2005 L'oeil la vue le regard

 

L'appel à communication

Comment fonctionne l’œil ? Qu’est-ce que la vue ? Le regard de l’artiste est-il différent de celui des autres humains ? Comment les images ont-elles été élaborées ou conservées puis transmises ? Comment s'effectue le passage de l'image au texte ? Quelle est la place qu’occupent l’œil et le regard dans tout ce processus ? Autant de questions qui sont au cœur de cet ouvrage et auxquelles une vingtaine de chercheurs en neurosciences, linguistique, histoire, littérature, iconographie… et d’artistes (poète, peintre) a tenté de répondre envisageant ainsi l’œil, la vue et le regard aussi bien du côté de la création que de celui de la réception.

Programme

2006 Image et Corps

L'appel à communication

Le corps est tout aussi présent qu’il est insaisissable. Il a la force de l’évidence et la faiblesse de sa dissémination. À la fois unité biologique et lieu de l’identitaire, il est continuellement soumis à des tensions, des dispersions, des écartèlements. Parler du corps c’est parler de l’identité, de l’unité. Vouloir saisir son statut singulier, c’est affirmer son caractère exceptionnel. Mais le corps est unique, il est aussi élément d’un réseau, d’un agencement dans lequel il ne cesse de se recentrer. Entre le corps et le monde, la relation se tend, se disjoint ou il se noue une complicité, une connivence. En lui se jouent tout aussi bien la question de l’univers sensible (voir, entendre, toucher, sentir, goûter…) que celle de ses usages. Comment le corps s’est-il inscrit dans le temps, comment le temps a-t-il modelé le corps ? Il est en continuelle représentation, il est le lieu de croyances, de désir et d’effets de conscience. Parcouru par les soubresauts de l’histoire – de son histoire –, il fascine autant qu’il révulse. Le corps toujours à la recherche de son unité impossible ne cesse d’être « perverti » par les tensions disséminatrices qui le changent en chair et en os. Scarifications, déchirures, perversions, percings, chirurgies esthétiques ou plastiques, mutilations, transsexualismes, le corps est tiraillé, parfois déchiqueté. Dès lors le corps peut-il continuer d’exister ? Quelle est la vie que lui réservent les biologies du futur, les cyborgs et les virtualités ? Le corps est-il en train de changer ? Sommes-nous à la veille d’une « nouvelle chair » ? Les multiples angles de réflexion tenteront de se structurer autour des axes suivants :
- Corps et figuration
- Corps et représentation
- Corps et manipulation
- Corps et histoire
- Corps et identité
- Corps et territoire

Programme

2008 Image et Manipulation

L'appel à communication

 MENTIR : Le mensonge de l’image ou le mensonge à l’image. En quoi l’image est-elle susceptible de « mentir », de ne pas dire vrai ? Est-elle capable de nier le réel par prétérition (l’espace restreint, le temps limité, modifié). Le noème de l’image n’est-il pas dans sa continuelle façon de mentir ? Mentir pour ne pas dire et mentir pour embellir : « Une des principales causes du caractère curieusement banal de toute la littérature de notre époque est de toute évidence le déclin du mensonge considéré comme art, comme science et comme plaisir social. » (Oscar Wilde, Le Déclin du mensonge). Mentir peut également se changer en un jeu social (vamos a contar mentiras, aventis…)

SÉDUIRE : La séduction iconique se fonde sur une attirance – ou un rejet – qui construit le rapport du récepteur à son objet. D’où les phénomènes d’identification, de désir… qui s’inscrive dans le punctum iconique qu’il s’agisse de la photo ou du cinéma. Ainsi tout phénomène publicitaire – au sens extensif du terme – vise à capter la bienveillance du récepteur et met en place une stratégie de la séduction. Une attention toute particulière sera portée sur la figure du « séducteur » du don Juan au latin lover, sur la question du « donjuanisme » et du genre ou du sexe. La captatio comme stratégie de séduction.

 TRAVESTIR : Le travestissement n’implique pas une négation du réel mais l’un de ses accommodements. Dans le travestissement, le réel est dénoncé, les valeurs sont perverties et les ambiguïtés se multiplient. De la tradition classique au théâtre aux formes plus modernes et sociales du travestissement (drag queens, mimétisme enfant/adulte) c’est toute un jeu d’inversion qui vise à sinon remettre en question les fondements d’un système tout au moins à en déceler les fissures. On s’interrogera en outre sur les figures du double liées au travestissement, à l’androgynie et aux formes qui tendent à déstabiliser les territoires. La question du « travestir » conduira à des études sur « l’habit » comme élément fondamental du trans-vêtir.

Programme

2010 Image et Éducation

L'appel à communication

Le thème du 7e Congrès du GRIMH (groupe de recherche sur l’image dans le monde hispanique) s’inscrit dans le programme scientifique de l’Équipe d’Accueil « Langues et Cultures Européennes » (EA 1853). Il sera l’occasion de s’interroger sur les rapports entre image et éducation et se déclinera selon trois axes principaux :

 1. L'éducation par et à l'image

Ce premier axe devrait permettre de s’intéresser à la place de l’image dans le système éducatif c’est-à-dire non seulement au rôle qu’elle joue en interaction avec l’écrit lorsqu’elle se fait support didactique et/ou pédagogique mais aussi à la formation des enseignants et des enseignés à l’analyse et à l’interprétation de l’image (sémiologie, sémiotique).

Si la présence de matériel iconographique dans les classes est attestée de longue date, aux affiches, tableaux et autres cartes géographiques, traditionnellement utilisés et constitutifs de l’imagerie des manuels scolaires, se sont ajoutés plus récemment photos, diapositives, BD et films.

De nombreuses méthodes éducatives utilisent l’image fixe ou animée (abécédaires, méthodes audio-visuelles dans l’enseignement des langues, films pédagogiques et émissions télévisuelles destinées aux élèves, Internet et multimédia).

 En outre, l’image s’est longtemps substituée et continue à se substituer aux mots pour pallier analphabétisme et illettrisme (littérature de colportage, aleluyas, BD, pictogrammes des lieux publics…).

 2. L’éducation de l’image 

 Une deuxième approche pourrait conduire à considérer les différentes formes d’éducation, et finalement de manipulation, de déformation de l’image lorsque le processus de création est bridé par le canon, la norme, une esthétique ou un système politique dominant.

Une autre forme d’éducation de l’image est l’instrumentalisation idéologique dont elle peut faire l’objet dans les manuels scolaires (d’histoire surtout), la presse ou les médias à des fins de propagande voire d’endoctrinement. On pourrait même envisager les cas limites où ce contrôle idéologique conduit à une censure partielle voire totale de l’image.

 3. L’image de l’éducation

 Ce dernier axe de réflexion pourrait susciter l’analyse de toutes les formes d’images qui proposent une/des représentation/s symbolique/s de l’éducation.

On pourrait ainsi se demander s’il existe en peinture, en photo, à l’écran des images figées de l’éducation (stéréotypes, clichés) et comment a évolué l’image sociale de l’éducation et de ses acteurs (enseignants, élèves, parents d’élèves) au fil des époques et des transformations des structures sociales et politiques.

 Ces trois axes constitueront trois angles d’approche des liens qui se sont tissés entre image et éducation dans l’évolution diachronique des pratiques éducatives et des projets utopiques des enseignants et des politiques. Ainsi la réflexion devrait déboucher sur quelques-uns des grands problèmes philosophiques impliqués par la notion d’éducation, comme la construction de l’identité, l’émancipation et la liberté individuelle.

Programme

2012 Image et Genre

 

L'appel à communication

La question gender se situe à l'intersection de nombre de disciplines des sciences humaines et sociales qu'elle est venue bousculer, subvertir, troubler, en référence au désormais classique ouvrage de la philosophe américaine Judith Butler. Le gender ou genre en français interpelle également, et avec autant de force, la médecine et le monde juridique qu'il ébranle par les redéfinitions du corps qu'il suppose. Elle est, partant, profondément politique et s'inscrit dans l'histoire du féminin et du masculin.

Étudier le genre dans l'image suppose par conséquent de se pencher sur les représentations que construisent tout au long de l'histoire les rapports de sexe perçus au prisme de la norme et de ses ruptures.

Ce 8e Congrès du Grimh qui reprend dans son intitulé le mot anglais gender - «– le choix de l’anglais traduisant l’étrangeté à laquelle il semble condamné en France » (Nicole G.Albert Diogène, nº225, 2009) sera l'occasion de penser les mutations à l'œuvre dans la production culturelle sur et autour du genre. Les axes suivants seront autant d'approches possibles des territoires du genre autour desquels s'organiseront les divers ateliers :

 Axe 1 :Images et identités sexuelles

À la question du genre est suspendue celle de l'identité sexuelle, que celle-ci échappe aux normes ou au contraire les intensifie. La norme sexuelle dominante, hétérosexuelle, a été remise en question au cours de l'histoire par la présence, plus ou moins tolérée, de sexualités autres. Si l'homosexualité masculine a été la plus visible et, dans l'histoire du monde contemporain, la plus militante, l'homosexualité féminine n'en a pas moins cherché à s'établir dans l'espace public. Elle est une « faille dans ce régime politique qu'est l'hétérosexualité. » (Monique Wettig, La Pensée straight)

Les nouvelles revendications ayant trait aux identités ont dessiné des horizons insoupçonnés qui ne cessent de remettre en cause les modèles établis, de les trangresser. Ces identités «hétérodécalées», selon Marie-Hélène Bourcier, nourrissent des ambivalences dans lesquelles le champ des images a su puiser et dont la diversité se décline sans exclusive dans les études LGBT (Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transgenres).

Axe 2 :  Images et féminismes

Dans l'organisation des sociétés, la domination fondatrice s'exerce sur les femmes et ce à l'échelle universelle. La place des femmes et les imaginaires dans lesquels les productions culturelles les enserrent ont fait l'objet des critiques les plus vives de la part des féministes des années soixante-dix. Elles sont les héritières du regard conscient que leurs aînées ont balayé avec acuité sur la société patriarcale à laquelle elles refusaient de se soumettre en y développant des stratégies de résistance.

Après les revendications de ces années de libération sexuelle, d'autres formes de féminismes ont émergé et ont réinvesti le champ des représentations, sans perdre de vue la pérennité des systèmes de domination genrée.

Axe 3 : Images et contraintes

La question de la domination, quelles que soient les configurations nouvelles dont elle se pare, se manifeste par des formes de contraintes qui s'exercent de façon explicite ou, plus insidieusement, par des injonctions silencieuses à l'obéissance, à la conformité établie. Qu'elles émanent d'un individu, d'un groupe social ou d'une institution, les contraintes à la norme, multiples et réitérées, se fondent sur une violence qui se décline sur des modes variés, physiques ou verbaux, les uns se conjuguant aux autres dans une perspective démultiplicatrice.

L'image, pourtant avide de violence spectaculaire, peut être interrogée sur les hiérarchies qu'elle a construites dans ses choix de représentation de la contrainte et des valeurs qui lui sont inhérentes.

Programme

 

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