VIENNE

Jean-Claude SEGUIN

Vienne, ville du département de l'Isère, compte 24 983 habitants (1894).

1896

Le Scénimatographe (Salle de l'Union viennoise, août-septembre 1896)

Les premières images animées que vont découvrir les Viennois sont projetées par un appareil baptisé " scénimatographe " installé dans la salle de l'Union viennoise. Ce cinématographe est commercialisé à Toulouse par la Société Anonyme des Attractions Nouvelles, 3, rue Saint-Pantaléon. (Le Petit Marseillais, Marseille, 2 juillet 1896, p. 4) :

Pour quelques jours seulement
Séances de photographies animées
par le
SCÉNIMATOGRAPHE
Visibles tous les Jours
Le Dimanche, de 10 h. à midi et de 2 h. à minuit ;
Les Lundi et Samedi, de 2 h. à 11 h. du soir.
Les autres jours, de 8 h. à 11 h. du soir
Boulevard de la République, à Vienne,
(Près le cours Romestang)
PRIX UNIQUE : 0 FR. 50mes.


Le Journal de Vienne, Vienne, 29 août 1896, p. 2

Nous ne savons rien de plus sur l'opérateur ou sur le programme proposé. L'annonce est reproduite quelques jours après... 

vienne union viennoise

Vienne, Boulevard de la République
La salle de l'Union Viennoise se situe dans le deuxième bâtiment, à droite, devenu par la suite Salle des Ventes (1904)

Le Cinématographe (angle rues de l'Archevêché et de Pompignan, novembre 1896)

Quelques mois plus tard, un nouvel appareil est installé à Vienne, dont on ignore le nom, mais dont le programme est décliné dans le Journal de Vienne :

Le Cinématographe à Vienne
Nous avons eu le plaisir de voir le cinématographe installé à Vienne, à l'angle des rues de l'Archevêché et Pompignan.
Les tableaux représentés étaient : les Lutteursles Halles, un Duel en chambre, un Bain, Loïe Fuller, la Soupe auvergnate et une scène entre un cocher et un voyageur.
Tous les mouvements sont parfaitement imités, surtout pour les Lutteurs, on croirait vraiment des personnages vivants.
Le mouvement des Halles était parfait aussi, l'on voyait les piétons se presser, les voitures circuler, etc.
Les scènes sont changées tous les jours et sont très intéressantes.


Journal de Vienne, Vienne, 4 novembre 1896, p. 2.

La présence de certains films, comme La Soupe auvergnate, laisse penser que les vues proviennent du catalogue De Bedts. Mais ici encore, rien n'est publié dans les jours suivants qui permette d'en savoir davantage sur l'origine de l'appareil et de l'opérateur qui ne restent que quelques jours.

Le Cinématographe Lumière (Salle de l'Unions viennoise, 21-29 novembre 1896)

Mais les Viennois ne vont pas attendre longtemps pour pouvoir contempler de nouvelles vues animées et dans ce cas, c'est le cinématographe Lumière qui les leur apporte. Dans le système Lumière, nous ne savons pas qui est en charge du département de l'Isère, même si certaines villes de la région lyonnaise sont sous la responsabilité de l'agence Fournier, comme dans le cas de Grenoble. Parmi les possible opérateurs, il faut compter sur M. Gallois qui semble installé à Bourgoin, non loin de Vienne, mais il semble que ce soit M. Trabuc qui soit l'organsiteur de ces séances. La maison Lumière a mis en place un système particulièrement efficace qui lui permet de bien mailler les territoires. C'est à nouveau la salle de l'Union Viennoise qui accueille la nouvelle invention. Dès le 21 novembre, une annonce est publiée dans la presse :

SALLE DE L'UNION VIENNOISE
Boulevard de la République
Aujourd'hui, samedi, 21 novembre, à 8 heures du soir, ouverture du 
CINÉMATOGRAPHE
de MM. Auguste et Louis LUMIÈRE de Lyon.
Le programme sera renouvelé chaque jour et affiché à la porte.
Prix d'entrée : 0,50 cent.
Pour les séances particulières, s'adresser à M. TRABUC , hôtel Guinard.Journal de Vienne, Vienne, 21 novembre 1896, p. 2.

Aucun doute en revanche sur la provenance des films qui sont tous au catalogue Lumière. Le premier programme connu est publié dans la presse quatre jours plus tard et l'on y retrouve une dizaine de vues animées :

Le Cinématographe à Vienne
Il est bien rare de pouvoir jouir d'un spectacle à la fois amusant et artistique, nous sommes donc favorisés actuellement à Vienne, en possédant le Cinématographe Lumière, qui remplit merveilleusement ce double but. 
Après les éloges unanimes qu'il a reçus partout, il est bien inutile d'insister sur la valeur de ce spectacle ; allez passer seulement uno demi-heure dans la salle du boulevard de la République, vous en sortirez charmé.
Programme des scènes qui seront représentées demain, jeudi : Danse au bivouac.—Le 7e Cuirassier, la Mêlée. — L'Aquarium. — Vienne. Exposition de Dresde. — Lutteurs javanais. — Enfants et Jouets.— Le Photographe. — Venise, les pigeons de la place St-Marc. — L'arroseur. — Le train. — La baignade en mer.


Journal de Vienne, 25 novembre 1896, p. 2.

Les séances vont se prolonger jusqu'au 29 novembre 1896 (Journal de Vienne, Vienne, 28 novembre 1896 p. 2.).

Bibliographie

DUFROID Roger, Cent ans de cinéma à Vienne (1896-1996), Vienne, août 1996. 

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