CHALON-SUR-SAONE

Jean-Claude SEGUIN

Chalon-sur-Saône, commune du département de Saône-et-Loire, compte 24 845 habitants (1894).

1896

Le phono-aérophone de M. Bargeon (janvier 1896)

Avant même qu'un premier cinématographe ne vienne visiter Chalon-sur-Saône, des inventeurs locaux imaginent déjà d'associer image et son. Tel est le cas de M. Bargeon, un précurseur, qui semble avoir travaillé pour Edison et qui présente son " phono-aérophone " aux Chalonais au début de l'année 1896 :

LE PHONO-AÉROPHONE À CHALON
M. Bargeon, ex-électricien d'Edison, se propose de nous donner, sous peu de jours, une très intéressante audition de son appareil appelé aérophone.
Le nouveau phonographe, qui constitue sans contredit la plus étonnante découverte du XIXe siècle et que les ChaIonnais ont pu admirer sur nos places publiques, interprète la voix humaine de nos artistes d'Opéra et de cafés-concerts ; ces auditions ne pouvaient avoir lieu que devant un nombre restreint de spectateurs et à l’aide d’un caoutchouc que l’on se plaçait sur le tympan de l’oreille. Ce nombre de spectateurs se limitait à 12 ou 14 personnes.
M. Bargeon, de Sciure, vient d’inventer un appareil qui combiné avec le phonographe, augmente le volume de la voix de 1,200 fois et, par conséquent, permet d’entendre les sons d’un orchestre et de la voix humaine devant un auditoire de 2.000 personnes.
Ajoutons que M. Bargeon va se mettre en relation avec MM. Lumière, de Lyon, pour combiner son phono-aérophone avec le cinématographe.
Le cinématographe Lumière est basé sur le principe du kinétoscope Edison, qui reproduit des scènes animées. On obtient dans cet appareil une reproduction du mouvement anime à l’aide d'une série d’images très rapprochées dessinées sur une étroite bande de papier qui tourne rapidement dans une boite circulaire munie de fentes devant lesquelles un seul spectateur pouvait en admirer les effets.
Le kinétoscope présentait un grave inconvénient : les images ou scènes animées ne pouvaient être vues que par un seul spectateur à la fois ; il fallait enfin pour compléter l’illusion reproduire les images en grandeur naturelle et les faire mouvoir devant toute une assemblée de spectateurs.
Tels sont les résultats obtenus par MM. Lumière, de Lyon.
Ajoutons que le phonographe-aérophone de M. Bargeon qui enregistre la voix humaine et qui la reproduit devant toute une assemblée de spectateurs, combiné avec le cinématographe Lumière qui donne la photographie animée, nous aurons sous peu l’illusion frappante de la réalité. Tous ceux que nous aimons, tous ceux que nous perdrons peut-être, nous pourrons, avec ces appareils popularisés sans doute un jour, les faire revivre devant nous, ramenés à une circonstance de leur vie et de la nôtre. Nous reverrons leur regard et leur sourire, leurs lèvres remuer sur des paroles qui sonnent encore à notre oreille, nous retrouverons leurs gestes familiers comme ils nous appelleront vers eux. C’est tout simplement la reconstitution d’un nouveau monde et aussi extraordinaire que la lune à 1 mètre.


Le Courrier de Sâone-et-Loire, Chalon-sur-Sâone, 31 janvier 1896, p. 3.

Certes, le cinématographe n'est pas encore arrivé à Chalon, mais l'idée de combiner le son et l'image est déjà bien présente... Nous ignorons qui est ce M. Bargeon, ni même si son invention a fini par intéresser les frères Lumière. Toujours est-il que le projet a bien existé. 

Cinématographe (5, rue du Pont, septembre 1896)

C'est un cinématographe anonyme - tout autant que son propriétaire - qui arrive à Chalon-sur-Saône à la fin du mois de septembre. Il ne s'agit pas d'un cas isolé, et les cinématographes opportunistes sont fréquents dans ces tout premiers temps. Il s'agit de profiter vite d'une mode et d'une nouveauté qui ne va le rester longtemps. L'inauguration a lieu le 26 septembre au 5, de la rue du Pont comme l'annonce l'article suivant :

À partir de demain soir vendredi, nos concitoyens pourront assister, 5, rue du Pont, à des expériences du cinématographe. Il sera donné 2 séances par soirée : la première à 8 h, la seconde à 9 h bien précises. L'entrée est fixée à 50 c. À chaque séance il sera déroulé 6 tableaux. Voici les sujets que l'on pourra voir demain : " Un déjeuner de famille " ; " Arrivée d'un chemin de fer " ; " Défilé d'artillerie " ; " Scène de jalousie " ; " Un salon de coiffure " ; " Descente d'un tranway ". Ces séances qui donnent l'illusion de la réalité ont fait et font encore courir tout Paris. Elles sont une des parties les plus attrayantes de l'Exposition de Genève. Lorsqu'on sort de ces séances on ne demande si l'on a vu une représentation ou si l'on n'a pas plutôt assisté à la scène elle-même. "


Le Courrier de Sâone-et-Loire, Chalon-sur-Sâone, 25 septembre 1896, p. 2  

En l'absence de noms d'appareil et d'opérateur, on pourrait compter sur le répertoire pour connaître la provenance des films. Malheureusement, les titres des vues présentées sont très communs et chaque éditeur de films a, par exemple, une Arrivée d'un chemin de fer. Il est donc prudent, sans autre information, de ne pas s'avancer dans l'identification des photographies animées. Peu après, une nouvelle annonce - toujours aussi vague - insiste sur les tableaux en couleur.

Pendant la semaine, il sera donne des tableaux de couleur aux séances du cinématographe, qui ont lieu tous les soirs, de 8 à 10 heures, 5, rue du Pont, Entr’autres tableaux il y aura en couleur Loïe Füller exécutant une danse. Une autre danse très réussie sera celle de trois clowns également en couleur. Nous espérons que les habitants de Chalon continueront à faire bon accueil au cinématographe. Nous l’espérons d’autant plus que la ville n’ayant pas l’installation de l’électricité, nous ne pensions pas pou voir jouir ici d’un spectacle qui jusqu’à présent n’avait pu être donné que dans les villes possédant cette installation.

chalon rue pont
Le Courrier de Saône-et-Loire, Chalon-sur-Saône,
28 septembre 1896, p. 2.
Éditions des Galeries Modernes
Chalon-sur-Sâone, La rue du Pont et entrée de la Gde Rue (c. 1905)

Mais, ici encore, la présence d'une vue, Loïe Fuller, même présentée en couleur, ne nous éclaire pas sur son origine. L'appareil reste sans doute moins d'une semaine. En tout état de cause, la presse n'y fait plus référence, sauf à l'occasion de l'arrivée du cinématographe Lumière, en octobre, où Le Courrier de Saône-et-Loire rappelle que " le cinématographe installé rue du Pont avait un fonctionnement par trop défectueux pour attirer le public... " (Le Courrier de Saône-et-Loire, Chalon-sur-Sâone, 10 octobre 1896). 

Le Cinématographe Lumière (Place de Beaune, octobre 1896)

Après avoir organisé des séances à Montceau-les-Mines, Félix Mesguich, l'opérateur de la maison Lumière, poursuit sa tournée en se rendant à Chalon-sur-Saône au-delà du 12 octobre. La presse annonce bien entendu l'arrivée prochaine du cinématographe Lumière :

Samedi prochain, le cinématographe Lumière, un établissement de premier ordre qui vient de faire ses preuves à Mâcon, Bourg, Le Creusot et Montceau-les-Mines, vient s’installer sur la place de Beaune. L’agence Fournier, qui a traité directement avec MM. Lumière, n’a rien négligé pour rendre les représentations tout a fait irréprochables.

Le Courrier de Saône-et-Loire, Chalon-sur-Saône, 14 octobre 1896, p. 2

L’inauguration est annoncée pour le samedi 17 octobre 1896 et le public se prépare déjà à à contempler les vues animées que lui propose le cinématographe Lumière :

Nous rappelons que le cinématographe Lumière, installé sur la place de Beaune, commencera à fonctionner ce soir. Voici les vues qui seront projetées : l’arrivée d'un train, déjeuner de bébé, l’arroseur, charge de cuirassiers, avenue des Champs-Elysées, course en sac, défilé du régiment.
Ouverture de 7 à 10 heures du soir.
Demain dimanche, l'établissement sera ouvert de 2 à 10 heures du soir. Voici la liste des vues qui seront projetées : course de voitures automobiles, abattage d’un mur, querelle enfantine, baignade en mer, l’arrivée d’un train, dragons autrichiens : pied à terre, l’arrosé et l'arroseur.
L’entrée à l’établissement est de 50 centimes.


Courrier de Saône-et-Loire, Chalon-sur-Saône, 18 octobre 1896, p. 2. 

Mais nul n'est à l'abri de difficultés techniques, et Félix Mesguich est contraint de retarder l'inauguration à cause de problèmes liés à l’alimentation en flux électrique. Le cinématographe Lumière, en mode projection, a besoin, en effet, d'électricité :

L’administration du cinématographe installé sur la place de Beaune, jugeant que la force du dynamo destiné à fournir la lumière était insuffisante, a préféré reculer ses représentations de quelques jours. Nous préviendrons nos lecteurs du jour et de l'heure où elles auront lieu.
Personne ne regrettera ce contre-temps, qui nous vaudra d’avoir des projections absolument irréprochables.


Le Courrier de Sâone-et-Loire, Chalon-sur-Saône, 19 octobre 1896, p. 2.

chalon place-beaune

B. & F. Chalon S.S, Chalon-sur-Saône, Place de Beaune (c. 1900)

C'est finalement le 21 octobre que la presse annonce l'inauguration du cinématographe Lumière. Dans l'après-midi, une séance spéciale est réservée aux autorités locales et à la presse :

Une représentation exceptionnelle a été offerte, hier, à 5 h, à de nombreux invités parmi lesquels nous avons remarqué M. le maire, M. le colonel Balan, M. le procureur de la République, M. Roberjot, M. Pichat, de nombreux conseillés municipaux, les représentants de la presse, etc. Le succès de cette répétition générale a été des plus vifs et il a du reste été confirmé par la foule qui, aux représentations publiques du soir, n'a cessé d'envahir le confortable établissement de la place de Beaune. On ne peut rêver plus merveilleuse invention que celle-ci. Les regards sont captivés par ces choses ou ces personnes agissantes qui vous donnent l'illusion si absolue de la vie que l'oreille se tend malgré soi pour entendre les phrases que l'on met d'office sur les lèvres des acteurs " pelliculés ". Que diraient nos aïeux s'ils assistaient à un tel spectacle ! et comme, aux siècles derniers, on eût vite brûlés vifs MM. Lumière, ces merveilleux inventeurs, et ceux qui promènent de ville en ville leur incomparable découverte. Aujourd'hui on se contente d'admirer et d'applaudir, et l'on se demande où s'arrêtera le progrès dans cette voie ?... Un jour viendra où l'on aura combiné le phonographe avec le cinématographe, nous n'en doutons pas - et peut-être puisque l'on est parvenu à photographier des objets enfermés dans des boîtes métalliques, nous sera-t-il donné d'assister bientôt à la photographie des pensées humaines elles-mêmes ? Le champ des hypothèses est largement ouvert, en tout cas, et c'est plus que jamais le moment de dire que le mot " impossible " n'est pas français. Félicitons donc MM. Lumière, qui honorent la science française, ainsi que les propagateurs de leur découverte qui ont en M. Michel, ici, un représentant des plus dévoués et des plus bienveillants ; et vogue le cinématographe dans la voie des triomphes inaugurés hier à Chalon.


Le Progrès de Saône-et-Loire, Chalon-sur-Saône, 22 octobre 1896.

Le lyrisme de l'auteur de ces quelques lignes - qui rappelle celui de Félix Mesguich dans ses mémoires Tours de manivelle - trahit une foi immense dans les formes de progrès et dans les capacités du cinématographe. La combinaison de l'image et du son est déjà presque une réalité. Quant à la photographie des pensées... c'est le docteur Baraduc qui va avoir une révélation quelque temps plus tard. Pour le reste, il s'agit bien sûr d'un compte rendu impeccable de la journée d'inauguration. L'information au cours des semaines qui suivent est tout à fait conséquente. Dès le 24 octobre, Le Courrier de Saône-et-Saône va consacrer un très long article au cinématographe des inventeurs lyonnais que nous donnons ci-après in extenso :

LE CINÉMATOGRAPHE Voici quelques renseignements sur le cinématographe qui fonctionne place de Beaune ; ils seront lus avec intérêt par tous ceux qui ne l’ont pas encore vu fonctionner :
Le cinématographe de MM. Lumière est un ingénieux appareil qui permet non seulement d’enregistrer par la photographie toutes les scènes animées les plus variées sans omettre aucun des mouvements qu'elles comportent, mais aussi de les reproduire fidèlement, de grandeur naturelle, en les projetant sur un écran et les rendant ainsi visibles pour toute une assemblée de spectateurs.
Pour se faire une idée du principe sur lequel repose cet appareil, il faut se reporter aux jouets bien connus désignés sous le nom de zootropes, praxinoscopes, dans lesquels des dessins, représentant assez grossièrement les diverses phases d’un mouvement, sont tracés à intervalles très rapprochés sur une étroite bande de papier.
Cette bande, placée dans une boîte circulaire tournant rapidement devant une fente, éclairée par une bougie en regard de laquelle on place l’œil, donne une illusion approchée du mouvement simple que représente le dessin, par exemple, un saut, une danse, etc. C’est la persistance des impressions lumineuses sur la rétine qui donne, dans tous ces appareils, l’illusion du mouvement.
Grâce aux progrès réalisés par la photographie, on a pu arriver à substituer à ces dessins grossiers des photographies d’une fidélité scrupuleuse qui, disposées dans des appareils d’une grande perfection, donnent l’illusion parfaite de la vie. C’est ce que réalise le cinématographe de MM. Auguste et Louis Lumière, qui est un appareil complet permettant non seulement de prendre les vues mais de les projeter ; les résultats qu’il donne sont vraiment merveilleux.
Les scènes animées sont photographiées sur une bande pelliculaire se déroulant verticalement dans une boîte hermétiquement close, munie d’un objectif qui est successivement démasqué et obturé pendant que la bande pose ou continue à se dérouler. Grâce à un mécanisme d’une rigoureuse précision, la bande pelliculaire sur laquelle se photographient les images se déroule par mouvements successifs séparés par des arrêts.
Cette bande passe donc d’une vitesse maximum à une immobilité absolue et se trouve éclairée pendant tout le temps que l’épreuve est au repos, c’est-à-dire les deux tiers du temps total.
Les diverses épreuves obtenues ainsi à des intervalles de 1/15 de seconde sont rigoureusement semblables, c’est-à-dire que si l’on superpose deux images quelconques, les parties représentant des sujets immobiles coïncident exactement, tandis que les autres parties ont des positions dont la différence représente le mouvement accompli au moment où ont été tirées les deux épreuves.
Le nombre des épreuves étant de 15 par seconde, une scène d’une minute comprend donc 900 photographies et tient une bande de 18 mètres de long sur 3 centimètres de largeur.
L’appareil permet de reproduire des scènes d’une grande profondeur, telles que des rues entières ou des places publiques avec tout leur mouvement de piétons, voitures, tramways, etc., et l’illusion du mouvement dans les épreuves agrandies est telle, que les scènes projetées sont d’une réalité frappante.
Nous donnons ci-après la liste des vues projetées :
Vendredi et samedi. — Charge de cuirassiers, concours de bébés, gros temps en mer, la voltige, l’arrivée d’un train à Perrache (redemandée), tableaux : jury de peinturele serpent.
Dimanche et lundi.— L’arroseur et l’arrosé (redemandée), mauvaises herbes, course en sac, Venise : arrivée d’une gondole, discussion, les bains à Milanle défilé 96e de ligne.


Courrier de Saône-et-Loire, 24 octobre 1896, p. 2.

Même si le public est souvent au courant des nouveaux scientifiques, les articles décrivant le cinématographe constituent des textes obligés de la presse de l'époque. Celui qui précède à au moins le mérite d'être exact, ce qui n'est pas toujours le cas. On remarque aussi que le responsable varie la programmation régulièrement ce qui constitue un attrait pour les spectateurs qui se lassent vite de revoir les mêmes scènes. Et d'ailleurs, le succès est bien au rendez-vous, puisque Félix Mesguich est conduit à augmenter le nombre de séances :

Le cinématographe est décidément le plus grand succès du jour. Tous les soirs une foule nombreuse assiège cet établissement. Aussi la direction se voit-elle dans l'agréable nécessité de donner quelques séances supplémentaires. C'est ainsi qu'aujourd'hui jeudi et demain vendredi le cinématographe sera ouvert de 2 h à 10 h du soir. Dimanche et lundi, 1 et 2 novembre, il y aura séances de 2 h à 10 h du soir. Le prix d'entrée est de 50 c. par séance.


Le Progrès de Saône-et-Loire, Chalon-sur-Saône, 30 octobre 1896.

Même si l'illusion cinématographique marque les esprits des spectateurs, certains événements créent aussi le sentiment de vivre l'actualité comme si l'on y était. Le voyage du tsar à Paris en est un de taille et souligne les liens d'amitiés, mais aussi stratégiques, que la France entretient avec la Russie. La sortie des films qui ont été tournés à cette occasion est en soi un argumentaire publicitaire dont ne se prive pas Félix Mesguich :

Les habitants de Chalon et des environs qui n’ont pu se rendre à Paris pour les fêtes franco-russes apprendront avec plaisir que, grâce à la photographie animée, ils pourront assister, au cinématographe Lumière, au spectacle grandiose de l'arrivée du tsar à Paris (cortège, escorte, etc., etc.) aussi bien, si ce n’est mieux, et en tous cas mieux à leur aise que ceux qui y ont assisté de visu.
Ces projections animées,sensationnelles, auront lieu tous les jours, à partir d’aujourd’hui, jeudi, jusqu’à lundi soir, 9 novembre. Le cinématographe est ouvert tour les jours, de 7 à 10 heures du soir; les dimanches, jeudis et vendredis, de 2 à 10 heures du soir.


Courrier de Saône-et-Loire, Chalon-sur-Saône, 6 novembre 1896, p. 2.

Usant d'une stratégie commerciale qui a fait ses preuves, le responsable du poste annonce déjà le prochain départ du cinématographe dès le 11 novembre : " Nous apprenons d'autre part que le cinématographe Lumière n'est plus pour longtemps à Chalon ; les personnes qui n'ont pu encore lui rendre visite feront donc bien de se hâter. (Courrier de Saône-et-Loire, Chalon-sur-Saône, 11 novembre 1896, p. 2). Ça n'est finalement que le dimanche 22 novembre que le cinématographe Lumière ferme ses porte. De ces séances, Félix Mesguich a gardé le souvenir bien des années après :

J'installe successivement dans des salles adaptées spécialement les postes de Mâcon et de Chalon-sur-Saône, dont je suis l'unique opérateur. Toutes les séances se poursuivent sous les acclamations du public. L'engouement est tel, que le programme terminé, une bonne moitié de la salle refuse régulièrement d'abandonner la place et paye une seconde fois.


Félix Mesguich, Tours de manivelle,  1933, Paris, Grasset, p. 6.

Répertoire (autres vues) : Nègres : corvée de balayageGéant et NainPromenade des éléphantsCharcuterie mécaniqueLe CantonnierCuirassiers à cheval (Courrier de Saône-et-Loire, Chalon-sur-Saône, 1er novembre 1896, p. 2), Belfort, l'Arc de triompheJongleurs et LutteursRelevé de la garde à LondresStuggard. Place RoyaleEscrime : le salutDépart de cyclistes (Courrier de Saône-et-Loire, Chalon-sur-Saône, 11 novembre 1896, p. 2), Pêche à l'épervierLa Sortie d'usine, Escrime : l'assautLes RideauxLe LabourageNeuville, inondation en bateauPompiers, sauvetageArrivée d'un train à la Ciotat (Courrier de la Saône-et-Loire, Chalon-sur-Saône, 13 novembre 1896, p. 2), Les DanseusesEspagne (distribution de vivres)TigresStuttgard (cortège place Royale)Inondations (quai de l'Archevêché)Dragons traversant la Saône à la nage (Courrier de Saône-et-Loire, Chalon-sur-Saône, 15 novembre 1896, p. 2), Berlin (Avenue les Tilleuls),Trouville (Enfants sur la plage), Londres (Nègres dansant dans la rue), Coiffures, Moutons entrant à l’abattoir, Photographe, Panorama (Vue en bateau), Pompiers (Batterie), Inondation (Sauvetage de lapins) (Courrier de Saône-et-Loire, Chalon-sur-Saône, 19 novembre 1896, p. 2.), Danse sur scène, Water Tobogant, Chasseurs à cheval et spahis (Courrier de Saône-et-Loire, Chalon-sur-Saône, 20 novembre 1896, p. 2), Changement de tête, Tir au canonFillettes pêchant sur la plageEnfants, chiens et chats (L'Union républicaine, Mâcon, 20 novembre 1896). 

 

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