneto attached to the machine. The power for the hight in generated the operator turna the handle of the machine. Mr. Hersult in accompanied br Mr. L. P. Bonvillain, who said the machine, together with the non-inflammiable films, was becoming very popular in England and on the Continent for schools and for educational purposes generally in many private homes.


The Advertiser, Adelaide, samedi 24 février 1912, p. 17.

Datée du 24 août 1912, une lettre recommandée entérine la nomination de L. P. Bonvillain au poste de directeur de la succursale de Melbourne. Ce dernier se rend également en Nouvelle-Zélande afin de faire découvrir le dernier projecteur de la maison Pathé :

Mr. L. P. Bonvillain, Directeur in Australia and New Zealand for Messrs Pathe Freres, is expected to arrive in New Zealand this month. He is bringing with him Messrs Pathe Freres' latest invention, the Pathe Home Cinematograph and he will at once commence making arrangements for the distribution of this machine and films to the public of New Zealand. The Pathe Home Cinematograph can be used anywhere, as it makes its own light without cost. No electric attachments, oil or gas are needed. An other advantage is that the films are non-inflaminable, and in Australia the insurance companies if the Pathe Home Cinematograph is in use in the house. The variety of picture subjects is alrendy large, and is increasing in number week by week. Letters to Mr. Bonvillain may be adressed care of the Bank of New Zealand, Wellington.


Lyttelton Times, 2 novembre 1912, p. 10.

Après un séjour d'un peu plus d'un an, L. P. Bonvillain repart d'Australie à bord de l'Orontes :

APRIL 30.
Orontes, R.M.S., 9.023 tons, H. G. Staunton, R.N.R., for Colombo, Naples, Toulon, and London. Passengers-saloon: [...] Mr. and Mrs. L. P. Bonvillain.


The Australasian, Melbourne, samedi 3 mai 1913, p. 14.

Quelques mois plus tard, il se rend aux États-Unis, en remplacement de J. A. Berst, vice-président de la filiale américaine Pathé Frères, et prend ses fonctions le 8 décembre 1913 :

BERST RESIGNS PATHE OFFICE.
Mr. J. A. Berst, vice-president of Pathe Freres, announces that he has resigned that office for the purpose of taking up other interests. The Pathe plant in Jersey City, it is said, will be under the direction of M. Bonvillain, recently arrived from Paris, to take charge on Monday, December 8.


The Moving Picture World, vol. 1, nº 1, samedi 6 décembre 1913, p. 1263.

L. P. Bonvillain va reprendre en main la filiale et il s'attaque en particulier à la question de la diffusion des films aux États-Unis assurée, jusqu'alors par la General Film Company. Il annonce l'ouverture sur le territoire américaine de seize bureaux de distribution. Le différend avec la General Film Company porte sur la substition de l'organe Pathé's Weekly par un autre hebdomadaire :

Pathe Opens Exchanges
Claiming Discrimination by the General Film Company, Distributing Offices are Established in the Principal Cities.
Following the open letter addressed to the General Film Company by its attorneys and published in the Moving Picture World of May 9, Pathe Freres announces this week the establishment of sixteen exchanges in a number of the leading cities of the United States. Regarding this radical move on the part of Pathe Freres, L. P. Bonvillain, vice-president of that company, explained his position to a representative of the Moving Picture World in the following terms:
"The opening of these exchanges is necessitated by the insistent demand of exhibitors for Pathe's Weekly and their inability to secure it through the General Film Company. From every section of the country we have received letters and telegrams from exhibitors asserting their desire to show Pathe's Weekly and complaining that they were unable to get it. The opening of these exchanges will afford them the opportunity to satisfy the demand of their patrons and to display the latest pictures of the world's events, as shown in Pathe's Weekly — an opportunity which these exhibitors say has been denied them by the General Film exchanges.
"Our exchanges are located in the following cities: Atlanta, Syracuse, St. Louis. Boston, Cleveland. Minneapolis, Chicago, New York, Cincinnati, Dallas, Pittsburgh. Portland, Oregon, Los Angeles, San Francisco, Philadelphia.
"The action of Pathe Freres in opening these exchanges," continued Mr. Bonvillain. "should not be considered in any manner as a fight against the General Film Company. We have no intention of fighting the General Film Company. At the same time we believe that it has committed a breach of contract in forcing the substitution of another weekly for Pathe's Weekly. We have overwhelming evidence to the effect that (his substitution is almost always against the wishes of the exhibitors and of the general public and it is because of the numerous demands made upon us that we have been compelled to offer Pathe's Weekly in this manner direct to the exhibitor, and we will continue to do so as long as the General Film Company maintains its present attitude toward our weekly."
Mr. Bonvillian said that no expense would be spared to make the Pathe exchange service efficient. Each office will be supplied with a plentiful number of copies of the weekly to supply the demand. The issue has been reduced from two to one reel each week, eliminating many trivial subjects and giving the cream of the world's events only. More camera men have been engaged, including six recently sent to Mexico. These facts led Mr. Bonvillian to conclude that the weekly will be better and brighter than ever.


The Moving Picture World, vol. 20, nº 7, 16 mai 1914, p. 975.

La mobilisation générale, le 1er août 1914, sonne le glas de la carrière américaine de L. P. Bonvillain. Il quitte alors les États-Unis le [8] août pour rejoindre son régiment :

From the Pathe studio in Jersey comes the news that that company is the first to be seriously handicapped by the European war. Though the majority of the employes in this country are Americans there are, as is natural, a number of Frenchmen in different departments, chief of whom are the ranking officers of the company, Messrs. Arthur Roussel and L. P. Bonvillain, the two vice presidents.
When the call went out from the French Consul in New York for reservist to return to the colors, practically all of these Frenchmen received the call. Mr. Bonvillain, who is a sous-lieutenant in the French army, sailed on Saturday to rejoin his regiment. Mr. Roussel, who has been called, is ill with pneumonia and the news of the war has been kept from him for fear of aggravating an already serious condition.
[...]
A significant move on the part of Pathe is the abandonment of the Daily News and the reversion to the Weekly.


The Washington Herald, Washington, jeudi 13 août 1914, p. 6.

Et après... (1914-1965)

De retour en France, L. P. Bonvillain rejoint le 164e régiment d'infanterie le 24 août 1914. Il est promu lieutenant (à titre temporaire), le 20 novembre 1914. Il se fait remarquer par sa bravoure au cours des combats :

Son capitaine étant tombé mortellement frappé, a été blessé en se portant en avant pour entraîner sa Compagnie sous un feu des plus violents de canons et de mitrailleuses.


Dossier de la Légion d'Honneur

Il est décoré de la Croix de Guerre, de la Croix des Services Militaires Volontaires et est promu au rang de Chevalier de la Légion d'Honneur le 5 juillet 1925. Il réside alors à Neuilly-sur-Seine où il est toujours recensé en 1931 (3, avenue de Madrid). Le 6 septembre 1950, il est fait Officier de la Légion d'Honneur.

Il décède en 1965 à Montmorency.

Sources

ARNAUD-MOULIN H., "Philibert Bonvillain", L'Estafette, Paris, mardi 23 avril 1907, p. 1.

"Boosting Pathe Pictures", The Moving Picture World, vol. 19, nº 11, samedi 14 mars 1914, p. 1392.

CAMBIER Odile D., "Aux temps héroïques du reportage filmé", Cinémonde, 6e année, nº 224, 2 février 1933, p. 90-91.

DE PRÉVAL Jitka, Camille Legrand. Un opérateur Pathé sur la route des Indes (1895-1920), Paris, Riveneuve, 2021, p. 472

DUBREUIL L. Th., "Un vieil ingénieur parle des découvertes du cinéma... il y a quarante ansLe Patriote de Nice et du Sud-Est, dimanche 18 et lundi 19 septembre 1949, p. 2 et marid 20 septembre 1949, p. 2.

Institution of Mechanical Engineers, 1905-1906, p. 10-11.

3

1907

Le conflit au Maroc

1908

Émile Paulus traversant la Manche

Mimi-Pinson

L'aéroplane de Wilbur Wright

4